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ـJeudi, 09 novembre 2006

Conférence de presse sur les décisions présidentielles à l'occasion du 19ème anniversaire du Changement

Les décisions annoncées par le Président Zine El Abidine Ben Ali, dans son discours à l'occasion du 19ème anniversaire du changement et relatives aux secteurs de l'information audio-visuelle et de la culture, ont été au centre de la conférence de presse donnée jeudi, à Tunis, par MM. Rafaa Dkhil, ministre de la communication et des relations avec la chambre des députés et la chambre des conseillers et Mohamed Aziz Ben Achour, ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, en présence du président-directeur général de l'établissement de la radiodiffusion télévision tunisienne et des représentants de la presse nationale et étrangère.

M. Rafaa Dkhil a souligné que les décisions historiques que vient d'annoncer le Chef de l'Etat viennent couronner les réformes introduites sur le secteur audiovisuel et s'inscrivent dans le cadre des préparatifs en cours pour l'installation dans les nouveaux locaux de l'ERTT dont le coût global de réalisation a atteint 100 millions de dinars (équipements divers, commodités et infrastructure).

Ces décisions, a-t-il dit, viennent répondre aux suggestions et attentes des professionnels et de l'ensemble de la société civile consistant en la nécessité d'instaurer un paysage médiatique audiovisuel moderne et évolué, capable de s'intégrer dans l'espace mondial de communication.

Le ministre a indiqué que la vive concurrence existant entre les chaînes satellitaires arabes et internationales (environ 250 chaînes télévisées arabes) exige des professionnels tunisiens de faire preuve d'esprit d'initiative et de créativité pour faire réussir ces décisions présidentielles audacieuses intéressant, notamment, l'ERTT et l'Agence nationale de promotion de la production audiovisuelle, à l'effet de hisser le paysage audio-visuel aux plus hauts niveaux.

Il a indiqué, à cet égard, que les réformes portent essentiellement sur la révision des législations et de la structuration de ces deux organismes. Il s'agit aussi de trouver les solutions radicales aux problèmes posés au niveau des ressources humaines et dans le domaine administratif et financier, ainsi que dans le secteur de la production et de la transmission, d'autant que la situation actuelle de l'information audiovisuelle nationale se caractérise par une certaine confusion dans le domaine de la gestion financière de l'ERTT et de l'Agence nationale de promotion du secteur audiovisuel, outre la marginalisation de la radio tunisienne au profit de la télévision et la présence timide de l'information nationale dans l'espace médiatique mondial.

Il a rappelé que le secteur de l'information audiovisuelle a connu, depuis l'avènement du changement, plusieurs décisions structurelles consistant en l'autorisation de la publicité en 1988, en vue de procurer les ressources financières nécessaires à promouvoir la production audiovisuelle, la structuration de 1990 en vertu de laquelle l'ERTT est devenu un établissement public et la structuration de 1997 en vertu de laquelle a été créée l'Agence nationale de promotion du secteur audiovisuel, organisme à caractère industriel et commercial. Cette structuration a favorisé la séparation de l'Agence de la télévision tunisienne.

M. Rafaa Dkhil a souligné que la décision du chef de l'Etat relative à l'assainissement de la situation financière de l'ERTT et de l'Agence, dans le cadre d'un programme de restructuration conformément à une stratégie progressive et dans le cadre d'une loi cadre de classification qui entre dans le souci d'assurer la meilleure exploitation du nouveau local de l'établissement, de relever les enjeux de la révolution des nouvelles technologies de l'information et de la communication, de préserver l'équilibre financier du secteur et de garantir tous les attributs de son développement et de sa modernisation. Il a indiqué que le ministère se penche, en collaboration avec l'ERTT à élaborer la stratégie exécutive relative à la définition du cadre juridique, du programme de restructuration et du statut des agents.

De son coté, M. Mohamed El Aziz Ben Achour, ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, s'est félicité de l'intérêt particulier accordé par le chef de l'Etat à la famille de la culture et aux créateurs en Tunisie, mettant l'accent sur la place de choix qu'occupe la culture en tant que support du projet civilisationnel et élément essentiel de l'identité tunisienne et du dialogue entre les religions et les civilisations.

Il a évoqué le rôle des créateurs et des chercheurs dans les domaines de la culture, des arts et de la sauvegarde du patrimoine pour assurer le rayonnement de la Tunisie et conforter sa présence sur la scène internationale dans un esprit de responsabilité et de devoir.

M. Ben Achour a ajouté que les décisions avant-gardistes annoncées par le Président Zine El Abidine Ben Ali dans son discours à l'occasion du 19ème anniversaire du changement revêtent une grande importance et sont de nature à réaliser la mutation qualitative espérée.

Dans ce contexte, Il a rappelé la décision portant sur l'augmentation du budget du ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine pour qu'il atteigne 1,5 pour cent du budget de l'Etat d'ici 2009, au lieu du un pour cent prévalant actuellement, de manière à augmenter les crédits alloués à la production culturelle et aux nouveaux établissements culturels de référence dont le nouveau siège de la bibliothèque nationale et le projet de la cité de la culture, actuellement en cours de construction.

Le ministre a précisé que la Tunisie de l'ère nouvelle s'emploie à gagner les paris de la diversité culturelle et du dialogue des civilisations. ''la sauvegarde du patrimoine constitue l'un des mécanismes fondamentaux pour préserver l'identité et faire connaître nos racines'' a-t-il dit.

Il a mis en exergue la volonté du ministère de mettre en place une stratégie pour l'impulsion du tourisme culturel, la sauvegarde et la réhabilitation du patrimoine. M. Ben Achour a passé en revue les projets de mise en valeur du patrimoine culturel dont l'élaboration d'un circuit touristique et la création du centre des spécificités du patrimoine dans la ville de Kairouan et ce, dans le cadre des préparatifs de la célébration, en 2009, de ''Kairouan capitale de la culture islamique'' qui vient concrétiser le choix porté par l'ISESCO sur cette ville qui a assumé un role important dans la diffusion de l'islam en Tunisie, un islam tolérant et ouvert sur l'autre.

Sur un autre plan, le ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine a évoqué les indicateurs enregistrés dans les domaines de l'industrie cinématographique, la fabrication du livre et les projets relatifs à la création d'un guichet unique dans le domaine des prestations cinématographiques, outre la numérisation du patrimoine audiovisuel en tunisie. Il a mis l'accent sur l'évolution du nombre des films tunisiens (de 16 longs métrages en 2002 à 27 en 2006) et de celui des publications nationales qui est passé de 1106 titres à 1500, grâce au soutien permanent accordé au livre, moyennant une enveloppe de 3,590 millions de dinars cette année.

S'agissant de la décision portant proclamation de l'année 2008 "année nationale de la traduction", le ministre a souligné que cette décision s'inscrit dans le cadre de la volonté de la Tunisie de renforcer son ouverture sur les cultures étrangères. Il a ajouté que cette initiative offre l'occasion d'évaluer les réalisations de l'établissement national de la traduction, outre la sensibilisation à l'importance de ce secteur et à l'apprentissage des langues étrangères au service des objectifs de développement.