Carthage, Le 7 novembre 2003
Discours
du Président Zine El Abidine
Ben Ali à l'occasion
du 16ème anniversaire du
Changement
(Carthage,
7 novembre 2003)
Au Nom de Dieu, le Clément,
le Miséricordieux
''Nous commémorons, aujourd'hui, avec beaucoup de
fierté, le seizième anniversaire du changement,
alors que notre pays poursuit, avec assurance et aptitude,
sa marche vers l'avenir, et que son peuple donne constamment
la preuve de son amour pour la Tunisie et de son attachement
à faire triompher sa gloire et son invulnérabilité,
avec la volonté inflexible de relever les défis
et de gagner les paris.
Nous avons pu accomplir tout au long de ces seize dernières
années, d'importants acquis et réalisations,
à tous les niveaux politique, économique,
social et culturel, qui viennent comme des résultats
de l'élan réformateur que nous avons adopté
depuis l'aube du changement.
Tout en rendant hommage, en cette circonstance, à
notre peuple, toutes catégories confondues, à
l'intérieur comme à l'extérieur, notre
peuple qui a adhéré avec enthousiasme et efficience
à cette entreprise réformiste, j'affirme que
nous avons gagné le pari que nous avons fait sur
la maturité de ce peuple et sur son aptitude à
se hisser aux niveaux les meilleurs.
En ce jour, je tiens à adresser mes salutations et
mes témoignages d'appréciation à nos
compétences nationales, ainsi qu'aux élites
de notre pays, quel que soit leur domaine d'activité,
ainsi qu'à tous ceux qui travaillent, fournissent
des efforts et se distinguent pour que la Tunisie reste
un pôle de civilisation.
Je voudrais, à cette occasion, exprimer ma profonde
considération à l'université italienne
de Trieste pour sa décision de m'attribuer le Doctorat
Honoris Causa, en remerciant Madame le professeur Maria
Paola Pagnini, chef du département des relations
internationales et diplomatiques à la faculté
des sciences politiques dans cette université, pour
les paroles aimables et expressions d'amitié qu'elle
a bien voulu m'adresser. Je remercie, également,
le Docteur Vincezo Porcazi, professeur à la même
université, pour sa contribution appréciable
à mieux faire connaître l'expérience
de la Tunisie dans le domaine de la solidarité, à
travers la publication d'un livre intitulé ''Pour
un développement solidaire : l'expérience
de la Tunisie''.
J'adresse, également, mes remerciements à
l'Union générale tunisienne de travail (UGTT)
et à son secrétaire général,
M.Abdessalem Jerad pour m'avoir attribué la première
médaille de
l'UGTT, tout en appréciant les expressions de fidélité
aux choix du changement et d'attachement à l'intérêt
national contenues dans son allocution.
''Je
voudrais, par la même occasion, féliciter le
Pr. Mohamed Laroussi El Metoui, pour la distinction qu'il
vient d'obtenir, en récompense de son activité
culturelle qui a été un modèle de labeur
et de don de soi.
Ayant pris l'initiative de sauver le pays et d'assumer la
responsabilité de le diriger, nous avions placé
la souveraineté de ce peuple et l'affranchissement
de sa volonté, au-dessus de toute autre considération.
Dieu nous a aidé à faire les choix qui servent
le mieux l'intérêt de la patrie et son invulnérabilité.
Les Tunisiennes et les Tunisiens ont répondu à
l'appel à s'adonner au travail avec sérieux
et enthousiasme. Ils ont répondu présents
à chacune des étapes du changement, pour faire
réussir ses réformes et mettre en oeuvre ses
choix.
Nous oeuvrons pour la Tunisie, par amour pour la patrie,
et pour élever sa bannière et honorer la mémoire
de ses martyrs et de toutes ses générations
de militants.
Notre pays vit, aujourd'hui, une période tout à
fait particulière, celle de l'édification
de la République de demain, et de la mise en oeuvre
de ses principes et valeurs, à la lumière
de la nouvelle constitution, qui a consacré la volonté
du peuple à travers le référendum organisé
pour la première fois dans le pays.
Nous avons, à travers la réforme constitutionnelle,
jeté les bases de l'avenir et consolidé les
fondements du système républicain et les valeurs
de démocratie, de pluralisme et de droits de l'Homme.
Nous avons également consolidé la position
des partis politiques, des organisations et des associations
et tracé les contours du chemin pour la Tunisie de
demain.
Nous nous emploierons à faire des prochaines échéances
politiques des jalons solides, posés dans cette voie,
maintenant que nous leur avons assuré les conditions
appropriées, à travers l'amendement du Code
électoral, l'adoption du système de révision
permanente des listes, la réduction du nombre des
bureaux de vote, la facilitation de la pluralité
des candidatures à l'élection présidentielle
et bien d'autres réformes et mesures qui ont toutes
pour objectif la promotion accrue des conditions de l'exercice
démocratique et le développement de son processus.
Nous avons fait de la promotion de la Tunisie au rang des
pays développés, notre objectif suprême.
Les indicateurs montrent, aujourd'hui, l'importance de ce
qui a été déjà réalisé
sur cette voie. Ainsi, le taux moyen de croissance, depuis
le Changement, a été de l'ordre de 5%, malgré
les difficultés climatiques que nous avons connues,
dès les premières années, et l'instabilité
de la conjoncture internationale qui a eu son impact sur
les économies de nombreux pays.
Ce
taux sera supérieur à 5,5% à la fin
de l'année en cours, en dépit de l'impact
des difficultés que l'économie nationale a
connues au cours des deux années écoulées
et qui découlent de conditions climatiques et mondiales
indépendantes de notre volonté, et ce bien
que la reprise enregistrée par certains secteurs
n'ait pas atteint le rythme voulu.
Ces
acquis n'auraient pas pu voir le jour sans la profondeur
et la globalité des réformes et la pertinence
du plan que nous avons adopté pour rationaliser davantage
la gestion du budget de l'Etat, pour tenir compte de la
conjoncture mondiale et de ses incidences négatives
tout au long de la proche période écoulée.
Tout
en avançant, aujourd'hui, à pas sûrs
dans la réalisation du 10ème plan national
de développement, nous avons pu réaliser la
plupart des projets qui figuraient dans notre programme
pour l'avenir et avons ainsi été en avance
sur le calendrier établi.
Nous
avons pu, également, intégrer les rouages
de l'économie dans une dynamique plus rapide. Nous
avons pu, tout en la libéralisant et en l'intégrant
dans le circuit mondial, élargir sa composante exportatrice
et attirer les investisseurs étrangers. Nous avons
réussi aussi à imposer la culture de la qualité
et du respect des normes, afin de consolider la position
du produit tunisien sur les marchés extérieurs.
Nous
avons, également, préservé les équilibres
financiers intérieurs et extérieurs, les indicateurs
de la dette se sont ainsi améliorés, renforçant
ainsi la crédibilité de notre pays auprès
des instances internationales, le revenu par tête
a, pour sa part, augmenté pour atteindre 3125 dinars,
conformément à l'objectif fixé dans
notre programme pour l'avenir. La pauvreté a, par
ailleurs, reculé et les conditions de vie du citoyen
se sont améliorées et le Tunisien, dans chaque
ville, dans chaque village ou zone rurale, aspire, aujourd'hui,
à une qualité de vie encore meilleure, cette
même qualité pour laquelle nous avons mis en
place un programme destiné à l'assurer et
à l'améliorer d'une année à
l'autre.
"La
période qui vient de s'écouler a été
marquée par de multiples développements qui
ont failli nuire à nos équilibres fondamentaux
et influer en profondeur sur de nombreux secteurs, n'eut
été le traitement immédiat des situations
en question et l'adoption des mesures qui s'imposaient pour
en endiguer les incidences potentielles et maîtriser
le taux d'inflation, ce qui nous a permis d'améliorer
la notation donnée à la Tunisie par les instances
internationales spécialisées.
Nous
avons réussi, dans ce même temps, à
réduire les déséquilibres régionaux,
ce qui s'est traduit par une diversification de la base
économique, une amélioration des conditions
de vie et une augmentation du revenu des ménages
dans toutes les régions.
Nous
avons consolidé ces acquis en 2003 par un ensemble
de mesures qui ont renforcé la décentralisation
et la représentation des régions et contribué
à promouvoir l'action municipale et à élargir
les attributions des conseils régionaux dans le domaine
de la promotion de l'investissement privé.
Il
est, aujourd'hui, du devoir de toutes les parties de faire
preuve d'un surplus de labeur et d'une persévérance
accrue pour renforcer la capacité de notre pays à
faire face aux changements extérieurs, surtout que
nous abordons une étape qui comporte des changements
profonds, au cours de laquelle notre économie connaîtra
une insertion plus grande dans le circuit mondial. C'est
ce qui requiert un effort plus important en faveur de l'investissement
rentable, qui représente une condition fondamentale
pour gagner le pari de la compétitivité et
pour assurer l'assimilation de la technologie moderne et
l'intégration dans l'économie du savoir.
C'est
dans ce cadre que se situent les mesures que nous avons
prises récemment et qui sont relatives à la
création d'un système de garantie des prêts
et des participations, l'institution d'un congé d'une
année au profit des agents publics désirant
créer des projets, la révision de l'intervention
du fonds de promotion de l'investissement et de la décentralisation
industrielle, et la consolidation des interventions des
sociétés d'investissement.
Nous
sommes déterminés à donner un nouveau
souffle à la réforme structurelle, de manière
à habiliter l'économie nationale à
réagir efficacement aux développements qui
surviennent dans son environnement mondial, surtout après
l'élargissement de l'Union européenne, le
développement de la concurrence, l'apparition de
nouveaux concurrents dans les secteurs traditionnels d'exportation
et l'ouverture attendue, dans un proche avenir, de nouveaux
secteurs comme celui des services.
''Nous
avons pris l'initiative, des les premières années
du changement, de créer l'Institut tunisien des études
stratégiques et lui avons confié la mission
d'observer et d'anticiper les mutations, aux niveaux tant
national qu'international. Nous avons chargé l'institut
d'élaborer une étude sur : ''La Tunisie à
l'horizon 2030'', afin d'identifier les alternatives possibles
ou qui pourraient s'offrir à notre pays à
cet horizon.
La première partie de cette étude a été
déjà réalisée par un groupe
d'universitaires et d'experts. Elle entre, maintenant, dans
sa deuxième phase qui consiste à assurer,
à travers la mise à contribution des compétences
nationales hautement expérimentées, un cadre
cohérent pouvant aider à esquisser les orientations
et les choix majeurs de la Tunisie de demain.
Nous invitons nos établissements universitaires et
de recherches concernés, à s'intéresser
davantage aux techniques et applications de la prospectives,
au niveau de l'enseignement comme à celui de la recherche,
comme c'est le cas dans de nombreux pays qui ont une longue
expérience en la matière.
Nous considérons que l'insertion dans l'économie
mondiale représente l'un des plus grands défis
de l'avenir. Dans ce cadre, nous accorderons une attention
particulière à la mise à niveau et
à la promotion du secteur des textiles afin d'améliorer
son efficacité tant qu'il reste l'un des principaux
secteurs de polarisation de l'investissement extérieur.
L'année 2005 sera ainsi marquée par démantèlement
de l'accord multifibres et, partant, la recrudescence de
la concurrence mondiale.
Nous avons également ordonné d'identifier
les priorités nationales et d'établir un calendrier
approprié pour faire réussir les négociations
à venir sur le secteur des services avec l'Union
européenne et dans le cadre de l'Organisation mondiale
du commerce, de façon à consolider l'attractivité
de notre pays pour l'investissement extérieur et
à renforcer la compétitivité des autres
secteurs.
Ayant déjà franchi des étapes importantes
au niveau des réformes que nous avons apportées
à notre système financier, nous nous emploierons
désormais à améliorer l'efficacité
de ses instruments et interventions, pour financer l'économie
nationale et consolider l'épargne.
Dans le but de renforcer la capacité d'épargne
à long terme, nous ordonnons, aujourd'hui, d'autoriser
l'Office national des postes à offrir ses services
au public, en matière d'assurance-vie, et d'organiser
la relation entre les entreprises d'assurances et cet office
dans le cadre d'une convention à cet effet, en exonérant
de l'impôt sur le revenu les rentes viagères
payées dans le cadre des contrats d'assurance-vie
tant individuels que collectifs.
Nous ordonnons, également, de faire passer de 5000
à 20.000 dinars, le montant déductible au
titre des comptes d'épargne-actions et de simplifier
les conditions de déduction des montants qui y sont
déposés, et cela par la suppression de la
condition de tenue de comptabilité.
''Nous
ordonnons, dans ce contexte, d'autoriser les investisseurs
étrangers non-résidents à acquérir
les émissions de bons du trésor assimilables.
Nous annonçons, en outre, notre décision de
faire passer de 50 % à 70% la part des recettes en
devises étrangères que l'entreprise peut conserver,
ce qui lui permettra de mieux se prémunir contre
les risques de change et de consolider sa situation financière.
Dans le but de consolider l'évolution enregistrée
par les transactions financières dans notre pays
et de satisfaire aux exigences de la période à
venir, nous ordonnons, aujourd'hui, d'élaborer un
projet de loi garantissant la régularité des
transactions financières, ce qui permettrait d'en
renforcer la fiabilité, et ne manquerait pas de se
répercuter positivement sur la crédibilité
du marché financier de notre pays.
Nous ordonnons, d'autre part, d'entreprendre une évaluation
du contenu du Code des changes, en vue de l'adapter à
l'ensemble des textes au niveau national, ainsi qu'aux réglementations
en vigueur chez les partenaires étrangers.
Compte tenu de l'importance économique des douanes
dans le développement des transactions avec l'extérieur
et la promotion du secteur du commerce, nous annonçons
l'organisation d'une consultation nationale sur le Code
des douanes dont le résultat devra fournir matière
à la modernisation de ce code, l'accompagnement de
l'expansion de nos échanges avec les marchés
extérieurs et à la suppression des barrières
douanières, au cours de la période à
venir.
Nous annonçons, en outre, notre décision d'abaisser
le niveau de la protection douanière, à compter
de 2004, à travers la réduction du nombre
des tarifs douaniers et la baisse de certains d'entre eux,
de manière à en simplifier les procédures
d'application et à limiter la pression fiscale sur
certains produits et matériaux importes de pays situés
hors de l'Union européenne.
Pour ce qui concerne le tissu industriel de notre pays,
nous ordonnons le lancement d'un programme de modernisation
qui complètera le programme de mise à niveau
et fera accéder nos entreprises industrielles à
une nouvelle étape d'évolution, tant nous
sommes convaincus que le rythme du progrès technologique
ne connaît pas de limites et que quiconque fait du
sur-place en ce domaine se laisse distancer par la caravane
du progrès.
Nous nous sommes employés, depuis le changement,
à enraciner l'esprit d'initiative et à diffuser
la culture de l'entreprise, tant les réformes structurelles
et l'accélération du rythme de croissance
ne peuvent se réaliser sans un intérêt
actif porté aux idées innovantes et aux secteurs
porteurs.
"Nous ordonnons, aujourd'hui, de créer un fond
de valorisation des brevets d'invention, à travers
l'aide à la production de prototypes innovants, en
tant qu'étape indispensable, préparant la
voie à l'étape de production industrielle,
ce qui devrait renforcer le rôle des pépinières
d'entreprises.
Nous
appelons, également, à un soutien accru à
l'effort d'identification des projets innovants et l'encadrement
des nouveaux promoteurs, et cela en mettant à contribution
les grandes entreprises publiques, compte tenu de leur expérience
et des compétences humaines dont elles disposent,
pour aider les promoteurs à préparer leurs
projets et à en entamer l'exécution avec le
maximum de chances de réussite.
Nous
comptons, aussi, sur les Tunisiens à l'étranger
pour qu'ils apportent leur concours à cet effort,
stimulent l'investissement et bénéficient
de toutes ces mesures, incitations et mécanismes
que nous avons mis en place pour leur accorder des encouragements
et favoriser leur participation à l'épargne
et à l'investissement dans leur pays.
Nous
avons toujours affirmé que les Tunisiens à
l'étranger sont au coeur de la patrie. Nous avons
fait de cela un choix essentiel que nous nous employons
constamment à traduire dans la réalité
concrète, au bénéfice de nos concitoyens
à l'étranger, partout où ils se trouvent.
Notre souhait et qu'ils contribuent, avec une efficience
accrue, au processus de développement national et
constituent un pont de dialogue et de coopération
entre la Tunisie et leurs pays d'accueil.
Nous
nous sommes attachés à placer notre sollicitude
continue en faveur de nos colonies à l'étranger,
leur encadrement et la défense de leurs intérêts,
au premier rang des priorités de la mission dévolue
à nos représentations diplomatiques et consulaires.
Les échéances qui nous attendent dans l'avenir
seront, pour les Tunisiens à l'étranger, autant
d'occasions de suivre de près la vie nationale et
de contribuer à sa progression, depuis leurs pays
d'accueil, s'agissant en l'occurrence d'un droit en même
temps que d'un devoir sacré.
Nous
avons développé de manière fondamentale
l'infrastructure du pays, tout au long des années
du Changement et avons mis en place une plate-forme solide
pour l'activité économique et le développement
intégral, et c'est là un effort que nous veillons
constamment à soutenir et a enrichir.
Dans le cadre du suivi des séquelles des dernières
pluies que nous avons du reste veillé à endiguer
et à traiter dans les meilleures conditions, nous
ordonnons de réexaminer la programmation des ouvrages
de protection des villes contre les inondations, et cela
en conformité avec ce qui a été arrêté
dans le dixième plan et compte tenu de l'ordre des
priorités.
Nous
ordonnons aux services concernés, de veiller à
parachever le document final du plan directeur de l'aménagement
du territoire national, afin qu'il constitue un cadre approprié
pour la réalisation des études relatives aux
régions économiques, et permette d'élaborer
des plans d'aménagement urbain, selon une méthodologie
qui tienne compte des prévisions futures de l'évolution
du pays et de l'augmentation de la population.
Nous
annonçons, en cette occasion, que le projet d'autoroute
M'saken-Sfax sera mis en chantier au début de 2004,
pour un coût de l'ordre de 430 millions de dinars.
De même, que seront engagés les travaux de
construction de trois nouveaux échangeurs dans le
Grand Tunis, ainsi que la construction du barrage de Serrat,
dans le Gouvernorat du Kef, et du barrage "El Kebir",
dans le Gouvernorat de Gafsa, à côté
de la réhabilitation de trois mille hectares de périmètres
irrigués, dans la vallée de la Medjerda, le
parachèvement de l'aménagement de 16 000 hectares
de nouveaux périmètres irrigués, qui
entreront en exploitation dans le courant de 2004, ainsi
que l'aménagement et le bitumage de près de
1080 kilomètres de pistes agricoles.
Les
bons résultats auxquels sont parvenus les partenaires
sociaux lors du dernier tour des négociations dans
le secteur privé, la fonction publique et les entreprises
publiques, sont réconfortants.
Ces
négociations ont, en effet, débouché
notamment sur l'augmentations des salaires, sur une durée
de trois ans, pour la cinquième fois consécutive,
depuis 1990, et sur la révision de nombreuses conventions
collectives. Nous apprécions, à ce sujet,
l'esprit de responsabilité dont ont fait preuve toutes
les parties, durant ces négociations.
Nous
avons poursuivi à la lumière des orientations
constantes de notre politique sociale, l'extension de la
couverture sociale, afin qu'elle englobe le plus grand nombre
possible de catégories professionnelles. C'est ce
qui a permis, grâce aux récentes décisions
et nouveaux textes juridiques, d'assurer une couverture
légale au profit des catégories à faible
revenu, des artistes, des créateurs et intellectuels,
qui a atteint aujourd'hui le taux de 85,6%.
"Nous
sommes satisfaits des résultats atteints grâce
aux efforts de l'Etat, les initiatives du secteur privé
et les instruments que nous avons mis en place en vue de
consacrer notre principe constant de considérer l'emploi
comme notre priorité absolue, ce qui a permis, cette
année, à notre pays d'assurer une meilleure
maîtrise du chômage pour le faire tomber, pour
la première fois, à un taux de 14,3%.
Dans
le but de consolider ces résultats et d'améliorer
encore plus la situation de l'emploi, notamment au bénéfice
des diplômes de l'enseignement supérieur, nous
annonçons notre décision d'instituer un programme
commençant des maintenant et jusqu'à la fin
de l'année 2004, pour l'emploi de 10500 nouveaux
demandeurs d'emplois, dont 1000, au moyen d'un effort supplémentaire
dans la fonction publique, outre l'inscription de 8400 recrutements
dans le cadre du budget de l'Etat pour l'année 2004.
Pur
encourager les entreprises privées à contribuer,
pour leur part, à la réalisation de ces objectifs,
nous ordonnons que l'Etat prenne en charge, au cours de
la première année d'embauche, 50% des salaires
des personnes engagées, sans toutefois que la contribution
de l'Etat dépasse 250 dinars par mois et par recrutement.
Pourront bénéficier de cette mesure les entreprises
qui procèdent au recrutement de leur premier diplôme
du supérieur, ainsi que les petites et moyennes entreprises
qui procèdent à des recrutements additionnels
et adhérent au programme de mise à niveau
où s'implantent dans les zones de développement
régional.
Nous
ordonnons, également, dans ce même cadre, de
prendre des mesures supplémentaires pour promouvoir
davantage l'initiative privée et le travail indépendant,
et cela à travers la création d'un programme
de formation au travail indépendant en vue d'y accueillir
un certain nombre de diplômés de l'enseignement
supérieur. Ce programme concernera, en 2004, quelque
500 diplômés du supérieur, répartis
sur un certain nombre de régions dans lesquelles
existent les conditions requises pour l'exécution
du dit programme. Nous ordonnons, à cet égard,
d'intensifier les cycles de formation de courte durée,
qui relèvent du ministère de l'emploi, de
manière à couvrir quelque 2500 diplômés
du supérieur, au cours de l'année 2004, en
plus de la reconversion ou la réadaptation d'environ
4000 diplômés du supérieur, au cours
de la même année, soit une augmentation de
2000 bénéficiaires par rapport au programme
annuel habituel.
Nous
nous emploierons, par ailleurs, à promouvoir le système
des stages d'initiation à la vie professionnelle,
afin qu'il touche 12.000 stagiaires en 2004, soit 5000 stagiaires
de plus qu'en 2003.
Nous
veillerons à assurer la souplesse nécessaire
dans l'exécution de ce programme, à adopter
la gestion décentralisée et à lancer
des campagnes, aux niveaux national et régional,
pour sensibiliser les entreprises et les diverses structures
professionnelles aux avantages de ce système.
''Nous accorderons aux promoteurs titulaires de diplômes
supérieurs, des avantages supplémentaires
tels que le report du versement des cotisations sociales
au titre de la couverture du promoteur du projet, pour une
durée d'un an.
Pour ce qui concerne l'édification de la société
du savoir et de la mise en place des fondements essentiels
de la modernité et des exigences de l'époque,
nous avons accomplis de nombreux acquis et réalisations.
Nous avons, aussi, réalisé pour notre pays
un bond qualitatif dans tous les domaines, que ce soit au
niveau de l'éducation, de l'enseignement supérieur
et de la formation, ou de l'extension des réseaux
de communications et de la culture informatique, ou encore
de l'entrée dans l'espace du commerce électronique,
du développement des services et prestations à
distance et de la généralisation de l'utilisation
de l'ordinateur et de l'Internet.
Nous oeuvrons, dans le cadre de nos efforts de développement
et de nos différentes politiques sectorielles, à
asseoir la culture numérique dans notre pays et à
consacrer la société du savoir de la manière
qui serve le mieux nos objectifs nationaux.
En vue d'améliorer les encouragements accordés
pour une plus grande utilisation de l'Internet, nous ordonnons,
aujourd'hui, d'introduire un nouveau système qui
couvre les frais de liaison et de communication, et l'adoption
de la formule de l'interlocuteur unique
pour le paiement des frais d'utilisation du réseau,
ainsi que l'établissement d'un tarif unique fixé
a 10 dinars et couvrant l'accès à l'Internet
et quinze heures d'utilisation par mois.
Nous ordonnons, également, de procéder au
parachèvement du programme de rattachement des écoles
primaires au réseau, avant la fin de l'année
2006, en réservant, pour chaque école, une
ligne téléphonique pré-payée
utilisable exclusivement pour l'Internet, avec un plafond
de 60 heures par mois et un coût de quarante dinars
par mois.
Nous ordonnons, en outre, l'établissement d'un système
d'encouragement des producteurs de contenu désirant
écouler leur production, et cela en leur accordant
une part des recettes provenant de l'utilisation du téléphone
pour l'accès à l'Internet.
Eu égard au rôle efficace que le réseau
joué dans la dynamisation de l'activité économique,
en favorisant la transmission de données et la fourniture
en temps réel des données aux entreprises,
nous ordonnons de réduire de 25% le coût des
services de transmission de données sur Internet.
Nous ordonnons, également, d'abroger les formalités
relatives à la connexion internationale spécialisée
et de les remplacer par un cahier de charges, et de simplifier
les procédures d'octroi des autorisations relatives
à l'utilisation de la phonie sur Internet.
Nous ordonnons, dans ce même contexte, et pour faciliter
la connexion aux réseaux téléphoniques,
de réduire de 25% le coût du rattachement au
réseau de téléphone fixe et de téléphone
rural mobile.
L'égalité entre la femme et l'homme est l'une
des constantes du changement. C'est, du reste, ce que nous
nous sommes employés à consacrer dans la réalité
concrète et à mettre en oeuvre, tant dans
les entreprises que dans la vie publique, de telle sorte
que, la femme tunisienne a accédé, aujourd'hui,
à la place qu'elle mérite dans notre pays.
Nous ne saurions omettre de souligner le rôle important
de la famille ni la place centrale qu'elle occupe dans nos
choix. Nous lui avons accordé, en effet, une sollicitude
constante et veillé à sécuriser la
condition de ses divers membres et générations,
et tout particulièrement les personnes âgées,
ainsi que les enfants pour lesquels nous soulignons la nécessité
d'assurer au mieux l'exécution du deuxième
plan décennal les concernant et dont l'application
a démarré en 2002.
Dans le but de rapprocher les services des citoyens, dans
ces domaines, nous ordonnons aujourd'hui, d'entamer, dans
une première phase la création de directions
régionales des affaires de la femme, de la famille
et de l'enfance.
Dès lors que nous considérons que la jeunesse
est le pilier de l'avenir, nous l'exhortons à un
surcroît d'effort et d'imagination, maintenant que
nous lui avons aménagé les meilleures conditions
pour travailler et se distinguer, et l'avons associée
à la vie publique.
Nous tenons, à cette occasion, à exprimer
notre fierté, au vu des résultats à
la fois satisfaisants et promoteurs qui ont été
réalisés par les sportifs tunisiens, lors
des diverses échéances sportives continentales,
régionales et internationales. Ils se sont montrés
dignes de la confiance que nous avons placée en eux
et des sacrifices consentis par la communauté nationale
pour qu'ils donnent la preuve de leurs aptitudes et de leurs
talents et fassent flotter haut la bannière de la
Tunisie dans les arènes sportives internationales.
Nous avons doté notre pays, tout au long des années
du changement, d'un réseau moderne d'installations,
de structures et d'équipements sportifs, répartis
sur l'ensemble du territoire de la république, et
d'un haut savoir-faire en matière d'organisation
des grandes manifestations internationales, la dernière
en date ayant été les XIVèmes Jeux
méditerranéens de 2001. Ceci n'a fait que
renforcer la confiance des instances et fédérations
sportives internationales en notre pays, en nos jeunes,
en nos compétences et en notre climat politique,
économique et social, et les a incitées à
confier à la Tunisie le soin d'organiser, pour la
troisième fois, la Coupe d'Afrique des Nations de
Football, qui se déroulera en janvier 2004, ainsi
que la Coupe du Monde de Handball, qui aura lieu en 2005.
''Fière
de cet honneur qui lui a été fait et tenant
compte de l'infrastructure diversifiée et des installations
sportives modernes dont elle dispose, la Tunisie a récemment
déposé sa candidature pour l'organisation
de la Coupe du Monde de Football de 2010, en confirmation
de son aptitude à être à la hauteur
des plus grandes compétitions sportives mondiales,
et pour montrer de nouveau ses capacités à
assurer les meilleurs services, en plus de l'ambition qui
anime ses jeunes et de leur esprit de dépassement
pour honorer leur patrie, réaliser les meilleures
prouesses et atteindre les plus hauts niveaux.
Rien, en effet, n'empêche aujourd'hui la Tunisie de
s'engager dans ces compétitions internationales majeures,
maintenant qu'elle s'est hissée à la place
qu'elle mérite dans les instances internationales,
grâce à son sérieux, à son labeur,
à sa modération et à sa stabilité,
tout autant qu'aux acquis et réalisations qu'elle
a accomplis, et aux mesures et initiatives qu'elle a prises
et qui ont suscité admiration et respect.
A cet égard, il me plaît d'exprimer mes vifs
remerciements et ma profonde considération à
nos frères et amis qui ont unanimement appuyé,
le 3 novembre courant, à la 58ème session
de l'Assemblée Générale des Nations
Unies, notre proposition en faveur du renforcement de la
coopération entre les Etats et les structures et
organisations gouvernementales et non-gouvernementales,en
charge de l'éducation physique et du sport dans le
monde, pour qu'elles entreprennent, dans le cadre de leur
foi en les droits de l'Homme et en leur universalité,
de garantir le droit des enfants et des jeunes à
l'exercice de l'éducation physique et du sport, et
d'offrir les espaces, les moyens et les conditions propices
à l'exercice de ce droit, dans le cadre du système
éducatif tout autant que de la vie en société
et des rencontres internationales, afin que l'éducation
physique et le sport soient un facteur positif dans le renforcement
des relations et l'enrichissement des amitiés entre
les individus, les collectivités et les peuples.
Dans cette proposition, nous avons exhorté la communauté
internationale à souscrire à des engagements
communs en vue de réduire les déséquilibres
qui existent, aujourd'hui, au plan des opportunités
offertes aux enfants et aux jeunes pour la pratique de l'éducation
physique et du sport.
"Ainsi, la Tunisie met son expérience nationale
au service de l'homme partout où il se trouve, et
la porte du cadre local au cadre mondial dans le cadre de
son souci permanent de contribuer, de concert avec les forces
du bien partout dans le monde, à la diffusion de
la culture de la paix, de la solidarité et du développement,
et à la consécration de l'esprit de tolérance,
de coexistence et de coopération entre l'ensemble
des êtres humains.
Dans
le cadre de l'intérêt particulier que nous
portons à l'enfance et à la jeunesse, nous
avons entrepris, dans notre pays, une réforme éducative
globale dont les indicateurs quantitatifs et qualitatifs
démontrent, d'une année à l'autre,
la pertinence du système que nous avons choisi et
l'efficacité de la démarche que nous avons
suivie.
Il suffit de rappeler, à cet égard, que le
nombre des étudiants a dépassé 300
000, alors qu'il n'était que de 40 000 en 1987. Ce
nombre se répartit sur plus de 850 disciplines universitaires
et se compose à raison de 55%% de filles. Ce sont
là des chiffres révélateurs de la nouvelle
composition de nos générations montantes et
de la structure de leurs capacités et de leurs compétences
dans la Tunisie de demain.
Nous
avions souligné, en de précédentes
circonstances, que l'arme de l'avenir réside dans
le savoir et la science. Nous avons pris, à cet effet,
nombre d'initiatives et de mesures en vue de renforcer la
recherche scientifique dans notre pays, d'encourager les
universitaires, les médecins, les ingénieurs
et, d'une manière générale, les vocations
et ceux qui ont de l'expertise, à s'adonner à
la recherche scientifique et technologique, dans les diverses
branches et disciplines qui peuvent profiter à nos
secteurs de développement.
Nous avons déployé de grands efforts en vue
de doubler les investissements dans la recherche scientifique,
pour qu'ils atteignent 1% du Produit Intérieur Brut.
Nous avons offert, dans ce domaine, les conditions appropriées,
pour encourager les chercheurs à se mouvoir entre
les institutions de recherches et les établissements
d'enseignement supérieur et les entreprises économiques,
afin d'utiliser leur savoir-faire dans le soutien à
ces institutions et entreprises et les aider à créer
des projets porteurs et innovants. Nous avons, également,
pris les mesures appropriées pour permettre aux chercheurs
de se consacrer exclusivement ou partiellement à
la création de tels projets ou à la participation
à leur réalisation dans le cadre des pôles
technologiques et des pépinières d'entreprise,
et cela pour une période déterminée,
et tout en conservant leurs rémunérations.
Nous
nous sommes, en outre, attachés à établir
les liaisons et la complémentarité entre les
différents secteurs de l'éducation, de la
formation et de la recherche, afin qu'ils soient au service
de l'effort de développement, en plus de la création
du Conseil national consultatif de la recherche scientifique,
et des initiatives que nous avons prises dans le domaine
de la création de pôles technologiques, et
de la consolidation des institutions de recherche scientifique,
dans les divers secteurs stratégiques et tout particulièrement
dans la bio-technologie, la technologie énergétique
et des eaux, la technologie de l'information et de la communication,
et les recherches appliquées dans les secteurs industriel
et agricole.
Nous
comptons sur nos compétences scientifiques, dans
ces domaines, pour qu'elles persévèrent dans
la recherche et la production et accomplissent au mieux
leur rôle au service de leur patrie, pour le renforcement
de son invulnérabilité et de son progrès.
''Nous avons déployé de grands efforts en
vue de promouvoir le secteur de la culture d ans notre pays
et de le hisser au plus haut niveau, dans tous les domaines
de la production et de la création. Nous avons augmenté
progressivement le budget de la culture pour qu'il atteigne
1% du budget de l'Etat en 2004. C'est ce qui ouvre assurément
de vastes horizons devant les intellectuels pour un surcroît
d'effort et pour une amélioration du niveau et de
la qualité de leurs productions, afin qu'elle atteigne
le niveau voulu de distinction et de rayonnement, tant à
l'intérieur du pays qu'à l'extérieur.
C'est que la responsabilité de promouvoir et d'enrichir
le produit culturel n'incombe pas seulement à l'Etat,
mais aussi, et en premier lieu, à tous les intellectuels,
penseurs et artistes, pour qu'ils produisent, innovent,
en toute liberté et spontanéité à
l'abri de toute tutelle ou main-mise.
Convaincus que les créateurs sont à l'avant-garde
des forces de la réforme et du changement, nous les
avons entourés de la sollicitude et des encouragements
qu'ils méritent, avons garanti leurs droits intellectuels
et matériels et leur avons offert les conditions
appropriées pour l'expression et la production, afin
qu'ils apportent un plus dans le développement de
leur pays, dans la consécration de son identité
et l'affirmation de sa présence active et de son
dialogue continu avec les autres cultures.
Notre culture féconde et notre riche civilisation
restent le socle durable des valeurs de juste-milieu, de
modération et d'ouverture, autant de qualités
que nous avons veillé, depuis le changement, à
consacrer dans les esprits comme dans les actes, par fidélité
à notre identité nationale, à notre
héritage historique et aux nobles préceptes
de notre religion.
Dans le cadre de l'attention élevée que nous
n'avons cessé de porter à notre religion sublime,
et aux affaires et institutions religieuses ainsi qu'aux
personnels du culte et en témoignage de notre appréciation
pour le rôle assumé par les responsables et
les personnes en charge des affaires des mosquées,
au service des ''lieux de prière'', nous ordonnons
aujourd'hui d'augmenter les indemnités qui leur sont
accordées.
Nous ordonnons, également, d'améliorer les
prestations sociales à leur profit, par la majoration
de l'allocation d'invalidité et de l'allocation de
veuves, et l'extension du régime de gratuité
des soins à ceux d'entre eux qui sont dans le besoin
et qui ne sont pas couverts par le système de sécurité
sociale, de manière à améliorer l'encadrement
de cette catégorie et à assurer leur accès
aux services et aux prestations sanitaires.
"Nous avons accordé à l'information une
importance particulière, à travers le renforcement
du rôle qui lui est dévolu dans le processus
du Changement, et les réformes et incitation mises
en oeuvre en vue d'en promouvoir le fonctionnement et le
contenu et de consacrer la liberté d'opinion et d'expression.
Ce
secteur a connu, au cours de la dernière étape,
une évolution qualitative importante, au niveau de
la forme et du contenu aussi bien dans le domaine de l'audio-visuel
que dans celui de la presse écrite, à travers
l'extension de l'espace réservé aux émissions
et aux tribunes de dialogue et aux dossiers, outre la place
qu'occupent désormais les programmes culturels, dans
toutes les spécialités et matières,
et la retransmission en direct des séances de la
chambre des députés.
Nous
appelons, aujourd'hui, au parachèvement des études
et à la préparation soigneuse de ce que nous
avions annoncé lors du quinzième anniversaire
du Changement, au sujet de la mise à profit de la
technologie numérique pour la création d'espaces
spécialisés, la participation des journalistes
aux cycles de formation et de recyclage organisés
par l'Etat, tout particulièrement en matière
d'utilisation des technologies modernes de communication.
Nous
soulignons, par ailleurs, le rôle de l'ensemble des
parties, dans le respect de la mission des journalistes
et professionnels des médias, et rappelons ce que
nous avons déjà dit, à savoir que la
promotion du secteur de l'information est la responsabilité
des
professionnels du secteur eux-mêmes, qu'ils soient
chefs d'entreprise de presse ou journalistes, à travers
le souci qu'ils doivent avoir de respecter les dispositions
du Code de la presse et des règles de la profession,
et leur attachement à ses nobles valeurs.
Aujourd'hui,
nous attendons que paraissent régulièrement
les journaux des partis, en consécration du soutien
matériel dont ils bénéficient de la
part de l'Etat, pour pouvoir contribuer, depuis la position
qui est la leur, à enrichir et à promouvoir
davantage le
paysage médiatique national.
''Dans
le contexte du processus de réforme et de promotion
constante que nous avons engagé dans le secteur de
l'information, nous annonçons, aujourd'hui, notre
décision d'ouvrir l'espace audio-visuel aux radios
et télévisions du secteur privé, pour
qu'elles contribuent à l'enrichissement du paysage
médiatique national, aux côtés des organismes
publics, et cela, à partir de ce jour, puisque c'est
aujourd'hui que démarre la première radio
privée à transmission indépendante.
Dans le but de consolider cette orientation, nous ordonnons,
également, de promouvoir les attributions dévolues
au Conseil supérieur de la communication et d'en
élargir les prérogatives de manière
à l'habiliter à étudier les dossiers
des radios et télévisions privées et
à émettre son opinion à leur sujet.
La promotion de l'information est un processus ininterrompu.
Sa cadence est appelée à s'accélérer
en cette nouvelle phase du changement qu'amorce notre pays.
Ce qui a été accompli dans ce domaine n'estompe
point notre aspiration constante à une information
d'un plus haut niveau et plus apte à cerner les préoccupations
des citoyens, à accompagner la mutation que vivent
notre pays et le monde qui nous entoure, plus particulièrement
dans le domaine de l'audio-visuel dont les professionnels,
qu'ils soient journalistes, réalisateurs, techniciens
ou dirigeants, doivent faire preuve d'une imagination plus
grande et mobiliser leurs potentiels de créativité
et de savoir, en plus de l'exploitation judicieuse et plus
efficace des technologies et équipements modernes
que l'Etat a mis à leur disposition.
Les mutations profondes et de plus en plus rapides que le
monde connaît, aujourd'hui, à tous les niveaux,
nous incitent à accélérer nos pas en
vue de consolider la position de la Tunisie dans tous les
domaines, en sauvegardant les constantes que nous avons
choisies, en prospectant l'avenir et en nous adaptant aux
développements et aux défis existants, avec
le maximum de vigilance et de lucidité, afin de pouvoir
être mieux à même de garantir à
la Tunisie un lendemain meilleur, et de contribuer efficacement
à l'établissement des fondements d'un ordre
mondial plus juste et plus équilibré.
C'est sur cette base que nous nous employons à réaliser
davantage de coopération, de complémentarité
et d'intégration dans les espaces dont nous faisons
directement partie, qu'il s'agisse de notre environnement
maghrébin, arabe ou islamique, de notre continent
africain ou encore de la région du bassin méditerranéen.
L'une de nos constantes est la fidélité à
l'édification de l'Union du Maghreb Arabe, en tant
que choix stratégique répondant aux aspirations
de nos peuples à la complémentarité
et à l'unité.
"Nous nous sommes attachés avec nos frères,
les dirigeants des pays de la région, à consolider
nos relations bilatérales en tant que facteur favorisant
la promotion de l'action maghrébine commune, afin
de permettre à notre Union de nouer des relations
équilibrées de coopération et de partenariat,
avec l'ensemble des groupements régionaux et internationaux,
à commencer par l'Union européenne avec laquelle
nous nous employons à promouvoir davantage nos relations.
L'accueil
en Tunisie, dans quelques semaines, du premier Sommet des
pays de la Méditerranée occidentale, dans
le cadre de ce que l'on appelle le dialogue 5+5, puis du
Sommet arabe, en mars 2004, offrent des occasions importantes
à notre pays pour renforcer les domaines de coopération
et de solidarité et consolider sa position et son
rôle, aux niveaux régional et international.
Tout
en exprimant, aujourd'hui, notre profonde préoccupation
au vu des souffrances du peuple palestinien frère
et de la persistance des forces israéliennes d'occupation
dans leurs agressions contre ses institutions et ses lieux
saints, nous réaffirmons notre soutien à sa
juste cause, pour le recouvrement de ses droits légitimes
et de son droit à l'auto-détermination et
à la création d'un Etat indépendant
ayant pour capitale Al Qods Al Sharif. Nous exhortons l'organisation
des Nations unies, ainsi que les parties influentes, à
agir sans retard pour assurer au peuple palestinien une
protection internationale et aménager les conditions
propices à la reprise des négociations, sur
la base de la légalité internationale, en
vue de parvenir à une paix juste, globale et durable,
seule garantie de la sécurité et de la stabilité
pour tous les peuples de la région.
Sur
la base de ces principes, nous réaffirmons la nécessité
qu'il y a pour les Nations unies et pour la communauté
internationale, a persévérer dans le parachèvement
des étapes entreprises en Irak, de telle sorte que
ce pays frère recouvre sa souveraineté dans
le cadre de la préservation de son intégrité
territoriale et de l'unité de son peuple, pour qu'il
puisse se consacrer à l'oeuvre de reconstruction
dans un contexte de sécurité et de stabilité.
Dans
le cadre de l'importance que nous attachons à l'action
interafricaine et au renforcement des relations de coopération
et de complémentarité entre les différents
pays de notre continent, la Tunisie a pris une part active
dans la création et le démarrage de l'Union
africaine, une fois qu'elle a parachevé sa phase
transitoire et commence à réaliser les aspirations
des pays et peuples du continent à la paix, au développement
et à la prospérité.
''Nos relations avec notre environnement immédiat
ne nous ont pas détournés de notre attachement
à élargir l'aire de notre coopération
et à explorer de nouvelles perspectives avec les
pays asiatiques et les pays du Nord et du Sud de l'Amérique.
Nous continuerons à développer et à
promouvoir ces relations, dans le cadre de nos choix nationaux
et sur la base des intérêts réciproques.
Sur la base de notre foi en l'interdépendance organique
entre la paix, la sécurité et le développement,
pour la réduction des foyers de tension et du déséquilibre
excessif entre les pays et entre les peuples, notre pays
a continué à poursuivre son action en vue
de hâter le démarrage du Fonds mondial de solidarité,
afin qu'il puisse commencer à réaliser ses
nobles tâches humanitaires, en tant que mécanisme
efficace de consécration du concept de solidarité
entre les nations, de lutte contre la pauvreté et
la marginalisation et de prévention des dangers de
l'extrémisme, de la violence et du terrorisme.
L'avenir que nous voulons assurer pour la Tunisie est l'avenir
de l'excellence et du progrès, de la stabilité
et de la sécurité, de la cohésion et
de la solidarité. Autant de dimensions qui exigent
de nous tous, que nous redoublions d'efforts et fassions
preuve d'une aspiration constante au mieux, et d'un labeur
ininterrompu.
L'amour de la Tunisie est notre leitmotiv. Par fidélité
à son glorieux passé et par attachement à
renforcer son prestige parmi les nations du monde.
Nous sommes pleins d'optimisme quant à l'avenir,
et fermement résolus à enrichir les acquis
de notre pays et à consolider les potentialités
de notre peuple.
Dieu Tout-Puissant a dit : ''Dis : agissez, Dieu, son Prophète
et les croyants témoigneront de vos actions''. (Coran)