DISCOURS

Carthage, Le 7 novembre 2003

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali à l'occasion
du 16ème anniversaire du Changement

(Carthage, 7 novembre 2003)


Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

''Nous commémorons, aujourd'hui, avec beaucoup de fierté, le seizième anniversaire du changement, alors que notre pays poursuit, avec assurance et aptitude, sa marche vers l'avenir, et que son peuple donne constamment la preuve de son amour pour la Tunisie et de son attachement à faire triompher sa gloire et son invulnérabilité, avec la volonté inflexible de relever les défis et de gagner les paris.

Nous avons pu accomplir tout au long de ces seize dernières années, d'importants acquis et réalisations, à tous les niveaux politique, économique, social et culturel, qui viennent comme des résultats de l'élan réformateur que nous avons adopté depuis l'aube du changement.

Tout en rendant hommage, en cette circonstance, à notre peuple, toutes catégories confondues, à l'intérieur comme à l'extérieur, notre peuple qui a adhéré avec enthousiasme et efficience à cette entreprise réformiste, j'affirme que nous avons gagné le pari que nous avons fait sur la maturité de ce peuple et sur son aptitude à se hisser aux niveaux les meilleurs.

En ce jour, je tiens à adresser mes salutations et mes témoignages d'appréciation à nos compétences nationales, ainsi qu'aux élites de notre pays, quel que soit leur domaine d'activité, ainsi qu'à tous ceux qui travaillent, fournissent des efforts et se distinguent pour que la Tunisie reste un pôle de civilisation.

Je voudrais, à cette occasion, exprimer ma profonde considération à l'université italienne de Trieste pour sa décision de m'attribuer le Doctorat Honoris Causa, en remerciant Madame le professeur Maria Paola Pagnini, chef du département des relations internationales et diplomatiques à la faculté des sciences politiques dans cette université, pour les paroles aimables et expressions d'amitié qu'elle a bien voulu m'adresser. Je remercie, également, le Docteur Vincezo Porcazi, professeur à la même université, pour sa contribution appréciable à mieux faire connaître l'expérience de la Tunisie dans le domaine de la solidarité, à travers la publication d'un livre intitulé ''Pour un développement solidaire : l'expérience de la Tunisie''.

J'adresse, également, mes remerciements à l'Union générale tunisienne de travail (UGTT) et à son secrétaire général, M.Abdessalem Jerad pour m'avoir attribué la première médaille de
l'UGTT, tout en appréciant les expressions de fidélité aux choix du changement et d'attachement à l'intérêt national contenues dans son allocution.

''Je voudrais, par la même occasion, féliciter le Pr. Mohamed Laroussi El Metoui, pour la distinction qu'il vient d'obtenir, en récompense de son activité culturelle qui a été un modèle de labeur et de don de soi.

Ayant pris l'initiative de sauver le pays et d'assumer la responsabilité de le diriger, nous avions placé la souveraineté de ce peuple et l'affranchissement de sa volonté, au-dessus de toute autre considération. Dieu nous a aidé à faire les choix qui servent le mieux l'intérêt de la patrie et son invulnérabilité. Les Tunisiennes et les Tunisiens ont répondu à l'appel à s'adonner au travail avec sérieux et enthousiasme. Ils ont répondu présents à chacune des étapes du changement, pour faire réussir ses réformes et mettre en oeuvre ses choix.
Nous oeuvrons pour la Tunisie, par amour pour la patrie, et pour élever sa bannière et honorer la mémoire de ses martyrs et de toutes ses générations de militants.

Notre pays vit, aujourd'hui, une période tout à fait particulière, celle de l'édification de la République de demain, et de la mise en oeuvre de ses principes et valeurs, à la lumière de la nouvelle constitution, qui a consacré la volonté du peuple à travers le référendum organisé pour la première fois dans le pays.

Nous avons, à travers la réforme constitutionnelle, jeté les bases de l'avenir et consolidé les fondements du système républicain et les valeurs de démocratie, de pluralisme et de droits de l'Homme. Nous avons également consolidé la position des partis politiques, des organisations et des associations et tracé les contours du chemin pour la Tunisie de demain.

Nous nous emploierons à faire des prochaines échéances politiques des jalons solides, posés dans cette voie, maintenant que nous leur avons assuré les conditions appropriées, à travers l'amendement du Code électoral, l'adoption du système de révision permanente des listes, la réduction du nombre des bureaux de vote, la facilitation de la pluralité des candidatures à l'élection présidentielle et bien d'autres réformes et mesures qui ont toutes pour objectif la promotion accrue des conditions de l'exercice démocratique et le développement de son processus.

Nous avons fait de la promotion de la Tunisie au rang des pays développés, notre objectif suprême. Les indicateurs montrent, aujourd'hui, l'importance de ce qui a été déjà réalisé sur cette voie. Ainsi, le taux moyen de croissance, depuis le Changement, a été de l'ordre de 5%, malgré les difficultés climatiques que nous avons connues, dès les premières années, et l'instabilité de la conjoncture internationale qui a eu son impact sur les économies de nombreux pays.

Ce taux sera supérieur à 5,5% à la fin de l'année en cours, en dépit de l'impact des difficultés que l'économie nationale a connues au cours des deux années écoulées et qui découlent de conditions climatiques et mondiales indépendantes de notre volonté, et ce bien que la reprise enregistrée par certains secteurs n'ait pas atteint le rythme voulu.

Ces acquis n'auraient pas pu voir le jour sans la profondeur et la globalité des réformes et la pertinence du plan que nous avons adopté pour rationaliser davantage la gestion du budget de l'Etat, pour tenir compte de la conjoncture mondiale et de ses incidences négatives tout au long de la proche période écoulée.

Tout en avançant, aujourd'hui, à pas sûrs dans la réalisation du 10ème plan national de développement, nous avons pu réaliser la plupart des projets qui figuraient dans notre programme pour l'avenir et avons ainsi été en avance sur le calendrier établi.

Nous avons pu, également, intégrer les rouages de l'économie dans une dynamique plus rapide. Nous avons pu, tout en la libéralisant et en l'intégrant dans le circuit mondial, élargir sa composante exportatrice et attirer les investisseurs étrangers. Nous avons réussi aussi à imposer la culture de la qualité et du respect des normes, afin de consolider la position du produit tunisien sur les marchés extérieurs.

Nous avons, également, préservé les équilibres financiers intérieurs et extérieurs, les indicateurs de la dette se sont ainsi améliorés, renforçant ainsi la crédibilité de notre pays auprès des instances internationales, le revenu par tête a, pour sa part, augmenté pour atteindre 3125 dinars, conformément à l'objectif fixé dans notre programme pour l'avenir. La pauvreté a, par ailleurs, reculé et les conditions de vie du citoyen se sont améliorées et le Tunisien, dans chaque ville, dans chaque village ou zone rurale, aspire, aujourd'hui, à une qualité de vie encore meilleure, cette même qualité pour laquelle nous avons mis en place un programme destiné à l'assurer et à l'améliorer d'une année à l'autre.

"La période qui vient de s'écouler a été marquée par de multiples développements qui ont failli nuire à nos équilibres fondamentaux et influer en profondeur sur de nombreux secteurs, n'eut été le traitement immédiat des situations en question et l'adoption des mesures qui s'imposaient pour en endiguer les incidences potentielles et maîtriser le taux d'inflation, ce qui nous a permis d'améliorer la notation donnée à la Tunisie par les instances internationales spécialisées.

Nous avons réussi, dans ce même temps, à réduire les déséquilibres régionaux, ce qui s'est traduit par une diversification de la base économique, une amélioration des conditions de vie et une augmentation du revenu des ménages dans toutes les régions.

Nous avons consolidé ces acquis en 2003 par un ensemble de mesures qui ont renforcé la décentralisation et la représentation des régions et contribué à promouvoir l'action municipale et à élargir les attributions des conseils régionaux dans le domaine de la promotion de l'investissement privé.

Il est, aujourd'hui, du devoir de toutes les parties de faire preuve d'un surplus de labeur et d'une persévérance accrue pour renforcer la capacité de notre pays à faire face aux changements extérieurs, surtout que nous abordons une étape qui comporte des changements profonds, au cours de laquelle notre économie connaîtra une insertion plus grande dans le circuit mondial. C'est ce qui requiert un effort plus important en faveur de l'investissement rentable, qui représente une condition fondamentale pour gagner le pari de la compétitivité et pour assurer l'assimilation de la technologie moderne et l'intégration dans l'économie du savoir.

C'est dans ce cadre que se situent les mesures que nous avons prises récemment et qui sont relatives à la création d'un système de garantie des prêts et des participations, l'institution d'un congé d'une année au profit des agents publics désirant créer des projets, la révision de l'intervention du fonds de promotion de l'investissement et de la décentralisation industrielle, et la consolidation des interventions des sociétés d'investissement.

Nous sommes déterminés à donner un nouveau souffle à la réforme structurelle, de manière à habiliter l'économie nationale à réagir efficacement aux développements qui surviennent dans son environnement mondial, surtout après l'élargissement de l'Union européenne, le développement de la concurrence, l'apparition de nouveaux concurrents dans les secteurs traditionnels d'exportation et l'ouverture attendue, dans un proche avenir, de nouveaux secteurs comme celui des services.

''Nous avons pris l'initiative, des les premières années du changement, de créer l'Institut tunisien des études stratégiques et lui avons confié la mission d'observer et d'anticiper les mutations, aux niveaux tant national qu'international. Nous avons chargé l'institut d'élaborer une étude sur : ''La Tunisie à l'horizon 2030'', afin d'identifier les alternatives possibles ou qui pourraient s'offrir à notre pays à cet horizon.

La première partie de cette étude a été déjà réalisée par un groupe d'universitaires et d'experts. Elle entre, maintenant, dans sa deuxième phase qui consiste à assurer, à travers la mise à contribution des compétences nationales hautement expérimentées, un cadre cohérent pouvant aider à esquisser les orientations et les choix majeurs de la Tunisie de demain.

Nous invitons nos établissements universitaires et de recherches concernés, à s'intéresser davantage aux techniques et applications de la prospectives, au niveau de l'enseignement comme à celui de la recherche, comme c'est le cas dans de nombreux pays qui ont une longue expérience en la matière.

Nous considérons que l'insertion dans l'économie mondiale représente l'un des plus grands défis de l'avenir. Dans ce cadre, nous accorderons une attention particulière à la mise à niveau et à la promotion du secteur des textiles afin d'améliorer son efficacité tant qu'il reste l'un des principaux secteurs de polarisation de l'investissement extérieur. L'année 2005 sera ainsi marquée par démantèlement de l'accord multifibres et, partant, la recrudescence de la concurrence mondiale.

Nous avons également ordonné d'identifier les priorités nationales et d'établir un calendrier approprié pour faire réussir les négociations à venir sur le secteur des services avec l'Union
européenne et dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, de façon à consolider l'attractivité de notre pays pour l'investissement extérieur et à renforcer la compétitivité des autres secteurs.

Ayant déjà franchi des étapes importantes au niveau des réformes que nous avons apportées à notre système financier, nous nous emploierons désormais à améliorer l'efficacité de ses instruments et interventions, pour financer l'économie nationale et consolider l'épargne.

Dans le but de renforcer la capacité d'épargne à long terme, nous ordonnons, aujourd'hui, d'autoriser l'Office national des postes à offrir ses services au public, en matière d'assurance-vie, et d'organiser la relation entre les entreprises d'assurances et cet office dans le cadre d'une convention à cet effet, en exonérant de l'impôt sur le revenu les rentes viagères payées dans le cadre des contrats d'assurance-vie tant individuels que collectifs.
Nous ordonnons, également, de faire passer de 5000 à 20.000 dinars, le montant déductible au titre des comptes d'épargne-actions et de simplifier les conditions de déduction des montants qui y sont déposés, et cela par la suppression de la condition de tenue de comptabilité.

''Nous ordonnons, dans ce contexte, d'autoriser les investisseurs étrangers non-résidents à acquérir les émissions de bons du trésor assimilables.

Nous annonçons, en outre, notre décision de faire passer de 50 % à 70% la part des recettes en devises étrangères que l'entreprise peut conserver, ce qui lui permettra de mieux se prémunir contre les risques de change et de consolider sa situation financière.
Dans le but de consolider l'évolution enregistrée par les transactions financières dans notre pays et de satisfaire aux exigences de la période à venir, nous ordonnons, aujourd'hui, d'élaborer un projet de loi garantissant la régularité des transactions financières, ce qui permettrait d'en renforcer la fiabilité, et ne manquerait pas de se répercuter positivement sur la crédibilité du marché financier de notre pays.

Nous ordonnons, d'autre part, d'entreprendre une évaluation du contenu du Code des changes, en vue de l'adapter à l'ensemble des textes au niveau national, ainsi qu'aux réglementations en vigueur chez les partenaires étrangers.

Compte tenu de l'importance économique des douanes dans le développement des transactions avec l'extérieur et la promotion du secteur du commerce, nous annonçons l'organisation d'une consultation nationale sur le Code des douanes dont le résultat devra fournir matière à la modernisation de ce code, l'accompagnement de l'expansion de nos échanges avec les marchés extérieurs et à la suppression des barrières douanières, au cours de la période à venir.

Nous annonçons, en outre, notre décision d'abaisser le niveau de la protection douanière, à compter de 2004, à travers la réduction du nombre des tarifs douaniers et la baisse de certains d'entre eux, de manière à en simplifier les procédures d'application et à limiter la pression fiscale sur certains produits et matériaux importes de pays situés hors de l'Union européenne.

Pour ce qui concerne le tissu industriel de notre pays, nous ordonnons le lancement d'un programme de modernisation qui complètera le programme de mise à niveau et fera accéder nos entreprises industrielles à une nouvelle étape d'évolution, tant nous sommes convaincus que le rythme du progrès technologique ne connaît pas de limites et que quiconque fait du sur-place en ce domaine se laisse distancer par la caravane du progrès.

Nous nous sommes employés, depuis le changement, à enraciner l'esprit d'initiative et à diffuser la culture de l'entreprise, tant les réformes structurelles et l'accélération du rythme de croissance ne peuvent se réaliser sans un intérêt actif porté aux idées innovantes et aux secteurs porteurs.

"Nous ordonnons, aujourd'hui, de créer un fond de valorisation des brevets d'invention, à travers l'aide à la production de prototypes innovants, en tant qu'étape indispensable, préparant la voie à l'étape de production industrielle, ce qui devrait renforcer le rôle des pépinières d'entreprises.

Nous appelons, également, à un soutien accru à l'effort d'identification des projets innovants et l'encadrement des nouveaux promoteurs, et cela en mettant à contribution les grandes entreprises publiques, compte tenu de leur expérience et des compétences humaines dont elles disposent, pour aider les promoteurs à préparer leurs projets et à en entamer l'exécution avec le maximum de chances de réussite.

Nous comptons, aussi, sur les Tunisiens à l'étranger pour qu'ils apportent leur concours à cet effort, stimulent l'investissement et bénéficient de toutes ces mesures, incitations et mécanismes que nous avons mis en place pour leur accorder des encouragements et favoriser leur participation à l'épargne et à l'investissement dans leur pays.

Nous avons toujours affirmé que les Tunisiens à l'étranger sont au coeur de la patrie. Nous avons fait de cela un choix essentiel que nous nous employons constamment à traduire dans la réalité concrète, au bénéfice de nos concitoyens à l'étranger, partout où ils se trouvent. Notre souhait et qu'ils contribuent, avec une efficience accrue, au processus de développement national et constituent un pont de dialogue et de coopération entre la Tunisie et leurs pays d'accueil.

Nous nous sommes attachés à placer notre sollicitude continue en faveur de nos colonies à l'étranger, leur encadrement et la défense de leurs intérêts, au premier rang des priorités de la mission dévolue à nos représentations diplomatiques et consulaires. Les échéances qui nous attendent dans l'avenir seront, pour les Tunisiens à l'étranger, autant d'occasions de suivre de près la vie nationale et de contribuer à sa progression, depuis leurs pays d'accueil, s'agissant en l'occurrence d'un droit en même temps que d'un devoir sacré.

Nous avons développé de manière fondamentale l'infrastructure du pays, tout au long des années du Changement et avons mis en place une plate-forme solide pour l'activité économique et le développement intégral, et c'est là un effort que nous veillons constamment à soutenir et a enrichir.

Dans le cadre du suivi des séquelles des dernières pluies que nous avons du reste veillé à endiguer et à traiter dans les meilleures conditions, nous ordonnons de réexaminer la programmation des ouvrages de protection des villes contre les inondations, et cela en conformité avec ce qui a été arrêté dans le dixième plan et compte tenu de l'ordre des priorités.

Nous ordonnons aux services concernés, de veiller à parachever le document final du plan directeur de l'aménagement du territoire national, afin qu'il constitue un cadre approprié pour la réalisation des études relatives aux régions économiques, et permette d'élaborer des plans d'aménagement urbain, selon une méthodologie qui tienne compte des prévisions futures de l'évolution du pays et de l'augmentation de la population.

Nous annonçons, en cette occasion, que le projet d'autoroute M'saken-Sfax sera mis en chantier au début de 2004, pour un coût de l'ordre de 430 millions de dinars. De même, que seront engagés les travaux de construction de trois nouveaux échangeurs dans le Grand Tunis, ainsi que la construction du barrage de Serrat, dans le Gouvernorat du Kef, et du barrage "El Kebir", dans le Gouvernorat de Gafsa, à côté de la réhabilitation de trois mille hectares de périmètres irrigués, dans la vallée de la Medjerda, le parachèvement de l'aménagement de 16 000 hectares de nouveaux périmètres irrigués, qui entreront en exploitation dans le courant de 2004, ainsi que l'aménagement et le bitumage de près de 1080 kilomètres de pistes agricoles.

Les bons résultats auxquels sont parvenus les partenaires sociaux lors du dernier tour des négociations dans le secteur privé, la fonction publique et les entreprises publiques, sont réconfortants.

Ces négociations ont, en effet, débouché notamment sur l'augmentations des salaires, sur une durée de trois ans, pour la cinquième fois consécutive, depuis 1990, et sur la révision de nombreuses conventions collectives. Nous apprécions, à ce sujet, l'esprit de responsabilité dont ont fait preuve toutes les parties, durant ces négociations.

Nous avons poursuivi à la lumière des orientations constantes de notre politique sociale, l'extension de la couverture sociale, afin qu'elle englobe le plus grand nombre possible de catégories professionnelles. C'est ce qui a permis, grâce aux récentes décisions et nouveaux textes juridiques, d'assurer une couverture légale au profit des catégories à faible revenu, des artistes, des créateurs et intellectuels, qui a atteint aujourd'hui le taux de 85,6%.

"Nous sommes satisfaits des résultats atteints grâce aux efforts de l'Etat, les initiatives du secteur privé et les instruments que nous avons mis en place en vue de consacrer notre principe constant de considérer l'emploi comme notre priorité absolue, ce qui a permis, cette année, à notre pays d'assurer une meilleure maîtrise du chômage pour le faire tomber, pour la première fois, à un taux de 14,3%.

Dans le but de consolider ces résultats et d'améliorer encore plus la situation de l'emploi, notamment au bénéfice des diplômes de l'enseignement supérieur, nous annonçons notre décision d'instituer un programme commençant des maintenant et jusqu'à la fin de l'année 2004, pour l'emploi de 10500 nouveaux demandeurs d'emplois, dont 1000, au moyen d'un effort supplémentaire dans la fonction publique, outre l'inscription de 8400 recrutements dans le cadre du budget de l'Etat pour l'année 2004.

Pur encourager les entreprises privées à contribuer, pour leur part, à la réalisation de ces objectifs, nous ordonnons que l'Etat prenne en charge, au cours de la première année d'embauche, 50% des salaires des personnes engagées, sans toutefois que la contribution de l'Etat dépasse 250 dinars par mois et par recrutement. Pourront bénéficier de cette mesure les entreprises qui procèdent au recrutement de leur premier diplôme du supérieur, ainsi que les petites et moyennes entreprises qui procèdent à des recrutements additionnels et adhérent au programme de mise à niveau où s'implantent dans les zones de développement régional.

Nous ordonnons, également, dans ce même cadre, de prendre des mesures supplémentaires pour promouvoir davantage l'initiative privée et le travail indépendant, et cela à travers la création d'un programme de formation au travail indépendant en vue d'y accueillir un certain nombre de diplômés de l'enseignement supérieur. Ce programme concernera, en 2004, quelque 500 diplômés du supérieur, répartis sur un certain nombre de régions dans lesquelles existent les conditions requises pour l'exécution du dit programme. Nous ordonnons, à cet égard, d'intensifier les cycles de formation de courte durée, qui relèvent du ministère de l'emploi, de manière à couvrir quelque 2500 diplômés du supérieur, au cours de l'année 2004, en plus de la reconversion ou la réadaptation d'environ 4000 diplômés du supérieur, au cours de la même année, soit une augmentation de 2000 bénéficiaires par rapport au programme annuel habituel.

Nous nous emploierons, par ailleurs, à promouvoir le système des stages d'initiation à la vie professionnelle, afin qu'il touche 12.000 stagiaires en 2004, soit 5000 stagiaires de plus qu'en 2003.

Nous veillerons à assurer la souplesse nécessaire dans l'exécution de ce programme, à adopter la gestion décentralisée et à lancer des campagnes, aux niveaux national et régional, pour sensibiliser les entreprises et les diverses structures professionnelles aux avantages de ce système.

''Nous accorderons aux promoteurs titulaires de diplômes supérieurs, des avantages supplémentaires tels que le report du versement des cotisations sociales au titre de la couverture du promoteur du projet, pour une durée d'un an.

Pour ce qui concerne l'édification de la société du savoir et de la mise en place des fondements essentiels de la modernité et des exigences de l'époque, nous avons accomplis de nombreux acquis et réalisations. Nous avons, aussi, réalisé pour notre pays un bond qualitatif dans tous les domaines, que ce soit au niveau de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation, ou de l'extension des réseaux de communications et de la culture informatique, ou encore de l'entrée dans l'espace du commerce électronique, du développement des services et prestations à distance et de la généralisation de l'utilisation de l'ordinateur et de l'Internet.

Nous oeuvrons, dans le cadre de nos efforts de développement et de nos différentes politiques sectorielles, à asseoir la culture numérique dans notre pays et à consacrer la société du savoir de la manière qui serve le mieux nos objectifs nationaux.

En vue d'améliorer les encouragements accordés pour une plus grande utilisation de l'Internet, nous ordonnons, aujourd'hui, d'introduire un nouveau système qui couvre les frais de liaison et de communication, et l'adoption de la formule de l'interlocuteur unique
pour le paiement des frais d'utilisation du réseau, ainsi que l'établissement d'un tarif unique fixé a 10 dinars et couvrant l'accès à l'Internet et quinze heures d'utilisation par mois.
Nous ordonnons, également, de procéder au parachèvement du programme de rattachement des écoles primaires au réseau, avant la fin de l'année 2006, en réservant, pour chaque école, une ligne téléphonique pré-payée utilisable exclusivement pour l'Internet, avec un plafond de 60 heures par mois et un coût de quarante dinars par mois.

Nous ordonnons, en outre, l'établissement d'un système d'encouragement des producteurs de contenu désirant écouler leur production, et cela en leur accordant une part des recettes provenant de l'utilisation du téléphone pour l'accès à l'Internet.

Eu égard au rôle efficace que le réseau joué dans la dynamisation de l'activité économique, en favorisant la transmission de données et la fourniture en temps réel des données aux entreprises, nous ordonnons de réduire de 25% le coût des services de transmission de données sur Internet. Nous ordonnons, également, d'abroger les formalités relatives à la connexion internationale spécialisée et de les remplacer par un cahier de charges, et de simplifier les procédures d'octroi des autorisations relatives à l'utilisation de la phonie sur Internet.

Nous ordonnons, dans ce même contexte, et pour faciliter la connexion aux réseaux téléphoniques, de réduire de 25% le coût du rattachement au réseau de téléphone fixe et de téléphone rural mobile.

L'égalité entre la femme et l'homme est l'une des constantes du changement. C'est, du reste, ce que nous nous sommes employés à consacrer dans la réalité concrète et à mettre en oeuvre, tant dans les entreprises que dans la vie publique, de telle sorte que, la femme tunisienne a accédé, aujourd'hui, à la place qu'elle mérite dans notre pays.

Nous ne saurions omettre de souligner le rôle important de la famille ni la place centrale qu'elle occupe dans nos choix. Nous lui avons accordé, en effet, une sollicitude constante et veillé à sécuriser la condition de ses divers membres et générations, et tout particulièrement les personnes âgées, ainsi que les enfants pour lesquels nous soulignons la nécessité d'assurer au mieux l'exécution du deuxième plan décennal les concernant et dont l'application a démarré en 2002.

Dans le but de rapprocher les services des citoyens, dans ces domaines, nous ordonnons aujourd'hui, d'entamer, dans une première phase la création de directions régionales des affaires de la femme, de la famille et de l'enfance.

Dès lors que nous considérons que la jeunesse est le pilier de l'avenir, nous l'exhortons à un surcroît d'effort et d'imagination, maintenant que nous lui avons aménagé les meilleures conditions pour travailler et se distinguer, et l'avons associée à la vie publique.

Nous tenons, à cette occasion, à exprimer notre fierté, au vu des résultats à la fois satisfaisants et promoteurs qui ont été réalisés par les sportifs tunisiens, lors des diverses échéances sportives continentales, régionales et internationales. Ils se sont montrés dignes de la confiance que nous avons placée en eux et des sacrifices consentis par la communauté nationale pour qu'ils donnent la preuve de leurs aptitudes et de leurs talents et fassent flotter haut la bannière de la Tunisie dans les arènes sportives internationales.
Nous avons doté notre pays, tout au long des années du changement, d'un réseau moderne d'installations, de structures et d'équipements sportifs, répartis sur l'ensemble du territoire de la république, et d'un haut savoir-faire en matière d'organisation des grandes manifestations internationales, la dernière en date ayant été les XIVèmes Jeux méditerranéens de 2001. Ceci n'a fait que renforcer la confiance des instances et fédérations sportives internationales en notre pays, en nos jeunes, en nos compétences et en notre climat politique, économique et social, et les a incitées à confier à la Tunisie le soin d'organiser, pour la troisième fois, la Coupe d'Afrique des Nations de Football, qui se déroulera en janvier 2004, ainsi que la Coupe du Monde de Handball, qui aura lieu en 2005.

''Fière de cet honneur qui lui a été fait et tenant compte de l'infrastructure diversifiée et des installations sportives modernes dont elle dispose, la Tunisie a récemment déposé sa candidature pour l'organisation de la Coupe du Monde de Football de 2010, en confirmation de son aptitude à être à la hauteur des plus grandes compétitions sportives mondiales, et pour montrer de nouveau ses capacités à assurer les meilleurs services, en plus de l'ambition qui anime ses jeunes et de leur esprit de dépassement pour honorer leur patrie, réaliser les meilleures prouesses et atteindre les plus hauts niveaux.

Rien, en effet, n'empêche aujourd'hui la Tunisie de s'engager dans ces compétitions internationales majeures, maintenant qu'elle s'est hissée à la place qu'elle mérite dans les instances internationales, grâce à son sérieux, à son labeur, à sa modération et à sa stabilité, tout autant qu'aux acquis et réalisations qu'elle a accomplis, et aux mesures et initiatives qu'elle a prises et qui ont suscité admiration et respect.

A cet égard, il me plaît d'exprimer mes vifs remerciements et ma profonde considération à nos frères et amis qui ont unanimement appuyé, le 3 novembre courant, à la 58ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, notre proposition en faveur du renforcement de la coopération entre les Etats et les structures et organisations gouvernementales et non-gouvernementales,en charge de l'éducation physique et du sport dans le monde, pour qu'elles entreprennent, dans le cadre de leur foi en les droits de l'Homme et en leur universalité, de garantir le droit des enfants et des jeunes à l'exercice de l'éducation physique et du sport, et d'offrir les espaces, les moyens et les conditions propices à l'exercice de ce droit, dans le cadre du système éducatif tout autant que de la vie en société et des rencontres internationales, afin que l'éducation physique et le sport soient un facteur positif dans le renforcement des relations et l'enrichissement des amitiés entre les individus, les collectivités et les peuples.

Dans cette proposition, nous avons exhorté la communauté internationale à souscrire à des engagements communs en vue de réduire les déséquilibres qui existent, aujourd'hui, au plan des opportunités offertes aux enfants et aux jeunes pour la pratique de l'éducation physique et du sport.

"Ainsi, la Tunisie met son expérience nationale au service de l'homme partout où il se trouve, et la porte du cadre local au cadre mondial dans le cadre de son souci permanent de contribuer, de concert avec les forces du bien partout dans le monde, à la diffusion de la culture de la paix, de la solidarité et du développement, et à la consécration de l'esprit de tolérance, de coexistence et de coopération entre l'ensemble des êtres humains.

Dans le cadre de l'intérêt particulier que nous portons à l'enfance et à la jeunesse, nous avons entrepris, dans notre pays, une réforme éducative globale dont les indicateurs quantitatifs et qualitatifs démontrent, d'une année à l'autre, la pertinence du système que nous avons choisi et l'efficacité de la démarche que nous avons suivie.

Il suffit de rappeler, à cet égard, que le nombre des étudiants a dépassé 300 000, alors qu'il n'était que de 40 000 en 1987. Ce nombre se répartit sur plus de 850 disciplines universitaires et se compose à raison de 55%% de filles. Ce sont là des chiffres révélateurs de la nouvelle composition de nos générations montantes et de la structure de leurs capacités et de leurs compétences dans la Tunisie de demain.

Nous avions souligné, en de précédentes circonstances, que l'arme de l'avenir réside dans le savoir et la science. Nous avons pris, à cet effet, nombre d'initiatives et de mesures en vue de renforcer la recherche scientifique dans notre pays, d'encourager les universitaires, les médecins, les ingénieurs et, d'une manière générale, les vocations et ceux qui ont de l'expertise, à s'adonner à la recherche scientifique et technologique, dans les diverses branches et disciplines qui peuvent profiter à nos secteurs de développement.

Nous avons déployé de grands efforts en vue de doubler les investissements dans la recherche scientifique, pour qu'ils atteignent 1% du Produit Intérieur Brut. Nous avons offert, dans ce domaine, les conditions appropriées, pour encourager les chercheurs à se mouvoir entre les institutions de recherches et les établissements d'enseignement supérieur et les entreprises économiques, afin d'utiliser leur savoir-faire dans le soutien à ces institutions et entreprises et les aider à créer des projets porteurs et innovants. Nous avons, également, pris les mesures appropriées pour permettre aux chercheurs de se consacrer exclusivement ou partiellement à la création de tels projets ou à la participation à leur réalisation dans le cadre des pôles technologiques et des pépinières d'entreprise, et cela pour une période déterminée, et tout en conservant leurs rémunérations.

Nous nous sommes, en outre, attachés à établir les liaisons et la complémentarité entre les différents secteurs de l'éducation, de la formation et de la recherche, afin qu'ils soient au service de l'effort de développement, en plus de la création du Conseil national consultatif de la recherche scientifique, et des initiatives que nous avons prises dans le domaine de la création de pôles technologiques, et de la consolidation des institutions de recherche scientifique, dans les divers secteurs stratégiques et tout particulièrement dans la bio-technologie, la technologie énergétique et des eaux, la technologie de l'information et de la communication, et les recherches appliquées dans les secteurs industriel et agricole.

Nous comptons sur nos compétences scientifiques, dans ces domaines, pour qu'elles persévèrent dans la recherche et la production et accomplissent au mieux leur rôle au service de leur patrie, pour le renforcement de son invulnérabilité et de son progrès.

''Nous avons déployé de grands efforts en vue de promouvoir le secteur de la culture d ans notre pays et de le hisser au plus haut niveau, dans tous les domaines de la production et de la création. Nous avons augmenté progressivement le budget de la culture pour qu'il atteigne 1% du budget de l'Etat en 2004. C'est ce qui ouvre assurément de vastes horizons devant les intellectuels pour un surcroît d'effort et pour une amélioration du niveau et de la qualité de leurs productions, afin qu'elle atteigne le niveau voulu de distinction et de rayonnement, tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. C'est que la responsabilité de promouvoir et d'enrichir le produit culturel n'incombe pas seulement à l'Etat, mais aussi, et en premier lieu, à tous les intellectuels, penseurs et artistes, pour qu'ils produisent, innovent, en toute liberté et spontanéité à l'abri de toute tutelle ou main-mise.

Convaincus que les créateurs sont à l'avant-garde des forces de la réforme et du changement, nous les avons entourés de la sollicitude et des encouragements qu'ils méritent, avons garanti leurs droits intellectuels et matériels et leur avons offert les conditions appropriées pour l'expression et la production, afin qu'ils apportent un plus dans le développement de leur pays, dans la consécration de son identité et l'affirmation de sa présence active et de son dialogue continu avec les autres cultures.

Notre culture féconde et notre riche civilisation restent le socle durable des valeurs de juste-milieu, de modération et d'ouverture, autant de qualités que nous avons veillé, depuis le changement, à consacrer dans les esprits comme dans les actes, par fidélité à notre identité nationale, à notre héritage historique et aux nobles préceptes de notre religion.
Dans le cadre de l'attention élevée que nous n'avons cessé de porter à notre religion sublime, et aux affaires et institutions religieuses ainsi qu'aux personnels du culte et en témoignage de notre appréciation pour le rôle assumé par les responsables et les personnes en charge des affaires des mosquées, au service des ''lieux de prière'', nous ordonnons aujourd'hui d'augmenter les indemnités qui leur sont accordées.

Nous ordonnons, également, d'améliorer les prestations sociales à leur profit, par la majoration de l'allocation d'invalidité et de l'allocation de veuves, et l'extension du régime de gratuité des soins à ceux d'entre eux qui sont dans le besoin et qui ne sont pas couverts par le système de sécurité sociale, de manière à améliorer l'encadrement de cette catégorie et à assurer leur accès aux services et aux prestations sanitaires.

"Nous avons accordé à l'information une importance particulière, à travers le renforcement du rôle qui lui est dévolu dans le processus du Changement, et les réformes et incitation mises en oeuvre en vue d'en promouvoir le fonctionnement et le contenu et de consacrer la liberté d'opinion et d'expression.

Ce secteur a connu, au cours de la dernière étape, une évolution qualitative importante, au niveau de la forme et du contenu aussi bien dans le domaine de l'audio-visuel que dans celui de la presse écrite, à travers l'extension de l'espace réservé aux émissions et aux tribunes de dialogue et aux dossiers, outre la place qu'occupent désormais les programmes culturels, dans toutes les spécialités et matières, et la retransmission en direct des séances de la chambre des députés.

Nous appelons, aujourd'hui, au parachèvement des études et à la préparation soigneuse de ce que nous avions annoncé lors du quinzième anniversaire du Changement, au sujet de la mise à profit de la technologie numérique pour la création d'espaces spécialisés, la participation des journalistes aux cycles de formation et de recyclage organisés par l'Etat, tout particulièrement en matière d'utilisation des technologies modernes de communication.

Nous soulignons, par ailleurs, le rôle de l'ensemble des parties, dans le respect de la mission des journalistes et professionnels des médias, et rappelons ce que nous avons déjà dit, à savoir que la promotion du secteur de l'information est la responsabilité des
professionnels du secteur eux-mêmes, qu'ils soient chefs d'entreprise de presse ou journalistes, à travers le souci qu'ils doivent avoir de respecter les dispositions du Code de la presse et des règles de la profession, et leur attachement à ses nobles valeurs.

Aujourd'hui, nous attendons que paraissent régulièrement les journaux des partis, en consécration du soutien matériel dont ils bénéficient de la part de l'Etat, pour pouvoir contribuer, depuis la position qui est la leur, à enrichir et à promouvoir davantage le
paysage médiatique national.

''Dans le contexte du processus de réforme et de promotion constante que nous avons engagé dans le secteur de l'information, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision d'ouvrir l'espace audio-visuel aux radios et télévisions du secteur privé, pour qu'elles contribuent à l'enrichissement du paysage médiatique national, aux côtés des organismes publics, et cela, à partir de ce jour, puisque c'est aujourd'hui que démarre la première radio privée à transmission indépendante.

Dans le but de consolider cette orientation, nous ordonnons, également, de promouvoir les attributions dévolues au Conseil supérieur de la communication et d'en élargir les prérogatives de manière à l'habiliter à étudier les dossiers des radios et télévisions privées et à émettre son opinion à leur sujet.

La promotion de l'information est un processus ininterrompu. Sa cadence est appelée à s'accélérer en cette nouvelle phase du changement qu'amorce notre pays. Ce qui a été accompli dans ce domaine n'estompe point notre aspiration constante à une information
d'un plus haut niveau et plus apte à cerner les préoccupations des citoyens, à accompagner la mutation que vivent notre pays et le monde qui nous entoure, plus particulièrement dans le domaine de l'audio-visuel dont les professionnels, qu'ils soient journalistes, réalisateurs, techniciens ou dirigeants, doivent faire preuve d'une imagination plus grande et mobiliser leurs potentiels de créativité et de savoir, en plus de l'exploitation judicieuse et plus efficace des technologies et équipements modernes que l'Etat a mis à leur disposition.

Les mutations profondes et de plus en plus rapides que le monde connaît, aujourd'hui, à tous les niveaux, nous incitent à accélérer nos pas en vue de consolider la position de la Tunisie dans tous les domaines, en sauvegardant les constantes que nous avons choisies, en prospectant l'avenir et en nous adaptant aux développements et aux défis existants, avec le maximum de vigilance et de lucidité, afin de pouvoir être mieux à même de garantir à la Tunisie un lendemain meilleur, et de contribuer efficacement à l'établissement des fondements d'un ordre mondial plus juste et plus équilibré.

C'est sur cette base que nous nous employons à réaliser davantage de coopération, de complémentarité et d'intégration dans les espaces dont nous faisons directement partie, qu'il s'agisse de notre environnement maghrébin, arabe ou islamique, de notre continent africain ou encore de la région du bassin méditerranéen.

L'une de nos constantes est la fidélité à l'édification de l'Union du Maghreb Arabe, en tant que choix stratégique répondant aux aspirations de nos peuples à la complémentarité et à l'unité.

"Nous nous sommes attachés avec nos frères, les dirigeants des pays de la région, à consolider nos relations bilatérales en tant que facteur favorisant la promotion de l'action maghrébine commune, afin de permettre à notre Union de nouer des relations équilibrées de coopération et de partenariat, avec l'ensemble des groupements régionaux et internationaux, à commencer par l'Union européenne avec laquelle nous nous employons à promouvoir davantage nos relations.

L'accueil en Tunisie, dans quelques semaines, du premier Sommet des pays de la Méditerranée occidentale, dans le cadre de ce que l'on appelle le dialogue 5+5, puis du Sommet arabe, en mars 2004, offrent des occasions importantes à notre pays pour renforcer les domaines de coopération et de solidarité et consolider sa position et son rôle, aux niveaux régional et international.

Tout en exprimant, aujourd'hui, notre profonde préoccupation au vu des souffrances du peuple palestinien frère et de la persistance des forces israéliennes d'occupation dans leurs agressions contre ses institutions et ses lieux saints, nous réaffirmons notre soutien à sa juste cause, pour le recouvrement de ses droits légitimes et de son droit à l'auto-détermination et à la création d'un Etat indépendant ayant pour capitale Al Qods Al Sharif. Nous exhortons l'organisation des Nations unies, ainsi que les parties influentes, à agir sans retard pour assurer au peuple palestinien une protection internationale et aménager les conditions propices à la reprise des négociations, sur la base de la légalité internationale, en vue de parvenir à une paix juste, globale et durable, seule garantie de la sécurité et de la stabilité pour tous les peuples de la région.

Sur la base de ces principes, nous réaffirmons la nécessité qu'il y a pour les Nations unies et pour la communauté internationale, a persévérer dans le parachèvement des étapes entreprises en Irak, de telle sorte que ce pays frère recouvre sa souveraineté dans le cadre de la préservation de son intégrité territoriale et de l'unité de son peuple, pour qu'il puisse se consacrer à l'oeuvre de reconstruction dans un contexte de sécurité et de stabilité.

Dans le cadre de l'importance que nous attachons à l'action interafricaine et au renforcement des relations de coopération et de complémentarité entre les différents pays de notre continent, la Tunisie a pris une part active dans la création et le démarrage de l'Union africaine, une fois qu'elle a parachevé sa phase transitoire et commence à réaliser les aspirations des pays et peuples du continent à la paix, au développement et à la prospérité.
''Nos relations avec notre environnement immédiat ne nous ont pas détournés de notre attachement à élargir l'aire de notre coopération et à explorer de nouvelles perspectives avec les pays asiatiques et les pays du Nord et du Sud de l'Amérique. Nous continuerons à développer et à promouvoir ces relations, dans le cadre de nos choix nationaux et sur la base des intérêts réciproques.

Sur la base de notre foi en l'interdépendance organique entre la paix, la sécurité et le développement, pour la réduction des foyers de tension et du déséquilibre excessif entre les pays et entre les peuples, notre pays a continué à poursuivre son action en vue de hâter le démarrage du Fonds mondial de solidarité, afin qu'il puisse commencer à réaliser ses nobles tâches humanitaires, en tant que mécanisme efficace de consécration du concept de solidarité entre les nations, de lutte contre la pauvreté et la marginalisation et de prévention des dangers de l'extrémisme, de la violence et du terrorisme.

L'avenir que nous voulons assurer pour la Tunisie est l'avenir de l'excellence et du progrès, de la stabilité et de la sécurité, de la cohésion et de la solidarité. Autant de dimensions qui exigent de nous tous, que nous redoublions d'efforts et fassions preuve d'une aspiration constante au mieux, et d'un labeur ininterrompu.

L'amour de la Tunisie est notre leitmotiv. Par fidélité à son glorieux passé et par attachement à renforcer son prestige parmi les nations du monde.
Nous sommes pleins d'optimisme quant à l'avenir, et fermement résolus à enrichir les acquis de notre pays et à consolider les potentialités de notre peuple.

Dieu Tout-Puissant a dit : ''Dis : agissez, Dieu, son Prophète et les croyants témoigneront de vos actions''. (Coran)

 

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