Carthage, le 7 novembre 2000
Discours
du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du 13e anniversaire du Changement
Au
Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyennes,
Citoyens,
C'est
avec un sentiment de fierté légitime que nous
célébrons, aujourd'hui, le treizième
anniversaire du Changement du 7 novembre, à l'heure
où nous nous apprêtons à franchir le seuil
du siècle nouveau, avec une confiance inébranlable
et une détermination toujours renouvelée.
C'est
là une occasion privilégiée pour rappeler
le chemin parcouru depuis le Changement, et les réalisations
accomplies au cours de toutes ces années de labeur
assidu et d'efforts généreux. Nous le faisons
pour inciter à hâter le pas, sur la voie du développement
et du progrès, dans un climat de concorde et de sérénité,
confiants et optimistes quant à l'avenir.
Le
Changement a marqué un tournant crucial dans notre
histoire récente. Il nous a permis de sauver la patrie
et de mettre en uvre un projet de société
aux fondements bien ancrés, aux maillons solidement
entrelacés et dont les étapes se complètent,
en tenant compte du degré d'évolution de notre
peuple et de son aptitude à s'ouvrir de nouveaux horizons
sur la voie de la démocratie et du développement.
Nous
avons redonné à la Tunisie sa jeunesse et sa
vitalité. Nous avons ouvert la voie aux libertés
et aux initiatives. Ainsi, toutes les forces vives du pays
ont adhéré au processus du Changement, dans
le cadre d'un consensus national qui préserve les constantes
et s'adapte aux nouvelles mutations. La méthode de
réforme que nous avons également adoptée
ausculte l'avenir en vue de faire profiter la patrie de ses
nouvelles données, tout en sachant garder l'intérêt
national au-dessus de toute autre considération.
Nous
avons assumé la responsabilité qui est la nôtre,
par amour pour la patrie et pour répondre à
l'appel du devoir. Ce faisant, nous avons transcendé
les séquelles du passé et persévéré
dans la consécration du choix que nous avons fait pour
notre pays et pour notre peuple. Nous avons réalisé
les meilleurs résultats et gagné les paris inhérents
à cette étape, grâce à l'adhésion
des Tunisiennes et des Tunisiens aux principes du Changement,
ainsi qu'au soutien qu'ils apportent à ses options.
En cela, nous avons constamment veillé à être
des pionniers efficaces dans tous les domaines.
Le
combat au service de la patrie est un effort sans fin. Nous
resterons fidèles à notre engagement, celui
du labeur, du don de soi et de l'effort généreux.
Citoyennes,
Citoyens,
Notre
pays traverse, aujourd'hui, une étape d'une importance
capitale, celle qui lui permettra de rejoindre le peloton
des pays développés, après avoir gagné
le pari de l'accession au rang des pays émergents.
Il a réussi cette mutation grâce aux réformes
que nous avons eu l'heur d'entreprendre, aux initiatives que
nous avons prises et aux acquis et réalisations multiples
que nous avons accomplis.
Les
défis auxquels nous sommes confrontés ne cessent
de gagner en ampleur à mesure que s'accélèrent
les mutations mondiales, que naissent des regroupements qui
transfèrent les pôles de puissance et d'influence,
que font leur apparition de grands réseaux d'entreprises
qui ont changé les canaux de financement et d'investissement,
et que circulent rapidement les capitaux entre les différentes
régions du monde, dans un environnement international
difficile qui a été à l'origine de crises
financières aiguës dans plus d'une région.
En
dépit de ces difficultés, du renchérissement
de la valeur de certaines monnaies mondiales, de la hausse
continue du prix du pétrole et de l'impact négatif
des conditions climatiques sur la production agricole, notamment
dans le secteur céréalier, notre pays a réussi,
grâce au labeur de son peuple et à la pertinence
de ses choix, à réaliser un de taux de croissance
de 5,4 % par an en moyenne, pendant toute la durée
du neuvième Plan qui touche aujourd'hui à sa
fin. Ce niveau a pu être atteint grâce, notamment,
à la contribution du secteur des industries manufacturières
dont le taux de croissance a été de 5,8 % en
moyenne, et à celle du secteur des services qui a enregistré
un taux de croissance de 9,7 % en moyenne, soit beaucoup plus
que le taux prévu, qui n'était guère
supérieur à 6,7 %.
S'il
est un indice réellement significatif de l'importance
des résultats enregistrés, c'est bien l'augmentation
de la moyenne du revenu par habitant qui est passée
de 2000 Dinars par an, au début du Plan en cours, à
2700 Dinars en l'an 2000, chiffre qui nous rapproche de l'objectif
que nous nous sommes fixé dans notre programme pour
l'avenir.
Ce
qui consolide la position de notre pays dans son environnement
économique, c'est aussi l'amélioration du taux
de croissance des exportations, celui-ci ayant dépassé
les prévisions du Plan, avec une moyenne de 6,9 % par
an, contre les 5,9 % prévus.
Ces
résultats se sont accompagnés d'une maîtrise
du taux d'inflation qui a été maintenue dans
les limites de 3,3 % par an, contre le taux de 3,8 % qui était
consigné dans les prévisions.
L'évaluation
que nous avons opérée, cette année, concernant
l'avancement du IXe Plan de développement, a par ailleurs
permis de relever l'accélération du rythme des
réformes, le dépassement des prévisions
dans de nombreux domaines, l'amélioration de la compétitivité
de l'économie nationale et le renforcement du climat
social.
Citoyennes,
Citoyens,
Notre
pays n'en est qu'à la première année
d'exécution du programme pour l'avenir. Ce programme
dont nous avons conçu les objectifs à partir
des aspirations de nos concitoyennes et de nos concitoyens,
a établi ses priorités en relation directe avec
leurs préoccupations.
Aujourd'hui,
nous portons nos efforts sur l'accélération
de son rythme d'exécution et le renforcement de son
efficience.
Grâce
aux efforts de tous, nous avons pu parcourir d'importantes
étapes en direction des objectifs assignés aux
différents secteurs, pour l'échéance
2004. La Tunisie a su, en effet, prévoir, très
tôt, les contingences de la mondialisation tout autant
que les mutations en cascades qui ont accompagné celle-ci.
Aussi a-t-elle pu parcourir des étapes déterminantes
sur le chemin de la construction d'une économie ouverte
et équilibrée, conciliant l'efficacité
économique et le progrès social, s'agissant
d'un choix fondamental et intangible de notre politique sans
lequel la concrétisation des objectifs de la réforme
ne sauraient être parachevés. Il s'agit en outre
d'un choix qui est la consécration de notre conviction
profonde que le développement durable ne peut se réaliser
que s'il est intégral.
Aussi
avons-nous également accordé à l'investissement,
dans tous les domaines, une sollicitude particulière.
Nous sommes déterminés à poursuivre nos
efforts en vue d'encourager l'investissement privé,
que nous percevons comme le catalyseur essentiel du développement
et de la promotion de l'emploi.
Nous
avons en outre établi un programme cohérent
de privatisations, qui est appelé à ouvrir de
nouvelles perspectives au profit de ce secteur et à
consolider l'investissement, la production et les exportations.
Dans
le but de conforter cette orientation, nous ordonnons, aujourd'hui,
de rendre publique une nouvelle liste comprenant plus de 40
entreprises à privatiser dans les secteurs de l'industrie
et des services, et de faire connaître, sur une grande
échelle, les composantes du programme de privatisations
et ses délais de réalisation, et cela auprès
des investisseurs et des hommes d'affaires tunisiens et étrangers.
Compte
tenu du rôle de plus en plus important de l'information
économique dans l'amélioration de la compétitivité
des entreprises, nous ordonnons également la diffusion
des études sectorielles auprès des investisseurs
et des entreprises concernés, afin d'éclairer
la voie devant les promoteurs, notamment dans l'identification
des secteurs porteurs et le lancement de projets rentables.
A
l'effet d'améliorer davantage le suivi des résultats
enregistrés en matière d'investissement, nous
ordonnons la reconversion du Conseil Supérieur de l'Exportation
en Conseil Supérieur de l'Exportation et de l'Investissement.
Nous
avons uvré à assurer toutes les conditions
propices au bon fonctionnement des entreprises et au renforcement
de leur aptitude à l'initiative, grâce aux réformes
successives que nous avons introduites dans les différents
rouages de l'Administration. Récemment encore, nous
avons pris des mesures en vue de la suppression des autorisations
et leur remplacement par des cahiers de charges dans divers
domaines. Nous avons également substitué aux
formalités multiples qui étaient exigées
pour la création d'entreprises uni-personnelles, la
procédure "une formalité, une entreprise"
couvrant tous les aspects exigés en la matière.
Dans
le but de simplifier encore davantage les procédures
administratives et d'encourager l'investissement, nous avions
aussi proclamé que la règle, à l'avenir,
serait la liberté, l'exigence d'autorisations étant
l'exception. Dans ce cadre, nous avons établi un programme
qui porte suppression de 60 % des autorisations dont la moitié
ont ainsi été remplacées par des cahiers
de charges.
Aujourd'hui,
nous ordonnons de soumettre à la Chambre des députés,
les projets de lois pertinents, afin que ce programme puisse
être mis en uvre à partir de l'année
prochaine.
Nous
ordonnons, également, dans le même contexte,
l'installation de l'interlocuteur unique du promoteur, dans
les différents guichets unifiés, en vue d'aider
les investisseurs et les hommes d'affaires, dans la constitution
des dossiers de leurs projets, de la manière la plus
aisée et la plus efficace.
Dans
le but de renforcer le tissu des entreprises économiques
dans notre pays et d'élargir leurs domaines d'activité,
nous ordonnons, aujourd'hui, de mettre en place un cadre juridique
approprié pour la constitution de consortiums d'entreprises
nantis d'un cadre fiscal spécifique, ce dernier étant
subordonné à la condition que l'entreprise-mère
soit cotée en bourse et qu'elle détienne une
part donnée du capital des entreprises filiales.
Dernièrement,
nous avons promulgué la loi relative au Code des sociétés
commerciales. Celui-ci a englobé une révision
complète des règles d'organisation de ces sociétés,
ainsi que des simplifications dans leurs procédures
de création; outre l'ouverture de la voie devant l'émergence
d'un nouveau type de société, à savoir
les sociétés uni-personnelles. Nous tablons
sur l'élan qui est ainsi donné à l'initiative
privée, pour créer davantage d'emplois et de
richesses, dans l'intérêt de tous, qu'il s'agisse
des promoteurs, des investisseurs, des actionnaires ou des
salariés.
Citoyennes,
Citoyens,
Le
secteur de l'agriculture et de la pêche est l'un des
attributs fondamentaux de l'économie nationale. Il
a enregistré, depuis le Changement, une évolution
continue qui nous a permis d'atteindre l'autosuffisance dans
plusieurs produits agricoles.
Nous
avons toujours veillé à venir en aide aux agriculteurs
et aux pêcheurs toutes les fois qu'ils ont eu à
faire face à des conditions climatiques difficiles.
Nous leur avons ainsi accordé des aides, et facilité
l'accès aux crédits, outre les décisions
que nous avons prises en vue du rééchelonnement
de leurs dettes et de l'annulation du produit des intérêts,
toutes les fois que la conjoncture l'imposait.
Nous
avons en outre uvré à l'établissement
d'un plan exhaustif pour la gestion des excédents de
la production agricole; abaissé les taux d'intérêt
appliqués aux crédits accordés aux petits
exploitants; et instauré un plan cohérent pour
la réforme du régime des assurances agricoles.
Nous
exhortons, par ailleurs, tous ceux qui travaillent dans ce
domaine, à déployer davantage d'efforts en vue
de promouvoir les méthodes de travail dans le secteur
de la transformation des produits agricoles, et à établir
des relations de partenariat efficaces entre les secteurs
de la production et de la transformation.
L'autosuffisance
est un objectif stratégique. La sécurité
alimentaire fait partie intégrante de la sécurité
et de la souveraineté des peuples. C'est pourquoi nous
ordonnons, aujourd'hui, d'établir un programme national
rationnel en vue d'assurer des stocks stratégiques
en certaines denrées agricoles essentielles, afin de
garantir l'approvisionnement régulier du pays en ces
produits, et de préserver les intérêts
du producteur et du consommateur.
Compte
tenu de l'importance du rôle qui est dévolu aux
différentes structures professionnelles agricoles dans
l'encadrement des producteurs, nous avions ordonné
d'élaborer un plan en vue de promouvoir ces structures
et de renforcer leur efficacité. Maintenant que les
études préliminaires à ce sujet ont été
achevées, nous ordonnons l'organisation d'une consultation
nationale élargie concernant ce plan.
Citoyennes,
Citoyens,
L'un
des acquis dont se prévaut le Changement n'est autre
que le développement de l'infrastructure qui a permis
de doter le pays d'un réseau routier moderne, permettant
la liaison entre les différentes régions et
contribuant à l'encouragement des investissements et
à la généralisation du développement
dans les régions de l'intérieur du pays.
Aussi
avons-nous mis en place un programme national pour la construction
d'autoroutes et créé un fonds spécial
aux fins de renforcer ce programme et de l'étendre.
A cet égard, nous ordonnons le démarrage, dans
le courant de l'année prochaine, des travaux de construction
de l'autoroute devant relier Tunis, Medjez El Bab et Oued
Zarga.
La
période écoulée a, par ailleurs, été
marquée par les réformes radicales qui ont été
apportées au domaine du transport, en vue de la libéralisation
de ce secteur et du renforcement de sa compétitivité,
afin d'en réduire les coûts et de soutenir en
conséquence les exportations et les secteurs productifs.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
misons sur l'intelligence de notre peuple, pour aborder le
troisième millénaire avec compétence
et assurance. Aussi avons-nous placé la maîtrise
des nouvelles technologies et l'édification de la société
du savoir, parmi les priorités de notre programme pour
l'avenir.
Nous
avons, ainsi, modernisé les réseaux de communications
de notre pays, à travers l'exécution de grands
projets qui assurent la diversité et la qualité
des prestations, et couvrent, aujourd'hui, toutes les régions
du pays. Nous avons, en outre, établi les textes juridiques
appropriés, afin d'être au diapason des mutations
que le monde connaît dans ce domaine.
La
décision que nous avons prise en faveur de la création
de centres publics de l'Internet, a eu le meilleur effet sur
le renforcement des opportunités d'emplois au profit
des titulaires de diplômes de l'enseignement supérieur,
et sur l'ouverture de perspectives plus vastes pour les prestations
de l'Internet.
Tout
en nous félicitant, aujourd'hui, de l'évolution
du nombre des usagers de ce réseau, qui est passé
à plus de 250 mille, nous nous préoccupons d'offrir,
à tous les citoyens, l'opportunité de profiter
des prestations de ce réseau et de faire en sorte que
le rôle de celui-ci soit plus agissant dans la stimulation
de l'économie virtuelle dans notre pays. C'est pourquoi
nous ordonnons l'application de nouvelles réductions
des tarifs d'exploitation de l'Internet, de telle sorte que
la Tunisie soit l'un des pays qui offrent les meilleurs tarifs
en la matière.
Nous
ordonnons, également, la réduction du taux de
la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) applicable aux
abonnements au réseau Internet, de telle sorte que,
de 18% actuellement, il soit ramené à 10%.
D'autre
part et compte tenu du succès remporté par la
Cité des technologies des communications, aux niveaux
tant national qu'international, et dans le but de concrétiser
les objectifs de notre programme pour l'avenir, nous ordonnons,
aujourd'hui, le démarrage des travaux de réalisation
d'un plan décennal visant la mise en place d'un nouveau
pôle technologique, tous les ans, jusqu'à ce
que, graduellement, toutes les régions du pays en soient
dotées.
Citoyennes,
Citoyens,
Le
secteur bancaire représente l'un des facteurs essentiels
qui permettent de stimuler l'économie et l'investissement,
de dynamiser les échanges, et d'assurer l'encadrement
des nouveaux promoteurs. Aussi y avons-nous opéré
des réformes successives qui n'ont pas manqué
d'engendrer des résultats positifs appréciables.
A
cet égard, le nouveau projet de loi relatif aux établissements
de crédit que nous avons soumis à la Chambre
des députés, permettra de promouvoir la législation
bancaire et de la mettre au diapason des réglementations
appliquées à l'échelle mondiale. Quant
au programme que nous avons ordonné de mettre en uvre
pour procéder à la fusion d'un certain nombre
d'institutions bancaires publiques, il permettra de constituer
des pôles financiers aptes à affronter la concurrence
extérieure.
La
promulgation récente du Code des droits et des procédures
fiscaux, marque une transition importante dans le processus
de réforme fiscale, de même que dans la consécration
de la réconciliation entre le citoyen et la fiscalité
et dans la promotion de ce secteur.
A
cet égard, nous annonçons, aujourd'hui, notre
décision d'entamer, à compter du début
de l'année 2001, l'application des procédures
relatives aux taux des amendes prévues dans le Code
des droits et des procédures fiscaux, qui seront inférieures
à celles qui sont actuellement en vigueur; et cela
en attendant l'entrée en vigueur de l'ensemble des
dispositions contenues dans ce Code, à partir de 2002.
Aux
fins de renforcer la transparence et de consolider la dynamique
de l'investissement, nous ordonnons également de procéder
à l'étude des formules pratiques d'incitation
des entreprises à recourir à la déclaration
spontanée de leurs revenus, de façon à
assainir leur situation fiscale.
Dans
le cadre des mesures et des dispositions que nous avions prises
en vue d'améliorer l'organisation de l'entreprise et
de promouvoir ses méthodes de gestion, nous ordonnons
la mise en place d'instruments et de formules comptables appropriées
pour aider les petites entreprises à tenir leurs livres
de comptes; en veillant à associer la profession à
la définition de ces nouvelles formules.
Citoyennes,
Citoyens,
Notre
pays a enregistré un accroissement sensible de ses
parts de marché sur le plan international, consolidant
sa position tant sur les marchés européen et
asiatique que sur le marché maghrébin.
Tandis
que se poursuivent activement les préparatifs en prévision
du démarrage des pourparlers avec l'Union Européenne
concernant les secteurs de l'agriculture et des services,
nous avons donné des directives pour faire en sorte
que cette étape soit préparée soigneusement,
de manière à préserver les intérêts
de notre pays et à favoriser la concrétisation
des objectifs qu'il vise à travers l'accord d'association
que nous avons signé avec l'Union Européenne
et qui a été le premier du genre dans notre
région.
Dans
le domaine des exportations, nous avons pris un ensemble de
dispositions et de mesures destinées à favoriser
le développement des exportations tunisiennes, l'insertion
accrue de l'économie tunisienne dans l'économie
mondiale, l'exploitation judicieuse des nouvelles technologies
de l'information et de la communication, ainsi que le développement
du commerce électronique.
Aujourd'hui,
la Tunisie est l'un des rares pays qui ont promulgué
une loi spécifique relative au e-commerce ou commerce
électronique, en vue d'encourager ce type d'activité,
de protéger les échanges qu'il génère
et de renforcer la confiance entre ses différents partenaires.
Au
cours de la période à venir, nous nous emploierons
à développer des mécanismes propres à
préserver les équilibres généraux
entre le petit commerce traditionnel et le commerce moderne
représenté par les grandes surfaces et les nouveaux
procédés commerciaux qui ont fait leur apparition
depuis peu.
Nous
avons, du reste, réussi à endiguer les effets
du commerce parallèle et des importations sauvages.
Nous poursuivrons, en outre, notre politique de libéralisation
de l'économie et du commerce tant intérieur
qu'extérieur.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
avons édifié notre politique sociale sur le
dialogue, le consensus et la solidarité. Nous avons
instauré dans le pays un climat social sain, grâce
au sens de responsabilité dont ont fait preuve tous
les partenaires sociaux et toutes les organisations socio-professionnelles,
au premier rang desquelles je tiens à citer l'Union
Générale Tunisienne du Travail, l'Union Tunisienne
de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, et l'Union
Tunisienne de l'Agriculture et de la Pêche. L'ensemble
de ces partenaires sociaux ont ainsi démontré
leur perception profonde du sens de l'intérêt
national. Ils ont constitué ce faisant l'un des principaux
fondements de la sérénité et de la stabilité
dont la Tunisie jouit aujourd'hui, et des acquis qu'elle a
réalisés sur le chemin de la paix sociale et
du renforcement de l'uvre de développement.
Ces
partenaires sont parvenus à des résultats satisfaisants
lors du dernier tour de leurs négociations concernant
les salaires et les statuts du personnel. Ces résultats
ont donné lieu à des augmentations salariales
selon un programme de majorations échelonné
sur trois ans, et cela pour la quatrième fois successive
depuis 1990.
Ainsi,
les salariés auront bénéficié,
tout au long des années qui se sont écoulées
depuis le Changement, de majorations salariales annuelles,
sans précédent dans l'histoire de la Tunisie,
et à une cadence régulière rarement égalée
ailleurs dans le monde.
Cette
année, les salaires minima ont connu une nouvelle augmentation;
ce qui fait que le salaire minimum inter-professionnel garanti
s'est accru de 78 % depuis le Changement, tandis que le salaire
minimum agricole garanti augmentait, durant la même
période, de plus de 90 %.
La
réforme du système de gratuité des soins
a permis aux familles nécessiteuses de profiter de
la gratuité des prestations sanitaires. Elle a permis
également aux familles à revenu limité
d'avoir accès aux soins et à l'hospitalisation
dans les établissements de la santé publique,
à des tarifs symboliques.
Nous
avons, par ailleurs, hissé le taux de couverture sociale
à un niveau appréciable, passant de 54,6 % en
1987 à 84 % en l'an 2000.
Nous
avons également fait évoluer les régimes
de la sécurité sociale et les prestations fournies
aux assurés, et adopté un ensemble de mesures
destinées à préserver les équilibres
financiers des caisses sociales.
De
même, nous avons ordonné, voici quelque temps,
de prendre les préparatifs nécessaires en vue
d'opérer une réforme des régimes d'assurance-maladie,
afin d'apporter les solutions adéquates au problème
du financement de la santé et de garantir aux assurés
sociaux une meilleure couverture des risques de santé
auxquels ils sont exposés, ainsi qu'un système
plus adéquat pour la prise en charge de leurs frais.
Au cours de ces dernières semaines, nous avons eu à
examiner le contenu de cette réforme dont les premières
mesures pratiques verront le jour en 2001, aussitôt
qu'auront été achevées les ultimes consultations
relatives à ce dossier.
Aujourd'hui,
nous ordonnons l'élaboration d'un nouveau régime
en vue de réviser les pensions de retraite allouées
aux salariés non-agricoles du secteur privé,
de manière à garantir une meilleure protection
du pouvoir d'achat de cette catégorie de retraités
et à rapprocher encore plus les avantages respectifs
des différents secteurs et régimes.
La
qualification et la formation étant parmi les meilleurs
moyens qui aident à l'intégration du handicapé
dans le circuit de l'économie et à sa préparation
en vue d'un travail productif, nous avons conçu un
programme complet pour le développement des centres
spécialisés en matière de réhabilitation
des handicapés physiques, et leur équipement
en matériels et en moyens de transport adéquats,
outre le renforcement de leurs effectifs en formateurs et
en cadres éducatifs spécialisés. Nous
avons également ordonné l'augmentation de la
part réservée à ces handicapés
dans l'enveloppe globale des crédits qui sont alloués
par la Banque Tunisienne de Solidarité.
Dans
le souci de faire en sorte que les interventions du Fonds
21-21 englobent les demandeurs d'emploi parmi les handicapés
titulaires de diplômes supérieurs, nous ordonnons,
aujourd'hui, d'engager la réalisation d'un programme
spécifique pour la formation de cette catégorie
précise de citoyens aux nouvelles technologies de l'information
et de la communication, de façon à la doter
de chances meilleures de s'intégrer dans le marché
de l'emploi, que ce soit au sein des entreprises ou bien dans
le cadre du travail à distance.
En
vue de consolider cette orientation, nous ordonnons la création
d'un centre spécialisé offrant à cette
catégorie de handicapés, les possibilités
de formation et de qualification dans les professions nouvelles,
selon des procédés adaptés à leurs
conditions spécifiques.
Notre
attachement à nos valeurs civilisationnelles et morales
et notre souci de raffermir les relations entre les diverses
composantes et les différentes générations
de la famille, représentent les constantes de notre
politique sociale. De même, nous avons entouré
d'une sollicitude privilégiée aussi bien les
personnes âgées, qui vivent au sein de leurs
familles, que celles qui sont pensionnaires des divers établissements.
Nous avons également ordonné la création
d'équipes mobiles pour venir en aide aux personnes
âgées nécessiteuses, chez elles. Ceci
outre les allocations et autres prestations que les caisses
de sécurité sociale fournissent à 420.000
personnes âgées, et qui ont totalisé,
à la fin de l'année écoulée, plus
de 860 millions de dinars.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
avons placé l'emploi au premier rang de notre programme
pour l'avenir. Nous en avons fait aussi le support de notre
politique sociale et de notre stratégie de développement,
afin qu'au sein de notre peuple, aucune catégorie ne
soit laissée en marge du circuit de la production ni
dépourvue des conditions de dignité. Les acquis
enregistrés dans ce domaine, au cours de la période
qui s'est écoulée depuis le démarrage
du neuvième Plan, nous encouragent à redoubler
d'efforts et à multiplier les initiatives afin de les
faire progresser davantage. Ainsi, 250.000 emplois nouveaux
ont été créés, sans compter ceux
qui ont été générés par
le Fonds 21-21. C'est ce qui a permis de pourvoir à
pas moins de 90 % des demandes additionnelles d'emplois, au
cours de cette même période.
Aujourd'hui,
nous constatons avec évidence, l'impact positif des
différents programmes, mécanismes et initiatives
que nous avons mis en place en vue de stimuler l'emploi dont,
en premier lieu, la Banque Tunisienne de Solidarité,
le système de micro-crédit et le Fonds 21-21
qui a fait profiter de ses prestations, cette année,
quelque 26.000 jeunes. Ceci en plus des programmes ordinaires
en la matière et de la forte impulsion qui a été
donnée à notre économie. C'est ce qui
a favorisé l'émergence d'une nouvelle génération
de jeunes promoteurs et d'initiateurs de petits projets qui
ont pu, à leur tour, résorber un grand nombre
de compétences et de titulaires de diplômes supérieurs,
dans le cadre d'une politique dans laquelle nous nous sommes
préoccupés d'établir un lien étroit
entre le système de la formation, celui de l'emploi
et les initiatives individuelles, tout en veillant à
la couverture intégrale de toutes les régions
du pays.
Ce
qui est réellement rassurant, aujourd'hui, c'est de
constater que tous ces efforts nationaux ont porté
leurs fruits et réalisé des résultats
encourageants, à telle enseigne que le taux de chômage
a enregistré cette année, et pour la première
fois dans notre pays, un début de régression
que nous nous emploierons à renforcer et à développer,
en vue de gagner le pari de l'emploi et de maîtriser
le problème du chômage.
Dans
le but de garantir l'égalité des chances à
toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens, et
à accroître l'efficacité des interventions,
en les fondant sur des données plus précises
et des objectifs plus exhaustifs, nous avons décidé
que le Fonds National de l'Emploi 21-21, entreprenne de financer
un programme spécifique au profit des délégations
qui continuent de pâtir d'un taux élevé
de chômage dans chaque Gouvernorat. Il s'agit d'assurer
aux populations de ces régions des chances additionnelles
d'emploi et de stabilité, pour garantir, ainsi, le
développement durable et équilibré.
Nul
doute que vous êtes conscients que l'emploi représente
une priorité pour tous les partenaires sociaux. Il
est impératif de souligner, à cet égard,
l'importance du tissu de la société civile et
tout particulièrement des associations génératrices
de services, ainsi que des associations à vocation
culturelle et des associations pour le développement,
dans la résorption d'une partie des demandes d'emplois.
Nous veillerons à appuyer les efforts qu'elles déploieront
dans ce sens, à les encourager à recourir aux
recrutements aussi bien temporaires que permanents, et à
les inciter également à faire appel au travail
à temps partiel, chaque fois que la nécessité
l'exige, et cela à travers la promotion des mécanismes
mis en place à cet effet, à l'image de ce qui
se fait dans de nombreux pays développés.
Citoyennes,
Citoyens,
Les
résultats qui ont été enregistrés
dans le relèvement du niveau de vie des Tunisiennes
et des Tunisiens et la garantie des conditions de dignité
pour notre population, toutes catégories confondues,
sont le fruit des efforts continus de développement
et des options que nous avons prises dans tous les domaines.
Le Fonds de Solidarité Nationale 26-26, que nous avions
créé en 1993, a eu, ainsi, le meilleur effet
sur près de 1330 "zones d'ombre" regroupant
2150 agglomérations et comptant plus d'un million de
Tunisiennes et de Tunisiens qu'il a soustraits à l'isolement
et à la marginalité dans lesquels ils vivaient.
Ce
pari, nous l'avons gagné grâce à la cohésion
de notre peuple et à son adhésion à nos
choix.
Tout
en réitérant nos remerciements à toutes
les entreprises et à tous les particuliers qu'ils soient
Tunisiens ou ressortissants de pays frères et amis,
qui ont apporté leur contribution au Fonds de Solidarité
Nationale, et tout en nous félicitant de la réussite
de cette expérience tout autant que du respect et de
la considération qu'elle vaut à notre pays,
nous annonçons, aujourd'hui, notre décision
de maintenir au Fonds 26-26 la mission d'achever la réalisation
de ses projets en cours, parallèlement à l'exécution
des travaux que nous avions annoncés dans notre programme
pour l'avenir, en vue du remplacement des habitations rudimentaires
restantes, de telle sorte que celles-ci aient disparu de notre
pays à la fin de l'année 2004.
Citoyennes,
Citoyens,
Les
Tunisiens à l'étranger, partout où ils
se trouvent, sont toujours dans le cur de la Tunisie,
comme nous l'avons souligné en diverses circonstances
et lors des rencontres que nous avons eues avec eux, à
l'occasion de nos visites dans les pays frères et amis.
Nous
avons accordé une attention particulière à
la femme émigrée, tant nous avons foi en son
rôle déterminant dans la réalisation de
l'équilibre au sein du tissu social de nos colonies
à l'étranger, dans la consolidation des liens
entre tous leurs membres et dans le raffermissement de leur
lien avec la patrie.
Nous
avons constamment uvré au renforcement des liens
de nos jeunes à l'étranger avec la mère-patrie
et à la consolidation de leur attachement à
leurs racines culturelles et historiques. Nous le faisons
au moyen des divers programmes que nous établissons
spécialement à leur intention, dont, en premier
lieu, l'enseignement de la langue arabe.
Citoyennes,
Citoyens,
La
famille étant la cellule de base du tissu social, nous
nous sommes attachés à consolider sa cohésion,
et à conforter ses fonctions. Nous avons veillé
à assurer aux conjoints les conditions qui les aident
à instaurer, entre eux, un partenariat authentique
dans lequel ils se partagent les rôles dans un contexte
de sérénité et de stabilité.
Nous
avons, en outre, entouré l'enfance d'une sollicitude
toute particulière, pour garantir ses droits et la
mettre à l'abri des dangers qui peuvent la guetter.
A cette fin, nous avons promulgué, dès 1995,
le Code des droits de l'enfant. Nous avons également
mis au point les mécanismes adéquats pour assurer
à l'enfant une croissance saine, aux plans sanitaire,
éducatif, culturel et social.
Dans
le souci de propager la culture des droits de l'enfant et
d'en consacrer le sens, au sein de la famille et de la société,
nous ordonnons, aujourd'hui, la création d'un Observatoire
national des droits de l'enfant, qui aura à assurer
le suivi du Code de protection de l'enfance, en coordination
avec les Ministères et les différentes structures
concernées.
Nous
avons accordé à la jeunesse une place privilégiée,
dans tous nos choix politiques, éducationnels et sociaux.
Nous
lui avons également porté une attention particulière
dans nos plans de développement. De même, nous
avons pris, en sa faveur, un grand nombre de mesures et d'initiatives,
tout autant que d'incitations et d'encouragements.
Nous
nous sommes attachés à être régulièrement
à l'écoute des jeunes Tunisiens, pour nous tenir
au fait de leurs préoccupations et de leurs aspirations
et pour les associer à la définition des choix
nationaux. Nous l'avons fait aussi bien lors de la consultation
des jeunes qui a été organisée en 1996,
que lors de la consultation des jeunes qui a porté,
cette année, sur un échantillonnage de quelque
dix mille jeunes Tunisiennes et Tunisiens appartenant aux
différents gouvernorats; les conclusions de ces deux
consultations étant destinées à nous
éclairer, l'an prochain, dans l'élaboration
du Xe Plan national de développement.
Nous
associons nos jeunes au modelage de l'avenir et les préparons
à en affronter les défis, tant nous sommes convaincus
que l'avenir ne se construit que par les jeunes, avec les
jeunes et pour les jeunes.
Nous
attendons, aujourd'hui, des jeunes de Tunisie qu'ils soient
à la hauteur des efforts et des sacrifices que la communauté
nationale consent à leur profit. Ce faisant, ils renforceront
la confiance et les espoirs que la nation place en eux. Nous
attendons d'eux qu'ils fassent preuve d'ambition et de volonté
de dépassement, et qu'ils redoublent d'effort et de
labeur. Ainsi, ils administreront la preuve de leur aptitude
à réussir et à se distinguer, dans tous
les domaines, et seront dignes de tous les honneurs et de
toutes les consécrations dans les différents
domaines de compétition, aux niveaux tant régional
qu'international.
La
consolidation des droits de la femme et le renforcement de
sa dignité et de ses acquis sont inhérents à
nos choix fondamentaux. Nous avons constamment uvré
à ouvrir à la femme les plus larges perspectives,
pour qu'elle apporte une contribution agissante, à
tous les niveaux politiques, sociaux et économiques.
Ainsi, elle occupe, aujourd'hui, au sein de la société,
les fonctions les plus élevées et les rangs
les plus prestigieux. La femme tunisienne s'est d'ailleurs
montrée digne de cette confiance et a administré
la preuve de sa compétence dans toutes les responsabilités
qu'elle a eu à assumer et dans tous les emplois et
activités qu'elle a eu à exercer dans les différents
domaines, toutes spécialités confondues.
Nous
sommes fiers de la femme tunisienne; et notre fierté
est d'autant plus profonde que nous avons pu constater le
progrès notable de son niveau de savoir et de savoir-faire,
en même temps qu'une aptitude de plus en plus évidente
à intégrer de nouveaux secteurs du tissu économique,
en tant qu'investisseur ou bien en tant que productrice, exportatrice
ou femme d'affaires.
Aujourd'hui,
la femme tunisienne a dépassé l'étape
de défense de ses acquis et de ses droits fondamentaux,
pour devenir un partenaire efficace de l'homme dans tous les
domaines du développement, et une compagne compétente
dans la construction de l'avenir.
Citoyennes,
Citoyens,
La
santé, c'est la vie. Elle représente l'un des
droits fondamentaux de l'Homme, et constitue un facteur vital
de l'investissement social et économique.
La
couverture médicale du pays s'est considérablement
renforcée, passant d'un médecin pour 2300 habitants
en 1987 à un médecin pour 1200 habitants en
l'an 2000. En outre, la répartition des médecins
spécialistes à l'intérieur du pays, s'est
améliorée à la faveur des mesures d'encouragement
que nous avons prises à cet effet au cours de ces dernières
années.
Les
résultats enregistrés dans le secteur de la
santé et dans l'ensemble des secteurs sociaux, ont
permis de réaliser un bond qualitatif notable du niveau
de vie du citoyen tunisien. L'espérance de vie à
la naissance est ainsi passée de 66 ans en 1988, à
73 ans en l'an 2000, tandis que le taux de croissance démographique
tombait à 1,1 % en 1999. C'est ce qui permettra à
notre pays d'atteindre, plus tôt que prévu, la
stabilisation démographique escomptée.
Citoyennes,
Citoyens,
La
protection de l'environnement et de l'écosystème
représente l'une des options essentielles de l'Ere
nouvelle, tant il est vrai que le développement durable
ne peut se réaliser que dans un environnement sain.
Aussi avons-nous établi un plan national de protection
de l'environnement naturel, industriel, urbain et touristique,
en vue d'instaurer, dans notre pays, un environnement sain
dans lequel il fasse bon vivre.
Au
demeurant, nous suivons attentivement les dossiers relatifs
aux zones industrielles et à la pollution industrielle,
et cela dans le cadre d'un programme national fondé
sur la prévention, le contrôle et l'assainissement
des situations environnementales dégradées.
Pour
combattre la pollution, nous avons créé un Fonds
spécial qui a d'ores et déjà fourni à
253 petites et moyennes entreprises des subventions matérielles
de plus de 25 millions de Dinars, pour la protection de leur
environnement.
Actuellement,
nous uvrons à l'élaboration d'une stratégie
cohérente en matière d'énergies nouvelles
et renouvelables qui ont déjà fait leurs preuves,
comme l'énergie solaire et l'énergie éolienne,
compte tenu de leurs incidences positives sur la propreté
et la protection de l'environnement, outre la contribution
qu'elles apportent pour faire face à la hausse des
coûts de l'énergie.
Citoyennes,
Citoyens,
Le
système de l'éducation et de l'enseignement
a été et reste une source de fierté et
de satisfaction pour l'ensemble des Tunisiennes et des Tunisiens.
Dans
le dessein de consacrer la foi authentique que notre peuple
a toujours eue en la valeur des sciences et du savoir, nous
avons parié, dès les premiers jours du Changement,
sur l'investissement dans l'éducation, l'enseignement,
la formation et la recherche scientifique. Nous avons consacré
à ces secteurs l'essentiel de nos efforts, à
telle enseigne que notre pays se trouve aujourd'hui au premier
rang des pays qui consentent les plus grands efforts au profit
de leurs jeunes générations. Les fonds mobilisés
au profit de ces secteurs ont en effet représenté
6,7 % du Produit Intérieur Brut.
Il
est particulièrement rassurant à cet égard,
de voir aujourd'hui, plus du quart de la population tunisienne
fréquenter les établissements éducatifs,
tous cycles et branches confondus, avec un taux de scolarisation
de 99,1 % pour les enfants âgés de six ans, contre
90,5 % en 1987; ainsi qu'une augmentation du nombre des jeunes
universitaires, âgés de 20 à 24 ans, dont
la proportion est passée de 6 % en 1987 à plus
de 21 % cette année.
Nous
avons fait du savoir l'un des axes fondamentaux de notre programme
pour l'avenir, car nous voulons hisser notre pays au niveau
de progrès et de développement auquel nous aspirons.
Nous avons ainsi assigné aux secteurs de l'éducation,
de l'enseignement supérieur, de la formation professionnelle
et de la recherche scientifique, des objectifs ambitieux.
Ayant
dépassé l'étape des défis quantitatifs
qu'il fallait relever, nous leur avons assigné celle
de relever les défis de la qualité et de la
rentabilité. A cet égard, nous avons franchi
déjà des étapes importantes, ce qui nous
a permis, dès le dixième anniversaire du Changement,
d'élaborer un plan à long terme en prévision
des mutations socio-économiques que notre pays est
appelé à connaître, à partir de
la première décennie du siècle nouveau
et jusqu'au milieu de sa deuxième décennie.
C'est
dans le cadre de ce plan que nous avons entrepris d'esquisser
les contours de l'école de demain, et cela plus de
deux années et demie durant, avec le concours d'experts
et de spécialistes originaires de toutes les régions.
Ce processus a été couronné, voici quelques
jours, par une consultation nationale élargie.
Nous
avons veillé à mettre à contribution
dans cette consultation, tous les partis politiques et toutes
les organisations nationales, ainsi que les structures et
les associations concernées, outre les compétences
tunisiennes spécialisées, afin de consacrer
le principe de dialogue et de concertation concernant les
principaux problèmes qui se posent au pays.
Tout
en nous félicitant de l'esprit patriotique élevé
et de la perception aiguë des défis de l'avenir
et de leurs enjeux, qui ont caractérisé la consultation
sur l'école de demain, ainsi que du consensus qu'elle
a dégagé au sujet des principales orientations
et approches concernant sa restructuration et l'organisation
de ses filières au niveau de tous les cycles, depuis
l'enseignement pré-scolaire jusqu'à l'enseignement
universitaire, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision
de généraliser progressivement l'année
préparatoire pour les enfants âgés de
cinq ans, et d'inclure cette année dans la structure
de l'enseignement de base. Nous ordonnons, en outre, l'élaboration
des formules qui permettent de réaliser la complémentarité
en la matière, entre les actions de l'enseignement
public et celles des collectivités locales, des associations
et du secteur privé, en vue de garantir rentabilité
et efficience, maintenant que diverses études et expériences
ont démontré la relation étroite qui
existe entre la formation pré-scolaire et les chances
de réussite et de distinction de l'enfant tout au long
de sa scolarité.
Comme
nous l'avons souligné dans notre programme pour l'avenir,
nous voulons que l'école tunisienne soit une école
pour tous, ouvrant une voie pour chacun et où nos jeunes
générations viennent puiser les valeurs patriotiques
et s'imprégner de notre civilisation et de notre patrimoine
culturel, tout en maintenant leur ouverture sur le monde,
leur maîtrise du savoir, des sciences et des technologies
et leur attachement à la créativité,
à l'innovation et à l'apport personnel.
A
cet égard, nous ordonnons, aujourd'hui, l'établissement
des programmes opérationnels pour la mise en place
de l'école de demain. Ceux-ci doivent respecter un
calendrier précisant clairement les étapes de
réalisation, conformément aux objectifs de notre
programme pour l'avenir, ainsi qu'aux orientations et aux
choix que nous avions ordonné d'adopter et qui ont
bénéficié du consensus des différentes
parties lors de la consultation, tout particulièrement
en ce qui concerne l'introduction des nouvelles technologies
de l'information et de la communication dans les programmes
d'enseignement et de formation. Ceci outre l'impératif
de renforcement accru des connaissances de l'élève
en matière de langues étrangères et de
sciences modernes, ainsi que l'amélioration de la structuration
des divers niveaux de l'enseignement et de la formation, et
la rationalisation de la relation entre ces différents
niveaux. Il s'agit également de faire évoluer
le système d'orientation, en prenant en considération
les préférences des élèves et
les choix qu'ils formulent. Il y a lieu, aussi, de diversifier
les filières, de manière à s'adapter
aux mutations sociales et économiques qui ne cessent
de s'accélérer aussi bien dans notre pays que
dans le monde.
Après
avoir ordonné, en juillet dernier, à l'occasion
de la célébration de la "Journée
du savoir", la révision de la loi relative au
système éducatif, ainsi que des textes d'application
qui s'y rapportent, dans le but de parfaire les filières
de passage entre les différents degrés de l'enseignement
de base, puis à l'enseignement secondaire, nous annonçons,
aujourd'hui, notre décision de supprimer, à
compter de l'année scolaire en cours, l'examen final
qui est actuellement en vigueur pour le passage de la sixième
année à la septième année de l'enseignement
de base, et de se limiter aux examens ordinaires destinés
au calcul de la moyenne annuelle.
En
outre, à la lumière des objectifs assignés
au système éducatif et pour répondre
tant aux préoccupations des parents d'élèves
et des éducateurs qu'aux impératifs d'efficience
de l'action éducative, nous ordonnons de réexaminer
la formule actuelle du Certificat de fin d'études de
l'enseignement de base, en étudiant des formules nouvelles
qui soient plus souples, pour le passage du deuxième
cycle de l'enseignement de base à l'enseignement secondaire.
D'autre
part, nous ordonnons d'instituer de nouvelles filières
conduisant au diplôme du Baccalauréat, qui comprendront,
dans une première étape, une section de technologie,
en attendant la création d'autres sections pour des
branches répondant à l'évolution du tissu
économique et aux besoins du marché de l'emploi.
Compte
tenu de l'amélioration quantitative et qualitative
encourageante des résultats scolaires, tout particulièrement
au niveau du diplôme de fin d'études de l'enseignement
de base, le nombre des lauréats n'ayant pas cessé
d'augmenter d'une année à l'autre, au point
de dépasser, à l'heure actuelle, la capacité
d'accueil des lycées-pilotes, nous ordonnons, aujourd'hui,
l'établissement d'un programme pour le renforcement
du réseau de lycées-pilotes, dans les deux années
qui viennent.
Soucieux
que nous sommes de consacrer le principe de l'enseignement
obligatoire jusqu'à l'âge de seize ans, ainsi
que son caractère démocratique, en garantissant
l'égalité des chances pour tous, quel que soit
le cycle d'enseignement, nous ordonnons la création
d'un fonds spécial pour soutenir les efforts de l'Etat
dans l'assistance, la maintenance et l'entretien des établissements
scolaires.
Au
cours de ces dernières années, nous avons introduit
un surcroît de réformes et réajustements
dans le système de la formation professionnelle, en
veillant à la complémentarité entre ses
programmes et ceux de l'enseignement long . Nous en avons
fait, en outre, un support stratégique du développement,
et cela au vu de l'accroissement de la demande de compétences
qualifiées en ingénierie et en matière
technologique et professionnelle. Parallèlement, nos
entreprises économiques ont acquis l'aptitude d'identifier
leurs besoins et d'établir un partenariat effectif
entre les centres de formation et les structures de production.
Aujourd'hui,
la capacité totale d'accueil des centres de formation
professionnelle a dépassé les 100.000 postes
de formation, grâce aux opportunités engendrées
par la création de la Banque Tunisienne de Solidarité,
la réforme du Fonds de garantie des crédits
et l'apparition d'une nouvelle génération de
promoteurs.
S'agissant
de l'enseignement supérieur, nous nous proposons de
poursuivre les réformes radicales que nous avons entamées,
à la lumière de notre programme d'avenir et
des orientations déjà retenues pour l'école
de demain. Notre objectif est de permettre à ce secteur
d'accomplir au mieux la fonction vitale qui est la sienne
dans le développement socio-économique du pays,
et de jouer le rôle déterminant qui lui est dévolu
dans l'édification de la société du savoir.
L'été
dernier, nous avons promulgué une nouvelle loi sur
les universités. Celles-ci sont désormais investies
de prérogatives plus larges et d'une flexibilité
accrue pour l'accomplissement des tâches d'une modernisation
nécessaire, au niveau tant de leurs sections et du
contenu de leurs programmes que des méthodes d'enseignement.
Et
si nous avons mis en place, au cours de ces dernières
années, un vaste réseau de facultés et
d'instituts supérieurs, répartis entre plusieurs
Gouvernorats, nous ordonnons, aujourd'hui, l'élaboration
d'un programme en vue de la promotion de ce réseau,
de telle sorte que nous puissions avoir, à moyen terme,
un établissement universitaire et un institut supérieur
d'études technologiques, dans chaque Gouvernorat.
Nous
avons, au demeurant, pris soin du secteur de la recherche
scientifique, lui prodiguant soutien, promotion et encouragement.
Nous avons, ainsi, procédé à la restructuration
de ses institutions, renforcé le budget qui lui est
alloué, conformément à l'objectif que
nous avons fixé dans notre programme, et misé
sur lui en tant que choix stratégique capital pour
soutenir nos plans de développement.
La
loi sur les brevets d'invention, qui a été adoptée,
dans le courant de cette année, n'a d'ailleurs pas
d'autre finalité que l'encouragement des compétences
tunisiennes à la recherche, à la découverte
et à l'innovation, notamment dans les domaines vitaux
qui ont des incidences directes sur notre économie,
tels que l'agriculture, l'industrie, l'environnement, l'énergie,
la santé, les nouvelles technologies de l'information
et de la communication.
Il
est du reste inévitable à cet égard,
pour le secteur privé, d'accorder à la recherche
scientifique l'importance qu'elle mérite dans le renforcement
du système de production, l'amélioration de
la qualité et la consolidation de la compétitivité
de nos entreprises économiques.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
avons toujours considéré que la sécurité
culturelle n'est pas moins importante que la sécurité
alimentaire et qu'elle ne peut être garantie qu'à
travers la possession des outils et des instruments qui la
conditionnent. Voilà pourquoi nous avons affranchi
le secteur culturel des contraintes qui entravaient sa liberté
et sa créativité.
L'activité
culturelle que notre pays connaît tout au long des quatre
saisons de l'année, a administré la preuve de
la vitalité de ce secteur. En la matière, nous
prenons acte avec satisfaction, de l'évolution et du
rayonnement que la production culturelle en général
et la production artistique et cinématographique en
particulier, ont réalisés et qui ont débordé
les frontières du pays.
Nous
appelons, à cet égard, les créateurs
et les élites intellectuelles à un surcroît
de labeur et de production, et exhortons les investisseurs
à s'intéresser au secteur des productions culturelles
et à en commercialiser les uvres, notamment à
travers les réseaux modernes de communication.
Et
si nous avons décidé de renforcer progressivement
le budget du ministère de la Culture pour le porter
à 1 % du budget de l'Etat d'ici l'an 2004, c'est parce
que nous avons voulu confirmer, ce faisant, notre attachement
à renforcer le rôle de ce domaine stratégique
dans la préservation de notre identité nationale
et des attributs spécifiques de notre civilisation
face aux courants impétueux de la mondialisation. Nous
avons voulu, dans le même temps, mobiliser les volontés
des créateurs dans toutes les branches de la culture
et leur assurer les conditions propices à la production
et à l'innovation.
La
construction du présent de la Tunisie et de son avenir
ne peut se faire, en effet, sans la contribution des élites
intellectuelles. Dans le but d'assurer à cette option
toutes les conditions de réussite, nous ordonnons,
aujourd'hui, d'établir un plan national relatif aux
secteurs stratégiques et aux programmes porteurs vers
lesquels seront orientés les fonds à mobiliser
au profit du secteur de la culture, y compris l'encadrement
des innovateurs et de leurs projets de production.
Nous
avons, en outre, ordonné le renforcement des mécanismes
existant en matière d'assistance aux artistes, aux
créateurs et aux intellectuels en général,
lorsqu'ils se trouvent dépourvus de ressources, ainsi
que l'aide aux personnes âgées d'entre eux, afin
que le créateur tunisien demeure, sa vie durant, digne,
respecté et respectable.
Dans
le but de consolider l'infrastructure du secteur culturel
et de le renforcer au moyen d'espaces modernes qui soient
adaptés à l'évolution de ses activités
et à la diversification de ses caractéristiques,
nous avons décidé d'entamer, à partir
du début de l'année 2001, la construction à
Tunis d'une "Cité de la culture".
Cette
cité qui comportera plusieurs départements,
ateliers et sections dans les différentes spécialités,
offrira aux intellectuels toutes les conditions qui peuvent
les inciter à un surcroît de production et d'innovation.
A
l'heure où le monde assiste à des progrès
spectaculaires dans le domaine des sciences et du savoir,
nous nous devons d'uvrer à la propagation, au
sein de notre peuple, de la culture scientifique et à
son initiation aux nouvelles technologies de la communication
et de l'information, de lui en garantir les sources d'accès
et l'utilisation judicieuse, et de l'aider à être
mieux au fait des apports de son époque.
Dans
ce contexte, et dans le souci de faire profiter les diverses
couches de notre population des nouvelles technologies de
l'information et de la communication, sur la plus grande échelle
et par les voies les plus aisées, nous ordonnons, aujourd'hui,
de donner aux familles tunisiennes à revenu moyen la
possibilité d'acquérir un ordinateur familial
pour un montant qui ne doit pas dépasser mille dinars,
qu'elles pourront financer au moyen de prêts avantageux
auprès de la Banque Tunisienne de Solidarité;
ce projet devant démarrer au début de l'année
prochaine.
Citoyennes,
Citoyens,
Notre
foi inébranlable en les droits de l'Homme, notre action
continue en faveur de leur consécration, dans le texte
et dans la pratique, ainsi que les mesures que nous n'avons
cessé de prendre, depuis le Changement, en vue d'enrichir
ces droits et de les consolider, nous ont permis de veiller
à apporter en permanence ajustements et réformes
à la justice pénale. Nous avons ainsi fait progresser
les règles applicables en matière de garde à
vue et de détention préventive, amélioré
davantage le système des sanctions et substitué
la sanction de travail pour l'intérêt général
aux sanctions privatives de liberté applicables à
certains délits. Nous avons également instauré
de nouvelles garanties en matière de procédures
pénales, à savoir, notamment, celles qui ont
été décidées dernièrement
au sujet de l'instauration du système de double degré
de juridiction en matière pénale et la création
de la fonction de juge d'application des peines.
Aujourd'hui,
nous ordonnons que l'Etat prenne en charge le paiement des
indemnisations appropriées à toute personne
qui a fait l'objet d'une garde à vue et dont la culpabilité
n'est pas établie ; ainsi que le dédommagement
de toute personne qui est condamnée à l'emprisonnement,
puis innocentée par la justice, après révision
de son procès.
Les
principes de légalité et de primauté
de la loi impliquant l'existence d'une tutelle judiciaire
sur l'application des peines, en tant qu'une des garanties
importantes des droits de l'Homme, quel que soit le statut
de celui-ci, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision
de transférer au ministère de la Justice la
tutelle et l'administration des établissements pénitentiaires.
Nous
sommes au demeurant attachés à développer
ce patrimoine de réformes, à en élargir
les champs et à en enrichir les contenus. Nous sommes
déterminés à assurer l'exécution
de toutes ses dispositions, de manière à préserver
la dignité de l'homme en Tunisie, dans toutes les situations
et dans tous les cas, tant nous sommes convaincus que sa préservation
fait partie des vertus les plus nobles et des devoirs les
plus impérieux.
Et
si nous nous sommes attachés en permanence à
assurer sans cesse davantage de garanties légales aux
détenus, nous ordonnons, en outre, aujourd'hui, d'élaborer
un projet de loi organisant les conditions de séjour
dans les prisons, garantissant les droits des détenus
et favorisant l'intégration ultérieure de ces
derniers dans la vie publique; et cela en remplacement des
dispositions réglementaires qui sont actuellement en
vigueur.
Dans
le but de consacrer le principe de l'égalité
au regard de la justice et de faciliter l'exercice du droit
de tous les citoyens à recourir à la justice,
nous proclamons notre décision de revaloriser le régime
de l'assistance judiciaire aux personnes nécessiteuses,
au moyen de la majoration de son montant, l'extension de son
champ d'intervention et la simplification de ses formalités
d'octroi.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
avons choisi de faire progresser le processus démocratique
et pluraliste dans notre pays, à pas sûrs, selon
une démarche irréversible qui préserve
notre pays contre les risques de rechute qu'ont enregistrée
nombre d'expériences, sous d'autres cieux. Nous avons
constamment uvré à associer à cette
démarche les partis politiques et toutes les forces
vives de la société, et à faire avancer
ce processus, en veillant au respect de l'Etat de droit, de
ses valeurs et de ses normes, dans le cadre d'un consensus
national autour des valeurs républicaines, qui renforce
en permanence les libertés.
Et
bien que nous ayons introduit des amendements successifs sur
le texte de la Constitution et des lois régissant la
vie publique dont, en premier lieu, le Code électoral,
afin de garantir à l'opposition le maximum de chances
pour être représentée à la Chambre
des députés et au sein des conseils municipaux,
nous tenons à réaffirmer, aujourd'hui, notre
attachement à aller de l'avant dans le renforcement
des réalités démocratiques dans notre
pays, comptant en cela sur la clairvoyance de toutes les parties
et sur leur adhésion à ce processus.
Nous
continuerons, en outre, d'apporter notre soutien à
l'amélioration des conditions de travail des partis
politiques afin qu'ils assument leur rôle sur la scène
nationale, en exerçant leur droit à la différence,
dans le cadre du respect de la liberté d'opinion et
de choix. A cet égard, nous annonçons, aujourd'hui,
notre décision de majorer de 50 % la subvention que
l'Etat alloue aux partis politiques, ainsi que la subvention
consentie à la presse de ces partis.
Dans
le but de consolider les fondements de la démocratie
locale, et en application des dispositions annoncées
dans notre programme pour l'avenir, nous avons élaboré
un projet de loi fondamentale que nous allons soumettre à
la Chambre des députés et qui vise à
modifier la composition des Conseils régionaux de telle
sorte que les conseils municipaux et les conseils de village
élisent parmi leurs membres le tiers des membres du
Conseil régional.
Aux
fins de renforcer la décentralisation et la déconcentration,
nous avons en outre ordonné l'élaboration des
textes législatifs et réglementaires nécessaires
pour l'attribution de nouvelles prérogatives aux Gouverneurs
et aux municipalités, dans les différents domaines
sociaux, culturels et sportifs.
Pour
faire en sorte que l'Administration soit plus en phase avec
les préoccupations du citoyen, nous avions, par ailleurs,
annoncé, à la fin de l'année écoulée,
notre décision d'affecter dans chaque Gouvernorat,
un représentant régional du Médiateur
administratif.
La
loi portant création de cette fonction, ainsi que ses
textes d'application ayant effectivement été
promulgués au début de cette année, il
sera procédé, dès le début de
l'année prochaine, à l'installation d'un premier
groupe de représentants régionaux du Médiateur
Administratif.
Citoyennes,
Citoyens,
Il
est tout à fait naturel que le secteur de l'information
retienne toute notre attention et qu'il bénéficie
d'un grand nombre d'initiatives, eu égard à
son rôle dans le renforcement du processus démocratique
et pluraliste dans notre pays et dans le raffermissement des
fondements de la société civile. Ceci outre
le rôle qui est attendu de lui dans la présentation
de l'image fidèle du progrès de notre pays et
des mutations que notre société connaît
dans les divers domaines.
Dans
toutes les réformes et mesures que nous avons entreprises
au profit de ce secteur, nous nous sommes préoccupés
d'assurer les meilleures conditions possibles aux professionnels
du secteur, pour qu'ils puissent assumer leur mission en toute
liberté, à l'abri de tout ce qui peut limiter
leur champ d'activité.
Dans
le but de renforcer cette option, nous nous proposons de soumettre,
incessamment, à la Chambre des députés,
un projet d'amendement au Code de la presse qui portera abrogation
des sanctions corporelles spécifiées dans certains
de ses articles. Il s'agit là d'une décision
qui illustrera, une fois de plus, le caractère libéral
et évolutif qui distingue la législation tunisienne,
par rapport à certaines législations étrangères
dont celles des pays qui continuent de s'attacher à
des sanctions corporelles sévères, bien qu'ils
aient une expérience fort ancienne en matière
d'exercice démocratique.
Cet
amendement portera, également, suppression de la mention
d'incrimination pour diffamation de l'ordre public, existant
dans le Code de la presse, et cela eu égard au caractère
flou de cette notion et à la marge très large
qu'il laisse à l'interprétation. L'amendement
portera, en outre, sur la suppression de certains articles
du Code de la presse dont le maintien ne se justifie plus.
De
même, nous avons décidé de mentionner,
dans ce Code, la création d'un guichet unique de dépôt
légal au sein du ministère qui est en charge
de la communication, en vue de faciliter les formalités
de dépôts qui s'effectuent, à l'heure
actuelle, auprès de plusieurs instances à la
fois.
Dans
le souci de doter le secteur de l'information des compétences
professionnelles requises et de lui assurer les conditions
de qualité, nous avons ordonné de faire en sorte
que le nouveau projet de Code prévoie le renforcement
de la proportion de journalistes professionnels et de diplômés
au sein de la rédaction permanente de chaque publication
périodique à caractère d'information
générale, de telle sorte que cette proportion
passe du tiers actuellement à la moitié.
Nous
sommes confiants en le niveau des journalistes tunisiens.
Nous parions sur leur sens du devoir et leur attachement à
respecter les critères inhérents à l'éthique
de la profession, pour promouvoir ce secteur à un niveau
toujours meilleur. Nous les appelons, à cet égard,
à définir ces critères dans un Code d'honneur
qui leur soit spécifique, afin de protéger la
pratique journalistique contre les risques d'excès
ou d'une dérive quelconque, et de contribuer à
la promotion continue de notre information.
Nous
appelons également, en cette circonstance, à
la constitution d'un comité mixte regroupant l'Association
des journalistes et l'Association des directeurs de journaux
et dont il sera fait mention dans le Code d'honneur. Ce comité
aura à statuer sur les règles éthiques
de la profession et sur les différends qui peuvent
surgir entre les organismes de presse, d'une part, et entre
ces derniers et les journalistes, d'autre part, aux fins de
leur trouver des solutions à l'amiable.
Dans
le but de fournir aux journalistes les informations en temps
réel, de leur faciliter l'accès aux sources
de l'information et de les aider à accomplir au mieux
leur travail, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision
de leur accorder des remises spéciales en matière
de connexion au réseau Internet. Nous tenons, dans
le même temps, à réaffirmer l'importance
que nous attachons à la généralisation
des bureaux d'information dans les ministères et les
grandes entreprises, ainsi qu'au renforcement de la documentation
au sein de l'Administration, des entreprises publiques et
des médias.
Compte
tenu du rôle actif que l'Institut de Presse et des Sciences
de l'Information assume en matière de formation, nous
ordonnons de procéder à la révision des
critères d'admission en première année
dans cet institut, et de constituer une commission à
l'effet de réviser les programmes d'enseignement de
cet établissement, et d'examiner les questions de la
formation continue et du recyclage des professionnels de ce
secteur.
Aux
fins de conférer davantage d'efficience à l'information
régionale et d'en améliorer le rendement, nous
ordonnons, dans une première étape, la création
de bureaux d'information et de documentation dans les régions
où il existe des radios régionales, en attendant
leur extension aux autres régions, dans une étape
ultérieure.
Ce
faisant, notre ambition commune est de réussir, d'une
part, à consacrer de nouvelles traditions fondées
sur l'honnêteté et l'audace dans l'exercice du
travail journalistique et, d'autre part, à faire accepter
la critique et l'opinion différente.
Tout
en prenant acte, à cet égard, des initiatives
encourageantes que nous avons constatées, dernièrement,
au plan de la diversification du produit médiatique
et de la multiplication des forums de dialogue pluraliste,
nous tenons à réaffirmer que la responsabilité
de promouvoir l'information, même si elle incombe fondamentalement
aux professionnels eux-mêmes, reste, en tout état
de cause, une responsabilité collective engageant toutes
les composantes de la société.
Citoyennes,
Citoyens,
La
cause palestinienne est la nôtre. Le choix que font
le peuple palestinien et son autorité nationale est
également le nôtre. De la même manière
que nous nous étions dressés aux côtés
de nos frères palestiniens dans toutes les étapes
de leur lutte pour la liberté, le rétablissement
de leurs droits et l'instauration d'une paix juste, globale
et durable, tout comme pendant les étapes les plus
délicates et aux heures les plus critiques, nous réaffirmons,
aujourd'hui, notre attachement à cette même attitude.
C'est
ce qu'aura illustré la position de notre pays qui a
appuyé l'Intifadha d'Al-Qods et la résistance
du peuple palestinien frère face à l'agression
flagrante d'Israël, à la violation par les forces
d'occupation des droits de l'Homme les plus élémentaires
et à l'assassinat de civils innocents, lors de confrontations
durant lesquelles il est fait recours aux armes à feu,
aux missiles, aux chars et aux hélicoptères
face à une Intifadha qui n'a pour armes que des pierres.
Lors
de la récente session extraordinaire du Sommet arabe,
qui s'est tenue au Caire, notre pays a présenté
des propositions pratiques qui ont bénéficié
du consensus, en vue de soutenir nos frères palestiniens
dans leur résistance et de défendre leurs droits
légitimes à un territoire, à un Etat,
à Al-Qods sa capitale, et au retour des réfugiés.
Nous
tenons à réaffirmer que c'est seulement en concrétisant
l'unité des rangs arabes et en dépassant les
différends, que nous pourrons dégager le problème
du Moyen-Orient de l'ornière des surenchères
verbales et des slogans qui n'apportent rien de concret à
la rescousse des pierres dont se sont armées les mains
palestiniennes. Il faut que les principes de coopération
et de solidarité se traduisent par des prises de position
concrètes, qui puissent être mises en uvre,
accomplies et suivies.
Tout
en considérant que la paix constitue la solution stratégique
du problème du Moyen-Orient, notre pays refuse catégoriquement
que cette solution se fasse par le renoncement à l'un
quelconque des droits légitimes du peuple palestinien,
aux droits de la Syrie au Golan et aux droits du Liban sur
le restant de ses territoires encore sous occupation, ou bien
par la négation de la légalité internationale
et des accords signés, comme l'a fait Israël pour
saboter le processus de paix. Il n'est pas envisageable, non
plus, de retourner à la table des négociations
aussi longtemps que se poursuivront les agressions et les
assauts sanglants à l'encontre d'un peuple palestinien
désarmé et assiégé politiquement,
économiquement, culturellement et médiatiquement.
La
région tout entière restera sous la menace des
guerres et des conflits armés, tant que n'auront pas
cessé la provocation et l'agression et tant que n'auront
pas été réglés les problèmes
qui demeurent en suspens et, en premier lieu, la levée
du blocus imposé à l'encontre du peuple irakien
frère et la cessation définitive de l'embargo
appliqué contre le peuple libyen frère.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous
avons uvré, depuis le Changement du 7 novembre,
en faveur de la consécration de notre appartenance
maghrébine et accordé à nos relations
avec les pays maghrébins frères, toute la sollicitude
et l'importance qu'elles méritent. En outre, nous n'avons
ménagé aucun effort pour renforcer les liens
de solidarité entre les peuples maghrébins et
dynamiser nos contacts et notre coopération avec eux,
dans les différents domaines.
Aujourd'hui
que presque onze années se sont écoulées
depuis la naissance de l'Union du Maghreb Arabe, sans que
nous ayons progressé sur le chemin de l'édification
souhaitée, il est inconcevable que les difficultés
conjoncturelles que connaît l'UMA, puissent nous dissuader
de reprendre le cap, avec une détermination renouvelée,
faite de confiance et d'optimisme.
La
fidélité au souvenir des leaders et des pionniers
et aux sacrifices des martyrs nous impose d'accomplir le devoir
qui est le nôtre et d'assumer la responsabilité
dont nos peuples nous ont investis, afin de concrétiser
leurs aspirations à l'unité et à la solidarité.
Il
est impératif, en cette étape, que nous fassions
sortir notre Union de la léthargie qu'elle connaît,
que nous rattrapions le temps perdu et que nous conjuguions
nos efforts pour dynamiser les structures de l'UMA, parachever
sa construction et consolider ses fondements.
En
cela, nous comptons sur la foi inébranlable de nos
frères dirigeants des pays de l'UMA en la communauté
de destinée de nos peuples, ainsi que sur leur volonté
certaine de poursuivre cette uvre.
L'attachement
de notre pays à renforcer ses liens de fraternité
et de coopération avec les Etats africains procède
des constantes de note appartenance au continent africain
et de l'approche stratégique que nous avons de l'avenir
de cette région du monde. Aussi avons-nous participé
avec tout le sérieux voulu, au règlement des
problèmes de notre continent, de manière à
concourir à sa sécurité et à sa
stabilité et à favoriser les chances de développement
de ses peuples.
Notre
appel en faveur de la création d'un Fonds mondial de
solidarité a, certes, recueilli l'adhésion d'un
grand nombre de dirigeants du monde, ainsi que d'organisations
et d'instances internationales. Néanmoins, nous exhortons
toutes les parties à hâter la concrétisation
de cette proposition, pour qu'il puisse contribuer à
alléger le poids de la misère qui affecte de
nombreux peuples. Il constituera, ainsi, un mécanisme
humanitaire qui confortera les structures et programmes déjà
existants, dans l'accomplissement de cette noble tâche
et dans la consécration des principes et valeurs de
solidarité humaine dans les relations internationales.
Citoyennes,
Citoyens,
Les
défis et les enjeux auxquels nous sommes confrontés
ne font que renforcer notre détermination et notre
persévérance. Nous nous tournons vers l'avenir
avec une confiance profonde, parce que nous croyons en les
potentialités de notre peuple et en la volonté
de ses filles et de ses fils à surmonter les difficultés
et à faire preuve de labeur et de générosité
dans l'effort, au service de la Tunisie.
Pendant
plus de trois mille ans, notre peuple a été
au rendez-vous de l'histoire. Il l'a marquée par ses
hauts faits de gloire et par sa vocation de précurseur.
Aujourd'hui, il est plus apte que jamais à édifier
la Tunisie de demain, la Tunisie du progrès et de la
prospérité; la Tunisie de la sérénité
et de la stabilité. Il l'édifiera grâce
à l'intelligence de ses femmes et de ses hommes et
à la communion de toutes ses générations.
Aujourd'hui, notre peuple est plus apte que jamais à
la maîtrise du savoir, des sciences et des technologies.
Il est plus apte à la créativité, à
l'innovation et à braver le temps, pour être
au diapason de cette époque qui est la nôtre,
une époque où il n'est de place ni à
la paresse ni au laxisme, l'heure étant aux changements
et aux mutations qui se succèdent à une cadence
effrénée.
Notre
choix n'est autre que celui du labeur et de l'effort, labeur
et effort dans un climat de coopération et de cohésion.
Confiants en nous-mêmes et ouverts sur le monde autour
de nous, nous nous employons sans cesse à consolider
notre position, grâce à chaque réalisation
nouvelle, et à accumuler les acquis afin que la Tunisie
reste à jamais invulnérable et triomphante,
levant haut sa bannière parmi les nations du monde.
Merci
de votre attention.
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