DISCOURS

Le Bardo, le 15 novembre 1999

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali
devant la Chambre des Députés


Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Monsieur le Président de la Chambre des Députés,
Je voudrais tout d'abord vous présenter mes félicitations sincères pour votre élection à la présidence de cette auguste assemblée, et vous féliciter, également, mesdames et messieurs les honorables députés, pour votre élection au sein de cette institution constitutionnelle qui représente l'un des piliers fondamentaux du système républicain et un symbole éminent de la lutte nationale pour la souveraineté et l'indépendance.

L'une des significations essentielles du Changement du 7 novembre 1987, a été la réhabilitation des valeurs de la République, de ses principes et de ses institutions dont, en premier lieu, le Parlement, ainsi que la consécration de la primauté de la loi, l'instauration de la justice et de l'équité, la garantie des libertés et la promotion des droits de l'Homme.
Nous sommes fiers des progrès qui ont été accomplis, dans ce cadre, sur la voie de la démocratie pluraliste et dont témoigne clairement votre auguste assemblée, dans sa nouvelle composition.

Vous êtes, certes, les représentants du peuple tout entier, qui vous a élus afin que vous placiez ses intérêts au-dessus de toute autre considération et que vous œuvriez à concrétiser ses aspirations au progrès et à la prospérité. Cependant, la diversité de vos sensibilités politiques est source d'enrichissement du dialogue et de renforcement de la participation des différents courants de pensée à la consolidation des acquis du présent et à l'édification de la Tunisie de demain.

Mesdames,
Messieurs,

Aujourd'hui, se tient la première séance de votre auguste assemblée, à l'heure où nous venons d'entamer un nouveau mandat présidentiel que nous avons placé sous le signe du labeur et de la persévérance pour bâtir l'avenir; labeur et persévérance pour concrétiser tout ce que nous avons promis aux électeurs et pour matérialiser tout ce à quoi nous nous sommes engagés devant le peuple, dans notre programme électoral. Celui-là même qui a bénéficié d'une adhésion totale dont nous sommes fiers et qui constitue un témoignage de confiance que nous apprécions hautement.

Au demeurant, il vous sera loisible de constater, mesdames et messieurs les députés, lors de vos débats budgétaires, dans les prochains jours, que nous avons d'ores et déjà entrepris de mettre à exécution ce programme dans les différents secteurs, avec la ferme volonté de respecter les priorités et les délais impartis.

Ce n'est certainement pas redondance de ma part, que d'aborder, de nouveau, le thème de l'emploi tant il est vrai que nous considérons l'emploi comme la priorité des priorités et la cause nationale primordiale durant la période à venir.

C'est que j'ai tenu à ce que tous les axes de mon programme convergent dans une même direction, celle de profiter à l'emploi et de garantir l'avenir des jeunes Tunisiennes et Tunisiens, de toutes les régions et de toutes les catégories.

Et si nous avons entamé, dès le premier jour et dans la foulée de la proclamation des résultats des élections, la mise en œuvre du programme, avec toutes ses composantes, et fait démarrer le processus de telle sorte que le Fonds National de l'Emploi ou Fonds 21-21 puisse commencer à fonctionner dès le début de l'année nouvelle, je voudrais souligner, aujourd'hui, à l'adresse des Tunisiennes et des Tunisiens, que notre réussite dans cette œuvre, est tributaire de la conjonction des efforts de tous, de la persévérance et du labeur de toutes les parties.

En la matière, mesdames et messieurs les députés, vous êtes investis d'un rôle important, tant au sein de cette assemblée que dans vos régions respectives, à travers votre action et vos contacts avec les citoyens, pour contribuer à la mobilisation des potentialités et des compétences, à la stimulation des efforts en faveur de la réalisation de cet objectif et à la sensibilisation continue pour entretenir et raviver sans cesse la flamme de la solidarité nationale. Mais votre rôle est important aussi et surtout pour faire comprendre davantage aux citoyennes et aux citoyens, et tout particulièrement aux jeunes, que l'ère de la mentalité d'assisté est révolue et que l'attentisme et la quête des solutions de facilité conduisent à l'impasse.

L'heure est à l'initiative, à la course contre la montre, dans un esprit de compétition et avec une mentalité de dépassement. C'est une époque où n'est récompensé que celui qui parvient à se maintenir debout, par la force de sa volonté et de sa détermination, chacun selon ses aptitudes et ses compétences, quel qu'en soit le niveau. Car, la carence est d'abord affaire de mentalité avant d'être une faiblesse ou une incapacité.

L'Etat apportera toujours ses encouragements et ses incitations à celui qui fait le pas pour se prendre en charge. L'Etat veillera à mettre en place l'infrastructure nécessaire, à multiplier les sources de financement, à renforcer la formation, à ouvrir les horizons, à encourager les idées nouvelles et à prospecter l'avenir afin d'aider ceux qui cherchent à innover et qui prennent des risques pour mieux faire, dans une véritable odyssée vers l'inconnu, compte tenu des mutations toujours plus rapides que connaît l'humanité.

Le Fonds 21-21 sera, sans nul doute, un mécanisme essentiel dans le domaine de l'emploi pour nos jeunes, en même temps qu'un moyen de renforcement des opportunités de travail au profit des différentes catégories des sans-emploi. Les tâches dont il est investi constitueront, à cet égard, un volet important dans un système cohérent dans lequel les rôles sont répartis entre les mécanismes et programmes conventionnels, d'une part, la Banque Tunisienne de Solidarité et le système de micro-crédit, d'autre part.

Il constituera, en outre, un trait d'union entre les interventions du secteur étatique, du secteur privé, des collectivités locales et des associations, en même temps qu'un instrument d'identification des gisements d'emploi insoupçonnés qui existent dans notre environnement immédiat, et de tout autre champ d'intervention générateur d'opportunités d'emploi.

Mesdames,
Messieurs,

Le renforcement des opportunités d'emploi et la garantie de la poursuite de la création d'emplois sont tributaires de la stimulation de l'investissement et de la dynamisation de l'économie, grâce aux différentes initiatives qui ont été prises à cet effet. Nous sommes convaincus que la suppression des autorisations et leur remplacement par des cahiers de charges, dans les divers secteurs, ainsi que la substitution d'une formalité unique englobant tous les aspects aux nombreuses formalités qui étaient exigibles pour la création d'entreprises individuelles, ne manqueront pas d'avoir un impact des plus importants sur la création de sources de revenus et d'opportunités d'emplois. Nous avons, du reste, donné des instructions aux commissions et aux groupes de travail que nous avons créés à l'effet d'élaborer les procédures d'application de ces deux mesures, afin qu'ils achèvent leurs travaux avant la fin du mois de janvier prochain, de telle sorte que les procédures qui seront retenues puissent être mises à exécution dans les plus proches délais.

Je voudrais souligner, dans ce contexte, l'importance qu'il y a à faire prendre conscience au citoyen, que la suppression des autorisations n'est pas synonyme d'anarchie, ni d'installation de n'importe qui, n'importe où et n'importe comment. Bien au contraire, cela signifie qu'il appartient à chaque promoteur de prendre connaissance des conditions spécifiées dans le cahier des charges relatif à l'activité envisagée, et de veiller à se conformer à ces conditions pour pouvoir exercer sa liberté d'entreprendre, sans aucune entrave de la part de l'Administration.
L'Administration ne se préoccupe dès lors que du contrôle, en s'assurant, après le démarrage de l'activité, du respect des conditions exigées, et cela selon une procédure dont nous veillerons à ce qu'elle ne se transforme pas, à son tour, en une entrave d'un nouveau genre.

Dans l'élaboration des cahiers de charges, nous accorderons la priorité aux activités les plus génératrices d'emplois.

Le dynamisme de l'économie nationale, qui a atteint, au cours de ces dernières années, un niveau dont nous tirons une grande fierté, a besoin, aujourd'hui, d'un nouveau souffle, afin d'atteindre nos objectifs en matière de renforcement de notre compétitivité, de création d'un nombre accru d'emplois, et d'ouverture des horizons aux diplômés et aux compétences tunisiennes, dans les diverses spécialités.

Ce qui peut y aider, ce sont la recherche de nouvelles idées de projets, la collecte de données sur les secteurs porteurs, et les études relatives aux marchés prometteurs; autant d'éléments qui, dans de nombreux cas, font défaut aux promoteurs. Il est donc indispensable que ces idées nouvelles puisent parvenir aux promoteurs et aux détenteurs des sources de financement.

Aujourd'hui, nous ordonnons l'instauration d'un régime particulier d'encouragement à la découverte d'idées nouvelles et à l'élaboration d'études. Il devrait permettre aux structures existantes ou à d'autres qui seraient spécialement créées à cet effet, d'acheter ces nouvelles idées ainsi que ces études afin d'alimenter les banques de données, selon des critères qui inciteraient les spécialistes, tant dans les secteurs professionnels qu'à l'université ou dans d'autres espaces de recherche et d'étude, à faire connaître les résultats de leurs recherches.

Ceci les encouragerait à participer aux concours et aux appels d'offres organisés à cette fin ou bien aux programmes adoptés dans le cadre du partenariat avec les entreprises économiques. Ce qui, d'un autre côté, les habiliterait à être associés au lancement de nouveaux projets, pour peu qu'ils en aient la possibilité et les moyens financiers.

Vous n'êtes pas sans savoir, à ce propos, qu'il ne peut y avoir d'entreprise ni de partenariat en l'absence de promoteurs compétents possédant la volonté, la détermination et l'aptitude requises. Aussi, pour affronter les courants de la mondialisation, notre pays a-t-il besoin, aujourd'hui, de favoriser l'émergence d'une nouvelle génération de promoteurs, en renforçant cette catégorie d'agents économiques, que ce soit par l'exploration des voies et moyens susceptibles de multiplier leur nombre ou bien par la consolidation de la formation des plus jeunes d'entre eux et leur encadrement, non seulement par le biais des "pépinières d'entreprises" et des différents mécanismes conventionnels, mais aussi au moyen de programmes variés dans lesquels les organisations nationales concernées et les structures professionnelles assumeraient un rôle privilégié. Dans ce nouvel environnement mondial, il ne peut y avoir de projets sans l'existence de promoteurs compétents, tout comme il ne peut y avoir de survie pour les entreprises face à ces courants sans de hautes aptitudes à la gestion et un encadrement suffisant et adéquat.
Nous avons toujours mis l'accent sur la nécessité de veiller au renforcement du taux d'encadrement au sein de nos entreprises économiques. Ce n'est pas seulement pour assurer l'emploi aux diplômés de l'enseignement supérieur, mais aussi parce que nous sommes convaincus que la garantie de la compétitivité et de la mise à niveau effective de l'entreprise, ne peut en aucun cas se réaliser sans satisfaire à cet impératif. Ceux qui s'imaginent que l'expérience, par-delà son importance, conjuguée à la technologie avancée, suffisent pour atteindre ces objectifs, se trompent et se trouvent confrontés à la réalité le jour où, aux prises avec la concurrence mondiale, ils saisissent qu'effectivement c'est le facteur humain qui prime sur tous les autres facteurs, pour garantir la réussite.

Notre finalité n'est autre que de garantir la réussite; la réussite grâce à l'intelligence et à la compétence des Tunisiennes et des Tunisiens, qui ont toujours constitué le patrimoine de notre patrie, la source de sa fierté et l'attribut de sa dignité et de son invulnérabilité.

Ce sont les résultats qu'il a enregistrés qui ont valu à notre pays la crédibilité immense dont il jouit auprès des différents partenaires avec lesquels nous coopérons, de même qu'auprès de nos associés, parmi les pays frères et amis. Nous nous préoccupons constamment de faire en sorte qu'ils trouvent auprès de nous toutes les facilités et les incitations qui sont susceptibles de leur simplifier la tâche et d'assurer les conditions de succès à leurs projets, dans un environnement adéquat aux plans de l'infrastructure, des moyens de transport, des réseaux de communication et des hautes compétences humaines, dans toutes les spécialités.

Nous nous emploierons à faire en sorte que la période à venir soit marquée par une forte stimulation du partenariat et de l'investissement extérieur. A cet égard, nous ordonnons, aujourd'hui, d'établir des listes périodiques des différentes entreprises proposées à la privatisation, afin de permettre aux investisseurs potentiels d'opérer leur choix à bon escient, après étude et mûre réflexion.

Mesdames,
Messieurs,

Nous voulons qu'au seuil du siècle prochain, la Tunisie réalise davantage de progrès et atteigne un degré d'évolution qui lui permette d'acquérir le savoir et le savoir-faire scientifique et technologique et de construire, de façon authentique, la société du savoir; une société imbue des technologies de son époque, de leurs moyens et de leurs possibilités.

Nous avons, du reste, accordé au secteur de l'éducation, de l'enseignement, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle, une place particulière dans notre programme, et avons veillé à le conforter en le dotant des moyens nécessaires. C'est ce qui est appelé à se répercuter, dès le prochain exercice, sur le budget de l'Etat, ainsi que sur l'ensemble des autres secteurs et structures concernés, sous différents aspects.

Nous œuvrerons avec constance et détermination en vue de réaliser notre objectif de porter le taux de réussite à 80% aux examens de fin d'études de l'enseignement de base et de hisser les taux de réussite au baccalauréat et dans les examens des autres cycles de l'enseignement, aux niveaux mondiaux. Nous réaffirmons, aujourd'hui, notre détermination à veiller à ce que cette amélioration concerne aussi bien le niveau, la qualité et la valeur des études, que le nombre et les taux des résultats. Aussi, exhortons-nous l'ensemble des parties concernées au sein de l'institution éducative, de la famille et de l'environnement pédagogique et scientifique, à œuvrer avec sérieux et constance, pour faire en sorte que les diplômés de nos écoles aient la formation la meilleure et la plus solide, maîtrisant les sciences et le savoir, aptes à la créativité et à l'innovation et capables d'apporter un plus.

Aujourd'hui, la mondialisation de l'économie ne se réduit pas à la seule concurrence entre les produits, qu'il s'agisse de biens ou de services. C'est aussi et surtout une compétition entre les compétences humaines et les quotients d'intelligence des peuples.

Nous sommes fiers des résultats que nos filles et nos fils, diplômés des écoles, des lycées et des facultés de notre pays, obtiennent, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger, comparativement avec leurs homologues, dans les pays les plus avancés. Nous nous emploierons avec détermination et constance, à faire en sorte que les diplômés de l'école tunisienne acquièrent une "employabilité" effective dans le cadre d'une économie moderne, pleinement intégrée dans la mondialisation, et qu'ils soient aptes à rivaliser avec leurs semblables, dans n'importe quel pays, que ce soit en saisissant les opportunités d'emploi à distance qui sont offertes aujourd'hui sur les réseaux électroniques, ou bien en s'engageant dans le marché de l'emploi conventionnel.

Pour qu'il nous soit possible d'ouvrir cette nouvelle voie devant nos jeunes qui ont la maîtrise de ces techniques modernes propres à notre époque, et en attendant que le secteur privé s'intéresse aux secteurs d'emploi nouveaux, nous avons décidé qu'au nombre des projets qui seront financés par le Fonds National de l'Emploi, le Fonds 21-21, une fois qu'il aura entamé ses activités, figure le lancement de sites regroupés pour le travail à distance, dans les emplacements où ces compétences sont disponibles. Ces sites seront équipés des moyens les plus modernes pour permettre à tous ceux qui parviennent à trouver une opportunité d'emploi, par le canal du réseau Internet, que ce soit à plein temps, à temps partiel ou de façon temporaire, dans une ou plusieurs entreprises, à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, de louer la période dont ils ont besoin, à un prix symbolique et à un tarif de communication réduit.

C'est ce qui permettra d'accéder à de nouveaux secteurs d'emploi, qui étaient jusque-là inconnus dans notre pays, d'exporter nos services à l'étranger, par le biais des réseaux électroniques, et de nous intégrer dans l'économie immatérielle naissante, qui est en train d'envahir le monde à toute vitesse. Ceci viendra consolider les résultats qui ont été enregistrés jusqu'ici dans ces secteurs porteurs et dont nous avons pu nous rendre compte clairement lors de notre récente visite au parc technologique de l'Ariana-Nord.

La recherche de l'innovation, la création et l'invention, requièrent persévérance, dévouement, patience et endurance. Nous comptons sur le renforcement des investissements dans la recherche scientifique, tout au long de cette période, de telle sorte qu'ils atteignent, en 2004, la proportion de 1% du Produit Intérieur Brut, pour stimuler les recherches et les études et pour multiplier les inventions et les découvertes dans les domaines aussi bien fondamental et appliqué que technique, qui contribuent à consolider notre politique dans les divers secteurs agricole, industriel et autres.

Dans le but de renforcer cette orientation et de ménager les récompenses et les encouragements nécessaires au profit de quiconque innove, crée et invente, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision d'amender la Loi qui régit la recherche scientifique et la promotion de la technologie, en date du 31 janvier 1996, en son article quatorze, de telle sorte que tout inventeur ou chercheur obtienne le brevet de son invention ou de sa découverte, ainsi que tous les droits qui en découlent, lorsque ce travail est accompli au sein d'une entreprise ou d'un établissement du secteur public. Ce qui lui permet, en cas d'exploitation de ce brevet, d'en partager le revenu avec l'entreprise qui a financé la recherche, et cela selon des critères précis, tenant compte des efforts du chercheur tout autant que des sacrifices consentis par l'entreprise.

Mesdames,
Messieurs,

Nous continuerons d'œuvrer à la mise en place d'une infrastructure évoluée qui puisse constituer une plate-forme idoine pour l'économie que nous voulons pour notre pays et la réalisation du développement durable pour lequel nous avons opté. Le nombre des grands projets inscrits dans le IXe Plan et dont le coût unitaire est supérieur à 10 millions de dinars, s'est élevé à 152 projets totalisant une enveloppe globale de plus de 7.645 millions de dinars. Les deux tiers de ces projets ont profité au secteur agricole, s'agissant de gagner le pari de l'eau grâce à la mobilisation du taux le plus élevé de cette ressource, tout en renforçant nos potentialités dans toutes les autres composantes de ce secteur.

Les choix que nous avons arrêtés, tout particulièrement en matière de construction de barrages dans les différentes régions du pays, de multiplication des lacs et des barrages collinaires, et d'équipement des périmètres irrigués, nous ont permis d'atteindre un taux de mobilisation des ressources en eau qui est de l'ordre de 79 % , à la fin de l'année en cours, contre 67 % en 1996. Il est prévu que ce taux soit supérieur à 83 % à partir de l'an 2001.

Il importe de souligner, à cet égard, qu'une part importante de l'effort national, dans le domaine de l'infrastructure, en général, a été consacrée à l'amélioration des conditions de vie des citoyens dans les différentes régions du pays, grâce à l'aménagement des routes et à la généralisation des raccordements aux réseaux d'eau potable, d'électricité et de téléphone, afin que ne subsiste dans notre pays aucune zone qui soit dépourvue des attributs nécessaires à son intégration dans le circuit économique.

L'infrastructure représente un facteur déterminant dans le développement de la compétitivité de l'économie et dans la polarisation de l'investissement extérieur. Aussi avons-nous concentré notre attention sur un ensemble de projets qui englobent l'extension du réseau autoroutier, le renouvellement de la flotte aérienne, la modernisation du réseau ferroviaire, le renforcement du réseau routier et celui des pistes agricoles, outre l'extension de la capacité d'accueil des ports aériens, qui totalise, aujourd'hui, dix millions quatre cent cinquante mille voyageurs, grâce à l'agrandissement des aéroports de Tunis-Carthage, Jerba-Mellita, Sfax, Tozeur et Gafsa. Ceci parallèlement à la réhabilitation des ports maritimes de Bizerte, Radès, La Goulette et Sfax, au renforcement de leur liaison aux réseaux routier et ferroviaire, pour faciliter davantage le transport de marchandises et de voyageurs.

Ces efforts viennent s'ajouter à ceux qui sont déployés pour la réhabilitation et la modernisation du secteur des communications, afin de préparer au mieux notre pays à réaliser ces objectifs qu'il s'est fixé, dont, en premier lieu, celui d'atteindre le chiffre de deux millions de lignes téléphoniques avant la fin de l'année 2004.

Il me souvient d'avoir déjà eu à souligner l'importance grandissante des développements qui se produisent dans les technologies de la communication et les moyens modernes d'échange des données. Nul n'ignore, de nos jours, l'étendue des possibilités qu'offrent ces moyens, pour faire connaître le produit national, sur la plus grande échelle, et pour lui ouvrir de nouveaux marchés.

Voilà pourquoi nous avons entrepris de consolider l'infrastructure des communications, en dotant les réseaux nationaux d'équipements performants, en mesure d'en renforcer les capacités et d'en améliorer la qualité des prestations. Nous avons, en outre, focalisé notre attention sur le développement des ressources humaines dans ce secteur et sur l'aménagement d'un climat propice à l'apport et à l'excellence. Cet effort sera poursuivi dans le cadre de notre stratégie nationale en la matière.

Pour que ces moyens modernes de communication puissent, d'une part, être exploités au mieux par le plus grand nombre possible d'usagers, et pour qu'ils soient mis à profit, d'autre part, pour stimuler l'emploi, tout particulièrement dans les rangs des jeunes, et en application de ce que j'avais annoncé dans le programme électoral, j'ordonne, aujourd'hui, d'appliquer de nouvelles réductions dans les tarifs de connexion aux réseaux d'échange de données, dans des proportions allant de 40% à 80%, pour la connexion aux réseaux mondiaux, en fonction de la capacité et du pays de connexion, et de 20% pour la connexion au réseau national. Nous ordonnons, également, de réduire dans une proportion de 8% à 40%, les tarifs appliqués aux communications téléphoniques internationales, en plus d'autres réductions à étudier au cas par cas, dans le cadre d'un accord spécifique et selon les procédures d'usage en la matière, toutes les fois qu'il s'agit d'une entreprise de télé-services employant un personnel qui ne soit pas inférieur à cent cadres et employés.

Je tiens à saisir cette occasion pour réitérer mon appel aux chefs d'entreprise, aux promoteurs et aux exportateurs, pour qu'ils modernisent leurs moyens de travail, améliorent l'utilisation de ces technologies et mettent à profit les incitations et les encouragements que nous avons instaurés dans ce cadre, et cela dans l'intérêt de leurs propres entreprises et de l'économie nationale dans son ensemble.

Mesdames,
Messieurs,

Dans cet effort national, nous n'avons pas perdu de vue la protection de l'écosystème et de l'environnement. Aussi avons-nous porté tout particulièrement notre attention sur les grands projets entrepris dans ce domaine, qui concernent, entre autres, le phosphogypse de Gabès, Taparura à Sfax, l'assainissement du Lac Sud de Tunis, et la zone d'Aghir à Jerba.

Dans le but de préparer au mieux l'avenir et de consolider l'infrastructure de base de notre pays, dans tous les secteurs, nous avons ordonné l'examen d'une nouvelle série de grands projets, qui sont au nombre de 45, totalisant un investissement de l'ordre de 4.600 millions de dinars et intéressant les domaines de l'environnement, du transport, des communications, de l'agriculture, de la pêche, de l'énergie et de l'enseignement.

Nous avons ordonné, en même temps, que cette liste tienne compte des orientations définies dans le programme adopté pour la période à venir, telles que l'évolution des taux de réussite dans l'enseignement de base et l'enseignement secondaire. En effet, à la lumière de l'amélioration de ces taux, les nouvelles prévisions montrent que le nombre des nouveaux arrivants dans l'enseignement supérieur, augmentera de manière notable à telle enseigne que le nombre des étudiants qui s'élève actuellement à 183.000 environ, passera à près de 300.000 en 2004-2005; d'où l'impératif de déployer, dès maintenant, un effort particulier pour hâter la construction des établissements universitaires programmés dans le cadre du IXe Plan, ainsi que ceux qu'il est envisagé d'inscrire dans le Xe Plan. Ceci outre la programmation de la création d'autres établissements, la mobilisation de nouveaux crédits dans le budget de l'Etat, à partir de l'exercice en cours, pour financer les études de troisième cycle et de doctorat, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, afin de pouvoir répondre à la demande additionnelle prévisible au niveau de l'encadrement.

Mesdames,
Messieurs,

Notre programme est conçu pour l'avenir; pour une société nouvelle dans laquelle la femme accède à une place plus importante; où les jeunes apportent, avec compétence, leur concours au modelage du présent et à la préparation du futur, et où la famille constitue l'essence même du tissu social et le noyau central de son équilibre et de sa cohésion. C'est ce dont nous avons veillé à faire l'un des axes fondamentaux de notre programme.

J'ai foi en la famille en tant que pilier principal d'une société saine et stable, et en tant qu'espace idéal pour préserver l'équilibre de l'enfant tout au long de son éducation, enraciner en lui la culture de la modération, de la tolérance et de la solidarité, initier aussi bien la fille que le fils, sur un pied d'égalité, à l'amour du travail, à la persévérance, à l'esprit d'initiative et à la mentalité du "compter sur soi", afin que le peuple tunisien de demain soit fort de la compétence et de la prise de conscience de toutes ses citoyennes et de tous ses citoyens, qu'il se mette à l'ouvrage et qu'il puisse compter sur toutes ses potentialités.

Nous avons opéré de nombreuses réformes profondes dans cette direction. Nous avons mis en place les mécanismes, les incitations et les encouragements qui permettent d'accélérer les mutations sociales dans le cadre de ce processus. Il appartient à toutes les parties agissantes au sein de la société civile, et tout particulièrement aux associations, aux organisations et aux différentes forces vives, d'œuvrer, aujourd'hui, à approfondir davantage la prise de conscience vis-à-vis de ces enjeux et de l'importance qu'il y a à continuer de renforcer nos acquis dans ces quatre secteurs qui concernent la femme, la jeunesse, la famille et l'enfance. Car, les courants de la mondialisation, dans leur dimension culturelle, risquent de saper, pour peu que nous ne sachions pas nous y adapter judicieusement, les attributs mêmes de notre culture, notre modèle de société et la distribution des rôles en son sein.

Nous avons la ferme conviction que l'ouverture et la réussite, dans le contexte de la mondialisation, ne peuvent se réaliser que pour les sociétés qui sont solidement enracinées dans leur propre identité, fortes de la cohésion de toutes leurs composantes, et dont les attributs de la personnalité sont équilibrées.

Notre décision de multiplier par deux le budget de la Culture et de l'augmenter graduellement jusqu'à atteindre la proportion de 1% du budget de l'Etat durant l'exercice 2004, procède de notre foi en le rôle de la culture dans ce domaine, et de notre attachement à protéger l'homme de lettres, le créateur et l'artiste dans notre pays. C'est que, pour nous, il n'y a pas de culture sans hommes de lettres, sans créateurs et sans artistes qui soient à-même d'apporter le plus, tout en étant solidement ancrés à nos racines culturelles, maîtrisant les attributs de la modernité, refusant le repli sur soi, tout en barrant le chemin à tout risque d'aliénation.

Nous voulons que notre pays reste un pôle durable de rayonnement de notre culture, dans son environnement, en même temps qu'un modèle toujours actuel d'une société modérée, équilibrée et imbue des valeurs de concorde et de solidarité.

Mesdames,
Messieurs,

Nous avons fondé le processus démocratique dans notre pays, sur un ensemble de constantes qui incluent le principe de la participation, le respect du droit à la différence, la liberté d'opinion et la liberté de choisir; le consensus ayant toujours été la règle de base dans les relations entre les différentes forces politiques et sociales du pays.

En matière de relations sociales, nous sommes fiers des acquis qui ont été réalisés en Tunisie, alors qu'ils ne sont plus si aisément réalisables dans bon nombre d'autres pays.


Nous sommes tout aussi fiers d'enregistrer, aujourd'hui, ce taux de présence respectable parmi les élus du peuple, de représentants des partis d'opposition. Nous avons du reste veillé à garantir cette présence en amendant, à plusieurs reprises, le Code électoral.

Notre vœu est que cette nouvelle réalité pluraliste produise l'effet escompté dans la consolidation accrue des partis politiques et la stimulation du dialogue national, dans le cadre des principes et des valeurs de la République et dans le respect des libertés, au sein d'une société civile dont la cohésion demeure solide.

Dans le but de renforcer ce climat hautement civilisé dont nous avons pu prendre si clairement la mesure lors des récentes élections, et dans le souci de garantir à l'opération électorale davantage de transparence, nous nous proposons de soumettre à votre auguste assemblée un projet de loi portant amendement du Code électoral. Cet amendement introduira l'obligation pour tout électeur de prendre un exemplaire de toutes les feuilles de vote, avant d'entrer dans l'isoloir, afin que nul ne puisse plus arguer, à l'avenir, de l'existence d'une quelconque forme d'influence exercée sur les électeurs. Cet amendement prendra effet dès les prochaines élections municipales de mai 2000.

Pour conforter ces choix, et compte tenu de l'importance du rôle de l'information dans le renforcement du dialogue national et de la liberté d'expression ainsi que dans l'enracinement de la culture démocratique, et dans le but de concrétiser ce que j'avais annoncé, le 10 octobre dernier, à l'ouverture de la campagne électorale, concernant mon intention de présenter à votre auguste assemblée, un projet de loi qui portera amendement du Code de la presse, et concernera certaines dispositions de ce texte dans le but de promouvoir ce secteur, dans ses différentes dimensions.

A travers cet amendement, nous veillerons à réfréner le réflexe d'autocensure qui continue d'entraver l'action des journalistes et la production médiatique, en général, et qui est sans doute imputable aux sanctions corporelles que prévoient certains articles de ce Code, et cela à l'exclusion des sanctions applicables à quiconque s'avise de porter préjudice à la réputation d'autrui ou de porter atteinte à la dignité. Nous considérons que c'est là le minimum que nous puissions admettre, afin de préserver l'exercice de la liberté de l'information, dans un cadre d'éthique et de comportement civilisé acceptable.

L'exercice de la liberté d'opinion ne signifie en aucune manière la liberté de diffamer ou de porter des accusations infondées semblables à celles qui sont propagées de temps à autre, à l'intérieur ou à l'extérieur.

Je tiens à souligner, dans ce contexte, que nous ouvrirons les enquêtes qui s'imposent au sujet de tous les abus qui viendraient à être signalés, afin que la justice dise son mot à l'encontre de quiconque serait reconnu coupable en la matière, et pour que ceux qui s'avisent de répandre semblables allégations en répondent devant la loi, lorsqu'il s'avère qu'elles sont sans fondement.

Nous voulons faire progresser not.

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