DISCOURS

Carthage, le 7 novembre 1998

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du onzième anniversaire du Changement

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Citoyens,
Citoyennes,

C'est dans la fierté et l'orgueil que nous couronnons, en ce jour, onze années de Changement, et abordons l'avenir avec détermination et optimisme, en demeurant attachés à nos constantes, fidèles à nos principes et confiants en nos choix, en la volonté de notre peuple, en sa lucidité et en son aptitude à relever les défis et à en gagner les enjeux.

Les réalisations qui ont été accomplies au profit des Tunisiens et des Tunisiennes, tout au long de la période écoulée, et dans les différents domaines, habilitent notre pays à aborder le siècle prochain avec les meilleures chances de réussite, de progrès et de prospérité. Les années au cours desquelles nous nous étions attelés à l'œuvre de sauvetage et à la réalisation des réformes, ont affranchi le pays des facteurs de blocage qui empêchaient son évolution, et ouvert la voie de l'espérance et les portes de l'avenir devant son peuple.

Citoyens,
Citoyennes,

La première étape du Changement a été une étape au cours de laquelle nous avons restauré le prestige et le rayonnement de la Tunisie dans son environnement et mobilisé ses potentialités pour qu'elles s'adonnent à l'effort et au labeur. Aujourd'hui, notre confiance en notre peuple est plus grande et notre détermination plus forte.

L'optimisme qui nous anime au regard de l'avenir ne doit pas nous faire perdre de vue les bouleversements qui se produisent dans le monde d'aujourd'hui, et qui soulèvent des interrogations majeures. C'est que les signes avant-coureurs de la crise économique sont apparus dans des pays qui étaient considérés comme des modèles de réussite en matière d'insertion dans la mondialisation, de réforme et de transition rapide vers l'économie de marché, sans réserves ni précautions.

Il convient, également, de s'interroger sur les effets de la mondialisation auxquels il importe de prendre garde et sur les perspectives du système mondial naissant, maintenant qu'il s'est avéré clairement qu'il existe un vide dans les mécanismes internationaux de régulation et d'orientation de la dynamique universelle de l'économie, tout particulièrement au niveau de la circulation des capitaux et des questions financières et monétaires, en général. Il s'agit de situations qui interpellent l'attention et la participation de tous, et pas seulement du groupe des pays nantis, pour essayer de parvenir à un consensus international et à des formules appropriées pour éviter une décélération de la croissance mondiale ou un retour du spectre de la crise des années 30.

Depuis le Changement, notre pays a pris conscience de la nécessité d'adopter une approche globale qui tient compte de la multiplicité et de la complexité des démarches du changement, dans toute société donnée. En effet, les démarches politiques, économiques, sociales et culturelles, ainsi que l'évolution des mentalités, ne progressent pas au même rythme, d'une étape à l'autre. Si l'écart se creuse entre les différentes évolutions, celles-ci deviennent sources de déséquilibre du développement économique et social, engendrant l'apparition des risques de marginalisation et des entraves au développement durable.

Aussi avons-nous opté, très tôt, pour une approche qui permet de mener en parallèles les réformes économiques, d'une part, et les réformes sociales, d'autre part, tout en assurant l'évolution du processus de démocratisation et du développement culturel, à la même cadence. Nous l'avons édifiée sur la base des valeurs de consensus, de réconciliation, de modération, de juste milieu et de solidarité.

Nous ne sommes pas passés à l'économie de marché, sans filet de sécurité, ni à la cadence rapide prônée par certains. Nous n'avons pas attendu que survienne la conjoncture actuelle dans le monde, pour fixer notre choix, qui prépare le terrain pour une transition saine et sûre, bannissant l'immobilisme et évitant la précipitation qui fait perdre la maîtrise de la démarche, tout en refusant de dissocier les dimensions économique et sociale, compte tenu des possibilités du pays, de la situation de nos entreprises, des spécificités des différentes catégories sociales et de l'intérêt de nos générations futures.

Et si notre pays est rangé, aujourd'hui, parmi les pays émergents, il est significatif que, grâce à ces choix, il ne soit pas considéré comme étant l'un des pays dont l'avenir est envisagé avec quelque appréhension, au vu des difficultés mondiales actuelles.

Nous sommes convaincus que le devenir de la Tunisie est forgé par l'intelligence de son peuple, et n'est pas tributaire de solutions ou formules toutes faites.

Citoyens,
Citoyennes
,
Nous avons consenti de grands efforts pour accélérer le rythme de la mise à niveau de l'économie nationale dont nous avons consacré la première étape aux entreprises industrielles. Nous avons ordonné, dans une seconde étape, d'entreprendre la mise à niveau du secteur agricole, puis celle du secteur des services, dans les plus proches délais. Les efforts déployés jusqu'ici se sont répercutés positivement sur les résultats du secteur industriel et le renforcement du rôle du secteur privé dans l'activité économique.

Sachant que nous n'avons pas d'autre choix que celui de faire réussir la mise à niveau intégrale et de progresser dans sa réalisation avec le maximum de célérité, afin de renforcer la solidité de notre économie et de consolider l'aptitude de notre pays à conforter sa position dans son environnement international, j'exhorte toutes les parties concernées, au sein et autour de l'entreprise et de l'Administration, à accorder une attention accrue et à fournir un effort plus conséquent pour la réalisation de cet objectif.

La mise à niveau de l'entreprise ne se limite pas à la modernisation de ses composantes technologiques, ni à l'octroi de subventions financières pour qu'elle puisse améliorer sa situation; c'est une action à la fois globale et continue, dès lors que les mutations économiques ne s'arrêtent pas et que la concurrence n'épargne pas les retardataires.

Nul n'ignore, sans doute, l'importance que revêt le secteur des communications dans le soutien au processus de mise à niveau, et son rôle grandissant dans la stimulation de la dynamique économique, le gain de temps, le raccourcissement des distances et la préparation de notre pays à s'intégrer efficacement dans les développements qui se produisent aujourd'hui dans le monde. C'est pourquoi nous nous sommes préoccupés d'élaborer une stratégie ambitieuse qui permette de doter notre pays des attributs de cette révolution technologique moderne, et de développer l'aptitude des entreprises et des individus à exploiter au mieux les larges perspectives qu'elle offre, dans les différents domaines.

Nous avons déjà parcouru des étapes importantes dans la mise en œuvre de cette stratégie, en plus de l'encouragement du recours aux formes nouvelles de transactions au moyen des réseaux de communication, afin de servir l'économie nationale, de polariser les investissements, de stimuler les exportations et de consolider la compétitivité des entreprises tunisiennes, comme le commerce électronique pour l'étude duquel nous avons ordonné de créer une commission nationale qui aura à en analyser les différents aspects, avant de proposer les formules et les solutions appropriées pour en assurer l'exploitation dans les meilleures conditions.

La sauvegarde et la promotion de nos acquis nous investit, tous, d'une responsabilité majeure, compte tenu des retombées que l'instabilité actuelle pourrait avoir sur la croissance de l'économie mondiale et sur les échanges internationaux; ce qui confronte les divers pays à des défis et à des enjeux nouveaux.

Autant nous comptons, en cela, sur la détermination et les potentialités de notre peuple, autant nous considérons que la stimulation de la coopération avec les pays frères et amis, ainsi que la canalisation de l'investissement extérieur, font partie des conditions indispensables au renforcement du processus de développement et de l'ouverture sur notre environnement international, dans le sens de nos intérêts réciproques avec nos différents partenaires.

Citoyens,
Citoyennes,

Le secteur de l'agriculture et de la pêche est l'un des secteurs fondamentaux de l'économie nationale, en même temps qu'une composante importante de notre civilisation et l'un des attributs de la souveraineté. A l'heure où ce secteur connaît un important regain de vitalité dont témoignent plusieurs indicateurs ayant trait à la production des produits de base et autres, nous exhortons toutes les parties concernées à déployer davantage d'efforts, à améliorer la coordination et à stimuler les initiatives, afin d'accélérer la mise à niveau de l'agriculture nationale de telle sorte que celle-ci se dote des conditions de solidité face à la concurrence mondiale et concrétise les objectifs qui lui sont assignés durant l'étape à venir, et en premier lieu la garantie de la sécurité alimentaire de notre peuple. La réalisation de cet objectif exige de redoubler d'efforts pour que notre peuple se nourrisse des fruits de son sol.

Après avoir atteint le niveau de l'autosuffisance ou nous en être rapprochés, pour bon nombre de produits agricoles, nous ordonnons, aujourd'hui, d'entreprendre une étude minutieuse, à la lumière des données qui se dégageront de la carte de la production agricole, en vue d'orienter et d'encourager la céréaliculture, tout particulièrement dans les terres irriguées, de telle façon que notre pays atteigne, à bref délai, un niveau minimum de production qui permette de consacrer dans les faits, le principe de la sécurité alimentaire. Ceci, outre la nécessité de mettre à profit les mécanismes dont nous avions ordonné la mise en place, lors de la "Journée Nationale de l'Agriculture", pour remédier à l'excédent de production qui est parfois enregistré au niveau de certains produits et le gérer judicieusement, en prenant en considération l'intérêt de ce secteur.

Compte tenu de l'attention particulière que nous portons, dans ce contexte, au développement des exploitations agricoles, de l'importance de cette question et de ses dimensions tant économique, sociale que civilisationnelle, nous avions ordonné, voici un an, d'entreprendre, au sujet de l'amélioration du rendement du secteur agricole, une consultation nationale à laquelle ont pris part l'ensemble des parties concernées, pour analyser la question sous ses divers aspects et concevoir les solutions adéquates pour pallier cet état de fait.
Je voudrais, en cette circonstance, remercier tous ceux qui ont pris part à cette consultation, aux différents niveaux, local, régional et national, en les félicitant pour leurs analyses approfondies et franches et pour la conscience profonde qu'ils ont de l'importance de cette question.

Les suggestions qui ont été formulées à l'occasion de cette consultation bénéficieront de toute notre attention. Aujourd'hui, nous ordonnons d'entamer l'élaboration des études nécessaires en vue d'identifier les solutions pratiques adéquates pour ce problème, dans le cadre du respect du principe de l'adhésion volontaire des agriculteurs, de la régularisation des situations foncières anciennes et du renforcement des mécanismes et structures d'encadrement.

Les étapes à venir étant appelées à connaître des effets encore plus importants de la concurrence mondiale sur le secteur agricole, avec toutes les dispositions qu'il nous faudra prendre en vue de soutenir le produit agricole national et de parfaire l'interaction avec les marchés extérieurs et notamment le marché européen, nous avons décidé de créer une commission nationale regroupant les différentes parties et structures concernées et ayant pour mission de préparer le dossier des négociations à engager avec l'Union Européenne, à ce sujet, étant entendu que ladite commission devra terminer ses travaux avant mai 1999.

Citoyens,
Citoyennes,

L'emploi est la plus impérative de nos préoccupations et de nos priorités, du moment qu'il représente, à nos yeux, l'un des attributs fondamentaux de la dignité. L'accroissement du rythme de création d'emplois constitue, de notre point de vue, l'aspect le plus noble du développement et de la prospérité, parce qu'il constitue le fondement essentiel de l'équilibre social et de la stabilité.

Notre pays a réalisé un taux remarquable de création d'emplois, au cours du huitième Plan de développement. Nous déployons tous les efforts pour satisfaire la demande additionnelle, au cours du neuvième Plan et nous commençons déjà à en percevoir les résultats, les créations d'emplois ayant atteint en 1997 près de 60 000.

L'investissement étant le facteur le plus important dans le renforcement du rythme de création des emplois, nous avons pris un ensemble de mesures à l'effet de le stimuler, d'accélérer le développement dans les régions de l'intérieur du pays, et de créer une nouvelle génération de promoteurs, à la faveur des nombreux encouragements, incitations et mécanismes instaurés en vue d'y renforcer la capacité d'emploi et d'y ouvrir des perspectives plus larges devant l'initiative.

Les efforts déployés dans le cadre de la campagne nationale de recrutement que nous avions ordonné d'organiser au profit des titulaires de diplômes, ayant permis d'embaucher, jusqu'ici, plus de 5000 demandeurs d'emploi, je tiens à remercier les chefs d'entreprises qui ont réagi favorablement à cette campagne, et à saluer, dans le même temps, tous les jeunes Tunisiens qui ont choisi de s'établir à leur propre compte dans le cadre des mécanismes que nous avons mis en place à cette fin et, en premier lieu, la Banque Tunisienne de Solidarité.

J'appelle l'ensemble des parties concernées, à tous les niveaux et dans tous les secteurs, sur la base du consensus dont bénéficie ce problème majeur, à redoubler d'efforts et à placer l'emploi au dessus de toute autre considération, dans toutes les mesures et initiatives à prendre et dans tous les projets et programmes à adopter.

Lorsque nous avons renforcé, l'an dernier, le rythme du programme de privatisation, afin de satisfaire aux exigences de l'étape en cours, et de revitaliser l'économie nationale, nous nous sommes attachés à respecter les principes sur lesquels nous avons institué ce programme, en préservant le plus grand nombre possible d'emplois, compte tenu de la situation propre de l'entreprise, et en trouvant des solutions adéquates pour tous ceux qui ont dû la quitter.

A ceux qui ont, parfois, le sentiment que la privatisation est préjudiciable à l'emploi, nous disons qu'ils doivent comprendre que c'est tout à fait le contraire, étant donné que la privatisation allège le fardeau supporté par la collectivité nationale, dynamise l'initiative privée, apporte un sang neuf à l'économie, modernise et stimule les capacités de production, améliore la rentabilité et constitue un facteur indispensable au renforcement des possibilités d'emploi, dans le moyen et le long termes et à la consolidation de la solidité de l'économie nationale.

L'infrastructure, et tout particulièrement les routes, ayant un rôle essentiel dans l'accélération du rythme du développement et de l'activité économique, notamment dans les régions de l'intérieur du pays, et un impact important sur la création d'emplois directs et indirects et l'amélioration de l'environnement de l'investissement et de l'entreprise, nous ordonnons de consacrer les fonds provenant de la privatisation des entreprises publiques, après règlement des dettes engendrées par leur restructuration, au financement du programme national d'autoroutes.

Dans ce cadre, nous décidons, aujourd'hui, d'entamer la réalisation de l'autoroute Tunis-Bizerte et du tronçon qui la reliera à Menzel Bourguiba, et de parachever les études d'exécution pour la construction de l'autoroute Tunis-Medjez El Bab, puis des autres composantes du réseau autoroutier, en commençant par la route M'saken-Gabès, dans les plus brefs délais.

Citoyens,
Citoyennes,

Nos choix dans le domaine de l'environnement, procèdent de la conception globale que nous avons des droits de l'Homme; ils se fondent sur l'équilibre entre le développement économique et social, l'intégrité des systèmes écologiques et la réconciliation entre les générations présentes et futures.

Un environnement sain est une condition essentielle pour l'amélioration du cadre de vie de l'être humain et la réalisation du développement durable. Il est dès lors en complémentarité réciproque avec les politiques sociales, sous leurs différents aspects.

Les indices montrent clairement, aujourd'hui, l'évolution qualitative substantielle du niveau de vie du citoyen tunisien, aussi bien dans les domaines de la santé, de l'enseignement et de la formation, qu'aux plans de la couverture sociale, de la sollicitude envers les catégories faibles ou celles qui ont des besoins spécifiques et du filet de protection que procurent les mécanismes de solidarité que nous avons eu l'initiative de créer.

La mutation qualitative réalisée dans le secteur de la santé a permis de passer au stade des services médicaux les plus avancés, et de renforcer les techniques de précision et la recherche scientifique dans ce domaine, grâce à la mise en place d'un environnement adéquat et à l'encouragement des compétences tunisiennes.

Comme vous le savez et comme c'est le cas dans la plupart des pays du monde, semblable développement quantitatif et qualitatif pose, aujourd'hui, avec insistance le problème du financement de la santé, le coût des prestations de soins étant en augmentation constante et le recours à ces prestations étant en accroissement, d'une année à l'autre.

Il nous faut impérativement réaliser la difficile adéquation entre ces deux facteurs, tout en préservant la qualité des services et en sauvegardant le principe de la globalité et de l'égalité entre tous les citoyens au regard des prestations de santé. C'est pourquoi nous avions ordonné d'ouvrir le dossier de la couverture des dépenses de santé, et de réviser le système d'assurance-maladie, et en avions confié l'examen à une commission nationale. Celle-ci présentera ses conclusions et ses propositions avant la fin de l'année en cours.

Au nombre des acquis du Changement figurent le caractère intégral qui a été conféré à la politique sociale, et le consensus dont celle-ci bénéficie auprès des différents partenaires sociaux, sur la base de relations faites de dialogue, de respect mutuel et de prise en compte de l'intérêt du pays et des exigences du développement. Nous nous sommes invariablement préoccupés de renforcer le pouvoir d'achat des différentes catégories, en majorant, à intervalles réguliers, le salaire minimum garanti des différentes catégories profes-sionnelles, ainsi que le salaire minimum agricole garanti.

L'année 1998 marquant la fin du programme triennal de majorations salariales, qui a été appliqué trois fois de suite depuis 1990, nous ordonnons, aujourd'hui, d'entamer la préparation d'un nouveau tour de négociations collectives, en espérant que les partenaires sociaux parviendront, grâce à leur lucidité et à leur sens de la responsabilité nationale, à enrichir le dialogue, de telle sorte qu'il englobe, en plus des salaires, des thèmes importants tels que le relèvement de la productivité de l'entreprise, l'emploi, la formation professionnelle et la protection contre les risques professionnels, de façon à prendre en compte les exigences de l'objectif de compétitivité que notre économie nationale se devra d'atteindre.

Nous avons porté une attention particulière aux entreprises et établissements publics, en élargissant l'expérience d'application des contrats de programmes et d'objectifs, en améliorant le taux d'encadrement dans ces entreprises et établissements et en révisant le cadre juridique qui les régit.

Grâce à la compréhension de toutes les parties et, en premier lieu, l'Union Générale Tunisienne du Travail, nous avons réussi à parachever l'examen du statut général des agents des entreprises et des établissements publics, qui sera soumis prochainement à la Chambre des Députés.

Nous aurons, de la sorte, mis en place, comme nous l'avions fait pour la fonction publique, un cadre nouveau pour les relations professionnelles, qui consolide nos acquis sociaux et répond aux exigences des défis et des enjeux de l'étape, pour ce qui concerne la stimulation de l'effort et le relèvement des compétences professionnelles.

Citoyens,
Citoyennes,

Les droits de la femme ont connu, dans notre pays, un tournant qualitatif, depuis le Changement du sept novembre, avec la consécration des principes d'égalité, de partenariat et d'égalité des chances entre l'homme et la femme, dans la vie publique et privée . C'est ce qui constitue l'un des modèles de réforme les plus remarquables réalisés dans notre environnement, dès lors qu'il ne s'est pas limité à quelques programmes partiels et spécifiques, mais a dépassé cette approche pour assurer l'intégration de la femme dans la dynamique générale du développement, comme l'illustrent les divers indicateurs, outre les succès accumulés par la femme dans différents secteurs.

L'Ere nouvelle est, aujourd'hui, fière de l'adhésion de la femme tunisienne à ses choix et du rôle efficient qu'elle assume dans la construction du présent et de l'avenir.

La famille est le maillon essentiel de la cohésion du tissu social et le milieu idéal pour la préparation des générations de demain. Nous l'avons entourée de toute notre sollicitude. En cela, nous n'avons pas perdu de vue la famille émigrée, qui bénéficie d'une grande sollicitude aux plans de la protection et de l'encadrement, dès lors qu'elle constitue une partie intégrante de la société tunisienne dont nous nous attachons à prendre soin, à défendre les intérêts et à protéger contre les risques de marginalisation et de déracinement civilisationnel.
Les Tunisiens et les Tunisiennes qui vivent à l'étranger sont autant de pôles de rayonnement de la civilisation tunisienne, en même temps qu'un relais de son ouverture sur les autres sociétés et leurs processus de développement, à l'heure de la mondialisation.

Lors de toutes les rencontres que nous avons eues avec eux, à l'occasion de nos visites à l'extérieur, nous avons pu nous rendre compte de toute l'étendue de leur attachement à la patrie, de leur amour pour la Tunisie et de leur constante disponibilité pour défendre ses intérêts. Appréciant leur enthousiasme et leur patriotisme, nous leur accordons invariablement une place particulière dans nos préoccupations et les associons constamment à la progression du pays vers l'avenir et à ses choix majeurs. Ils auront, cette année encore et pour la troisième fois depuis le Changement, l'occasion de prendre part aux élections présidentielles et de consacrer, ce faisant, l'exercice de leurs droits de citoyenneté au regard desquels nous ne faisons aucune distinction entre un Tunisien ou une Tunisienne et un autre, que ce soit en Tunisie ou à l'étranger.

Citoyens,
Citoyennes,

L'école est la source de l'authenticité et la clef de la modernité. Ceux qui attendent que les mutations surviennent pour former, ensuite, les jeunes en vue de s'y adapter, se placent, à notre sens, derrière le cortège du progrès universel.

C'est pourquoi nous avons veillé, depuis le Changement, à introduire des réformes à tous les niveaux et dans toutes les branches de notre système éducatif. Nous avons, en outre, donné, voici un an, des directives en vue de définir les contours de l'école de demain et d'explorer ses fonctions potentielles et ses moyens nouveaux, à la lumière des progrès, sans cesse plus rapides, au niveau des techniques de la communication, de l'enseignement, des connaissances scientifiques et technologiques et du monde du travail et de la production, avec ses multiples composantes.

La Commission technique spécialisée devant achever l'étude de cette question, vers le milieu de l'année prochaine, et présenter un rapport sur ses conclusions, nous ordonnons, aujourd'hui, d'organiser la consultation nationale concernant l'école de demain, avant la fin de l'année 1999, avec la participation de représentants du corps enseignant, des partis politiques, des organisations nationales et des associations concernées, l'objectif étant d'élaborer une approche claire, reflétant le consensus des Tunisiens et des Tunisiennes, toutes tendances et catégories confondues, au sujet de cette question déterminante pour l'avenir du pays.

Nous voulons que l'école de demain reste ouverte à tous, sur la base des nobles principes prônés par le Changement du 7 novembre, et des constantes et valeurs énoncées dans le Pacte National.

Après le démarrage, au cours de l'année écoulée, de la connexion de toutes les institutions universitaires et des centres de recherches au réseau Internet, conformément aux directives que nous avions données, et le début de couverture des établissements secondaires, qui sera de l'ordre de 40 %, à la fin de cette année, et passera à 100 %, dans le courant de 1999, avant qu'il ne soit procédé, dans les étapes ultérieures, à la connexion des écoles préparatoires, puis des écoles primaires, nous insistons sur la nécessité qu'il y a de rationaliser l'exploitation des perspectives et possibilités nouvelles que ce réseau offre en matière de communication, d'enseignement à distance, etc.

Face aux mutations rapides qui se produisent de nos jours, dans les divers domaines, l'école et l'établissement de formation professionnelle ont, entre autres, pour mission de former les jeunes en vue des métiers d'avenir, qu'ils soient connus ou prévisibles, et de parfaire l'adaptation au monde du travail, de telle sorte que, dans notre pays, la dynamique du développement et de l'emploi ne soit pas à l'écart des développements mondiaux.

La formation de l'enfant, depuis l'école de base, à la culture de l'émulation et du travail collectif, ainsi qu'au travail bien fait et à la qualité, à la confiance en soi et à la perception des changements qui se produisent autour de lui, représente l'une des conditions essentielles de la réussite, pour que nous le préparions à affronter les défis du développement et de l'emploi, dans le contexte de la mondialisation et de ses difficultés.

Le principe de la gratuité et du caractère obligatoire de l'enseignement jusqu'à l'âge de seize ans, que nous avons consacré depuis que nous avons réformé le système éducatif, est appuyé, dans la réalité, par un effort soutenu que l'Etat déploie pour aider les élèves et les étudiants à faire face aux exigences de leurs études.

Outre les aides en nature et en espèces et la participation aux frais de transport scolaire et universitaire, dont les dotations seront portées, de 51 millions de dinars cette année, à 63 millions de dinars en 1999, les bourses et les prêts universitaires représentent un élément important en la matière, puisqu'ils dépasseront 40 millions de dinars, l'an prochain.

Cependant, ce volume de dotations, par-delà son importance, n'est plus compatible avec l'accroissement considérable du nombre des étudiants, depuis le Changement, d'autant que ce nombre est appelé à croître à une cadence plus rapide au cours des années à venir, à la faveur de l'amélioration qualitative et quantitative qu'enregistre l'université tunisienne.


Etant donné que les critères qui sont actuellement appliqués en matière d'octroi des prêts ne permettent pas à de nombreuses familles à revenu moyen, de bénéficier de cette prestation, nous proclamons, aujourd'hui, notre décision d'ordonner aux caisses de sécurité sociale d'octroyer des prêts universitaires au profit des enfants de leurs adhérents et d'établir un régime spécial pour ces prêts, tenant compte du niveau de revenu de la famille et du nombre de ses enfants, et cela à des conditions avantageuses.

Nous ordonnons, en outre, d'associer à cet effort le système bancaire, pour l'octroi de prêts universitaires directs et la généralisation du système d'épargne-études, moyennant les mêmes incitations que celles qui sont appliquées au système d'épargne-logement. Notre voeu est que ce système contribue au renforcement de l'épargne nationale, d'une part, et permette aux familles de se préparer à l'avance pour faire face aux besoins de leurs enfants, au stade des études supérieures, d'autre part. C'est ce qui permettra à l'Etat d'orienter progressivement ses efforts actuels vers l'octroi des bourses ou des prêts aux étudiants à revenu modeste.

Ce nouveau régime entrera en vigueur à partir de la prochaine année universitaire. Nous comptons sur nos fils et filles et sur leur sens des responsabilités, pour qu'ils remboursent les prêts une fois qu'ils auront terminé leurs études et fait leur entrée dans la vie active, et cela suivant les procédures qui seront déterminées à cet effet, de telle sorte que la collectivité nationale soit à-même de répondre aux besoins des générations d'étudiants qui leur succèderont.

Il y a là l'une des significations nobles de la solidarité entre les générations, dans un domaine auquel notre peuple s'est toujours attaché, au fil de son histoire, par amour de la connaissance et en hommage aux hommes de science et à tous ceux qui œuvrent pour acquérir le savoir et le propager.

Citoyens,
Citoyennes,

Nous avons ouvert la voie devant nos jeunes, dans tous les domaines, pour qu'ils participent à l'œuvre d'édification de l'avenir, et avons accordé à l'enfance un intérêt privilégié pour modeler la personnalité du citoyen de demain, l'enraciner dans notre patrimoine culturel et civilisationnel, l'imprégner des valeurs de modération et d'ouverture, et y aiguiser les facultés de créativité, d'innovation, d'initiative et de réflexion rationnelle.

Nous avons, pour ce faire, offert à nos fils et filles, les opportunités qui leur permettent de progresser et de se distinguer, dans toutes les disciplines. Et si je cite, en l'occurrence, le domaine sportif, c'est parce que nous attendons beaucoup d'eux en la matière, pour hisser haut dans le ciel, la bannière de la Tunisie, dans les divers terrains de compétition, consolidant ainsi le rôle de ce secteur dans la dynamisation de la vie sociale, le développement des talents des jeunes générations et la contribution à la consolidation de l'effort éducatif, à tous les niveaux.

Ayant œuvré, depuis le Changement, en vue de revitaliser le tissu de la société civile, qui a connu, depuis lors, une dynamisation évidente, dont nous commençons à percevoir les incidences positives sur la vie publique, nous appelons, aujourd'hui, à un effort accru en matière d'éducation, de sensibilisation et de diffusion de la culture associative, parmi les jeunes, étant donné que la participation de ces derniers à ces structures a besoin d'être renforcée.

Nous nous sommes employés à faire de la culture un support solide pour le Changement, tant nous avons foi en son rôle efficace dans la garantie de l'équilibre, la consolidation de l'identité et l'intégration active dans l'environnement mondial. En réaffirmant que l'action culturelle est un effort qui ne s'interrompt jamais, nous proclamons notre détermination de continuer à ouvrir les horizons devant les hommes de culture et de consolider les activités culturelles, au moyen de l'actualisation des législations qui s'y rapportent et de la promotion des divers secteurs artistiques pour les élever au niveau d'excellence auquel nous aspirons.

Citoyens,
Citoyennes,

La célébration, par notre pays, du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, nous offrira une nouvelle occasion pour rappeler nos acquis et nos réalisations en la matière, et explorer l'avenir, en vue de les consolider, de les renforcer et d'en promouvoir davantage les mécanismes.

Notre perception globale des droits de l'Homme et notre foi en la complémentarité de leurs dimensions politique, économique, sociale et culturelle, et en la nécessité d'en diffuser la culture à tous les niveaux et de progresser graduellement et en permanence dans leur promotion, constituent notre référence constante. Car, en ce monde, nul ne peut, comme nous l'avons déjà souligné, prétendre avoir atteint la perfection dans ce domaine, ou s'arroger le droit de s'ériger en donneur de leçons à autrui.

Ayant foi en l'universalité des principes des droits de l'Homme et en l'importance qu'il y a à s'inspirer des expériences d'autrui, nous considérons que la réussite des voies du Changement est tributaire du respect des spécificités de chaque société.

Dans le but de renforcer les réformes que nous avons introduites dans les textes, les mécanismes et la pratique, pour protéger, consolider et promouvoir les droits de l'Homme, et venir en aide aux catégories aux situations spécifiques, nous annonçons, aujourd'hui, que nous avons décidé d'instituer une peine de substitution, dans certains cas, à la peine d'emprisonnement, le tribunal se contentant de limiter la liberté du condamné au lieu de son emprisonnement; et cela en l'astreignant, une fois que le juge a recueilli son point de vue et dûment enregistré son consentement, à accomplir une activité déterminée au profit de la collectivité, en conformité avec les exigences de la Charte internationale des droits civils et politiques.

Cette nouvelle sanction permet au condamné d'éviter les effets des peines d'emprisonnement de courte durée, qui peuvent rendre difficile sa rééducation, son retour au droit chemin et sa réinsertion au sein de la société, qui représente une finalité indispensable de la sanction, par-delà l'aspect répressif.

Citoyens,
Citoyennes
,
Nous nous sommes employés, depuis l'aube du Changement, à renforcer la démocratie et à en consolider les fondements, et n'avons ménagé aucun effort pour la faire progresser à pas sûrs. Nous avons également œuvré à consacrer davantage le pluralisme politique, en mettant l'accent sur la place constitutionnelle des partis et en renforçant leurs moyens matériels, afin qu'ils puissent assumer leur rôle national. Il a été, en outre, procédé à l'amendement du Code électoral en vue de renforcer leur présence au sein de la Chambre des Députés et des Conseils municipaux, tout en veillant constamment à les associer aux diverses institutions et espaces de dialogue et de concertation.

C'est ce que nous avons conforté en portant le nombre des sièges de la Chambre des Députés, qui sont à répartir au niveau national, à près de 20% du nombre total des sièges. La loi amendant dans ce sens le Code électoral a été promulguée tout récemment; en plus de la fixation du plafond du nombre de conseillers municipaux appartenant à la liste qui obtient la majorité des voix, de telle sorte que les autres listes puissent obtenir au moins 20% des sièges municipaux, quels que soient les résultats des élections municipales.

Ayant déjà souligné que la nécessité de faire avancer le processus pluraliste dans notre pays, occupe le premier rang de nos préoccupations personnelles, et que nous nous emploierons à trouver une formule qui permettrait, ne serait-ce que pendant une phase transitoire, de multiplier les candidatures à la présidence de la République lors des prochaines élections présidentielles, nous envisageons de présenter un projet de loi constitutionnelle qui permet que se porte candidat à la présidence de la République, lors des élections de 1999, le premier responsable de chaque parti politique, qu'il soit président ou secrétaire général de sa formation, à condition qu'il exerce directement cette responsabilité depuis une période qui ne soit pas inférieure à cinq années consécutives, le jour du dépôt de sa candidature. Ceci par dérogation aux dispositions du troisième alinéa de l'article 40 de la Constitution qui exige que tout candidat soit cautionné par un nombre déterminé d'élus, et au cas où le candidat n'est pas en mesure de remplir cette condition.

Compte tenu de l'importance de l'année prochaine dans notre progression nationale, et des échéances électorales qui nous attendent, nous exhortons les structures administratives concernées de s'y préparer, dès maintenant, afin d'assurer toutes les conditions de réussite à ces échéances, en garantissant la neutralité de l'Administration et la transparence et en renforçant le processus démocratique.

La foi que nous avons dans le rôle de l'information dans la consécration de la politique de réforme et de changement, nous a incité à aménager au profit de ce secteur les conditions et les moyens les plus appropriés pour qu'il assume son rôle dans la consolidation du dialogue national, le raffermissement des fondements de la société civile et la consécration continue du processus de démocratisation.

Lors du dixième anniversaire du Changement, nous avions exhorté les médias à opter pour la qualité et à mettre à profit les espaces ouverts au dialogue pour traiter de l'ensemble des préoccupations et problèmes nationaux. En dépit des initiatives que nous avons enregistrées en ce domaine, la situation de l'information demeure en-deçà de nos espérances.
La promotion de l'information et l'amélioration de son message constituent une responsabilité collective qui incombe à toutes les parties, pour instaurer des traditions nouvelles d'objectivité et d'audace dans l'analyse des thèmes, d'une part, et s'habituer à accepter la critique et l'opinion contraire, d'autre part.

Dans le but de consacrer cette option et d'offrir aux journaux des partis d'opposition, de meilleures conditions pour contribuer à enrichir le paysage médiatique dans notre pays, nous avons décidé d'élargir la subvention dont ces journaux bénéficient actuellement, dans la couverture d'une partie de leurs frais de papier, en y ajoutant une subvention annuelle pour la couverture d'une partie de leurs frais d'impression.

Nous avons, d'autre part, décidé de promouvoir les fonctions du Conseil Supérieur de la Communication, afin qu'il assume, outre ses tâches initiales, le rôle d'observatoire national de l'information, pour aider à suivre la marche de ce secteur et présenter un rapport national annuel qui sera diffusé, outre les rapports conjoncturels qu'il est tenu d'élaborer le cas échéant, concernant les principaux développements qui surviennent dans le secteur.

Il reste que la promotion de la pratique professionnelle nécessite encore bien des efforts. Nous réitérons la nécessité de s'attacher à la transparence et de s'élever au-dessus des agissements préjudiciables à l'éthique de la profession, eu égard au caractère éminemment délicat de la mission qui lui incombe et de la noblesse de la fonction qu'elle remplit au sein de la société.

Citoyens,
Citoyennes,

La Tunisie qui est en osmose avec son environnement arabe, africain et méditerranéen, en étant profondément consciente de la gravité de l'étape actuelle, ainsi que des défis et des enjeux des mutations mondiales, œuvre avec sérieux et constance en faveur de la consolidation de la coopération et de la concertation avec les pays frères et amis, et s'emploie avec sincérité à consacrer les valeurs de tolérance, de solidarité et d'entente entre les peuples et à consolider les conditions de la paix, de la sécurité et de la stabilité, en étant constamment attachée à la légalité internationale, en rejetant la politique de "deux poids, deux mesures", et en prônant les principes du droit et de la justice en tant que valeurs fondamentales dans les rapports entre les nations.

Au cours de cette année, nous avons échangé, avec les dirigeants et les responsables des pays frères et amis, de nombreuses visites qui nous ont permis de raffermir davantage nos liens de coopération, et d'apporter notre soutien aux efforts déployés en faveur de la recherche de solutions pacifiques à certains problèmes internationaux qui se posent, notamment dans notre environnement immédiat.

Nous n'avons pas omis de multiplier les démarches et de consentir des efforts sincères pour dynamiser le processus de l'Union Maghrébine, revitaliser ses structures et réactiver ses rouages, à la faveur des développements régionaux et mondiaux, pour en faire un pôle efficace et un interlocuteur valable face à l'ensemble des regroupements internationaux avec lesquels coopère notre région, de façon à stimuler l'œuvre de développement dans nos pays et à concrétiser nos objectifs de complémentarité et d'intégration, à une époque qui ne laisse aucune place pour celui qui veut poursuivre sa marche en solitaire.

Il s'agit d'une revendication historique de nos peuples et d'un objectif légitime de nos pays. Nous comptons sur la volonté sincère et la foi en la communauté de destinée qui animent nos frères dirigeants des peuples maghrébins, pour réaliser le bond qualitatif souhaité dans la voie de la construction de l'Union.

Notre espoir est que les récents développements survenus dans l'affaire Lockerbie favoriseront la réalisation d'un règlement juste et honorable de ce problème, pour mettre fin aux souffrances du peuple libyen frère et aider à l'instauration de la détente dans la région.

Tout en prenant acte de l'accord conclu entre Palestiniens et Israéliens et en appréciant les efforts que les Etats-Unis d'Amérique ont déployés pour y parvenir, nous tenons à rappeler les principes sur lesquels s'était appuyé le démarrage du processus de paix auquel notre pays avait participé dans toutes ses phases et dont il avait constamment soutenu la progression, sur la base de son soutien au bon droit et à la justice, des sacrifices qu'elle a consentis et de sa solidarité avec le peuple palestinien frère, pour le rétablissement de la plénitude de ses droits et, en premier lieu, son droit à la création d'un Etat indépendant sur son sol, avec pour capitale Al Qods; le premier de ces principes étant celui de "la terre en contrepartie de la paix" et le respect des engagements et des accords signés dans le cadre de la légalité internationale.

Dans le même temps, nous réaffirmons que le chemin qui conduit à la paix est encore long et qu'il est impératif de le préserver contre toute cassure ou retour en arrière dû aux atermoiements du Gouvernement israélien et à sa tendance à vouloir se dérober à ses propres engagements. L'avenir de la région tout entière est tributaire de la réalisation de la paix; une paix juste, globale et durable.

C'est ce qui requiert, également, l'intensification des démarches et la reprise des pourparlers afin que les peuples syrien et libanais frères recouvrent leurs territoires occupés.
La restauration de la stabilité dans la région, d'une manière globale, exige, en outre, qu'il soit mis fin aux souffrances que le peuple irakien frère endure des suites de l'embargo qui lui est imposé.

L'année en cours a été, par ailleurs, marquée par la tenue de la première réunion du Conseil d'association avec l'Union Européenne. Nous exprimons, pour notre part, notre satisfaction quant à l'esprit d'entente qui prévaut entre la Tunisie et l'Union Européenne, tout en réaffirmant notre attachement à développer ces relations, dans un contexte d'égalité et de respect mutuel, et à les promouvoir et les enrichir au service des intérêts réciproques et du renforcement de la solidarité, de la sécurité et de la stabilité dans l'espace euro-méditerranéen, dans le sens des intérêts stratégiques de notre région et des aspirations de ses peuples au bien-être et au progrès.

L'option africaine est, pour nous, la résultante de notre foi en notre appartenance à ce continent qui fait notre fierté, tant nous œuvrons avec constance à stimuler la coopération et la solidarité entre ses peuples et à consolider leurs mécanismes d'intégration économique.

Nous sommes déterminés à poursuivre notre action en faveur de la consolidation des efforts que nous avons entamés cette année en vue de réaliser la mutation qualitative souhaitée dans les relations d'échanges commerciaux et de coopération technique et économique avec les Etats africains frères, aussi bien par le truchement des missions diplomatiques ou des missions commerciales itinérantes, qu'à travers l'encouragement des initiatives privées en ce domaine, au profit des intérêts de toutes les parties et dans le sens de la contribution à la réalisation des aspirations de nos peuples.

Sur la base de la relation étroite qui existe entre la sécurité, la paix et le développement, nous exhortons nos frères africains à conjuguer les efforts pour trouver des solutions pacifiques aux conflits existants et circonscrire les nouveaux foyers de tension qui suscitent notre préoccupation, et cela à travers le recours aux mécanismes et institutions africains de règlement et de prévention des conflits, afin de permettre à notre continent d'affronter les défis de l'avenir et de se consacrer à l'œuvre de développement, dans la stabilité et la quiétude.
L'intérêt que la Tunisie porte au développement et au raffermissement de ses relations politiques, économiques et culturelles avec son environnement immédiat, est conforté par son attachement continu à explorer les opportunités de coopération avec les pays frères et amis, partout dans le monde.

Nous sommes déterminés à accentuer sans cesse notre ouverture sur ces espaces vitaux et à instaurer des mécanismes efficaces pour le renforcement des flux d'échanges et de coopération, notamment avec les pays d'Amérique du Nord et d'Amérique Latine, l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est, dans le sens des intérêts réciproques et de la consécration des principes et valeurs auxquels nous adhérons de part et d'autre.

Citoyens,
Citoyennes,

Nous œuvrons tous pour la Tunisie, quelque différentes que soient nos positions et nos tendances, brandissant son étendard et défendant son image en nous inspirant des hauts faits des martyrs et des générations successives de résistants et de militants auxquels nous exprimons, en cette circonstance nationale, notre considération sincère.

Nous n'avons pas d'autre voie que celle de l'action, ni d'autre option que celle de l'excellence, pour que la Tunisie reste à jamais digne et invulnérable.

Merci de votre attention.

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