Carthage, le 7 novembre 1998
Discours
du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du onzième anniversaire du Changement
Au
Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyens,
Citoyennes,
C'est dans la fierté et l'orgueil que nous couronnons,
en ce jour, onze années de Changement, et abordons
l'avenir avec détermination et optimisme, en demeurant
attachés à nos constantes, fidèles à
nos principes et confiants en nos choix, en la volonté
de notre peuple, en sa lucidité et en son aptitude
à relever les défis et à en gagner les
enjeux.
Les
réalisations qui ont été accomplies au
profit des Tunisiens et des Tunisiennes, tout au long de la
période écoulée, et dans les différents
domaines, habilitent notre pays à aborder le siècle
prochain avec les meilleures chances de réussite, de
progrès et de prospérité. Les années
au cours desquelles nous nous étions attelés
à l'uvre de sauvetage et à la réalisation
des réformes, ont affranchi le pays des facteurs de
blocage qui empêchaient son évolution, et ouvert
la voie de l'espérance et les portes de l'avenir devant
son peuple.
Citoyens,
Citoyennes,
La première étape du Changement a été
une étape au cours de laquelle nous avons restauré
le prestige et le rayonnement de la Tunisie dans son environnement
et mobilisé ses potentialités pour qu'elles
s'adonnent à l'effort et au labeur. Aujourd'hui, notre
confiance en notre peuple est plus grande et notre détermination
plus forte.
L'optimisme
qui nous anime au regard de l'avenir ne doit pas nous faire
perdre de vue les bouleversements qui se produisent dans le
monde d'aujourd'hui, et qui soulèvent des interrogations
majeures. C'est que les signes avant-coureurs de la crise
économique sont apparus dans des pays qui étaient
considérés comme des modèles de réussite
en matière d'insertion dans la mondialisation, de réforme
et de transition rapide vers l'économie de marché,
sans réserves ni précautions.
Il
convient, également, de s'interroger sur les effets
de la mondialisation auxquels il importe de prendre garde
et sur les perspectives du système mondial naissant,
maintenant qu'il s'est avéré clairement qu'il
existe un vide dans les mécanismes internationaux de
régulation et d'orientation de la dynamique universelle
de l'économie, tout particulièrement au niveau
de la circulation des capitaux et des questions financières
et monétaires, en général. Il s'agit
de situations qui interpellent l'attention et la participation
de tous, et pas seulement du groupe des pays nantis, pour
essayer de parvenir à un consensus international et
à des formules appropriées pour éviter
une décélération de la croissance mondiale
ou un retour du spectre de la crise des années 30.
Depuis
le Changement, notre pays a pris conscience de la nécessité
d'adopter une approche globale qui tient compte de la multiplicité
et de la complexité des démarches du changement,
dans toute société donnée. En effet,
les démarches politiques, économiques, sociales
et culturelles, ainsi que l'évolution des mentalités,
ne progressent pas au même rythme, d'une étape
à l'autre. Si l'écart se creuse entre les différentes
évolutions, celles-ci deviennent sources de déséquilibre
du développement économique et social, engendrant
l'apparition des risques de marginalisation et des entraves
au développement durable.
Aussi
avons-nous opté, très tôt, pour une approche
qui permet de mener en parallèles les réformes
économiques, d'une part, et les réformes sociales,
d'autre part, tout en assurant l'évolution du processus
de démocratisation et du développement culturel,
à la même cadence. Nous l'avons édifiée
sur la base des valeurs de consensus, de réconciliation,
de modération, de juste milieu et de solidarité.
Nous
ne sommes pas passés à l'économie de
marché, sans filet de sécurité, ni à
la cadence rapide prônée par certains. Nous n'avons
pas attendu que survienne la conjoncture actuelle dans le
monde, pour fixer notre choix, qui prépare le terrain
pour une transition saine et sûre, bannissant l'immobilisme
et évitant la précipitation qui fait perdre
la maîtrise de la démarche, tout en refusant
de dissocier les dimensions économique et sociale,
compte tenu des possibilités du pays, de la situation
de nos entreprises, des spécificités des différentes
catégories sociales et de l'intérêt de
nos générations futures.
Et
si notre pays est rangé, aujourd'hui, parmi les pays
émergents, il est significatif que, grâce à
ces choix, il ne soit pas considéré comme étant
l'un des pays dont l'avenir est envisagé avec quelque
appréhension, au vu des difficultés mondiales
actuelles.
Nous
sommes convaincus que le devenir de la Tunisie est forgé
par l'intelligence de son peuple, et n'est pas tributaire
de solutions ou formules toutes faites.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons consenti de grands efforts pour accélérer
le rythme de la mise à niveau de l'économie
nationale dont nous avons consacré la première
étape aux entreprises industrielles. Nous avons ordonné,
dans une seconde étape, d'entreprendre la mise à
niveau du secteur agricole, puis celle du secteur des services,
dans les plus proches délais. Les efforts déployés
jusqu'ici se sont répercutés positivement sur
les résultats du secteur industriel et le renforcement
du rôle du secteur privé dans l'activité
économique.
Sachant
que nous n'avons pas d'autre choix que celui de faire réussir
la mise à niveau intégrale et de progresser
dans sa réalisation avec le maximum de célérité,
afin de renforcer la solidité de notre économie
et de consolider l'aptitude de notre pays à conforter
sa position dans son environnement international, j'exhorte
toutes les parties concernées, au sein et autour de
l'entreprise et de l'Administration, à accorder une
attention accrue et à fournir un effort plus conséquent
pour la réalisation de cet objectif.
La
mise à niveau de l'entreprise ne se limite pas à
la modernisation de ses composantes technologiques, ni à
l'octroi de subventions financières pour qu'elle puisse
améliorer sa situation; c'est une action à la
fois globale et continue, dès lors que les mutations
économiques ne s'arrêtent pas et que la concurrence
n'épargne pas les retardataires.
Nul
n'ignore, sans doute, l'importance que revêt le secteur
des communications dans le soutien au processus de mise à
niveau, et son rôle grandissant dans la stimulation
de la dynamique économique, le gain de temps, le raccourcissement
des distances et la préparation de notre pays à
s'intégrer efficacement dans les développements
qui se produisent aujourd'hui dans le monde. C'est pourquoi
nous nous sommes préoccupés d'élaborer
une stratégie ambitieuse qui permette de doter notre
pays des attributs de cette révolution technologique
moderne, et de développer l'aptitude des entreprises
et des individus à exploiter au mieux les larges perspectives
qu'elle offre, dans les différents domaines.
Nous
avons déjà parcouru des étapes importantes
dans la mise en uvre de cette stratégie, en plus
de l'encouragement du recours aux formes nouvelles de transactions
au moyen des réseaux de communication, afin de servir
l'économie nationale, de polariser les investissements,
de stimuler les exportations et de consolider la compétitivité
des entreprises tunisiennes, comme le commerce électronique
pour l'étude duquel nous avons ordonné de créer
une commission nationale qui aura à en analyser les
différents aspects, avant de proposer les formules
et les solutions appropriées pour en assurer l'exploitation
dans les meilleures conditions.
La
sauvegarde et la promotion de nos acquis nous investit, tous,
d'une responsabilité majeure, compte tenu des retombées
que l'instabilité actuelle pourrait avoir sur la croissance
de l'économie mondiale et sur les échanges internationaux;
ce qui confronte les divers pays à des défis
et à des enjeux nouveaux.
Autant
nous comptons, en cela, sur la détermination et les
potentialités de notre peuple, autant nous considérons
que la stimulation de la coopération avec les pays
frères et amis, ainsi que la canalisation de l'investissement
extérieur, font partie des conditions indispensables
au renforcement du processus de développement et de
l'ouverture sur notre environnement international, dans le
sens de nos intérêts réciproques avec
nos différents partenaires.
Citoyens,
Citoyennes,
Le secteur de l'agriculture et de la pêche est l'un
des secteurs fondamentaux de l'économie nationale,
en même temps qu'une composante importante de notre
civilisation et l'un des attributs de la souveraineté.
A l'heure où ce secteur connaît un important
regain de vitalité dont témoignent plusieurs
indicateurs ayant trait à la production des produits
de base et autres, nous exhortons toutes les parties concernées
à déployer davantage d'efforts, à améliorer
la coordination et à stimuler les initiatives, afin
d'accélérer la mise à niveau de l'agriculture
nationale de telle sorte que celle-ci se dote des conditions
de solidité face à la concurrence mondiale et
concrétise les objectifs qui lui sont assignés
durant l'étape à venir, et en premier lieu la
garantie de la sécurité alimentaire de notre
peuple. La réalisation de cet objectif exige de redoubler
d'efforts pour que notre peuple se nourrisse des fruits de
son sol.
Après
avoir atteint le niveau de l'autosuffisance ou nous en être
rapprochés, pour bon nombre de produits agricoles,
nous ordonnons, aujourd'hui, d'entreprendre une étude
minutieuse, à la lumière des données
qui se dégageront de la carte de la production agricole,
en vue d'orienter et d'encourager la céréaliculture,
tout particulièrement dans les terres irriguées,
de telle façon que notre pays atteigne, à bref
délai, un niveau minimum de production qui permette
de consacrer dans les faits, le principe de la sécurité
alimentaire. Ceci, outre la nécessité de mettre
à profit les mécanismes dont nous avions ordonné
la mise en place, lors de la "Journée Nationale
de l'Agriculture", pour remédier à l'excédent
de production qui est parfois enregistré au niveau
de certains produits et le gérer judicieusement, en
prenant en considération l'intérêt de
ce secteur.
Compte
tenu de l'attention particulière que nous portons,
dans ce contexte, au développement des exploitations
agricoles, de l'importance de cette question et de ses dimensions
tant économique, sociale que civilisationnelle, nous
avions ordonné, voici un an, d'entreprendre, au sujet
de l'amélioration du rendement du secteur agricole,
une consultation nationale à laquelle ont pris part
l'ensemble des parties concernées, pour analyser la
question sous ses divers aspects et concevoir les solutions
adéquates pour pallier cet état de fait.
Je voudrais, en cette circonstance, remercier tous ceux qui
ont pris part à cette consultation, aux différents
niveaux, local, régional et national, en les félicitant
pour leurs analyses approfondies et franches et pour la conscience
profonde qu'ils ont de l'importance de cette question.
Les
suggestions qui ont été formulées à
l'occasion de cette consultation bénéficieront
de toute notre attention. Aujourd'hui, nous ordonnons d'entamer
l'élaboration des études nécessaires
en vue d'identifier les solutions pratiques adéquates
pour ce problème, dans le cadre du respect du principe
de l'adhésion volontaire des agriculteurs, de la régularisation
des situations foncières anciennes et du renforcement
des mécanismes et structures d'encadrement.
Les
étapes à venir étant appelées
à connaître des effets encore plus importants
de la concurrence mondiale sur le secteur agricole, avec toutes
les dispositions qu'il nous faudra prendre en vue de soutenir
le produit agricole national et de parfaire l'interaction
avec les marchés extérieurs et notamment le
marché européen, nous avons décidé
de créer une commission nationale regroupant les différentes
parties et structures concernées et ayant pour mission
de préparer le dossier des négociations à
engager avec l'Union Européenne, à ce sujet,
étant entendu que ladite commission devra terminer
ses travaux avant mai 1999.
Citoyens,
Citoyennes,
L'emploi est la plus impérative de nos préoccupations
et de nos priorités, du moment qu'il représente,
à nos yeux, l'un des attributs fondamentaux de la dignité.
L'accroissement du rythme de création d'emplois constitue,
de notre point de vue, l'aspect le plus noble du développement
et de la prospérité, parce qu'il constitue le
fondement essentiel de l'équilibre social et de la
stabilité.
Notre
pays a réalisé un taux remarquable de création
d'emplois, au cours du huitième Plan de développement.
Nous déployons tous les efforts pour satisfaire la
demande additionnelle, au cours du neuvième Plan et
nous commençons déjà à en percevoir
les résultats, les créations d'emplois ayant
atteint en 1997 près de 60 000.
L'investissement
étant le facteur le plus important dans le renforcement
du rythme de création des emplois, nous avons pris
un ensemble de mesures à l'effet de le stimuler, d'accélérer
le développement dans les régions de l'intérieur
du pays, et de créer une nouvelle génération
de promoteurs, à la faveur des nombreux encouragements,
incitations et mécanismes instaurés en vue d'y
renforcer la capacité d'emploi et d'y ouvrir des perspectives
plus larges devant l'initiative.
Les
efforts déployés dans le cadre de la campagne
nationale de recrutement que nous avions ordonné d'organiser
au profit des titulaires de diplômes, ayant permis d'embaucher,
jusqu'ici, plus de 5000 demandeurs d'emploi, je tiens à
remercier les chefs d'entreprises qui ont réagi favorablement
à cette campagne, et à saluer, dans le même
temps, tous les jeunes Tunisiens qui ont choisi de s'établir
à leur propre compte dans le cadre des mécanismes
que nous avons mis en place à cette fin et, en premier
lieu, la Banque Tunisienne de Solidarité.
J'appelle
l'ensemble des parties concernées, à tous les
niveaux et dans tous les secteurs, sur la base du consensus
dont bénéficie ce problème majeur, à
redoubler d'efforts et à placer l'emploi au dessus
de toute autre considération, dans toutes les mesures
et initiatives à prendre et dans tous les projets et
programmes à adopter.
Lorsque
nous avons renforcé, l'an dernier, le rythme du programme
de privatisation, afin de satisfaire aux exigences de l'étape
en cours, et de revitaliser l'économie nationale, nous
nous sommes attachés à respecter les principes
sur lesquels nous avons institué ce programme, en préservant
le plus grand nombre possible d'emplois, compte tenu de la
situation propre de l'entreprise, et en trouvant des solutions
adéquates pour tous ceux qui ont dû la quitter.
A
ceux qui ont, parfois, le sentiment que la privatisation est
préjudiciable à l'emploi, nous disons qu'ils
doivent comprendre que c'est tout à fait le contraire,
étant donné que la privatisation allège
le fardeau supporté par la collectivité nationale,
dynamise l'initiative privée, apporte un sang neuf
à l'économie, modernise et stimule les capacités
de production, améliore la rentabilité et constitue
un facteur indispensable au renforcement des possibilités
d'emploi, dans le moyen et le long termes et à la consolidation
de la solidité de l'économie nationale.
L'infrastructure,
et tout particulièrement les routes, ayant un rôle
essentiel dans l'accélération du rythme du développement
et de l'activité économique, notamment dans
les régions de l'intérieur du pays, et un impact
important sur la création d'emplois directs et indirects
et l'amélioration de l'environnement de l'investissement
et de l'entreprise, nous ordonnons de consacrer les fonds
provenant de la privatisation des entreprises publiques, après
règlement des dettes engendrées par leur restructuration,
au financement du programme national d'autoroutes.
Dans
ce cadre, nous décidons, aujourd'hui, d'entamer la
réalisation de l'autoroute Tunis-Bizerte et du tronçon
qui la reliera à Menzel Bourguiba, et de parachever
les études d'exécution pour la construction
de l'autoroute Tunis-Medjez El Bab, puis des autres composantes
du réseau autoroutier, en commençant par la
route M'saken-Gabès, dans les plus brefs délais.
Citoyens,
Citoyennes,
Nos choix dans le domaine de l'environnement, procèdent
de la conception globale que nous avons des droits de l'Homme;
ils se fondent sur l'équilibre entre le développement
économique et social, l'intégrité des
systèmes écologiques et la réconciliation
entre les générations présentes et futures.
Un
environnement sain est une condition essentielle pour l'amélioration
du cadre de vie de l'être humain et la réalisation
du développement durable. Il est dès lors en
complémentarité réciproque avec les politiques
sociales, sous leurs différents aspects.
Les
indices montrent clairement, aujourd'hui, l'évolution
qualitative substantielle du niveau de vie du citoyen tunisien,
aussi bien dans les domaines de la santé, de l'enseignement
et de la formation, qu'aux plans de la couverture sociale,
de la sollicitude envers les catégories faibles ou
celles qui ont des besoins spécifiques et du filet
de protection que procurent les mécanismes de solidarité
que nous avons eu l'initiative de créer.
La
mutation qualitative réalisée dans le secteur
de la santé a permis de passer au stade des services
médicaux les plus avancés, et de renforcer les
techniques de précision et la recherche scientifique
dans ce domaine, grâce à la mise en place d'un
environnement adéquat et à l'encouragement des
compétences tunisiennes.
Comme
vous le savez et comme c'est le cas dans la plupart des pays
du monde, semblable développement quantitatif et qualitatif
pose, aujourd'hui, avec insistance le problème du financement
de la santé, le coût des prestations de soins
étant en augmentation constante et le recours à
ces prestations étant en accroissement, d'une année
à l'autre.
Il
nous faut impérativement réaliser la difficile
adéquation entre ces deux facteurs, tout en préservant
la qualité des services et en sauvegardant le principe
de la globalité et de l'égalité entre
tous les citoyens au regard des prestations de santé.
C'est pourquoi nous avions ordonné d'ouvrir le dossier
de la couverture des dépenses de santé, et de
réviser le système d'assurance-maladie, et en
avions confié l'examen à une commission nationale.
Celle-ci présentera ses conclusions et ses propositions
avant la fin de l'année en cours.
Au
nombre des acquis du Changement figurent le caractère
intégral qui a été conféré
à la politique sociale, et le consensus dont celle-ci
bénéficie auprès des différents
partenaires sociaux, sur la base de relations faites de dialogue,
de respect mutuel et de prise en compte de l'intérêt
du pays et des exigences du développement. Nous nous
sommes invariablement préoccupés de renforcer
le pouvoir d'achat des différentes catégories,
en majorant, à intervalles réguliers, le salaire
minimum garanti des différentes catégories profes-sionnelles,
ainsi que le salaire minimum agricole garanti.
L'année
1998 marquant la fin du programme triennal de majorations
salariales, qui a été appliqué trois
fois de suite depuis 1990, nous ordonnons, aujourd'hui, d'entamer
la préparation d'un nouveau tour de négociations
collectives, en espérant que les partenaires sociaux
parviendront, grâce à leur lucidité et
à leur sens de la responsabilité nationale,
à enrichir le dialogue, de telle sorte qu'il englobe,
en plus des salaires, des thèmes importants tels que
le relèvement de la productivité de l'entreprise,
l'emploi, la formation professionnelle et la protection contre
les risques professionnels, de façon à prendre
en compte les exigences de l'objectif de compétitivité
que notre économie nationale se devra d'atteindre.
Nous
avons porté une attention particulière aux entreprises
et établissements publics, en élargissant l'expérience
d'application des contrats de programmes et d'objectifs, en
améliorant le taux d'encadrement dans ces entreprises
et établissements et en révisant le cadre juridique
qui les régit.
Grâce
à la compréhension de toutes les parties et,
en premier lieu, l'Union Générale Tunisienne
du Travail, nous avons réussi à parachever l'examen
du statut général des agents des entreprises
et des établissements publics, qui sera soumis prochainement
à la Chambre des Députés.
Nous
aurons, de la sorte, mis en place, comme nous l'avions fait
pour la fonction publique, un cadre nouveau pour les relations
professionnelles, qui consolide nos acquis sociaux et répond
aux exigences des défis et des enjeux de l'étape,
pour ce qui concerne la stimulation de l'effort et le relèvement
des compétences professionnelles.
Citoyens,
Citoyennes,
Les droits de la femme ont connu, dans notre pays, un tournant
qualitatif, depuis le Changement du sept novembre, avec la
consécration des principes d'égalité,
de partenariat et d'égalité des chances entre
l'homme et la femme, dans la vie publique et privée
. C'est ce qui constitue l'un des modèles de réforme
les plus remarquables réalisés dans notre environnement,
dès lors qu'il ne s'est pas limité à
quelques programmes partiels et spécifiques, mais a
dépassé cette approche pour assurer l'intégration
de la femme dans la dynamique générale du développement,
comme l'illustrent les divers indicateurs, outre les succès
accumulés par la femme dans différents secteurs.
L'Ere
nouvelle est, aujourd'hui, fière de l'adhésion
de la femme tunisienne à ses choix et du rôle
efficient qu'elle assume dans la construction du présent
et de l'avenir.
La
famille est le maillon essentiel de la cohésion du
tissu social et le milieu idéal pour la préparation
des générations de demain. Nous l'avons entourée
de toute notre sollicitude. En cela, nous n'avons pas perdu
de vue la famille émigrée, qui bénéficie
d'une grande sollicitude aux plans de la protection et de
l'encadrement, dès lors qu'elle constitue une partie
intégrante de la société tunisienne dont
nous nous attachons à prendre soin, à défendre
les intérêts et à protéger contre
les risques de marginalisation et de déracinement civilisationnel.
Les Tunisiens et les Tunisiennes qui vivent à l'étranger
sont autant de pôles de rayonnement de la civilisation
tunisienne, en même temps qu'un relais de son ouverture
sur les autres sociétés et leurs processus de
développement, à l'heure de la mondialisation.
Lors
de toutes les rencontres que nous avons eues avec eux, à
l'occasion de nos visites à l'extérieur, nous
avons pu nous
rendre compte de toute l'étendue de leur attachement
à la patrie, de leur amour pour la Tunisie et de leur
constante disponibilité pour défendre ses intérêts.
Appréciant leur enthousiasme et leur patriotisme, nous
leur accordons invariablement une place particulière
dans nos préoccupations et les associons constamment
à la progression du pays vers l'avenir et à
ses choix majeurs. Ils auront, cette année encore et
pour la troisième fois depuis le Changement, l'occasion
de prendre part aux élections présidentielles
et de consacrer, ce faisant, l'exercice de leurs droits de
citoyenneté au regard desquels nous ne faisons aucune
distinction entre un Tunisien ou une Tunisienne et un autre,
que ce soit en Tunisie ou à l'étranger.
Citoyens,
Citoyennes,
L'école est la source de l'authenticité et la
clef de la modernité. Ceux qui attendent que les mutations
surviennent pour former, ensuite, les jeunes en vue de s'y
adapter, se placent, à notre sens, derrière
le cortège du progrès universel.
C'est
pourquoi nous avons veillé, depuis le Changement, à
introduire des réformes à tous les niveaux et
dans toutes les branches de notre système éducatif.
Nous avons, en outre, donné, voici un an, des directives
en vue de définir les contours de l'école de
demain et d'explorer ses fonctions potentielles et ses moyens
nouveaux, à la lumière des progrès, sans
cesse plus rapides, au niveau des techniques de la communication,
de l'enseignement, des connaissances scientifiques et technologiques
et du monde du travail et de la production, avec ses multiples
composantes.
La
Commission technique spécialisée devant achever
l'étude de cette question, vers le milieu de l'année
prochaine, et présenter un rapport sur ses conclusions,
nous ordonnons, aujourd'hui, d'organiser la consultation nationale
concernant l'école de demain, avant la fin de l'année
1999, avec la participation de représentants du corps
enseignant, des partis politiques, des organisations nationales
et des associations concernées, l'objectif étant
d'élaborer une approche claire, reflétant le
consensus des Tunisiens et des Tunisiennes, toutes tendances
et catégories confondues, au sujet de cette question
déterminante pour l'avenir du pays.
Nous
voulons que l'école de demain reste ouverte à
tous, sur la base des nobles principes prônés
par le Changement du 7 novembre, et des constantes et valeurs
énoncées dans le Pacte National.
Après
le démarrage, au cours de l'année écoulée,
de la connexion de toutes les institutions universitaires
et des centres de recherches au réseau Internet, conformément
aux directives que nous avions données, et le début
de couverture des établissements secondaires, qui sera
de l'ordre de 40 %, à la fin de cette année,
et passera à 100 %, dans le courant de 1999, avant
qu'il ne soit procédé, dans les étapes
ultérieures, à la connexion des écoles
préparatoires, puis des écoles primaires, nous
insistons sur la nécessité qu'il y a de rationaliser
l'exploitation des perspectives et possibilités nouvelles
que ce réseau offre en matière de communication,
d'enseignement à distance, etc.
Face
aux mutations rapides qui se produisent de nos jours, dans
les divers domaines, l'école et l'établissement
de formation professionnelle ont, entre autres, pour mission
de former les jeunes en vue des métiers d'avenir, qu'ils
soient connus ou prévisibles, et de parfaire l'adaptation
au monde du travail, de telle sorte que, dans notre pays,
la dynamique du développement et de l'emploi ne soit
pas à l'écart des développements mondiaux.
La
formation de l'enfant, depuis l'école de base, à
la culture de l'émulation et du travail collectif,
ainsi qu'au travail bien fait et à la qualité,
à la confiance en soi et à la perception des
changements qui se produisent autour de lui, représente
l'une des conditions essentielles de la réussite, pour
que nous le préparions à affronter les défis
du développement et de l'emploi, dans le contexte de
la mondialisation et de ses difficultés.
Le
principe de la gratuité et du caractère obligatoire
de l'enseignement jusqu'à l'âge de seize ans,
que nous avons consacré depuis que nous avons réformé
le système éducatif, est appuyé, dans
la réalité, par un effort soutenu que l'Etat
déploie pour aider les élèves et les
étudiants à faire face aux exigences de leurs
études.
Outre
les aides en nature et en espèces et la participation
aux frais de transport scolaire et universitaire, dont les
dotations seront portées, de 51 millions de dinars
cette année, à 63 millions de dinars en 1999,
les bourses et les prêts universitaires représentent
un élément important en la matière, puisqu'ils
dépasseront 40 millions de dinars, l'an prochain.
Cependant,
ce volume de dotations, par-delà son importance, n'est
plus compatible avec l'accroissement considérable du
nombre des étudiants, depuis le Changement, d'autant
que ce nombre est appelé à croître à
une cadence plus rapide au cours des années à
venir, à la faveur de l'amélioration qualitative
et quantitative qu'enregistre l'université tunisienne.
Etant donné que les critères qui sont actuellement
appliqués en matière d'octroi des prêts
ne permettent pas à de nombreuses familles à
revenu moyen, de bénéficier de cette prestation,
nous proclamons, aujourd'hui, notre décision d'ordonner
aux caisses de sécurité sociale d'octroyer des
prêts universitaires au profit des enfants de leurs
adhérents et d'établir un régime spécial
pour ces prêts, tenant compte du niveau de revenu de
la famille et du nombre de ses enfants, et cela à des
conditions avantageuses.
Nous
ordonnons, en outre, d'associer à cet effort le système
bancaire, pour l'octroi de prêts universitaires directs
et la généralisation du système d'épargne-études,
moyennant les mêmes incitations que celles qui sont
appliquées au système d'épargne-logement.
Notre voeu est que ce système contribue au renforcement
de l'épargne nationale, d'une part, et permette aux
familles de se préparer à l'avance pour faire
face aux besoins de leurs enfants, au stade des études
supérieures, d'autre part. C'est ce qui permettra à
l'Etat d'orienter progressivement ses efforts actuels vers
l'octroi des bourses ou des prêts aux étudiants
à revenu modeste.
Ce
nouveau régime entrera en vigueur à partir de
la prochaine année universitaire. Nous comptons sur
nos fils et filles et sur leur sens des responsabilités,
pour qu'ils remboursent les prêts une fois qu'ils auront
terminé leurs études et fait leur entrée
dans la vie active, et cela suivant les procédures
qui seront déterminées à cet effet, de
telle sorte que la collectivité nationale soit à-même
de répondre aux besoins des générations
d'étudiants qui leur succèderont.
Il
y a là l'une des significations nobles de la solidarité
entre les générations, dans un domaine auquel
notre peuple s'est toujours attaché, au fil de son
histoire, par amour de la connaissance et en hommage aux hommes
de science et à tous ceux qui uvrent pour acquérir
le savoir et le propager.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons ouvert la voie devant nos jeunes, dans tous les
domaines, pour qu'ils participent à l'uvre d'édification
de l'avenir, et avons accordé à l'enfance un
intérêt privilégié pour modeler
la personnalité du citoyen de demain, l'enraciner dans
notre patrimoine culturel et civilisationnel, l'imprégner
des valeurs de modération et d'ouverture, et y aiguiser
les facultés de créativité, d'innovation,
d'initiative et de réflexion rationnelle.
Nous
avons, pour ce faire, offert à nos fils et filles,
les opportunités qui leur permettent de progresser
et de se distinguer, dans toutes les disciplines. Et si je
cite, en l'occurrence, le domaine sportif, c'est parce que
nous attendons beaucoup d'eux en la matière, pour hisser
haut dans le ciel, la bannière de la Tunisie, dans
les divers terrains de compétition, consolidant ainsi
le rôle de ce secteur dans la dynamisation de la vie
sociale, le développement des talents des jeunes générations
et la contribution à la consolidation de l'effort éducatif,
à tous les niveaux.
Ayant
uvré, depuis le Changement, en vue de revitaliser
le tissu de la société civile, qui a connu,
depuis lors, une dynamisation évidente, dont nous commençons
à percevoir les incidences positives sur la vie publique,
nous appelons, aujourd'hui, à un effort accru en matière
d'éducation, de sensibilisation et de diffusion de
la culture associative, parmi les jeunes, étant donné
que la participation de ces derniers à ces structures
a besoin d'être renforcée.
Nous
nous sommes employés à faire de la culture un
support solide pour le Changement, tant nous avons foi en
son rôle efficace dans la garantie de l'équilibre,
la consolidation de l'identité et l'intégration
active dans l'environnement mondial. En réaffirmant
que l'action culturelle est un effort qui ne s'interrompt
jamais, nous proclamons notre détermination de continuer
à ouvrir les horizons devant les hommes de culture
et de consolider les activités culturelles, au moyen
de l'actualisation des législations qui s'y rapportent
et de la promotion des divers secteurs artistiques pour les
élever au niveau d'excellence auquel nous aspirons.
Citoyens,
Citoyennes,
La célébration, par notre pays, du cinquantième
anniversaire de la Déclaration universelle des droits
de l'Homme, nous offrira une nouvelle occasion pour rappeler
nos acquis et nos réalisations en la matière,
et explorer l'avenir, en vue de les consolider, de les renforcer
et d'en promouvoir davantage les mécanismes.
Notre
perception globale des droits de l'Homme et notre foi en la
complémentarité de leurs dimensions politique,
économique, sociale et culturelle, et en la nécessité
d'en diffuser la culture à tous les niveaux et de progresser
graduellement et en permanence dans leur promotion, constituent
notre référence constante. Car, en ce monde,
nul ne peut, comme nous l'avons déjà souligné,
prétendre avoir atteint la perfection dans ce domaine,
ou s'arroger le droit de s'ériger en donneur de leçons
à autrui.
Ayant
foi en l'universalité des principes des droits de l'Homme
et en l'importance qu'il y a à s'inspirer des expériences
d'autrui, nous considérons que la réussite des
voies du Changement est tributaire du respect des spécificités
de chaque société.
Dans
le but de renforcer les réformes que nous avons introduites
dans les textes, les mécanismes et la pratique, pour
protéger, consolider et promouvoir les droits de l'Homme,
et venir en aide aux catégories aux situations spécifiques,
nous annonçons, aujourd'hui, que nous avons décidé
d'instituer une peine de substitution, dans certains cas,
à la peine d'emprisonnement, le tribunal se contentant
de limiter la liberté du condamné au lieu de
son emprisonnement; et cela en l'astreignant, une fois que
le juge a recueilli son point de vue et dûment enregistré
son consentement, à accomplir une activité déterminée
au profit de la collectivité, en conformité
avec les exigences de la Charte internationale des droits
civils et politiques.
Cette
nouvelle sanction permet au condamné d'éviter
les effets des peines d'emprisonnement de courte durée,
qui peuvent rendre difficile sa rééducation,
son retour au droit chemin et sa réinsertion au sein
de la société, qui représente une finalité
indispensable de la sanction, par-delà l'aspect répressif.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous nous sommes employés, depuis l'aube du Changement,
à renforcer la démocratie et à en consolider
les fondements, et n'avons ménagé aucun effort
pour la faire progresser à pas sûrs. Nous avons
également uvré à consacrer davantage
le pluralisme politique, en mettant l'accent sur la place
constitutionnelle des partis et en renforçant leurs
moyens matériels, afin qu'ils puissent assumer leur
rôle national. Il a été, en outre, procédé
à l'amendement du Code électoral en vue de renforcer
leur présence au sein de la Chambre des Députés
et des Conseils municipaux, tout en veillant constamment à
les associer aux diverses institutions et espaces de dialogue
et de concertation.
C'est
ce que nous avons conforté en portant le nombre des
sièges de la Chambre des Députés, qui
sont à répartir au niveau national, à
près de 20% du nombre total des sièges. La loi
amendant dans ce sens le Code électoral a été
promulguée tout récemment; en plus de la fixation
du plafond du nombre de conseillers municipaux appartenant
à la liste qui obtient la majorité des voix,
de telle sorte que les autres listes puissent obtenir au moins
20% des sièges municipaux, quels que soient les résultats
des élections municipales.
Ayant
déjà souligné que la nécessité
de faire avancer le processus pluraliste dans notre pays,
occupe le premier rang de nos préoccupations personnelles,
et que nous nous emploierons à trouver une formule
qui permettrait, ne serait-ce que pendant une phase transitoire,
de multiplier les candidatures à la présidence
de la République lors des prochaines élections
présidentielles, nous envisageons de présenter
un projet de loi constitutionnelle qui permet que se porte
candidat à la présidence de la République,
lors des élections de 1999, le premier responsable
de chaque parti politique, qu'il soit président ou
secrétaire général de sa formation, à
condition qu'il exerce directement cette responsabilité
depuis une période qui ne soit pas inférieure
à cinq années consécutives, le jour du
dépôt de sa candidature. Ceci par dérogation
aux dispositions du troisième alinéa de l'article
40 de la Constitution qui exige que tout candidat soit cautionné
par un nombre déterminé d'élus, et au
cas où le candidat n'est pas en mesure de remplir cette
condition.
Compte
tenu de l'importance de l'année prochaine dans notre
progression nationale, et des échéances électorales
qui nous attendent, nous exhortons les structures administratives
concernées de s'y préparer, dès maintenant,
afin d'assurer toutes les conditions de réussite à
ces échéances, en garantissant la neutralité
de l'Administration et la transparence et en renforçant
le processus démocratique.
La
foi que nous avons dans le rôle de l'information dans
la consécration de la politique de réforme et
de changement, nous a incité à aménager
au profit de ce secteur les conditions et les moyens les plus
appropriés pour qu'il assume son rôle dans la
consolidation du dialogue national, le raffermissement des
fondements de la société civile et la consécration
continue du processus de démocratisation.
Lors
du dixième anniversaire du Changement, nous avions
exhorté les médias à opter pour la qualité
et à mettre à profit les espaces ouverts au
dialogue pour traiter de l'ensemble des préoccupations
et problèmes nationaux. En dépit des initiatives
que nous avons enregistrées en ce domaine, la situation
de l'information demeure en-deçà de nos espérances.
La promotion de l'information et l'amélioration de
son message constituent une responsabilité collective
qui incombe à toutes les parties, pour instaurer des
traditions nouvelles d'objectivité et d'audace dans
l'analyse des thèmes, d'une part, et s'habituer à
accepter la critique et l'opinion contraire, d'autre part.
Dans
le but de consacrer cette option et d'offrir aux journaux
des partis d'opposition, de meilleures conditions pour contribuer
à enrichir le paysage médiatique dans notre
pays, nous avons décidé d'élargir la
subvention dont ces journaux bénéficient actuellement,
dans la couverture d'une partie de leurs frais de papier,
en y ajoutant une subvention annuelle pour la couverture d'une
partie de leurs frais d'impression.
Nous
avons, d'autre part, décidé de promouvoir les
fonctions du Conseil Supérieur de la Communication,
afin qu'il assume, outre ses tâches initiales, le rôle
d'observatoire national de l'information, pour aider à
suivre la marche de ce secteur et présenter un rapport
national annuel qui sera diffusé, outre les rapports
conjoncturels qu'il est tenu d'élaborer le cas échéant,
concernant les principaux développements qui surviennent
dans le secteur.
Il
reste que la promotion de la pratique professionnelle nécessite
encore bien des efforts. Nous réitérons la nécessité
de s'attacher à la transparence et de s'élever
au-dessus des agissements préjudiciables à l'éthique
de la profession, eu égard au caractère éminemment
délicat de la mission qui lui incombe et de la noblesse
de la fonction qu'elle remplit au sein de la société.
Citoyens,
Citoyennes,
La Tunisie qui est en osmose avec son environnement arabe,
africain et méditerranéen, en étant profondément
consciente de la gravité de l'étape actuelle,
ainsi que des défis et des enjeux des mutations mondiales,
uvre avec sérieux et constance en faveur de la
consolidation de la coopération et de la concertation
avec les pays frères et amis, et s'emploie avec sincérité
à consacrer les valeurs de tolérance, de solidarité
et d'entente entre les peuples et à consolider les
conditions de la paix, de la sécurité et de
la stabilité, en étant constamment attachée
à la légalité internationale, en rejetant
la politique de "deux poids, deux mesures", et en
prônant les principes du droit et de la justice en tant
que valeurs fondamentales dans les rapports entre les nations.
Au
cours de cette année, nous avons échangé,
avec les dirigeants et les responsables des pays frères
et amis, de nombreuses visites qui nous ont permis de raffermir
davantage nos liens de coopération, et d'apporter notre
soutien aux efforts déployés en faveur de la
recherche de solutions pacifiques à certains problèmes
internationaux qui se posent, notamment dans notre environnement
immédiat.
Nous
n'avons pas omis de multiplier les démarches et de
consentir des efforts sincères pour dynamiser le processus
de l'Union Maghrébine, revitaliser ses structures et
réactiver ses rouages, à la faveur des développements
régionaux et mondiaux, pour en faire un pôle
efficace et un interlocuteur valable face à l'ensemble
des regroupements internationaux avec lesquels coopère
notre région, de façon à stimuler l'uvre
de développement dans nos pays et à concrétiser
nos objectifs de complémentarité et d'intégration,
à une époque qui ne laisse aucune place pour
celui qui veut poursuivre sa marche en solitaire.
Il
s'agit d'une revendication historique de nos peuples et d'un
objectif légitime de nos pays. Nous comptons sur la
volonté sincère et la foi en la communauté
de destinée qui animent nos frères dirigeants
des peuples maghrébins, pour réaliser le bond
qualitatif souhaité dans la voie de la construction
de l'Union.
Notre
espoir est que les récents développements survenus
dans l'affaire Lockerbie favoriseront la réalisation
d'un règlement juste et honorable de ce problème,
pour mettre fin aux souffrances du peuple libyen frère
et aider à l'instauration de la détente dans
la région.
Tout
en prenant acte de l'accord conclu entre Palestiniens et Israéliens
et en appréciant les efforts que les Etats-Unis d'Amérique
ont déployés pour y parvenir, nous tenons à
rappeler les principes sur lesquels s'était appuyé
le démarrage du processus de paix auquel notre pays
avait participé dans toutes ses phases et dont il avait
constamment soutenu la progression, sur la base de son soutien
au bon droit et à la justice, des sacrifices qu'elle
a consentis et de sa solidarité avec le peuple palestinien
frère, pour le rétablissement de la plénitude
de ses droits et, en premier lieu, son droit à la création
d'un Etat indépendant sur son sol, avec pour capitale
Al Qods; le premier de ces principes étant celui de
"la terre en contrepartie de la paix" et le respect
des engagements et des accords signés dans le cadre
de la légalité internationale.
Dans
le même temps, nous réaffirmons que le chemin
qui conduit à la paix est encore long et qu'il est
impératif de le préserver contre toute cassure
ou retour en arrière dû aux atermoiements du
Gouvernement israélien et à sa tendance à
vouloir se dérober à ses propres engagements.
L'avenir de la région tout entière est tributaire
de la réalisation de la paix; une paix juste, globale
et durable.
C'est
ce qui requiert, également, l'intensification des démarches
et la reprise des pourparlers afin que les peuples syrien
et libanais frères recouvrent leurs territoires occupés.
La restauration de la stabilité dans la région,
d'une manière globale, exige, en outre, qu'il soit
mis fin aux souffrances que le peuple irakien frère
endure des suites de l'embargo qui lui est imposé.
L'année
en cours a été, par ailleurs, marquée
par la tenue de la première réunion du Conseil
d'association avec l'Union Européenne. Nous exprimons,
pour notre part, notre satisfaction quant à l'esprit
d'entente qui prévaut entre la Tunisie et l'Union Européenne,
tout en réaffirmant notre attachement à développer
ces relations, dans un contexte d'égalité et
de respect mutuel, et à les promouvoir et les enrichir
au service des intérêts réciproques et
du renforcement de la solidarité, de la sécurité
et de la stabilité dans l'espace euro-méditerranéen,
dans le sens des intérêts stratégiques
de notre région et des aspirations de ses peuples au
bien-être et au progrès.
L'option
africaine est, pour nous, la résultante de notre foi
en notre appartenance à ce continent qui fait notre
fierté, tant nous uvrons avec constance à
stimuler la coopération et la solidarité entre
ses peuples et à consolider leurs mécanismes
d'intégration économique.
Nous
sommes déterminés à poursuivre notre
action en faveur de la consolidation des efforts que nous
avons entamés cette année en vue de réaliser
la mutation qualitative souhaitée dans les relations
d'échanges commerciaux et de coopération technique
et économique avec les Etats africains frères,
aussi bien par le truchement des missions diplomatiques ou
des missions commerciales itinérantes, qu'à
travers l'encouragement des initiatives privées en
ce domaine, au profit des intérêts de toutes
les parties et dans le sens de la contribution à la
réalisation des aspirations de nos peuples.
Sur
la base de la relation étroite qui existe entre la
sécurité, la paix et le développement,
nous exhortons nos frères africains à conjuguer
les efforts pour trouver des solutions pacifiques aux conflits
existants et circonscrire les nouveaux foyers de tension qui
suscitent notre préoccupation, et cela à travers
le recours aux mécanismes et institutions africains
de règlement et de prévention des conflits,
afin de permettre à notre continent d'affronter les
défis de l'avenir et de se consacrer à l'uvre
de développement, dans la stabilité et la quiétude.
L'intérêt que la Tunisie porte au développement
et au raffermissement de ses relations politiques, économiques
et culturelles avec son environnement immédiat, est
conforté par son attachement continu à explorer
les opportunités de coopération avec les pays
frères et amis, partout dans le monde.
Nous
sommes déterminés à accentuer sans cesse
notre ouverture sur ces espaces vitaux et à instaurer
des mécanismes efficaces pour le renforcement des flux
d'échanges et de coopération, notamment avec
les pays d'Amérique du Nord et d'Amérique Latine,
l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est, dans le sens des intérêts
réciproques et de la consécration des principes
et valeurs auxquels nous adhérons de part et d'autre.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous uvrons tous pour la Tunisie, quelque différentes
que soient nos positions et nos tendances, brandissant son
étendard et défendant son image en nous inspirant
des hauts faits des martyrs et des générations
successives de résistants et de militants auxquels
nous exprimons, en cette circonstance nationale, notre considération
sincère.
Nous
n'avons pas d'autre voie que celle de l'action, ni d'autre
option que celle de l'excellence, pour que la Tunisie reste
à jamais digne et invulnérable.
Merci
de votre attention.
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