DISCOURS

Carthage, 7 Novembre 1995

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion de la commémoration
du VIIIème anniversaire
du Changement du 7 Novembre

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Citoyens,
Citoyennes,

Nous célébrons, aujourd'hui, dans la fierté et l'allégresse, le huitième anniversaire du Changement du 7 Novembre, à l'heure où la Tunisie, sereine et laborieuse, libre de ses décisions et forte de ses acquis, aspire à se hisser à la position dont elle est digne parmi les nations évoluées, avec de grandes espérances et une foi inébranlable, comptant, en cela, sur la cohésion des rangs de son peuple et sur la volonté sincère de ses enfants de lui être tous fidèles.

C'était cette fidélité qui nous animait le jour où, voici huit ans, nous avons pris l'initiative de sauver le pays de la situation dans laquelle il se trouvait. Le peuple tout entier s'était uni autour de nous, avec un enthousiasme et une grandeur qui allaient être, pour nous, le meilleur support dans l'œuvre du changement que nous avons voulu, pour la Tunisie, un nouveau rendez-vous avec l'histoire, tout autant qu'un soutien privilégié pour les mesures énergiques que nous avons prises, pour réhabiliter la notion de citoyenneté, restaurer la primauté de la Constitution et préserver la souveraineté du peuple, dans le contexte des valeurs républicaines et de l'Etat de droit.

Il était de notre devoir de nous élever -de par les références et les constantes que sous-tendaient ces initiatives- au-delà de toutes les formes de dialectique et d'atermoiement. Nous en avons fait le ciment de la communion étroite entre tous les Tunisiens, quelles qu'en soient les positions et les opinions, consacrant ainsi la réconciliation à travers le Pacte National, qui a fait l'unanimité des sensibilités et parties en présence dans le sens de l'engagement en faveur du modèle de société que nous nous sommes choisi, tout autant que des constantes, des principes et des finalités de l'action politique.

Notre détermination n'est que plus forte et notre confiance n'est que plus solide à chaque étape que nous parcourons dans cette voie qui est, désormais, caractéristique de l'expérience de notre pays, pour progresser chaque jour davantage vers les horizons que nous lui avons tracés dans le projet du Changement.

Citoyens,
Citoyennes,

L'adhésion spontanée de notre peuple à ce projet, son attachement aux choix qu'il implique, la confiance renouvelée qu'il nous témoigne et notre foi infinie en ses potentialités et en ses aptitudes, sont, indubitablement, les facteurs qui, en un laps de temps si court quand on le mesure à la vie des peuples, nous ont permis d'accomplir une réforme radicale globale, qui n'aura exclu aucun des domaines de la vie publique. Cette réforme s'est fondée sur un processus national sûr et fidèle à nos racines. Des législations ont pu, ainsi, être promulguées en vue de garantir les droits civils et politiques, de conforter les attributs de la citoyenneté responsable, de consolider les partis et organisations nationaux et l'ensemble des composantes de la société civile, et de concrétiser le principe de la participation, au sens le plus large, aux réalités de la vie publique, pour introduire le pluralisme à la Chambre des Députés. Dans le même temps, l'infrastructure s'est développée. L'esprit d'initiative a pu être stimulé dans tous les secteurs. Le tissu économique national s'est intensifié et diversifié. Les acquis sociaux se sont renforcés pour toutes les catégories. Des rapports civilisés se sont instaurés et renforcés entre les partenaires sociaux. Les relations de partenariat et de coopération se sont développés avec les pays frères et amis, assurant, ainsi, à notre pays une position privilégiée dans son environnement régional et mondial.

Citoyens,
Citoyennes,

Depuis le début, nous nous sommes préoccupés de consacrer le dialogue et la solidarité nationale. Nous avons œuvré à propager la paix sociale, à rendre crédible la politique contractuelle entre les partenaires à la production et à instaurer entre eux des rapports fondés sur le principe du consensus et de la responsabilité commune envers la patrie et envers la santé et l'efficacité de son économie. C'est ce qui nous a permis de conforter et de promouvoir les acquis sociaux et d'aménager un climat propice au renforcement des compétences et de la productivité de l'entreprise économique. Cela nous aura permis également, malgré les vicissitudes du climat et de la conjoncture internationale, d'honorer les engagements inhérents au programme triennal de majoration des traitements et salaires, parallèlement à l'extension au secteur public du nouveau régime de couverture contre les accidents du travail et les maladies qui, l'an dernier, ne concernait que le secteur privé.

Dans cette même optique, l'année à venir sera marquée par de nouvelles négociations sociales qui interviendront dans une étape fort délicate de notre processus de développement et dont tout le monde doit être conscient des spécificités, en prenant en considération les intérêts du pays et les conditions objectives prévalant aux niveaux national et international. Au demeurant, nous sommes confiants que la consécration de la tradition du dialogue responsable entre les partenaires sociaux, dans notre pays, sera le meilleur garant de la sauvegarde de ces intérêts, de la préservation des droits de tous et de leur sensibilisation continue à l'accomplissement de leurs devoirs.

La dimension humaniste sur laquelle nous avons édifié notre politique nous a permis d'aiguiser le sens de la solidarité nationale qui est inhérent à nos valeurs de civilisation et de patriotisme. Ainsi, nous avons placé les catégories économiquement faibles et les démunis au premier rang de nos préoccupations, afin de renforcer en elles le sens de la dignité et de l'appartenance nationale, en les dotant des moyens qui les mettent à l'abri de la privation et des risques d'exclusion et leur permettent de s'intégrer dans le processus de développement et de bénéficier des fruits de la croissance. Depuis le Changement et plus particulièrement depuis la création du Fonds de Solidarité Nationale, des réalisations et des programmes privilégiés ont été accomplis, qui sont venus confirmer la solidité de l'esprit d'entraide et de coopération de notre peuple, faire régresser le taux de pauvreté, sortir de leur isolement les populations vivant dans les zones reculées et les doter de l'infrastructure nécessaire. Nous sommes déterminés à persévérer dans ces choix, pour faire sortir toutes les zones d'ombre à la lumière du progrès et du bien-être.

Dans le cadre de ces mêmes choix, nous avons accordé à l'action municipale une place privilégiée dans nos préoccupations, notre objectif étant de concrétiser les principes démocratiques au niveau local et de garantir le droit du citoyen à une meilleure qualité de la vie. Nous nous sommes tout particulièrement attachés à moderniser l'administration municipale, à promouvoir ses structures, à renforcer ses moyens de travail et à développer ses ressources humaines.

Nous avons, aussi, placé l'environnement au premier rang des priorités du développement durable, dans le sens de la concrétisation du droit du citoyen tunisien à un environnement sain. Durant le huitième plan, nous avons multiplié par deux le volume des investissements alloués à ce secteur, et pris les mesures et les incitations propres à donner l'impulsion voulue à la protection de l'environnement, à consacrer ses valeurs et à en propager la culture.

Citoyens,
Citoyennes,

La quiétude et la stabilité dont jouit notre pays, ainsi que les résultats que nous avons pu accomplir, durant les huit années de changement que, nous avons consacrées au parachèvement des grandes réformes entreprises, ont permis de préparer pour notre peuple la plate-forme requise pour qu'il reprenne son élan en vue de gagner les paris de l'avenir et de relever les défis engendrés par la croissance et l'amélioration du niveau de vie du citoyen tunisien. En témoignent tous les indicateurs sociaux, tels que l'augmentation des taux de scolarisation, l'amélioration de l'habitat et de la couverture sanitaire et sociale, de même que les taux d'extension des réseaux d'électricité et d'eau potable, d'installation de réseaux d'assainissement, etc.

C'est là, au demeurant, que réside l'essence même des droits de l'homme, ces droits que nous avons placés au premier rang de notre projet de civilisation, tant nous sommes convaincus que la voie la plus saine est celle qui, procédant d'une vision globale, ne dissocie pas les droits politiques et civiques, des droits économiques, sociaux et culturels et s'appuie sur l'universalité des idéaux et des normes que toutes les civilisations universelles ont concouru à définir, autant que sur la spécificité des méthodes d'application et des modes de concrétisation, qui, les uns comme les autres, dépendent des réalités sociales de chacun.

Tel est, du reste, le concept que nous nous sommes employés à mettre en œuvre et que toutes les chartes et conventions internationales ont consacré, le plaçant au- dessus des surenchères politiques et des intérêts égoïstes et l'érigeant en un combat noble pour l'homme et rien que pour l'homme, un combat honorable parce que ne se référant qu'aux valeurs du bien.

Tout en saluant avec profonde considération, les militants sincères des droits de l'homme, qu'il s'agisse de personnalités et d'organisations onusiennes et non-gouvernementales, d'associations ou de fondations, nous demeurons convaincus que le danger qui menace les droits de l'homme, par-delà la recrudescence du terrorisme, de l'extrémisme et du crime organisé transnational et la résurgence du racisme et des conflits ethniques dans certaines sociétés, réside dans le déviationnisme dangereux de certains professionnels des droits de l'homme et de certaines organisations devenues de simples colporteurs des mensonges et des allégations des extrémistes, taisant certaines situations et en dénaturant d'autres, avec partialité et sans crédibilité aucune.

Vivant dans un Etat où prévaut la loi et où sont respectées les libertés, nous n'avons de leçons à recevoir de personne. Autant nous respectons la noblesse du militantisme et sommes attachés au dialogue constructif, dans le cadre du respect de la souveraineté des Etats et de leurs choix nationaux, autant nous refusons ce genre de déviations qui touchent à l'essence même d'un problème humanitaire qui concerne l'humanité tout entière, le problème des droits de l'homme, celui là même qui ne doit plus être laissé entre les mains des professionnels du mensonge, des amateurs de discours et de communiqués de presse et des salonnards.

Citoyens,
Citoyennes,

La Tunisie est résolue à aller de l'avant dans la voie que nous lui avons tracée, pour réaliser son développement civilisationnel intégral. Il s'agit, pour nous, de promouvoir une société équilibrée et solidaire, ancrée dans son présent et confiante en son avenir, sans exclusion aucune, sans autre dévouement que celui dû à la patrie, sans fidélité autre qu'à ses intérêts supérieurs, ni d'attachement autre qu'à son sol et à son drapeau, dans le cadre de l'Etat auquel nous avons redonné son prestige, de l'éthique politique dont nous avons conforté les assises et du pluripartisme que nous nous sommes constamment employés à consolider. En effet, nous avons assuré aux partis les conditions et les moyens matériels et moraux qui leur permettent d'accomplir leur rôle, qu'il s'agisse des assistances que nous leur avons accordées ou des mécanismes que nous avons mis en place pour financer les élections, depuis la campagne électorale et jusqu'à l'opération de vote, en insistant sur le devoir de toutes les parties de se conformer à la loi et à l'intérêt national.

Cette option, nous allons la poursuivre en octroyant des subventions aux partis représentés à la Chambre des Députés, dans le but de renforcer leurs activités et de consolider leur contribution à la croissance nationale et à la progression sur le chemin du pluralisme, en œuvrant assidûment à leur aménager les conditions propices et en comptant sur l'attachement de tous à en respecter les règles et les limites. Nous aurions souhaité que les partis d'opposition réalisent des résultats meilleurs lors des dernières élections municipales. Or, leurs capacités intrinsèques demandent encore à être développées et renforcées.

Aussi allons nous œuvrer, durant la période à venir, à introduire des amendements, dans le Code électoral, concernant les municipalités, de façon à offrir à ces partis davantage d'opportunités pour remporter des sièges dans les conseils municipaux, comme nous l'avions fait lors des élections législatives.

Au reste, ces partis sont tenus, dans le cadre de ce qu'impose le devoir national, de déployer les efforts nécessaires pour stimuler l'activité et la vitalité de leurs structures et enraciner, dans l'esprit de leurs militants, les traditions du comportement démocratique et de la participation constructive.

Dans le cadre des orientations que nous nous sommes employés constamment à concrétiser, nous avons signé, hier même, la loi incluant le Conseil Constitutionnel dans le texte de la Constitution. Nous avons, de la sorte, consacré ce à quoi nous avons œuvré depuis le début du Changement, en créant ce Conseil, c'est-à-dire le faire progresser graduellement vers ce statut. Nous avons donc élargi ses prérogatives, en vue de confirmer la primauté de la constitution dans un Etat de droit.

Dans le contexte de la réforme du système de la justice administrative, nous avons récemment soumis, à la Chambre des Députés, des projets de loi destinés à consolider les droits de la défense, à travers l'instauration du droit de recours à deux degrés auprès du Tribunal administratif, et à faciliter le rétablissement des justiciables dans leurs droits, dans les délais les plus courts et aux moindres frais, en habilitant le tribunal administratif à organiser des séances périodiques dans les régions, en mettant en place, de manière graduelle, des chambres régionales et en instituant un conseil d'arbitrage et de recours entre la magistrature administrative et la magistrature judiciaire.

Parallèlement à la poursuite des divers réajustements entrepris dans notre législation, et dans le cadre de notre attachement au respect de l'ensemble des attributs de la souveraineté nationale, y compris ses attributs symboliques, nous avons donné des directives en vue de créer des commissions spécialisées qui auront à accomplir une opération de codification générale de la législation en vigueur, pour en simplifier la terminologie et la forme, et en expurger les formulations incorrectes et les expressions devenues caduques, soit parce qu'elles sont intruses ou bien parce qu'elles sont reliées à des systèmes et à des situations politiques et administratives révolus.

Immense de par son envergure, cette opération est également riche en significations, dès lors qu'elle représente un volet important de la dimension symbolique de l'Etat de droit et de l'identité tunisienne de nos législations, avec tous les indices qu'elles renferment. Nous avons d'ailleurs décidé de parachever cette œuvre importante, dans le courant des quatre années à venir.

Citoyens,
Citoyennes,

Les résultats enregistrés ont confirmé la pertinence des choix que nous avons adoptés, en optant pour cette orientation réformatrice généralisée. En effet, notre pays a acquis une immunité qui, conjuguée à l'invulnérabilité et à la flexibilité que nous avons conférées à notre économie, nous a permis de dépasser, aux moindres coûts, les effets de deux années successives de sécheresse, de traiter efficacement les difficultés inhérentes à ces situations et d'éviter que leurs incidences négatives ne se développent en crise paralysant notre processus de développement et grevant les efforts du pays.

Vous n'êtes pas sans savoir les conséquences directes de la sécheresse sur la production agricole en général et sur la production céréalière, en particulier, qui est la base nutritionnelle du pays. Nous avons été contraints d'importer presque l'équivalent de notre consommation céréalière nationale globale de céréales, soit 23 millions de quintaux cette année.

Nul n'ignore non plus les pressions que semblable situation exerce sur le niveau des prix, et surtout au niveau des prix des produits alimentaires, lesquels ont subi directement le contrecoup des aléas climatiques. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour en atténuer l'impact, tant nous étions conscients de leurs incidences, tout particulièrement sur les catégories à revenu modeste. Voilà pourquoi les prix de la plupart des produits alimentaires sensibles n'ont pas été réajustés, l'été dernier, nonobstant notre option en faveur de la réforme et de la rationalisation graduelle des subventions.

L'acuité de ces difficultés, dues à leur concomitance avec la flambée des cours des céréales sur le marché mondial, la baisse de notre production pétrolière et le maintien de l'activité touristique à un niveau qui ne permettait pas d'amortir l'impact de la sécheresse sur la balance des paiements, n'aura pu être atténuée que par les performances encourageantes accomplies par d'autres activités, à la faveur des réformes qui y ont été opérées, notamment les industries manufacturières, les services et les exportations.

De plus, la structure diversifiée de notre économie et la complémentarité de ses secteurs ont aidé à la limitation des effets des facteurs négatifs endogènes et exogènes.

Ainsi, exception faite du secteur agricole, le taux de croissance du produit intérieur brut a été de l'ordre de 5,4% cette année; ce qui, grosso modo, est conforme aux prévisions du Plan. Ce taux tombe cependant à seulement 3,5% si l'on inclut le secteur agricole. Globalement, le taux de croissance, pendant les quatre années écoulées, s'est maintenu en moyenne à 4,8%, soit un rythme raisonnable compte tenu des impondérables que je viens de citer.

Nous avons réussi à préserver les grands équilibres du pays, qu'ils soient intérieurs ou extérieurs, en maîtrisant le déficit du budget, le taux d'endettement et le service de la dette, parallèlement à la rationalisation de la gestion de nos ressources en eau. En cela, nous avons compté sur les projets que nous avons réalisés jusqu'à présent dans ce domaine stratégique. Nous avons pu garantir l'approvisionnement normal du marché en différents produits et marchandises, en n'hésitant pas à prendre les mesures ponctuelles qui s'imposaient pour venir en aide aux agriculteurs et aux pêcheurs, et tout particulièrement aux petits exploitants. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de proclamer que notre processus de développement s'est poursuivi, dans la plupart de ses volets, sans que son rythme ni ses programmes ne soient perturbés.

Au nombre des principaux résultats qui nous rassurent, je citerais les performances accomplies dans le secteur de l'emploi, qui reste au premier plan des priorités de notre effort de développement, eu égard à ses dimensions économique, sociale et civilisationnelle et à sa corrélation avec la dignité de l'individu, la sécurité de la société et son intégrité. Ainsi, il a été possible de créer 226.000 emplois durant les quatre premières années du Plan en cours, soit une augmentation de l'ordre de 68% par rapport à la même période du Plan précédent.

Pourtant, ces résultats, par-delà leur importance, restent en-deçà de nos ambitions, tout particulièrement en matière d'emploi des titulaires de diplômes supérieurs pour la formationdesquels la collectivité nationale consent d'énormes sacrifices. Et si le programme national d'embauche de ces diplômés a enregistré des résultats satisfaisants- nous avons d'ailleurs donné des directives en vue de poursuivre cet effort- nos entreprises économiques, notamment dans le secteur privé, n'ont toujours pas concrétisé pleinement cette corrélation étroite entre l'élévation de leur taux d'encadrement, la garantie de la qualité et de l'efficacité, la bonne organisation et la productivité, afin d'en faire une des constantes de la gestion saine au sein des entreprises. A cet égard, il importe de souligner que la stimulation de la capacité d'emploi en général et surtout de l'emploi des jeunes, auxquels nous accordons une attention singulière, est tributaire du dynamisme des divers secteurs de notre économie et de la réalisation d'un bond qualitatif au niveau de la densité de l'initiative et du rythme de la croissance, bien plus qu'il ne dépend de l'effort important que le secteur public n'a cessé de consentir en la matière.

Citoyens,
Citoyennes,

Lors des dernières élections présidentielles, nous nous étions engagés à hisser la Tunisie au rang des pays développés. Nous abordons maintenant la fin du huitième Plan et nous terminerons, dans le courant de l'année à venir, la préparation du neuvième Plan. Nous voulons que ce Plan soit celui du relèvement des défis que sous-tend la mise à niveau globale de notre pays, maintenant que les réformes et les réalisations accomplies nous ont permis d'adhérer à l'Organisation Mondiale du Commerce et de conclure un accord de partenariat avec l'Union Européenne. Or, nous sommes pleinement conscients de l'importance de ces défis et des enjeux que nous devons gagner.

Nous sommes également conscients des mutations profondes que le monde connaît aujourd'hui dans ses systèmes et ses rapports de forces, du fait des sciences et technologies avancées que l'humanité a pu acquérir et qui sont venues changer la nature du travail et les techniques de production et modifier les circuits de distribution et les modes de l'échange. L'ère des échanges préférentiels et des politiques protectionnistes est ainsi révolue, laissant la place aux seules lois de la concurrence, du profit et de la vérité des prix. Ce sont là des situations nouvelles auxquelles nous ne pouvons que faire face. Car, autant nous réussirons aujourd'hui à nous y préparer autant nous déterminerons le sort qui sera le nôtre demain et la valeur de ce que sera notre présence. Pour cela nous n'avons pas d'autre choix que le travail et le travail accru, avec les procédés les meilleurs, une détermination sincère et une réflexion saine.

Depuis le Changement, nous avons constamment œuvré à ériger la concertation en support essentiel de la politique visant à associer les Tunisiens et les Tunisiennes, de toutes tendances et de toutes compétences, à tous les grands problèmes qui concernent la patrie. De la sorte, les traditions de la concertation se sont consolidées en même temps que s'enracinaient ses valeurs pour englober toutes les catégories et forces sociales, permettant, ce faisant, à tous de contribuer de manière effective à la définition des perspectives de l'avenir.

C'est le cas essentiellement de la femme que nous avons élevée à un statut privilégié dans notre projet de civilisation, tant elle représente l'une des forces d'avant-garde du changement et du progrès. En effet, nous ne nous sommes pas contentés de préserver ses acquis, mais lui avons aussi fait parcourir de nouvelles étapes sans cesse consolidées, hissant ainsi notre pays au rang des sociétés les plus avancées dans ce domaine et l'érigeant ainsi en modèle.

Ce processus, nous l'avons développé au fur et à mesure de la maturation des changements que notre société a connus. De la sorte, s'est enracinée dans notre pays une démarche prospective qui est le corollaire de la saine préparation de l'avenir, en même temps qu'une soupape de sûreté contre les impondérables et une culture nouvelle assurant la continuité entre notre réel présent et le devenir des générations futures. Voilà pourquoi, dans notre approche de l'avenir, nous sommes allés au-delà des limites du prochain Plan, en nous préoccupant d'explorer les perspectives postérieures à la première décennie du siècle à venir, dans les principaux domaines stratégiques. Voici quelque mois, nous avons, en outre, donné le coup d'envoi à la "Consultation nationale sur la Tunisie pendant le vingt-et-unième siècle" en tant qu'espace favorisant la définition des ambitions de notre peuple et la manière dont il conçoit l'avenir de notre société et offrant aux spécialistes, aux penseurs et aux experts, l'opportunité d'esquisser les contours probables et prévisibles de cet avenir. Les conclusions sont appelées à servir de références aux travaux de l'Institut tunisien d'études stratégiques, de même qu'aux analystes et aux chercheurs dans les divers domaines. Elles apporteront, en outre, un éclairage utile à la planification et à l'élaboration du programme de développement dans tous les secteurs.

Je ne saurais omettre d'exprimer, en cette circonstance, toute la satisfaction que m'inspirent l'enthousiasme et la participation vaste et active dont la consultation nationale a bénéficié aux niveaux tant national que régional, en ayant englobé plus de 1600 participants parmi les cadres et les spécialistes.

Voilà bien ce qui a permis à cette opération, qui est la première du genre dans l'histoire de notre pays, de porter ses premiers fruits à l'échéance que nous lui avions fixée, illustrant ainsi, et de manière effective, la mentalité nouvelle et la réflexion prospective indispensable à notre époque, pour la garantie du progrès et de l'invulnérabilité de la Tunisie. Cette orientation, nous l'avons instituée pour moderniser les modes de gestion des affaires du pays et enraciner le concept de participation.

Cette consultation nationale a permis de mettre en lumière les principaux problèmes qui auront inévitablement un impact décisif sur le devenir de notre société, qu'il s'agisse de l'évolution de ses composantes culturelles et de ses structures urbaines et économiques, ou bien des défis les plus urgents qui lui sont lancés dans les domaines du progrès scientifique et technologique, de l'éducation, de la formation et de la relation de notre société avec son environnement régional et mondial. Ces problèmes, nous avons confié à l'Institut tunisien d'études stratégiques le soin de les classifier, de les ordonner et d'entreprendre d'en examiner les plus urgents.

Sachant que les jeunes qui ont participé à cette consultation et l'ont enrichie avec grand enthousiasme, sont concernés par ses conclusions, nous leur donnerons l'opportunité d'exprimer leur opinion au sujet de ces problèmes, à la faveur d'une série de dialogues qui couvriront toutes les régions du pays et engloberont plus de 100.000 jeunes.

Citoyens,
Citoyennes,

La mise à niveau de notre pays pour son intégration dans le circuit de l'économie mondiale n'est pas une entreprise aisée que nous pourrions atteindre sans efforts ni persévérance. Tout retard dans sa réalisation pénaliserait l'économie et le pays. Car les défis sont énormes, tout particulièrement dans le domaine de l'emploi, dès lors qu'il s'agira de veiller à la stimulation de la productivité et de la qualité, à la diversification des opportunités d'emploi et à l'extension des secteurs de production à de nouveaux domaines et activités . Ce qui permettra de garantir un taux de croissance propre à développer les capacités d'emploi, à résorber les conséquences des mutations que le tissu économique national connaît dans ce domaine et à aider à la préservation et à la promotion des acquis sociaux, en harmonie avec chaque nouvelle étape que nous parcourons.

Nos chances de réussite dans la réalisation de ces lointains objectifs sont tributaires de notre degré de réussite, pendant le prochain Plan, dans la réalisation de la mise à niveau générale. Maintenant que nous avons aménagé pour notre économie et pour notre société, durant l'étape précédente, les attributs de la solidité, les conditions d'efficacité, de sécurité et de stabilité, il est impératif de passer à l'étape de la compétence supérieure et de la compétitivité pleine et entière. C'est la raison pour laquelle nous voulons que la mise à niveau englobe tous les secteurs et domaines. Car c'est une responsabilité qui engage toutes les parties, qu'il s'agisse de l'Administration, des entreprises, des travailleurs, des cadres, des organisations nationales, des forces sociales ou des compétences intellectuelles et culturelles. En cela, nous devons être animés par l'amour de la patrie, le dévouement à sa cause et la quête constante du mieux-être, afin que certains ne se laissent pas tenter par les solutions de facilité, au détriment de la promotion de la production, réduisant notre pays à un simple marché de consommateurs, engloutissant nos ressources financières et ne donnant du progrès que les apparences et non le contenu. C'est que le patriotisme est l'un des corollaires de l'essor économique et du développement intégral.

L'Etat a beaucoup fait pour garantir les conditions propices à cet essor et à la mise en place des conditions de cette mise à niveau, notamment en élargissant l'infrastructure et en renforçant nos réseaux de communications. Cette année, nous avons, en effet, entamé l'exécution du Programme d'équipements téléphoniques, qui comportera l'installation de près d'un million de nouvelles lignes électroniques, soit une fois et demie le nombre total des lignes posées depuis l'Indépendance et jusqu'à ce jour.

En outre, nous avons pris les mesures adéquates qui nous permettront de gagner les paris stratégiques prioritaires, tels que la sécurité alimentaire, dès lors que nous nous emploierons à doubler la moyenne annuelle de notre production céréalière, d'ici la fin de la décennie à venir, à la faveur de la modernisation des modes de production, de l'actualisation du savoir-faire des corps de métier concernés et de leur qualification pour qu'ils soient à-même de résister aux défis du marché. Ceci en addition à l'attention soutenue que nous avons accordée, depuis le Changement, à la concrétisation du bond qualitatif requis pour gagner les paris de l'avenir.

Dans le domaine industriel, nous avons donné des directives en vue de l'élaboration d'un Plan national dont l'exécution s'étalera sur trois ans et qui aura pour objectif le renforcement du potentiel productif de ce secteur, à travers l'introduction des normes de qualité et la formation d'experts aptes à conformer notre production aux normes internationales, afin qu'elle soit plus compétitive, aux niveaux intérieur et extérieur. C'est dans cette perspective qu'il a été procédé à la création du Conseil National d'Accréditation à l'amendement du régime d'intervention du Fonds de promotion et de maîtrise de la technologie industrielle, au renforcement de l'encadrement technique des promoteurs industriels et à la formation de compétences nationales aptes à prendre en main le processus de mise à niveau.

Or, la mise à niveau générale exige, de notre part, une action en profondeur, sur le terrain, pour parachever le tissu économique, moderniser ses moyens et ses techniques, organiser les entreprises et leurs modes de gestion, parallèlement à la promotion des relations de partenariat et à l'initiation aux mécanismes du marché et aux techniques du marketing.

Nous nous devons aussi d'œuvrer à la consécration d'un comportement civilisationnel et économique clairvoyant et d'une attitude de consommation consciente et rationnelle, prenant appui sur les valeurs de l'initiative aux plans du travail productif et du gain licite, en tant que supports de tout progrès économique véritable et corollaires indispensables de sa pérennisation. Nous sommes en mesure de gagner le pari de la mise à niveau, grâce à l'authenticité de notre détermination et à la force de notre volonté, sans pour autant succomber à un optimisme excessif ni nous laisser décourager par la hantise de l'échec.

S'il est un facteur, parmi d'autres, qui nous rassure, c'est bien le fait que nous ayons préparé le terrain à la qualification de notre potentiel humain, à travers la réforme du système d'éducation et de formation dont nous avons désormais parachevé l'ensemble des composantes.

Nous avons, ainsi, fondé cette réforme sur la globalité de la notion de formation, de manière à garantir la préparation de compétences hautement qualifiées et à accroître la moyenne d'assimilation du savoir scientifique et pratique, dans les plus larges franges de la société.

Nous nous sommes également employés à soustraire la formation professionnelle à la marginalité dont elle pâtissait, pour la revitaliser et la consolider au moyen d'un programme national au profit des petites et moyennes entreprises, financé par le budget de l'Etat. Nous avons, de surcroît, établi un plan pour la mise à niveau du secteur des petits métiers et ordonné l'élaboration d'un programme pour le renforcement des capacités d'accueil de l'appareil national de formation professionnelle, de telle sorte qu'elles atteignent 60.000 jeunes par an, d'ici la fin de l'an 2002, contre 10.000 jeunes par an, aujourd'hui. Notre objectif, en effet, est de satisfaire aux besoins croissants de l'économie en effectifs hautement qualifiés.

Au demeurant, la promotion et la mise à niveau de tous ces secteurs procèdent d'une approche culturelle globale. Convaincus que la culture constitue une assise fondamentale du progrès et du développement, nous lui avons aménagé toutes les conditions propices à son essor réel, afin que les énergies créatrices et les talents innovateurs puissent s'épanouir, consolidant ainsi le patrimoine de civilisation de notre pays, renforçant ses aptitudes et son rayonnement et faisant de son image de marque l'un des facteurs de sa réussite globale et de sa présence sur les scènes régionales et mondiales.

Citoyens,
Citoyennes,

Nous avons, certes, beaucoup fait pour nos jeunes, aux plans éducatif et culturel, tout autant que dans les domaines du sport et des loisirs. Attentifs à leurs préoccupations, nous les avons associés à la vie publique. Nous sommes néanmoins résolus à les promouvoir davantage. L'extension de l'espace horaire de Canal 21, le démarrage, aujourd'hui, des émissions de Radio Jeunesse, et la création d'un guichet unique d'information de la jeunesse, avec le concours des structures et institutions concernées, sont autant de moyens que nous avons mis à leur disposition pour leur offrir l'opportunité de s'exprimer et de s'initier à la créativité et à la responsabilité.

Dans le cadre de notre attachement à garantir l'avenir de nos générations futures, nous nous apprêtons à signer, dans le courant de cette semaine, le "Code de protection de l'enfance", qui témoignera de nos constantes en matière de protection, de renforcement et de promotion des mécanismes des droits de l'homme. La Tunisie est pleinement en droit de s'enorgueillir de ce nouvel acquis, d'autant qu'elle est l'un des rares pays qui ont promulgué un code spécifique en la matière.

C'est que nous avons accordé à l'enfance une place privilégiée dans nos choix de civilisation, qui puisent dans notre héritage spirituel et historique et dans notre foi en les valeurs universelles impérissables. Car nous sommes soucieux d'inculquer à nos générations à venir une formation saine, préservant la cohésion de la cellule familiale et l'intégrité de la société et favorisant la promotion de l'enfance pour la préparer en vue de l'avenir, cultiver ses potentialités et sa créativité intellectuelles, spirituelles et corporelles et la former en vue d'une vie démocratique lucide et responsable, dans une société civile équilibrée. Elle permet aussi de garantir la protection des jeunes générations, à tous les niveaux sociaux, éducationnels et économiques, dans leur milieu familial et plus généralement dans leur environnement social.

Dans le souci de mettre en œuvre les moyens propices à la formation de l'enfant tunisien, d'une manière conforme aux exigences de notre époque, notamment dans le domaine de la communication et de l'informatique, nous avons donné des directives en vue de la création d'un Centre national d'informatique pour l'enfance, qui sera appelé à concourir à la diffusion des prestations requises pour l'enfance dans toutes les régions du pays et à promouvoir les applications informatiques qui s'y rapportent, dans le but de cultiver les talents de nos jeunes et de les préparer pour qu'ils puissent s'intégrer dans les domaines technologiques de pointe.

D'un autre côté et compte tenu du rôle de l'information dans le soutien à apporter et la vulgarisation à assurer à cette dynamique de réforme généralisée, nous ne saurions omettre de rappeler les législations que nous avons instaurées et les mesures que nous avons prises pour imprimer l'élan voulu au secteur de l'information. Nous prenons note avec satisfaction du pluralisme médiatique qui s'est réalisé sur la scène nationale et dont témoigne la profusion de canaux et de titres dans notre pays, qu'il s'agisse d'organes des partis et des organisations nationales ou de publications éditées par de nombreuses associations. Ceci outre les autres tribunes qui sont offertes à toutes ces formations pour exprimer leurs points de vue, à travers les médias du secteur public, qu'il s'agisse de presse écrite ou de moyens audiovisuels.

Nous sommes en droit d'attendre des professionnels des médias qu'ils œuvrent davantage et mieux pour développer le secteur et promouvoir la mission d'informer, dans sa forme et dans son contenu, afin que la presse soit plus proche des préoccupations et des ambitions des citoyens et offre de plus larges opportunités à l'ensemble des couches de notre société et de ses catégories intellectuelles, pour confronter leurs idées, dans un contexte d'objectivité et de pondération.

Notre vœu est que notre information fasse davantage d'efforts pour faire connaître le développement de notre pays, ses projets, ses réalisations et ses prises de position, afin de consolider le renom dont il jouit auprès des pays frères et amis et de raffermir les liens de coopération constructive et les intérêts réciproques que nous entretenons avec eux.

Citoyens,
Citoyennes,

L'anniversaire du 7 Novembre est une occasion privilégiée que nous mettons à profit pour saluer nos fils et filles, tunisiens vivant à l'étranger. Ils sont les ambassadeurs de notre société, les vecteurs de notre culture et de notre civilisation et les témoins de l'authenticité de notre peuple et de l'ouverture qui a toujours été son apanage, au fil de l'histoire. Depuis l'aube du Changement, nous les avons entourés d'une sollicitude particulière, réhabilitant leur statut à travers les initiatives et les mesures que nous avons prises en leur faveur, tant ils font partie intégrante de notre peuple et méritent, à ce titre, que nous garantissions la plénitude de leurs droits et que nous défendions et protégions leur dignité, afin que le Tunisien, partout où il se trouve, vive la tête haute.

Invariablement attaché aux idéaux de paix et de justice, notre pays a appuyé toutes les causes justes partout dans le monde et, en tout premier lieu, la cause de nos frères palestiniens. Nous avons apporté notre soutien actif au processus de paix au Moyen-Orient, depuis son déclenchement, et y avons assumé un rôle privilégié. Autant nous nous félicitons du récent accord palestino-israélien sur l'extension des zones d'autonomie, autant nous espérons que le processus se poursuivra et que s'ouvrira la voie conduisant à une solution juste et globale des autres problèmes qui se posent dans la région, afin que la paix vienne couronner l'ensemble des processus. Ce sont, au reste, les progrès accomplis jusqu'ici qui nous ont encouragés à établir des canaux de liaison avec Israël. Nous sommes déterminés à aller de l'avant dans ce processus, conformément à notre conviction constamment exprimée, quant à l'adéquation entre les étapes de la normalisation des rapports et l'évolution du processus de paix.

Nous tenons, par ailleurs, à souligner la nécessité de respecter la souveraineté de tous les Etats du Golfe et de préserver leur sécurité et leur stabilité, dans le cadre de la légalité internationale et dans le sens de la garantie de la levée de l'embargo qui frappe le peuple irakien frère.

Nous avons apporté notre soutien à nos frères de Bosnie-Herzégovine. Optimistes au vu de l'amélioration enregistrée dans la situation dans ce pays, nous formons l'espoir que ce nouveau développement permettra de mettre fin aux rancœurs et à la destruction et d'inaugurer une ère de paix et de reconstruction. Nous réaffirmons, à cet égard, que l'établissement d'une paix juste et durable dans cette région demeure tributaire de l'engagement ferme de la communauté internationale et des grandes puissances à parvenir à une solution effective, tout autant que de son respect par toutes les parties concernées.

Nous sommes également attachés avec sérieux aux démarches que nous entreprenons en vue de débloquer le boycottage dont pâtit le peuple libyen frère et d'éloigner les risques de tension qui pèsent sur notre région et sur la Méditerranée, en général, d'autant que nous nous employons à en faire un lac de sécurité, de paix et de coopération. Notre pays a, du reste, assumé un rôle actif dans le dialogue intra-méditerranéen en vue de la conclusion d'un contrat de civilisation qui puisse jeter les fondements d'une coopération globale dans la région. Notre espoir est que la conférence de Barcelone offrira une base de départ pour la réussite de ce projet. Pour notre part, nous œuvrons, depuis la position qui est la nôtre, à mettre la Méditerranée à l'abri des risques de secousses et de tensions et à en éloigner le spectre du terrorisme et de l'extrémisme, dans le cadre de l'attention lucide que nous portons à notre environnement régional, qui nous concerne de manière directe.

Dans ce même contexte, notre pays est fermement décidé à poursuivre ses efforts en vue de faire progresser le processus de construction de l'Union du Maghreb Arabe, en tant, qu'espace vital pour nos intérêts et pour la consécration du devenir commun des pays de la région, face aux nouvelles réalités internationales. Nous considérons, également, que la restauration de la concorde et la réconciliation globale de la nation arabe constituent l'unique voie conduisant au rétablissement de l'efficacité de la Ligue des Etats Arabes et au renforcement de l'action arabe commune, pour garantir le devenir de nos peuples et réaliser leur invulnérabilité et leur dignité.

C'est en prenant appui sur ces mêmes constantes que nous avons œuvré, tout au long de notre mandat à la présidence de l'Organisation de l'Unité Africaine, en vue de dynamiser les structures et les mécanismes de cette Organisation, et notamment le Mécanisme de règlement des conflits, d'éveiller les consciences et d'entreprendre des initiatives propres à illustrer la volonté de notre continent de prendre en main ses propres destinées. Depuis la position qui est la nôtre, nous continuerons d'œuvrer à la réussite de ces orientations, dans le cadre de notre prestigieuse Organisation.

Eu égard à l'universalité qui caractérise désormais les relations internationales, cette œuvre régionale grandiose ne pourra se parfaire qu'à la faveur d'un bond qualitatif dans la structure même, les mécanismes et les méthodes d'action de l'Organisation des Nations Unies, pour les adapter aux réalités nouvelles inhérentes à cette phase de l'histoire universelle. Les Nations Unies restent, à cet égard, le cadre idéal pour la concrétisation des valeurs du bien et de la coopération et la réalisation de la paix et de la justice, dans le cadre de la légalité, de l'équité et du consensus international.

Citoyens,
Citoyennes,

Au milieu de ces grands bouleversements mondiaux, notre pays a choisi la voie de l'excellence, par fidélité à la Déclaration du 7 Novembre et aux options du Changement, en comptant sur ses potentialités propres et sur son patrimoine de civilisation, avec audace et persévérance et dans un cheminement réfléchi.

C'est une nouvelle période de l'ère du Changement que nous abordons ensemble, avec détermination et confiance. Ce sera une période dans laquelle nous serons confrontés aux devoirs les plus sacrés et aux défis les plus puissants. Mais elle recèlera aussi des motifs d'espérance et des chances de réussite qui viendront conforter notre volonté d'aller de l'avant dans notre progression, avec autant d'ambition et de succès que nous l'avions commencée. Voilà bien ce qui n'est point hors de portée des fils et filles de la Tunisie, par sens du devoir et par amour pour la patrie.

Dieu Tout-Puissant a dit : "A celui qui aura honoré l'engagement qu'il a pris devant Lui, Dieu accordera une sublime récompense" (Coran).

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