Carthage, le 7 novembre 1994
Discours
du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion de la commémoration
du VIIème anniversaire du 7 Novembre
Au
nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyens,
Citoyennes,
Nous célébrons, aujourd'hui, le septième
anniversaire du Changement du 7 Novembre, à l'heure
où notre pays, fier de l'authenticité de son
combat, de la vitalité de son peuple, de la solidité
de ses institutions et de la cohésion de ses citoyens,
jouit pleinement des précieux acquis qu'il a accumulés
dans tous les domaines.
Sept
ans ont passé ; sept ans durant lesquels les Tunisiens
et les Tunisiennes se sont attelés, avec ardeur et
dans l'harmonie, à la consécration du projet
de réforme auquel nous les avions appelés, le
jour où nous avions répondu à l'appel
du devoir et accompli notre mission historique, en sauvant
le pays et en inaugurant, pour tous, une ère nouvelle,
celle du labeur, du sérieux et du civisme. Nous avons,
dans le même temps, pris des mesures constitutionnelles,
juridiques, politiques, économiques et sociales, qui
ont permis de libérer l'initiative, de stimuler la
participation et l'effort enrichissant, et de raviver les
valeurs de fraternité et de solidarité.
En
cela nous nous sommes inspirés du capital de civilisation
et de militantisme de notre peuple, en osmose avec les ambitions
des forces vives de la société et avec leurs
aspirations profondes au progrès et au mieux-être.
Nous avons, ce faisant, ressuscité l'optimisme, l'espoir
et les capacités d'entreprendre et de surmonter les
obstacles.
Aussi
le peuple, avec toute ses composantes, a-t-il adhéré
pleinement au Changement, à ses valeurs et à
ses acquis. La Déclaration du 7 Novembre est, en effet,
devenue un phare, une référence et une source
d'inspiration et d'effort. De la sorte, le 7 Novembre fait
figure de symbole qui incite au progrès, à l'initiative
et à la perfection et marque de son sceau toute réalisation
accomplie pour répondre aux aspirations du peuple.
Le
Changement est ainsi devenu une puissante force de progrès
en perpétuelle régénération qui
rassemble les forces du bien et du progrès, unifie
les ressources du peuple et les mobilise au service de l'invulnérabilité
de la Tunisie et de la dignité de son peuple.
Le
Changement a donné naissance à une grande ambition
qui a embrassé tous les domaines d'action et tous les
aspects de la vie dans le pays, ainsi qu'à une forte
aspiration à réduire le cours du temps et à
se hisser aux niveaux les plus élevés.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons établi une stratégie globale de développement
qui concilie les ambitions économiques et la dimension
sociale et consacre la démocratie et les droits de
l'homme.
Nous
l'avons conçue à partir de notre conviction
profonde qu'il ne saurait être question de séparer
un secteur d'un autre ou de prendre soin d'un secteur au détriment
d'un autre. Car, les notions de liberté, de démocratie
et de pluralisme perdent toute leur substance dans une société
où font défaut les attributs essentiels du développement
et dont les citoyens souffrent de la misère ou de la
marginalisation. De même, il ne peut y avoir de stabilité
pour une société qui jouit du bien-être
économique mais qui se trouve privée de ses
droits sociaux et politiques. Voilà bien pourquoi nos
initiatives, tout au long de ces sept dernières années,
se sont distinguées par leur caractère global,
pondéré et graduel, autant que par le souci
de lier organiquement démocratie et développement
et de prendre en compte les besoins de toutes les catégories,
régions et générations, dans les limites
des possibilités du pays. Aussi cette stratégie
a-t-elle bénéficié de l'adhésion
de tous les Tunisiens, suscitant leur enthousiasme et leur
participation, conformément à l'engagement pris
lors de la dernière élection présidentielle,
à parachever l'uvre de réforme et de construction
et à persévérer dans nos efforts pour
hisser la Tunisie au rang des pays développés,
à l'orée du vingt-et-unième siècle.
Nos
choix en matière de développement se sont concrétisés
par la consolidation des fondements de l'économie nationale
et la redistribution des rôles entre les secteurs public
et privé, grâce à la libération
et à l'encouragement de l'initiative privée.
L'Etat a pu, de la sorte, se consacrer à la supervision
des secteurs vitaux, à la mise en place de l'infrastructure
requise, au développement des ressources humaines et
à l'accomplissement de son rôle d'arbitrage,
de contrôle, d'orientation et d'encadrement, en même
temps qu'à la revitalisation des valeurs d'entraide
et de solidarité.
Grâce
à l'adoption du libéralisme économique,
à l'encouragement de l'initiative privée et
aux diverses facilités et incitations qui ont été
instaurées à cet effet, les investisseurs et
hommes d'affaires ont repris confiance et ont adhéré
avec enthousiasme à l'option de réforme, en
assumant leur rôle dans la promotion de l'économie
nationale.
C'est
que nous avons fait de l'entreprise la cellule de base de
l'édifice économique. Nous avons instauré
à son profit d'innombrables mesures destinées
à promouvoir ses méthodes de travail et ses
techniques, à moderniser ses équipements et
à l'aider à être plus compétitive.
Pour couronner cette orientation, nous avons promulgué,
cette année, le Code unique des investissements.
A
la faveur des réformes introduites, notre économie
aura réussi à résister aux aléas
climatiques et à se prémunir des retombées
négatives des mutations politiques et économiques
que le monde a connues au cours de ces dernières années.
Les résultats positifs que notre pays a enregistrés
aux plans de la progression du taux de croissance, de l'ajustement
de la balance commerciale, de la réduction du déficit
des finances publiques, de la maîtrise de la dette et
de la réduction du taux d'inflation, attestent, si
besoin est, de la pertinence de nos choix. Il est dès
lors du devoir de tous de consolider et d'enrichir ces résultats,
au prix d'un surcroît de labeur et de persévérance,
pour aller de l'avant avec succès sur le chemin du
progrès et de l'invulnérabilité.
La
concrétisation de ces objectifs a été
rendue aisée grâce aux réformes introduites
dans l'administration, au niveau tant des structures que du
fonctionnement, à travers la simplification, l'harmonisation
des procédures , la réduction des délais
des prestations administratives, l'organisation du secteur
commercial, l'encouragement de la concurrence loyale, l'interdiction
du monopole dans tous les secteurs et le renforcement de la
politique de décentralisation.
Compte
tenu de la concurrence de plus en plus rude sur la scène
mondiale et de la nécessité de soutenir l'effort
propre des entreprises économiques, par la consolidation
de leurs capacités en matière d'investissement,
d'exportation et d'emploi, nous avons décidé
de créer un Fonds pour le développement de la
compétitivité industrielle, de manière
à intensifier les interventions des centres techniques
pour soutenir les petites et moyennes entreprises, financer
les études sectorielles nécessaires au développement
des divers secteurs industriels et réaliser le programme
national de promotion de la qualité.
Eu
égard, également, au caractère limité
des ressources propres des entreprises, et surtout des petites
et moyennes d'entre elles, qui, de ce fait, se trouvent parfois
dans l'incapacité de réaliser leurs programmes
de structuration industrielle, nous avons décidé
d'autoriser ce Fonds à accorder à ces entreprises
des subventions de structuration et à consentir aux
petites et moyennes entreprises des prêts pour les aider
à compléter leurs fonds propres pour réaliser
ces programmes.
Je
voudrais souligner, une fois de plus, l'importance qu'il y
a à s'adapter rapidement aux mutations économiques
et technologiques mondiales, qui mettent sans cesse en évidence
la nécessité de raffermir davantage les rapports
entre les entreprises économiques et l'appareil bancaire
et financier, afin de les hisser au niveau du partenariat
et de permettre, ce faisant, à nos entreprises de gagner
la bataille mondiale de la compétitivité.
Citoyens,
Citoyennes,
Les progrès enregistrés sur la voie des réformes
structurelles et du renforcement des capacités du secteur
privé, constituent une plate-forme appropriée
pour franchir la nouvelle étape dans le domaine de
la privatisation, à la faveur de l'expérience
acquise en la matière.
Cette
étape, nous l'avons préparée en opérant
un réajustement du cadre juridique et en mettant en
place des mécanismes propres à faciliter ce
processus, à en garantir la transparence, à
lui imprimer un nouvel élan, au plan du volume des
opérations, de la nature des secteurs et activités
concernés, et à prévenir les retombées
qui pourraient en résulter.
L'Etat
apporte les garanties et les encouragements et se charge d'aménager
la plate-forme fondamentale et juridique nécessaire
à l'organisation et à l'arbitrage. Il a notamment
pour vocation, comme je l'avais souligné récemment
à l'occasion de la "Journée de l'Entreprise",
de renforcer l'infrastructure dans le pays, de mettre en place
un vaste réseau moderne de routes, de ponts et d'échangeurs,
de réparer les réseaux existants, d'aménager
de nouvelles zones industrielles, de multiplier les centres
postaux, d'agrandir le réseau des communications téléphoniques
intérieures et extérieures et de restructurer
le secteur des transports et tout particulièrement
le transport maritime, qui représente le principal
canal en matière d'exportation et d'échanges.
Nous
nous emploierons, dans le proche avenir, à promouvoir
et à réorganiser les structures d'exécution
et d'application, en conformité avec les exigences
de la nouvelle étape, afin de pallier la dispersion
des prérogatives ou les contradictions entre ces structures,
et d'en parfaire la coordination.
En
contrepartie, il appartient à tous de faire preuve
de sérieux et de labeur, de redoubler d'efforts, de
promouvoir les méthodes de production et de commercialisation,
de garantir la qualité et de réduire les coûts,
pour répondre à l'attente du consommateur et
assurer le maximum de chances de compétitivité.
Il est également du devoir de tout un chacun d'honorer
ses obligations fiscales pour le bien de la collectivité
nationale.
Les
richesses naturelles de notre pays sont limitées. Les
ressources sont essentiellement la résultante du labeur
et des fruits de la production. Aussi, la richesse véritable
et la plus durable de notre pays réside-t-elle dans
le produit de la créativité et de l'ingéniosité
de ses enfants, qui conçoivent les projets et les programmes
et mobilisent les énergies et les équipements
pour les mettre en uvre.
C'est
donc, essentiellement, sur nos capacités propres que
nous comptons pour la mobilisation de nos ressources économiques
et de nos potentialités sociales et humaines.
Cependant,
notre souci d'élargir l'aire de la production, de l'exportation
et de l'emploi, nous incite à attirer également
l'investissement extérieur, en tant que support de
l'effort national, après que nous avons réuni,
dans notre pays, toutes les conditions et suscité les
motivations propres à drainer les capitaux étrangers
et à les y stabiliser. Du reste, nous uvrons
résolument en vue d'élever la coopération
internationale dans ce domaine au niveau du partenariat économique,
sur la base du profit mutuel. Nous nous employons également
à élargir les champs de cette coopération,
à en diversifier les modes et à en promouvoir
les mécanismes, en offrant aux grandes entreprises
internationales l'opportunité de participer à
la modernisation de l'infrastructure et à la réalisation
de certains grands projets nationaux, d'une manière
qui soit en harmonie avec nos besoins en matière de
développement, principalement dans le domaine de l'emploi
et de la maîtrise de la dette, et qui aille de pair
avec nos objectifs, au plan de l'assimilation de la technologie
et de l'acquisition du savoir-faire requis pour conquérir
les marchés mondiaux.
Citoyens,
Citoyennes,
Autant nous nous attelons à l'uvre de développement
et portons notre attention sur les problèmes ponctuels,
autant nous nous attachons à préparer l'avenir
et à en explorer les perspectives étant convaincus
de la nécessité d'intégrer notre action
dans une approche globale, garantissant la complémentarité
entre les différentes étapes du développement.
Une telle approche est d'autant plus justifiée, à
l'heure où nous nous apprêtons à élaborer
le nouveau Plan, au cours duquel notre pays franchira le seuil
du nouveau siècle, que les mutations sont à
la fois profondes et rapides et que les échéances
attendues sur la scène mondiale ne manqueront pas d'avoir
des incidences sur le modèle et le rythme des relations
commerciales et financières et, partant, sur l'effort
de développement.
Pour
se préparer de façon idéale à
cette nouvelle étape, il est impératif d'explorer
les différentes éventualités et d'adopter
des plans propres à garantir la pérennité
de l'uvre de développement, sur le long terme,
et à intégrer davantage l'économie tunisienne
dans le circuit de l'économie mondiale.
Ayant
foi en l'efficacité de la politique de concertation
que nous avons mise en uvre dans la définition
des choix fondamentaux engageant l'avenir du pays et ses perspectives
d'évolution, nous avons entrepris d'élaborer
un ensemble d'études stratégiques, permettant
au pays de se préparer à l'an 2010, et d'approfondir
l'analyse de questions aussi vitales que les ressources humaines,
le financement du développement et la compétitivité
de l'économie, tout en constituant le cadre idoine
pour le dialogue et la concertation autour de ces thèmes
majeurs.
A
la réalisation de ces études seront associés
les spécialistes, hommes d'affaires et universitaires,
de manière à mettre à profit les compétences
dont notre pays est si riche et à garantir toute l'efficacité
requise à une telle entreprise.
L'un
de nos objectifs stratégiques étant de faire
accéder notre pays au rang des pays développés,
au seuil du siècle prochain, il importe que les entreprises
économiques et les divers circuits de la production,
de la distribution, de la gestion et de l'Administration,
dans tous les secteurs, soient pleinement conscients que cet
objectif ne pourra pas être atteint sans une refonte
totale de leurs modes d'organisation. Il leur faudra, pour
ce faire, adopter les techniques modernes d'organisation,
et mettre en place des réseaux efficaces de communication,
de circulation et de traitement des données au sein
de leurs structures.
Vues
sous cet angle, les données sont, de nos jours, considérées
comme une ressource fondamentale au même titre que l'argent,
le travail et la technologie. Tout en appelant à porter
l'intérêt requis à ce secteur, compte
tenu de sa valeur stratégique et à l'entourer
de toute l'attention nécessaire aux plans des études,
de la conception méthodologique et de l'application,
nous affirmons que la réussite dans cette mutation
qualitative dans le domaine de la gestion est tributaire du
changement des mentalités dans le travail et des comportements
à l'égard de son environnement humain et technologique.
D'où l'impératif d'instaurer, à l'intérieur
et à l'extérieur de l'entreprise, une culture
du développement qui mette les valeurs efficientes
au service de la productivité, de la rentabilité
et du travail bien fait et améliore les modèles
de comportement en milieu professionnel. Car, il ne peut y
avoir de développement économique sans une culture
agissante. Or, un tel objectif ne peut être atteint
qu'en accordant aux sciences humaines et sociales et aux technologies
qui en émanent la place qui leur sied dans nos instituts
et facultés d'économie et de gestion et dans
nos recherches et études sur le développement
et en tirant le meilleur profit de nos riches ressources humaines.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons choisi de soutenir notre développement global
en accordant dans nos programmes un intérêt particulier
au développement régional, à l'agriculture,
à l'environnement et à la promotion des ressources
humaines.
L'attention
que nous portons à la dimension régionale s'est
illustrée au cours de l'année écoulée,
à travers la mise en place de nouvelles structures
et de nouveaux mécanismes et la modernisation de certains
autres déjà existants, afin de conférer
à l'effort de développement un surcroît
d'efficacité et d'efficience et de permettre aux régions
d'exploiter judicieusement leurs ressources et potentialités.
Nous
avons, d'ores et déjà, entamé la mise
en uvre du nouveau Code des investissements pour stimuler
l'effort de développement dans les régions.
Nous avons également procédé au lancement
de la deuxième génération de projets
de développement rural intégré, tout
en poursuivant les divers programmes régionaux, en
les enrichissant au moyen des projets de développement
urbain intégré et en renforçant l'effort
de l'Etat au plan de la création d'emplois et de la
mise en place des équipements collectifs tels que l'eau,
l'électricité, les écoles, les routes
et les dispensaires.
Nous
nous sommes, en outre, employés à réhabiliter
l'agriculture et à prendre toutes les mesures de réforme
propres à garantir notre sécurité alimentaire
et à réduire le déficit de notre balance
commerciale. Aussi, le secteur agricole a-t-il bénéficié
d'une réforme qui a englobé tous les aspects
liés à la stimulation de l'investissement, à
l'amélioration des incitations fiscales et financières
accordées aux agriculteurs, au développement
et à la promotion de la production et à la mise
en uvre d'un programme ambitieux qui permettra de mobiliser
90 % des ressources hydriques d'ici la fin de ce siècle.
Il a été de surcroît procédé
à la sauvegarde des terres arables et à leur
protection contre l'érosion et la désertification,
à la restructuration des terres domaniales, au développement
des ressources forestières, à la rationalisation
de l'exploitation de nos richesses halieutiques et à
la consolidation des institutions de recherche, de formation
et de vulgarisation agricoles.
Toutefois,
en dépit de tous ces efforts, notre agriculture continue
d'avoir un pressant besoin d'un surcroît d'efforts de
modernisation et de rationalisation, pour pouvoir surmonter
les obstacles naturels et climatiques, d'une part, et assimiler
les techniques culturales modernes pour l'amélioration
de son produit, d'autre part.
C'est précisément dans le but de prêter
main forte aux agriculteurs et aux structures de production
et de pallier ces insuffisances, que nous avons décidé
de créer des centres techniques spécialisés,
appelés à servir de trait d'union ayant pour
tâche de communiquer aux agriculteurs les conclusions
des centres de recherches et de les aider à améliorer
l'exploitation de leurs terres, à diversifier et à
développer leur production.
Nous
comptons, tout particulièrement, sur les ingénieurs,
techniciens et jeunes agriculteurs, pour donner l'exemple
à tous ceux qui opèrent dans ce secteur, afin
que nous puissions gagner le pari de la sécurité
alimentaire. Nous sommes résolus, pour notre part à
renforcer ce programme de telle sorte que, d'ici la fin de
l'an 2000, nous aurons installé mille ingénieurs
agronomes et deux mille jeunes agriculteurs dans les parcelles
domaniales et créé quatre cents sociétés
de mise en valeur et de développement agricole.
Pour
satisfaire nos propres besoins alimentaires et nous adapter
aux nouvelles mutations mondiales, il est impératif
de conférer à notre agriculture une capacité
accrue de production et d'exportation. C'est pourquoi nous
avons décidé d'entreprendre la révision
des législations relatives aux terres abandonnées
ou sous-exploitées et d'uvrer à la mise
en valeur de toutes les terres qui se prêtent aux cultures
de base, et tout particulièrement aux cultures irriguées.
Nous avons, au demeurant, donné des directives pour
assurer un stock de réserves en produits alimentaires
de base, afin de pouvoir régulier le marché,
en temps opportun. Nous avons également donné
des directives en vue de l'élaboration d'un plan cohérent
pour la promotion et la restructuration de nos industries
alimentaires, en conformité avec les nouvelles exigences
de la consommation intérieure et du marché mondial.
Nous avons, à cet effet, décidé la création
d'un Fonds destiné à renforcer la compétitivité
dans le secteur de l'agriculture et de la pêche, dans
le but de soutenir les groupements interprofessionnels, les
entreprises d'industries agro-alimentaires et de pêche
et l'ensemble des intervenants, d'assurer leur encadrement,
de les aider à promouvoir leur production, d'en améliorer
la qualité, la transformation, le conditionnement et
d'en développer l'exportation, sur la base des mêmes
critères que ceux appliqués par le Fonds de
développement de la compétitivité industrielle.
C'est
dans cette perspective que doit être situé l'intérêt
que nous portons à l'environnement, à la sauvegarde
du droit du citoyen à vivre dans un milieu sain et
à la préservation du droit de nos générations
futures à un développement durable. Ainsi, la
plupart des cités d'habitation ont été
connectées aux réseaux d'assainissement. Des
plans directeurs ont été élaborés
pour les sites naturels, parallèlement à la
conception de nouveaux plans pour l'aménagement du
territoire et d'atlas des gouvernorats, qui serviront de référence
technique aux plans directeurs. Le but en est de stimuler
la dynamique de développement dans les diverses régions,
d'une manière à la fois harmonieuse et équilibrée.
Nous avons en outre inclus le volet écologique dans
le nouveau Code de l'urbanisme et de l'aménagement
du territoire et réalisé de nombreux projets
de lutte contre la pollution industrielle, le traitement des
déchets solides et la sauvegarde des ressources naturelles,
y compris l'eau, le sol, l'énergie, la flore et la
faune.
Citoyens,
Citoyennes,
La croissance économique et l'évolution politique
et sociale représentent la pierre angulaire de l'édification
saine des sociétés. Toutefois, la force et l'invulnérabilité
d'une société résident essentiellement
dans la solidité et l'étendue de la classe moyenne.
Aussi, avons-nous constamment uvré à promouvoir
les catégories économiquement faibles et à
en réduire le taux de marginalisation, afin qu'elles
puissent rejoindre les catégories intermédiaires,
à la faveur des divers programmes que nous entreprenons
et que nous dictent le sens du devoir et de l'intérêt
général et l'impératif de préserver
nos valeurs nationales et de civilisation tant ils concourent
à l'établissement des conditions d'équilibre,
de sécurité et de stabilité, garanties
de la pérennité et du progrès.
Pour
promouvoir les capacités des couches moyennes de la
société et pour renforcer les moyens à
même d'en améliorer les conditions de vie, nous
avons décidé de faire procéder à
une étude sur la possibilité de mettre en vente,
sur le marché national, une voiture petite cylindrée
d'une puissance fiscale n'excédant pas les quatre chevaux
(4 CV) qui serait à la portée des bourses de
toutes les familles à revenu moyen et faciliterait
leurs déplacements pour vaquer à leurs affaires.
La
dimension sociale constitue un pilier fondamental de nos choix,
en même temps que le trait distinctif évident
de nos réalisations.
Nous
avons, en effet, continué à améliorer
le niveau de vie des catégories économiquement
faibles, en mettant en uvre une multitude de projets
de logements sociaux et de programmes de lutte contre la pauvreté
et de protection des familles démunies et en nous employant
à promouvoir les conditions d'existence de tous les
citoyens dans les villes comme dans les campagnes.
La
période à venir sera, au demeurant, marquée
par des mutations qualitatives pour ce qui est de stimuler
l'action de développement social et de promotion des
catégories économiquement faibles, dans le cadre
d'un plan national fondé sur l'harmonisation des programmes
destinés à ces catégories, tout autant
que des actions des divers intervenants, en vue d'en augmenter
la rentabilité sociale. Nous nous employons également
à parfaire l'organisation des aides accordées
par l'Etat à leurs ayants-droit et à promouvoir
la protection des personnes âgées, après
la promulgation de la loi régissant cette protection,
dans le sens du renforcement de la cohésion de la famille
et de la société. Dans le même temps,
la protection sociale bénéficiera de toute la
sollicitude requise, à travers le programme d'action
sociale dans le milieu scolaire et le programme national de
défense et d'intégration sociales.
Nous
avons en outre ordonné de mener une enquête nationale
sur le terrain concernant les causes et les origines des handicaps
dans notre pays. Les résultats de cette enquête
nous permettront d'élaborer les programmes préventifs
et curatifs nécessaires.
Compte
tenu du rôle dévolu au secteur de la santé
dans l'enrichissement du développement social harmonieux,
nous avons mis au point un plan de santé qui s'étendra
jusqu'à l'an 2006. Il viendra conforter l'évolution
notable enregistrée au niveau de l'amélioration
des prestations préventives et curatives, de la multiplication
du nombre des centres et établissements de santé,
de la consolidation des installations et des techniques de
soins, du renforcement de nos capacités propres en
matière de fabrication de produits pharmaceutiques
et de la consécration de l'expérience nationale
d'avant-garde dans le domaine du planning familial, qui vaut
à notre pays le respect et l'admiration des institutions
internationales spécialisées. Ces efforts seront
poursuivis dans le sens de l'amélioration de la qualité
de la vie, en uvrant à la réduction du
taux de croissance démographique, de telle sorte qu'il
soit ramené à 1,5% d'ici la fin du plan en question.
Nous
avons, de surcroît, fait de la promotion des "zones
d'ombre"un objectif civilisationnel de première
importance que nous nous emploierons à concrétiser
durant les années à venir, partant de notre
ferme conviction que le développement national ne peut
être équitable et efficace que dans la mesure
où il englobe toutes les régions et toutes les
catégories sociales et satisfait aux conditions minimales
d'existence de tous les Tunisiens et de toutes les Tunisiennes,
partout où ils se trouvent. Tout récemment,
nous avons conforté ce processus par des mesures additionnelles
destinées à sédentariser les populations
dans leurs régions, en leur assurant des sources de
subsistance à même de leur garantir un revenu
minimum et de favoriser leur insertion dans le circuit économique.
Autant
nous saluons l'esprit de solidarité et d'entraide qui
a caractérisé notre peuple, en toutes occasions
et circonstances, autant nous exhortons l'ensemble de la collectivité
nationale à continuer d'appuyer les programmes du Fonds
National de Solidarité et à réfléchir
aux formules propres à lui assurer des ressources financières
renouvelables et d'aider à conforter davantage la cohésion
sociale de notre peuple.
Les
résultats auxquels nous sommes parvenus nous incitent
à persévérer dans la consécration
de cette démarche également au niveau des régimes
de sécurité sociale, en tant que support du
développement économique et social.
C'est
précisément dans cette optique que nous avons
mis sur pied un plan cohérent de réforme des
systèmes de sécurité sociale propre à
les rendre mieux à même de répondre aux
besoins essentiels des assurés, d'être en symbiose
avec leur environnement économique et social, de gérer
rationnellement leurs ressources et d'utiliser à bon
escient leurs fonds, de manière à pouvoir sauvegarder
leurs équilibres financiers, d'une part, et à
continuer de fournir leurs prestations, d'autre part.
En
vue de concrétiser cette option, nous avons promulgué,
dans le courant de cette année, la loi instituant le
système d'indemnisation des accidents de travail et
des maladies professionnelles, afin d'améliorer les
allocations fournies aux sinistrés, aux veuves et aux
orphelins, de simplifier les procédures relatives à
la validation des droits et de consolider la prévention
de ce type d'accidents et de maladies.
Citoyens,
Citoyennes,
La paix sociale est une condition essentielle pour réaliser
le développement global. Aussi avons-nous uvré
à rationaliser les rapports entre l'Etat et les organisations
socio-professionnelles et les relations horizontales entre
celles-ci, en réhabilitant et en renforçant
toutes ces organisations, afin qu'elles puissent s'acquitter,
dans les meilleures conditions, des tâches qui leur
sont confiées. C'est que l'Etat a besoin d'organisations
efficaces, rayonnantes et aptes à servir les intérêts
de leurs adhérents, à épauler les efforts
de développement et à prendre soin de toutes
les catégories sociales.
Consacrant
cette orientation, l'année en cours aura été
marquée par le couronnement du processus de dialogue
et de concertation entre les divers partenaires, à
travers la promulgation de la loi amendant les dispositions
du Code du travail relatives à la représentation
des travailleurs au sein des entreprises, aux contrats de
travail, aux conseils de prud'hommes, à l'inspection
du travail et au règlement des conflits collectifs
du travail.
Ces
amendements constituent autant de nouveaux acquis, venus renforcer
les procédures déjà adoptées lors
de la récente révision des conventions collectives,
et les majorations salariales qui les ont accompagnées.
Notre
espoir est que toutes ces réalisations inciteront les
parties prenantes dans la production à redoubler d'efforts
et à améliorer le rendement, afin de renforcer
la compétitivité des entreprises et de sauvegarder
le pouvoir d'achat des salariés.
En
concrétisation de cette orientation dans le domaine
de l'emploi et des relations interprofessionnelles, nous continuerons
à apporter les réformes nécessaires à
la législation du travail, notamment en ce qui concerne
l'emploi, la santé et la sécurité au
travail.
Nous
avons, par ailleurs, toujours considéré notre
colonie à l'étranger comme étant constamment
présente parmi nous. C'est pourquoi nous n'avons cessé
de prendre des initiatives et des mesures à son profit,
en vue de défendre ses intérêts et de
raffermir davantage ses liens avec la mère-patrie.
La
politique que nous avons suivie pour encadrer cette colonie
et prendre en charge ses préoccupations, a trouvé
un profond écho auprès de nos concitoyens établis
à l'étranger, comme l'a si bien illustré
en particulier l'élection présidentielle. Tout
en les exhortant, de nouveau, à apporter une plus grande
contribution à l'effort national de développement
et au renforcement du prestige de notre pays à l'étranger,
nous réaffirmons notre détermination à
demeurer à l'écoute de leurs préoccupations,
surtout en cette conjoncture internationale où ils
se trouvent confrontés à de nombreux défis.
Nous avons, ainsi, donné des directives en vue de la
mise en uvre de programmes ciblés au profit des
nouvelles générations émigrées
et de l'extension de la protection de l'Etat à la femme
émigrée, eu égard au rôle fondamental
qu'elle assume dans le maintien de la cohésion de la
famille émigrée et dans le raffermissement de
ses liens avec la mère-patrie.
Citoyens,
Citoyennes,
Les questions inhérentes à la famille ont
fait l'objet d'une sollicitude particulière, tant il
est vrai que la femme s'est vu conférer une place de
premier plan, à travers la consolidation de ses acquis,
la promotion de ses droits et les opportunités et garanties
qui lui ont été offertes pour l'aider à
accomplir son rôle dans tous les secteurs productifs.
Dans
ce contexte, nous proclamons, une fois de plus, que la présence
agissante de la femme, dans les diverses activités
et responsabilités, constitue le meilleur garant de
sa protection et de celle de la société contre
les dangers du repli sur soi et de sclérose de l'esprit
et est propre à consolider son rôle dans la lutte
et la participation, pour le raffermissement des attributs
de la société civile et son immunisation contre
les tendances réactionnaires et extrémistes.
Dans
le cadre du souci qui nous anime de renforcer ces acquis et
de confirmer notre adhésion aux options onusiennes,
proclamant l'année 1994 "Année internationale
de la famille", nous avons ordonné l'élaboration
d'un plan d'action prospectif au profit de la famille, qui
sera mis en uvre à partir de l'année 1995.
Quant
à notre sollicitude envers les jeunes, elle s'inscrit
dans une approche globale de la société, au
sein de laquelle les hommes de demain occupent une place privilégiée.
C'est sur cette base que nous leur avons aménagé
toutes les opportunités et toutes les possibilités
propres à leur ouvrir largement les horizons de l'action
et de la créativité grâce à un
réseau d'institutions et d'équipements de jeunesse
et de sports, de nature à favoriser l'épanouissement
de leurs facultés intellectuelles, scientifiques et
artistiques et le développement de leurs aptitudes
physiques. Dans le courant de cette année, nous avons
promulgué la loi portant organisation et promotion
de l'éducation physique et des activités sportives,
et ordonné la création d'un canal TV pour les
jeunes, dont les émissions débutent aujourd'hui
même, renouvelant, ainsi, notre engagement en faveur
de nos jeunes, en espérant qu'ils sauront être
à la hauteur des initiatives que nous prenons et des
efforts que nous déployons à leur profit.
Citoyens,
Citoyennes,
Le trait le plus marquant de notre pays tout au long de son
histoire, est qu'il a toujours été un pôle
de rayonnement intellectuel, culturel et scientifique.
Fidèles
à cette vocation, nous avons accordé au secteur
de l'éducation et de l'enseignement tout l'intérêt
qu'il mérite, à telle enseigne qu'aujourd'hui,
l'institution éducative dans notre pays fait la fierté
et l'orgueil de tous les Tunisiens, grâce aux réformes
radicales que nous avons introduites dans le système
éducatif.
Tout
en renouvelant l'expression de notre considération
à l'ensemble de la famille de l'éducation, dans
les différents cycles de l'enseignement, et en l'exhortant
à poursuivre, avec la même détermination,
ses efforts dans la formation des jeunes générations
et la préparation de l'avenir du pays, sur la base
des valeurs et des constantes qu'elle a consacrées
dans le cadre de la réforme du système éducatif,
nous continuerons d'uvrer à la promotion de la
recherche scientifique, aux plans de l'organisation et des
ressources, tant elle constitue à la fois le prolongement
et l'assise solide de tout développement véritable.
Nous
sommes également déterminés à
parfaire la corrélation entre le système d'éducation
et d'enseignement et celui de la formation et de l'emploi,
afin d'instaurer un cadre nouveau de partenariat et de complémentarité
entre les institutions pédagogiques et les entreprises
économiques, au service de nos objectifs de développement.
Ainsi, nous allons poursuivre l'effort de modernisation de
la formation professionnelle, en l'ouvrant davantage aux spécialités
modernes, en l'adaptant encore plus aux besoins de notre économie
en compétences suffisantes et en faisant du savoir-faire
et de l'habileté l'un des traits distinctifs de notre
main-d'uvre et de nos techniciens. C'est dans cette
optique que nous avons ordonné l'élaboration
d'un programme exceptionnel à cet effet et donné
des instructions pour qu'une attention particulière
lui soit accordée dans le budget de l'Etat durant les
trois années à venir. Nous avons, en outre,
décidé de créer, dans le courant de l'année
prochaine, des centres de formation professionnelle de pointe,
de mettre en place un observatoire de l'emploi et de la formation
pour assurer le suivi de l'évolution du marché
de l'emploi, et constituer une commission nationale pour l'évaluation
des résultats de ce secteur et de conclure des contrats-cadres
pour la promotion de la formation alternée.
Convaincus
que les créateurs, dans les divers volets de la production
intellectuelle, littéraire et artistique, représentent
l'avant-garde des forces de la réforme et du changement,
nous les avons entourés de la sollicitude et des encouragements
dont ils sont dignes, en leur aménageant les conditions
propices à la production et à la créativité
et en garantissant leurs droits moraux et matériels.
Parallèlement, nous avons réhabilité
les institutions culturelles, en axant nos efforts sur l'amélioration
de leurs structures, en leur conférant un surcroît
de rentabilité, en assurant la promotion et la diffusion
de leurs uvres et en intégrant la culture dans
le circuit économique.
Citoyens,
Citoyennes,
Les moyens adéquats que l'Etat a mis en uvre
et les conditions propices qu'il a aménagées
en faveur du secteur de l'information ont aidé celui-ci
à assumer son rôle, consistant à se tenir
au diapason des mutations nationales, à communiquer,
à éduquer et à dialoguer.
Notre
vu est de voir se consolider ce nouvel élan,
afin que notre information continue de faire évoluer
son discours et son contenu et contribue, de plus en plus,
à la consécration du processus démocratique,
à l'approfondissement de l'esprit de solidarité
et de concorde entre tous les Tunisiens et à la propagation
des valeurs du travail, du sérieux, du comportement
civilisé, de la modération et de la tolérance.
Pour
leur part, les médias publics s'attacheront à
élargir les espaces qu'ils consacrent aux préoccupations
des citoyens, aux événements nationaux et aux
problèmes du développement, pour que le citoyen
ait la latitude de faire connaître son point de vue,
d'éclairer et d'être éclairé, dans
le cadre de débats et de discussions pertinents et
responsables, se situant dans le droit-fil de la tradition
de participation et de concertation que nous avons instaurée,
concernant les diverses questions.
L'Etat
ne ménagera aucun effort pour consolider davantage
le tissu médiatique pour le promouvoir et renforcer
ses ressources humaines et capacités techniques, de
manière à élargir et à diversifier
les espaces d'expression devant toutes les couches et composantes
de la société, et en premier lieu des jeunes,
des femmes et des différentes associations.
De
nos jours, le monde évolue, à une vitesse vertigineuse,
vers l'homogénéité. La prédominance
et la mondialisation de l'économie de marché,
qui transcende les frontières nationales, conjuguées
aux progrès fantastiques des moyens de communication,
sont autant de facteurs qui risquent de modifier, voire de
faire disparaître les spécificités culturelles
et civilisationnelles nationales. Tout comme la mondialisation
de l'économie, la culture et l'information nous mettent,
ainsi que nos jeunes générations, face à
des défis aussi énormes que périlleux,
tant sont grands les dangers d'aliénation, de marginalisation
ou de déviation dont ils sont porteurs.
Nous
nous étions mutuellement engagés, lors des dernières
élections, à uvrer ensemble pour être
à la hauteur des grands défis de civilisation
qui touchent essentiellement aux attributs nationaux culturels
et de civilisation, lesquels constituent l'épine dorsale
de notre spécificité, en même temps que
l'enjeu des mutations attendues durant le siècle à
venir.
Aussi,
notre devoir le plus impératif, à tous et dans
tous les domaines, est-il de préserver le sens de la
citoyenneté et de l'appartenance, de promouvoir les
mécanismes de participation à la lutte contre
les défis, de diffuser la culture et l'éthique
des droits de l'homme et de mettre à profit les mécanismes
créés à cette fin. Il est indispensable
que nous soyons attachés à nos spécificités,
non pas pour nous replier sur nous-mêmes ni pour nous
retrancher dans l'immobilisme ni encore pour justifier nos
insuffisances, mais au contraire pour enrichir ces spécificités
et garantir leur apport aux valeurs universelles.
A
cet égard, l'histoire si prestigieuse de notre pays,
les hauts-faits du mouvement novateur et réformateur,
les acquis de l'Etat tunisien indépendant et les réalisations
de l'ère nouvelle constituent pour nous autant d'atouts
susceptibles de nous aider à atteindre aisément
ces objectifs, pour peu que nous soyons tous animés
de la volonté de construire l'avenir et de vaincre
les obstacles.
L'année
en cours aura été marquée par la consécration
accrue de la démocratie, à travers l'introduction
du pluralisme à la Chambre des députés
et dans ses commissions ; ce qui, conjugué à
l'opportunité qu'offriront les prochaines élections
municipales de consacrer davantage la démocratie au
niveau local et de garantir la participation à la gestion
des affaires publiques, confirme la justesse de la démarche
nationale en matière de démocratie, de pluralisme
et de droits de l'homme.
Dans
le cadre de cette démarche progressive, nous proclamons,
aujourd'hui, notre volonté d'inclure le Conseil constitutionnel
dans le texte de la Constitution, de promouvoir la justice
administrative, en réduisant les délais de jugement
des litiges et en élargissant les sphères de
compétence de la justice administrative à deux
degrés, de façon à renforcer et à
sauvegarder les droits des justiciables.
Citoyens,
Citoyennes,
Grâce à nos réalisations et à notre
détermination, les conditions sont désormais
réunies pour la concrétisation de nos espérances.
La cohésion et la concorde qui règnent dans
notre pays, ainsi que le progrès, la sécurité
et la stabilité dont il jouit, illustrent la solidité
du front intérieur et la vigilance de la société
civile, qui n'en est que plus confiante en elle-même
et convaincue d'être en pays sûr, à l'abri
de tous les dangers. C'est ce qui l'a habilité à
jouer un rôle efficace et à s'associer aux efforts
de la communauté internationale pour le règlement
des problèmes humanitaires et la défense des
causes de liberté, d'émancipation et de paix.
Je citerais, entre autres, à cet égard, le soutien
actif que notre pays a apporté au peuple palestinien,
lequel, depuis notre sol, a vu s'ouvrir devant lui les portes
de l'espoir et a entrepris de jeter les bases de son entité
propre, sur la terre de sa patrie.
Soucieux
de continuer à assumer notre rôle dans l'impulsion
du processus de paix et à aider nos frères palestiniens
à surmonter les obstacles qui se dressent sur le chemin
de la consécration de leur autonomie, et d'honorer
notre engagement à leur prêter main-forte, dans
cette nouvelle étape de leur combat, nous ne leur avons
pas ménagé nos conseils. Nous avons, en outre,
donné suite à toutes leurs requêtes au
profit de leur cause et pour la consolidation des attributs
de leur tout jeune Etat, y compris notre décision d'ouvrir
un bureau de liaison auprès d'eux à Gaza et
Jéricho, pour matérialiser l'accord de coopération
conclu récemment entre nous, et d'établir un
canal de liaison avec Israël, dans le but de favoriser
à brève échéance, le transfert
du pouvoir aux Palestiniens, son extension et le recouvrement
des territoires arabes occupés.
Au
fur et à mesure que progressent les pourparlers entre
les parties concernées et qu'en apparaissent les résultats
concrets, nous développerons nos relations avec Israël,
à titre de contribution de notre part à l'instauration
d'une paix globale, juste et durable dans la région,
pour que ses Etats puissent se consacrer au développement
et au progrès, dans la coexistence et la coopération.
Sur
ces mêmes bases, nous avons réitéré
notre souci de circonscrire les foyers de tension dans la
région du Golfe, en réaffirmant l'attachement
constant de notre pays au règlement des différends
par les voies pacifiques conformément à la légalité
internationale, ainsi que son attachement à la sécurité
de tous les Etats de la région, à leur invulnérabilité
et à leur intégrité territoriale. Tout
en réitérant la nécessité de sauvegarder
l'intégrité territoriale et l'indépendance
de l'Etat du Koweit et d'asseoir les rapports entre les Etats
de la région sur la base du droit et du bon voisinage,
nous renouvelons l'expression de notre sympathie à
l'égard du peuple irakien frère dans l'épreuve
qu'il endure du fait de l'embargo qui lui est imposé
et que nous appelons de nouveau à ce qu'il soit levé.
Il
en est de même de notre position vis-à-vis des
souffrances que connaît le peuple libyen frère
des suites du différend qui l'oppose à certains
pays occidentaux et qui n'a que trop duré, nuisant
grandement aux intérêts des peuples du Maghreb
et influant négativement sur la concrétisation
de leurs aspirations à la complémentarité,
à la solidarité, à l'unité et
à la mobilisation de leurs énergies au service
de leur développement, sur une base solide, faite de
sécurité et de stabilité.
Prenant
appui sur les constantes de notre politique extérieure,
fondée sur le bannissement des blocs et des axes et
sur l'attachement à tout ce qui peut servir la coopération,
la paix et le progrès, nous n'avons ménagé
aucun effort pour promouvoir l'uvre d'édification
de l'Union du Maghreb Arabe, en tant que choix stratégique
incontournable, en dépit des difficultés qu'elle
rencontre. Nous n'avons eu de cesse d'uvrer également
à faire de notre pays un pont naturel à travers
les réalisations qui s'y accomplissent et les conditions
adéquates qu'il offre pour l'ouverture de perspectives
prometteuses devant les relations internationales, tant économiques
que politiques, tout particulièrement avec l'Union
européenne qui est notre principal partenaire, dans
le domaine du développement. De la sorte, notre pays
sera un trait d'union efficace dans le raffermissement des
liens de coopération et d'entente entre le Monde arabe,
l'Afrique, l'Occident et tous les partenaires internationaux.
L'année
en cours aura été, pour notre pays, l'année
du rayonnement et de la distinction, sur la scène tant
régionale qu'internationale, à travers son mandat
à la tête de l'Organisation de l'Unité
Africaine et les efforts qu'il déploie pour la dynamisation
des organes et institutions de cette organisation et le renforcement
de leur rôle et de leur coopération avec les
Nations Unies. Cette vérité se dégage,
également à travers la contribution d'avant-garde
que notre pays apporte au maintien de la paix dans les zones
de conflit en Afrique, telles que le Rwanda et le Burundi,
et au service des causes du développement et de la
stabilité dans le continent, en s'employant à
les faire connaître et à les défendre
au sein des Nations Unies et dans toutes les instances, tout
particulièrement pour ce qui est d'établir une
stratégie internationale globale pour le développement
en Afrique, de conclure un contrat de progrès et de
paix, sur la base d'un partenariat sain, propre à stimuler
le flux de l'investissement et à rééquilibrer
les termes de l'échange et de résoudre les problèmes
de la dette et de l'émigration, selon des formules
diverses destinées toutes à garantir la sécurité,
la stabilité et le progrès de tous.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons été fidèles à la promesse
que nous vous avions faite en vous annonçant que c'était
"une ère nouvelle que nous inaugurons avec vous,
par la grâce de Dieu, avec sérieux et détermination
: l'ère de l'effort et du labeur". Car, il n'est
point de progrès ni d'invulnérabilité
sans labeur et sans effort, ni de dignité ou de considération
sans compter sur soi.
Dans le monde de demain il n'y aura de place que pour ceux
qui se seront armés du savoir et du travail. Il en
résultera une inégalité entre les peuples
et une aggravation des écarts qui les séparent.
Dès lors, ne sommes-nous pas dignes de figurer dans
le peloton de tête de ceux qui uvrent pour le
mieux être ?
Un
pays comme le nôtre est tenu d'emprunter les voies de
la distinction pour compenser la modestie de ses moyens, et
ce à travers l'exploitation judicieuse du moindre brin
d'intelligence de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne,
la mise à profit des capacités de notre peuple
en matière d'organisation et de planification. C'est
à ce prix qu'il pourra garantir son invulnérabilité,
préserver son indépendance de décision
et poursuivre son uvre de civilisation.
Nous
nous sommes attachés à emprunter la voie de
la pondération et de la sagesse dans le traitement
de nos problèmes et avons opté pour une démarche
progressive, faite de persévérance et de constance,
dans la concrétisation des valeurs et des principes
du Changement, en nous fondant sur l'intelligence d'un peuple
dont les traditions ancestrales de civilisation et de civisme
l'ont profondément imprégné du sens de
la modération et du réalisme et aussi en prenant
appui sur une vision claire et prospective de l'avenir.
Le
réalisme n'est pas la négation de l'ambition.
La progression pondérée et persévérante
signifie la ténacité dans l'attachement à
concrétiser les objectifs que nous nous sommes fixés.
L'un de nos devoirs les plus impérieux est, donc, de
préserver l'esprit du 7 Novembre et de perpétuer
le souffle du Changement qui a suscité tant d'optimisme
et libéré tant d'énergies créatrices.
Notre
action sera d'autant plus aisée et nos énergies
seront d'autant plus stimulées que nous avons volontiers
unaniment adopté les valeurs et les objectifs que nous
avions proclamés, en pareil jour, voici sept ans. Ce
que nous avons déjà réalisé dans
cette voie nous dicte le devoir d'aller de l'avant avec persévérance
et de renouveler notre engagement au service de la Tunisie.
Dieu,
Tout-Puissant a dit :"Honorez vos promesses. Car, la
promesse est une responsabilité" (Coran).
Merci
de votre attention.
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