Carthage, le 7 novembre 1992
Discours
du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du Vème anniversaire du Changement
Au
Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyens,
Citoyennes,
Par la grâce de Dieu, nous entrons, ensemble, dans une
ère nouvelle faite d'effort, de détermination,
qui nous sont dictés par notre amour pour la patrie
et par l'appel du devoir.
Telle
fut la bonne nouvelle que nous vous avons annoncée
voici cinq ans, jour pour jour, à l'aube du 7 novembre
1987, au moment où les Tunisiens et les Tunisiennes
s'interrogeaient, le cur plein de la délivrance
tant la situation était désespérée,
avec une activité socio-économique paralysée,
des horizons bouchés, hantés par le spectre
d'une discorde portant les germes de la sédition et
de la destruction des fondements de la société
et de l'Etat.
Dans
la déclaration du 7 novembre, nous avons pris, envers
le peuple tunisien, l'engagement de ne ménager aucun
effort pour transcender l'héritage du passé
récent, redresser la situation dans le pays et placer
la Tunisie sur la voie du progrès, du développement
et de l'invulnérabilité. Nous avions appelé
tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes à s'associer
à nos efforts pour assumer ensemble cette responsabilité.
Aujourd'hui,
cinq ans après le changement du 7 novembre, la Tunisie
poursuit son uvre de réforme globale, avec confiance
et assurance, jouit de la sécurité et de la
stabilité et s'attelle activement au modelage de son
présent et à la construction de son avenir,
dans un contexte de concorde, d'enthousiasme et de cohésion.
Il
est opportun, aujourd'hui, de rappeler la conjoncture qui
prévalait naguère et de récapituler ce
que nous avons accompli dans tous les domaines, en si peu
de temps, dans le sens des engagements que nous avions pris.
Si ces résultats ont pu être possibles, c'est
bien grâce à la volonté politique et à
l'assise solide qu'elle a assurée, tout autant qu'à
l'adhésion de la collectivité nationale aux
nouvelles orientations et à la solidarité agissante
entre Tunisiens et Tunisiennes qui, consacrant le principe
qui consiste à compter d'abord et surtout sur soi,
plaçant l'intérêt national au-dessus de
toute autre considération, ont redoublé d'effort
et retroussé les manches pour concrétiser l'essor
du pays et consolider son invulnérabilité.
Citoyens,
Citoyennes,
A la veille du 7 novembre, notre pays se trouvait économiquement
au bord du gouffre et était même incapable de
faire face à ses besoins quotidiens. Une telle situation
nous a commandé de déployer nos efforts sur
deux fronts à la fois, aussi ardu d'un que l'autre.
Il nous fallait, ainsi, prendre un ensemble de mesures ponctuelles
à l'effet de remédier à certains problèmes
urgents, tout en étant confrontés à la
nécessité incontournable d'entamer un réajustement
structurel profond, dans le cadre d'un plan de réforme
globale, fondé sur un cheminement graduel et orienté
vers l'efficacité. Un tel plan devait couvrir tous
les domaines du développement et les projets d'infrastructure
qu'il s nécessitaient. Il devait aussi combiner l'économique
et le social, eu égard à l'importance du facteur
humain dans toute uvre de développement. Il devait,
enfin, mettre en place l'indispensable plate-forme politique,
civique et éducative, compte tenu du fait que le lien
intime entre le développement et la démocratie
nécessite de garantir la formation de génération
imbues de l'amour de la patrie et de la volonté d'uvrer
pour son progrès, son invulnérabilité
et son prestige parmi les nations.
L'un
des résultats les plus notables de cet efforts de redressement
n'est d'autre que le rétablissement de la confiance
et la revitalisation de l'esprit d'initiative dans tous les
secteurs de production. Nous avons pu, de la sorte, remédier
à la crise économique aiguë que notre pays
avait endurée vers le milieu des années 1980,
pallier les retombées négatives de certaines
conditions naturelles et les défis extérieurs
qui ont suivi, assainir les relations sociales, conforter
l'équilibre social et améliorer le niveau de
la vie.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avons placé au premier rang de nos préoccupations
la réalisation de la sécurité alimentaire,
tant elle constitue le fondement même de l'existence
et le minimum indispensable à la subsistance des citoyens
et de citoyennes. Aussi, avons-nous porté essentiellement
nos efforts sur le secteur agricole et accordé de substantiels
encouragements aux produits stratégiques qui concourent
directement à la concrétisation de la sécurité
alimentaire, comme les céréales, l'olivier,
l'élevage et la pêche.
Nous
avons, de surcroît, assaini le crédit agricole
en l'expurgeant des séquelles des dettes accumulées
de longues années durant. Les critères de financement
des investissements agricoles bénéficiant de
l'aide du Fonds de développement agricole ont été
révisés. De même, les critères
d'octroi des crédits de campagne sont réexaminés
périodiquement afin de les adapter à l'évaluation
des coûts de production.
Nous
avons, d'ores et déjà, commencé à
récolter les fruits de cet effort dont les incidences
positives sont attestées par divers indices. Cependant,
les résultats les plus importants résident dans
la restauration de la confiance parmi les agriculteurs et
la réhabilitation de ce secteur, en général,
les records enregistrés dans la production animale
et végétale et l'évolution positive de
la balance commerciale des produits alimentaires. Tous ces
résultats témoignent du bond qualitatif accompli
par notre agriculture, malgré les périodes difficiles
qui ont marqué note climat, du fait des variations
et des fléaux naturels, en plus d'un environnement
économique mondial difficile. Nous avons pu, en outre,
multiplier les réalisation dans les domaines de la
préservation du sol, du boisement et de la mobilisation
des ressources en eau. A titre indicatif, le rythme de construction
de barrage est passé d'un barrage tous les deux ans,
avant le changement, à deux par an, après. Nous
avons, par ailleurs, fait du développement rural l'un
des piliers de notre politique de développement ; ainsi,
le taux d'adduction de l'eau potable s'élève
aujourd'hui à 66%, alors qu'il était de seulement
51% en 1987. Nous espérons même le porter à
79% d'ici la fin du VIIIème Plan. Il en va de même
de l'électrification en zone rurale, qui est passée
de 32% en 1987 à 54% à l'heure actuelle, et
atteindra 70% à la fin du nouveau plan. Nous sommes,
au demeurant, résolus à poursuivre nos efforts
pour assurer à nos campagnes toutes les commodités
requises en matière d'infrastructure. Dans le même
temps, nous nous emploierons à combler les lacunes
qui continuent d'entraver la progression du secteur agricole
et au nombre desquelles je citerai les problèmes fonciers
inhérents à la dispersion de la propriété,
aux terres collectives, au phénomène de la négligence,
aux questions de financement et de maîtrise des coûts
de production, à l'approvisionnement en équipements
et d'entrées nécessaires à la production
et à l'écoulement des produits, ainsi qu'à
la rationalisation de l'utilisation des ressources mobilisées
ou à la sauvegarde des ressources naturelles telles
que les forêts et les sols.
C'est
dans ce contexte que s'inscrivent, également, la restructuration
d'un grand nombre de parcelles de terres agricoles domaniales,
la délimitation des domaines de l'Etat, leur préservation
de la dispersion et de l'abandon et la rationalisation de
leur exploitation.
Citoyens,
Citoyennes,
Dans le domaine économique, nous avons parié
sur l'entreprise, appelée à jouer le rôle
qui doit être le sien pour gagner la bataille du développement.
Nous l'avons ainsi habilitée à maîtriser
les outils de gestion et de fonctionnement et à s'adapter
aux nouvelles données qu'impliquent la libéralisation
de l'économie et les impératifs des mécanismes
du marché. Nous avons entamé la restructuration
des entreprises dans le but de garantir l'efficacité
et de protéger le produit national à travers
l'amélioration de sa qualité et le renforcement
de sa compétitivité.
Nous
avons promulgué des législations et prodigué
des encouragements et des incitations qui auront eu pour effet
de redonner confiance aux entrepreneurs et aux agents de production,
les amenant tous à s'adapter au travail, à la
quête du gain et à l'investissement.
Nous
avons, également, accordé aux petites unités
économique la place qu'elles méritent dans le
tissu de la croissance générale, en nous attachant
à développer l'intervention du fonds de promotion
des petits métiers et de l'artisanat, à élargir
son champ d'action à inciter l'administration et les
banques à apporter leur concours aux jeunes promoteurs
pour les aider à s'intégrer dans la vie active
et leur offrir des opportunités supplémentaires
d'emploi.
Et
c'est parce que nous avons foi en l'importance t en l'efficacité
de la démocratie au niveau local et sommes soucieux
de réaliser l'équilibre entre les régions,
que le développement inter-régional a connu
une impulsion continue, à la faveur de la politique
de décentralisation et de déconcentration. Nous
avons ainsi doté les conseils régionaux de prérogatives
élargies et renforcé leur action à travers
les mesures économiques et sociales que nous avons
prises au profit de toutes les régions, ou presque,
et tout particulièrement de celles d'entre elles qui
ont besoin, plus que d'autres, d'un effort supplémentaire,
hors des crédits alloués au VIIIème Plan.
Nous avons, également, adopté plusieurs programmes
d'envergure pour le développement communal, la préservation
de l'hygiène, la protection de l'environnement, l'assainissement
et la réhabilitation des cités populaires.
Afin
de prévenir les dangers potentiels de l'industrialisation
ainsi que ceux que peuvent constituer pour l'environnement
toutes les formes de pollution et dans le but d'assurer la
protection de l'écosystème, de sauvegarder l'hygiène
publique, les ressources naturelles et la diversité
biologique, de rationaliser la répartition des espaces
territoriaux et de préserver nos plages, nos villes
et nos cités, nous avions mis en place des structures
et mobilisé des fonds qui nous aident à éviter
ces dangers, à assainir en permanence notre environnement
et à conserver sa beauté.
D'un
autre côté, nous avons accordé à
la coopération internationale et à l'investissement
extérieur une place privilégiée dans
notre politique. Nous avons consolidé la crédibilité
de la Tunisie au sain des instances internationales, honoré
nos engagements au plan extérieur, tout en renforçant
le front intérieur, à travers la concrétisation
de la concorde, le maintien de la stabilité politique
et la réalisation de la paix sociale.
C'est
ce qui aura valu à la Tunisie le respect des frères
et des amis et raffermi leur confiance en notre pays. Ainsi,
l'investissement extérieur a connu un nouvel essor
à la faveur des mesures et incitations prises en Tunisie
pour améliorer l'environnement de l'entreprise et développer
ses capacités d'investissement.
Nous
avons également pu, au cours de cette même période,
doubler le nombre des entreprises industrielles exportatrices,
mises en place dans le cadre du partenariat, tout autant que
le volume de l'investissement extérieur orienté
vers le secteur du tourisme.
Nous
avons, à cet égard, révisé les
lois régissant l'investissement. Nous nous employons,
d'ailleurs, à préparer un code unifié
qui aura pour finalité de simplifier les procédures
et d'aménager des formules incitatives allant dans
le sens de nos orientations nouvelles en matière de
développement. Nous continuerons, dans le même
temps, à renforcer la coopération internationale,
à promouvoir les sources de financement extérieur
et à polariser davantage de capitaux étrangers,
en intensifiant nos efforts pour aménager l'environnement
propice à l'implantation de projets mixtes et pour
faire connaître les opportunités de financement
et d'investissement existant en Tunisie.
Nous
avons, en outre, réussi à rétablir l'équilibre
de certains de nos indicateurs économiques et financiers
et introduit au niveau de la fiscalité et des mécanismes
financiers et monétaires des réformes radicales
qui procèdent essentiellement d'un souci d'harmonisation
de simplification et de transparence.
Ces
résultats sont le fruit d'un effort particulier de
développement de la production, d'amélioration
de la productivité et de compression des paiements
extérieurs. Ils ont permis à la Tunisie, pour
la première fois depuis le début des années
80, de réduire le taux d'endettement extérieur,
malgré son aggravation ailleurs dans le monde, de nombreux
pays s'étant trouvés dans l'obligation de rééchelonner
leurs dettes.
Parallèlement
à ces réformes, nous avons porté notre
attention sur le tourisme et l'artisanat, en promulguant plusieurs
textes de loi réorganisant ces deux domaines sur des
bases nouvelles, notamment en matière d'investissements
et dans les secteurs reliés au tourisme, tels que le
transport, l'équipement, l'animation touristique et
les activités de loisirs.
Les ressources en devises assurées par le tourisme
ont, du reste, contribué au financement de la balance
des paiements et permis de combler une proportion importante
du déficit de la balance commerciale.
Citoyens,
Citoyennes,
Convaincus de l'importance de l'élément humain
dans la réussite de l'action économique, l'homme
étant à la fois l'instrument et le bénéficiaire
du développement, nous avons, parallèlement
à l'élan que nous avons imprimé aux entreprises
et aux divers projets économiques, mis en uvre
une politique sociale équilibrée, conciliant
les exigences du développement avec les aspirations
légitimes des travailleurs, de manière à
assurer l'interaction positive entre les aspirations des parties
socioprofessionnelles et les options en lesquelles nous avons
foi.
Pour
ce faire, nous nous sommes employés à protéger
les acquis sociaux des travailleurs et à résorber
les retombées négatives des difficultés
économiques enregistrées par les premières
années du changement, et ce, afin de soustraire les
rapports sociaux aux risques de tension et d'affrontement,
de les hisser au niveau du dialogue et de la solidarité
et de sauvegarder, autant que possible, le pouvoir d'achat
du citoyen.
Nous
nous sommes constamment souciés de la sérénité
des relations professionnelles. Ainsi, nous avons veillé
au respect de l'indépendance de l'action syndicale,
à la normalisation des rapports socioprofessionnels
entre les différentes organisations que nous avons
tenu à associer à l'examen des grands dossiers.
Nous
sommes parvenus à la conclusion d'un accord à
moyen terme liant l'augmentation des salaires à la
maîtrise de l'évolution des coûts afin
de réaliser l'équation nécessaire permettant
de satisfaire les revendications légitimes des travailleurs
d'un côté, et de répondre aux exigences
du développement, de l'autre. De même, nous avons
décidé la révision du Code du travail,
avec la participation de tous les partenaires sociaux, afin
d'en adapter les dispositions à l'évolution
économique e taux réalités nationales
et mondiales.
Nous
avons accueilli avec satisfaction le récent accord
sur les modification introduites dans la conventions collective
cadre et nous espérons que les négociations
sociales se poursuivront au même rythme et avec le même
esprit. Tout en appréciant à sa juste valeur
le sens du patriotisme dont ont fait preuve les responsables
des différentes organisations sociales et professionnelles,
nous sommes tout à fait persuadés que ces organisations
nationales qui s'occupent, quotidiennement, des questions
de l'emploi et des conditions de travail ont suffisamment
de détermination, de lucidité et d'expérience
pour pouvoir appréhender avec perspicacité la
conjoncture nationale et internationale qui commande à
tous les Tunisiens de faire preuve d'entente et d'entraide.
Les
réformes fondamentales que nous avons introduites dans
les secteurs économiques, les garanties que nous avons
assurées aux agents de production et la dynamique que
nous leur imprimons à travers la rationalisation de
la relation qui les lie, sur la base d'un comportement civilisé,
ont permis de réaliser d'importants acquis.
Cela
est de nature à rassurer tous les partenaires, employés
et employeurs, quant à la justesse de notre démarche,
et à conforter notre volonté de demeurer attachés
aux mêmes orientations et aux mêmes principes
et de redoubler d'efforts en vue de réaliser davantage
d'acquis.
Citoyens,
Citoyennes,
Le développement véritable ne peut se faire
que sur la base d'une infrastructure solide et bien organisée.
C'est pourquoi nous avons entrepris de doter le pays d'un
réseau de routes et de ponts modernes, de construire
de nouveaux ports et aéroports et d'en moderniser certains
autres. Nous avons introduit des réformes structurelles
dans le secteur du transport, avec ses différentes
composantes, développé le réseau de communications
téléphoniques et réalisé nombre
de projets qui garantissent l'ouverture de la Tunisie et consolident
ses rapports avec le monde extérieur.
Outre
une gestion rationnelle des affaires publiques, la réussite
de l'action de développement dans les divers domaines
est tributaire d'un appareil administratif efficient et évolué
qui veille à la bonne organisation, au suivi, à
l'exécution et au contrôle. Aussi avons-nous,
dès la première année du changement,
pris de multiples initiatives visant à moderniser l'administration,
à simplifier les procédures, à écourter
les délais, à former les fonctionnaires et à
renforcer la décentralisation, afin que les prestations
administratives répondent aux intérêts
des citoyens et à leurs aspirations.
Cependant,
la réforme de l'administration ne peut se faire du
jour au lendemain, tant une telle entreprise, au-delà
des textes juridiques et des règlements en vigueur,
vise à transformer les mentalités et à
changer les comportements. De même, la réforme
de l'administration ne peut s'étendre, revêtir
un caractère global et être efficiente que si
chaque responsable ou fonctionnaire, quel qu'en soit le rang,
se sent concerné par cette réforme.
L'administration
est l'un des piliers fondamentaux du pays. Elle est riche
en compétences nationales capables de venir définitivement
à bout des lacunes, pour peu qu'elles soient armées
de volonté, de réflexion et d'audace et qu'elles
se montrent à la hauteur de la confiance placée
en elles.
L'administration
est tenue d'être au diapason de l'évolution de
la société, de changer sa vision du citoyen
et sa manière de traiter avec lui, sur la base de la
confiance et du sens de la responsabilité. Il s'agit
aussi de simplifier au maximum les procédures pour
l'obtention des prestations, voire de se contenter, parfois,
de la déclaration sur l'honneur tout en laissant le
citoyen assumer sa responsabilité. Il est également
du devoir de l'administration de se fixer des délais
déterminés et raisonnables pour répondre
aux requêtes du citoyen. Elle doit, le cas échéant,
se justifier afin que le citoyen ne se sente pas frustré
ou délaissé et que la transparence soit à
la base des rapports entre les deux parties.
Partant
de l'importance que nous accordons dans le programmes de réformes
à l'initiatives privée dans tous les domaines,
nous avons ordonné de réviser les autorisations
administratives, de les réduire au minimum et d'y substituer,
dans la majorité des cas, un cahier des charges fixant
au préalable les devoirs de quiconque désire
exercer une activité et en lui faisant assumer la responsabilité
d'honorer ses engagements.
Pour
parfaire le contrôle de la gestion des services exercé
par l'administration, nous avons décidé de créer
la fonction de "citoyen contrôleur" qu'aura
à assumer une équipe de citoyens assermentés
ayant pour tâche de s'adresser directement à
l'administration en vue de solliciter des prestations, au
même titre que tout citoyen. Les résultats de
leurs démarches serviront à évaluer la
qualité des prestations fournies, le comportement du
fonctionnaire à l'égard du citoyen et de la
degré de satisfaction de l'administré.
Afin
que l'administration soit constamment à l'écoute
des préoccupations du citoyen, nous avons décidé
de créer la fonction de "médiateur administratif"
appelé à jouer le rôle d'intermédiaire
entre l'administration et le citoyen pour faciliter la solution
des questions n'ayant pas pu être résolues au
niveau des circuits administratifs ordinaires. Nous nous emploierons,
également, à réorganiser les structures
de contrôle afin qu'elles puissent accomplir régulièrement
et normalement leur travail, qu'elles assument le suivi des
rapports et recommandations ainsi que leur exécution
et qu'elles interviennent, le cas échéant, pour
régler les litiges.
Citoyens,
Citoyennes,
Pour poursuivre la réalisation du développement,
nous comptons sur toutes les énergies nationales dont,
en premier lieu, la jeunesse qui est le pilier du présent
et de l'avenir, qui représente l'avant-garde de la
société civile et qui recèle des potentialités
renouvelées à même de protéger
le pays et de le faire progresser sur la voie du développement
et de l'invulnérabilité.
C'est
pourquoi nous avons, depuis le changement, accordé
à la jeunesse une place privilégiée dans
l'uvre de réforme et d'édification. Nous
avons pris un ensemble de mesures la concernant, engagé
avec elle un dialogue continu et lui avons offert des opportunités
de participation à travers les idées et les
actes, loin de toute tutelle. Les infrastructures destinées
aux jeunes et aux activités sportives, que nous avons
créées à l'ère nouvelle, sont
de nature à aider la jeunesse à utiliser à
bon escient ses énergies, à s'accomplir et à
se distinguer dans les divers domaines aux plans national
et international.
Notre
histoire contemporaine fournit des exemples exaltants du modèle
qu'offre notre jeunesse au plan de la générosité
dans l'effort consenti pour la concrétisation des aspirations
de la communauté nationale et le renforcement de ses
acquis.
Convaincus
que l'avenir est au savoir et à l'intelligence, nous
avons opéré dans le secteur de l'éducation
une réforme méthodologique globale qui comble
les lacunes et remédie aux improvisations du passé,
ancre le Tunisien dans es racines arabo-islamiques, ravive
en lui les valeurs religieuses et culturelles, développe
son sens de la solidarité humaine, lui ouvre les horizons
du savoir, lui donne accès à la compétence,
lui permet de maîtriser la technologie, initie son esprit
à l'analyse logique, à la déduction juste
et au jugement modéré et conforte son patriotisme
et son allégeance à la patrie, et à elle
seule.
Ayant
placé les institutions éducatives dans la juste
voie, nous commençons à cueillir les fruits
de cet effet national, maintenant que ces institutions ont
retrouvé leur noble mission, que ceux qui dispensent
le savoir et ceux qui sont en quête de ce savoir se
consacrent au travail avec sérieux et que les cours
sont redevenus réguliers et que les résultats
se sont améliorés.
Nous
avons renforcé notre effort éducatif et de développement
en restructurant les institutions de recherche scientifique
et en mobilisant nos potentialités selon une conception
nouvelle qui sert notre économie et consolide en nous
l'ambition d'assimiler les sciences et la technologie modernes.
Dans
le domaine culturel, nous avons opté pour un ensemble
de principes et d'objectifs de nature à faire de la
culture un appui du changement, et ce, en instaurant un climat
favorable à la créativité et à
l'innovation et en étendant la couverture sociale à
tous ceux qui exercent dans les secteurs culturels. Il en
est de même du domaine religieux dont nous avons rationalisé
le discours tout en accordant aux affaires du culte la sollicitude
requise.
Pour
être au diapason du progrès industriel et technologique
dans le monde, nous avons entrepris, dans le cadre d'une approche
globale qui assure l'adéquation et la complémentarité
entre le système éducatif, la qualification
et les exigences du marché de l'emploi, la mise en
place d'un système moderne de formation professionnelle
à même d'ouvrir les perspectives d'emploi devant
les jeunes et les conforter la compétitivité
de notre économie. Grâce à ce plan de
réformes, il a été possible de répondre
favorablement à 20 mille demandeurs d'emploi au cours
des cinq années écoulées.
Nous
avons aussi uvré à offrir aux sans-emploi
davantage de possibilités de s'intégrer dans
la vie professionnelle. Ainsi, nous avons amélioré
les instruments aidant à l'intégration et en
avons diversifié les canaux d'intervention afin qu'ils
englobent les catégories qui rencontrent des difficultés
sur le marché de l'emploi. Nous avons établi
des programmes de stages à l'intention des diplômés
des établissements scolaires. En outre, nous avons
amélioré le programme des contrats emploi-formation,
ce qui a permis à 27.600 jeunes de bénéficier
de cet effort durant le quinquennat écoulé.
plus de 75% parmi eux ont été définitivement
intégrés dans la vie active. Nous avons également
créé un Fonds d'insertion et d'aptitude professionnelle
qui constitue une nouvelle expérience en matière
de lutte contre le chômage des jeunes. Il s'agit d'axer
l'effort sur la qualification et la formation, d'autant qu'une
grande proportion de ces jeunes ont quitté l'école
sans avoir acquis une spécialité, un diplôme
ou même une simple préparation au travail.
Le
but de cette réforme est de conférer à
la formation professionnelle plus d'efficience en exploitant
comme il se doit les potentialités disponibles, en
doublant l'actuelle capacité de formation dans le pays,
en améliorant les programmes et méthodes de
formation et en préparant les formateurs afin d'offrir,
à tous, la chance d'accéder à une source
de revenus, de participer à l'action nationale et de
consolider la solidarité entre toutes les composantes
de la société.
Citoyens,
Citoyennes,
Aider les catégories démunies, exposées
aux maladies et aux dangers, encadrer la famille et en parfaire
l'équilibre constituent autant de constantes de notre
politique sociale. Aussi, avons-nous réalisé
nombre de projets destinés à lutter contre la
pauvreté et l'indigence, à améliorer
les conditions de vie, à créer des sources de
revenus stables et favoriser l'insertion sociale normale.
Cette action de protection sociale s'est étendue aux
handicapés pour garantir leur droit au travail et les
intégrer dans la vie active de manière appropriée.
Elle a aussi touché les personnes âgées
qui bénéficient désormais de la couverture
sociale.
Compte
tenu de l'importance que revêt le logement dans la vie
du citoyen, nous nous employons, autant que faire se peut,
à répondre aux besoins des familles à
faibles revenus. Jusqu'ici, 230 mille logements sociaux ont
été construits et 67 mille logements vétustes
ont été restaurés.
De
même, le secteur de la santé constitue dans notre
politique l'un des piliers du développement social
intégral. En effet, ce secteur à connu, à
l'ère du changement, une forte évolution au
niveau des institutions et des prestations.
Nous
avons renforcé ce secteur en réformant la gestion
et le fonctionnement des établissements hospitaliers,
en développant l'industrie pharmaceutique, en améliorant
les conditions d'accueil et de séjour des malades,
en optimisant l'exploitation des moyens disponibles et en
maîtrisant le coût des prestations parce que profondément
convaincus que la bonne santé de la société
est tributaire de celle de la famille. Nous nous sommes attachés,
au cours des cinq dernières années, à
réunir tous les atouts qui permettent à la famille
d'exercer ses droits et d'assumer ses fonctions dans un contexte
social adéquat. Les mesures les plus significatives
que nous avons prises consistent, peut-être, dans le
renforcement substantiel des acquis accumulés par la
femme depuis l'indépendance dans les divers domaines,
et plus particulièrement les acquis que nous avons
ajoutés, le 13 août dernier, et qui sont venus
enrichir le Code du statut personnel et le mettre au diapason
de la prise de conscience féminine et de l'évolution
de la société, assurant de la sorte à
la Tunisie un rôle d'avant-garde et de pionnier. Nous
avons amendé la législation de façon
à matérialiser l'égalité des chances
entre les deux sexes dans notre vécu quotidien et à
aider la femme à prendre conscience de ses droits et
devoirs et à exercer ses droits.
Par
souci de préserver la solidarité des liens familiaux
et la cohésion de la famille, nous avons consacré
les droits de l'enfant et nous nous sommes employés
à atténuer l'impact des retombées négatives
découlant de la dislocation des familles et des fléaux
sociaux comme la délinquance, la criminalité,
le chômage et l'échec scolaire. Pour ce faire,
nous avons pris à bras le corps les problèmes
qui se trouvent à l'origine de ces phénomènes
aux fins d'y remédier et d'en réduire les incidences
négatives sur la santé psychologique de l'enfance
et de la jeunesse ainsi que sur l'équilibre de la famille
et de la société.
Le
succès de notre démarche pour ce qui est de
promouvoir la famille tunisienne demeure tributaire de la
conjugaison des efforts de toutes les parties impliquées:
structures et organismes gouvernementaux, organisations nationales,
et ce, afin de pouvoir relever le défi et de remporter
le pari de la modernité et du développement.
Nous
n'avons cessé d'entourer les familles tunisiennes à
l'étranger de tout l'intérêt requis afin
d'en prémunir les membres, notamment les immigrés
de la première et de la deuxième générations,
contre le danger de l'aliénation. Aussi avons-nous
conforté leur appartenance à cette patrie et
les avons-nous entourés de l'attention qui s'impose
à travers les programmes socio-éducatifs conçus
à leur intention et les initiatives et encouragements
de toutes sortes que nous avons pris à leur profit
concernant le retour, la réinstallation et la réinsertion
dans le circuit économique du pays.
Par
souci de notre part de procurer davantage de garanties à
nos immigrés dans les pays occidentaux, la Tunisie
a suggéré la conclusion d'une charte destinée
à sauvegarder les droits des communautés maghrébines
et à améliorer leurs conditions de travail et
de séjour dans le pays d'accueil. Nous saluons chez
les ressortissants tunisiens à l'étranger le
sens de la responsabilité et l'attachement indéfectible
à la mère patrie. Et nous leur rendons à
nouveau hommage pour la contribution qu'ils apportent au processus
de développement du pays et au renforcement de la position
et du rayonnement de la Tunisie à l'étranger.
Citoyens,
Citoyennes,
A la veille du 7 novembre, la situation politique dans le
pays n'était guère meilleure que la conjoncture
socio-économique. Et c'est précisément
ce qui nous avait amenés, par fidélité
aux promesses que nous avions faites dans la déclaration
du changement et parce que nous avions confiance dans le degré
de maturité et de conscience atteint par les Tunisiens
et les Tunisiennes, à engager des réformes radicales
convergeant toutes vers un seul et même grand objectif:
mette en place la plate-forme appropriée pour que le
peuple tunisien puisse se prendre en charge et contribuer
de manière constructive à la conduite de ses
propres affaires sous l'égide d'un régime républicain
qui confère aux institutions leur vrai place, réunit
les attributs de la démocratie en tant que condition
essentielle pour bâtir une société nouvelle,
libre de ses choix et responsable de ses actes. C'est ainsi
que nous avons écarté toutes les formes d'exclusive
et uvré en faveur d'une réconciliation
nationale générale, accordant en cela le préjugé
favorable à toutes les parties et catégories.
Toutes
ont répondu avec spontanéité et enthousiasme
à l'appel patriotique contenu dans la déclaration
du 7 novembre et ont adhéré au Pacte national
qui repose sur une somme de principes et d'objectifs propres
à assurer l'équilibre de la société
et à la protéger contre toutes les formes d'extrémisme
et de dérapage tout en garantissant le pluralisme des
opinions et des idées, dans le cadre des constantes
faisant l'objet de consensus et conformément à
l'intérêt de la nation.
Nous
avons réalisé les réformes politiques
prévues dans la déclaration, à commencer
par la révision de la Constitution qui aura réhabilité
le régime républicain et en a revivifié
les valeurs, rendu au peuple sa souveraineté et replacé
l'action politique dans le cadre approprié, à
savoir l'Etat de droit et des institutions et le respect de
la prééminence de la loi. C'est pourquoi nous
avons créé le Conseil constitutionnel et nous
nous sommes empressés d'organiser des élections
présidentielles et législatives anticipées
qui se sont déroulées dans la transparence et
la régularité.
Dans
ce même esprit et parce que nous étions convaincus
que notre peuple est apte à une vie politique évoluée
et organisée, qui soit fondée réellement
sur le multipartisme et la pluralité des organisations
populaires, nous avons ouvert la voie au développement
de l'action des associations de toute nature, nous avons élaboré
une loi sur les partis qui en régit la constitution
et la pratique des diverses activités et programmes
ainsi que la participation à l'encadrement et à
l'enrichissement de la vie publique aux côtés
du RCD qui a été sauvé par le changement
et a pu retrouver sa place d'avant-garde pour devenir à
juste titre le parti de la majorité et le parti du
changement, outre qu'il est l'héritier des mouvements
réformistes et le parti de l'indépendance.
Quoique
convaincus de la place du Rassemblement et de son rôle
dans la vie politique, nous aurions aimé que d'autres
partis fussent représentés et siègent
à ses côtés à la Chambre des députés.
Nous avons même déployé le maximum d'efforts
à cette fin. Néanmoins, le fait que ces partis
soient de constitution récente ne leur a pas permis
de se frayer un chemin jusqu'à l'institution parlementaire.
Nous
avons chargé, il y a quelque temps, le Comité
supérieur du Pacte national d'étudier le moyen
de modifier le mode de scrutin en prévision des prochaines
élections législatives. Et nous sommes persuadés
que la version définitive des propositions définitive
des propositions, qui prendra forme prochainement, va concrétiser
le pluralisme politique au sein de la Chambre des députés.
Nous
avons la ferme conviction que le pluralisme et la démocratie,
outre qu'ils s'incarnent dans la présence de partis
politiques civils, actifs de par leurs programmes, leur rayonnement
et l'étendue de leur assise populaire, comme dans l'organisation
de consultations électorales de manière périodique,
régulière et transparente, participent également
du comportement quotidien et de la pratique de tous les jours.
Elles sont une quête perpétuelle pour amener
le citoyen à prendre conscience du fait qu'il participe
à la vie politique, qu'il a son opinion et son mot
à dire, qu'il est un partenaire responsable. C'est
la raison pour laquelle nous avons uvré à
élargir le champ de la participation dans tout ce qui
concerne les dossiers majeurs, comme l'attestent les étapes
de la préparation du VIIIème Plan de développement
ou les conseils consultatifs dont nous avons élargi
les prérogatives et diversifié la composition
pour y intégrer les compétences les plus diverses,
abstraction faite de leurs sensibilités intellectuelles
et politiques.
Citoyens,
Citoyennes,
Dans le cadre de la réalisation des promesses que nous
avions faites dans la déclaration du 7 novembre, à
savoir que "nous veillerons à la bonne application
de la loi de manière à bannir toute iniquité
et injustice", nous avions, dès les premiers jours
du changement, affirmé la place de choix réservée
à la justice, sachant pertinemment que celle-ci constitue
le fondement de tout édifice civilisationnel, qu'elle
est le garant de la sécurité et de la pérennité
de l'Etat, et le protecteur de l'intégrité et
de la liberté de l'individu. En conséquence,
nous avons insisté sur l'indépendance de la
magistrature en tant que moyen de réaliser la justice
et pris l'initiative de supprimer les juridictions d'exception.
Nous nous sommes également attachés à
la primauté de la loi dans l'organisation des rapports
sociaux et la relation de l'individu avec l'Etat.
Nous
nous sommes employés à faire évoluer
les lois pour les adapter à l'esprit du changement,
y englober les multiples aspects des relations civiles et
économiques et les mettre au diapason du modèle
de développement. De même, notre approche nouvelle
des rapports sociaux nous a incités à faire
évoluer les lois de façon à garantir
des relations saines, faisant de la paix sociale une règle
essentielle. Nous entendons continuer sur cette lancée
et perfectionner encore plus la législation dans l'optique
de la vision globale que nous avons du développement,
et ce, afin que la loi soit l'émanation du vécu
des relations et qu'elle s'y adapte.
Parallèlement,
nous avons entrepris de repenser et de réorganiser
les professions en rapport avec la justice. La première
chose que nous avons faite fut de réorganiser la profession
d'avocat en tant que pilier de la justice et de la sauvegarde
des droits et des individus.
Aujourd'hui,
nous pouvons dire que nous sommes satisfaits de cette dynamique
suscitée par les réglementations et les législations
nouvelles dans le but de consacrer une justice équitable
et efficiente.
Citoyens,
Citoyennes,
La déclaration du 7 novembre a véhiculé,
antérieurement aux trans-formations que le monde devait
connaître par la suite, un attachement vigoureux à
la démocratie, à l'équité et aux
droits de l'homme. Aujourd'hui, nous sommes fiers qu'à
travers le perfectionnement de nos lois, à travers
les initiatives que nous avons prises dans ce domaine et à
travers notre pratique quotidienne, l'homme tunisien soit
sécurisé quant à ses droits, conscient
de l'importance des garanties et des acquis dont il bénéficie,
outre le climat de sécurité, de justice et de
stabilité qui distingue notre pays à une époque
où la plupart des régions de la planète
se débattent dans les troubles et les convulsions.
Dans
le domaine de la législation, nous avons entrepris,
tout d'abord, de garantir l'intégrité physique
de l'individu en réglementant, pour la première
fois en Tunisie, la garde à vue. Nous avons aboli les
travaux forcés et ratifié sans aucune réserve
la convention des Nations Unies contre la torture et autres
traitements inhumains ou dégradants. Nous avons, d'autre
part, promulgué un décret prenant en compte
les critères onusiens dans le traitement des détenus,
en plus de l'adoption d'un programme de réhabilitation
de ces détenus.
Dans
le but de conforter encore plus la liberté et l'intégrité
de l'individu et après avoir fixé le délai
de la détention préventive et organisé
les mécanismes permettant au magistrat de lui substituer
éventuellement quelque disposition alternative, nous
avons adopté un nouveau projet de loi visant à
écourter la durée de la détention préventive
et à fixer des délais limités pour statuer
sur les recours ou pour que les tribunaux se saisissent des
affaires dans le cadre desquelles le prévenu se trouverait
en état d'arrestation.
Les
droits de l'homme ne s'arrêtent pas à la promulgation
des lois. C'est pourquoi nous nous sommes fait un point d'honneur
de diffuser la culture des droits de l'homme aussi bien dans
les écoles et les lycées qu'en direction des
agents de l'Etat chargés d'appliquer les lois. En couronnement
de cet effort, nous avons créé une chaire pour
l'enseignement des droits de l'homme dans les facultés
de droit et mis sur pied un Comité supérieur
des droits de l'homme et des libertés fondamentales
groupant des personnalités notoirement connues pour
leur militantisme dans ce domaine, et appelé à
donner son avis pour faire évoluer la législation
en la matière. Ce comité a accompli, jusqu'ici,
un travail des plus remarquables. Et nous avons décidé,
aujourd'hui, d'ajouter à ses attributions, le cas échéant,
l'inspection des centres de détention et des prisons,
sur mandat spécial.
Nous
avons également pris l'initiative d'ouvrir la voie
à l'action des organisations humanitaires en les autorisant
à installer des antennes en Tunisie. Et, parce que
nous sommes convaincus que les droits de l'homme sont l'affaire
de l'humanité tout entière, nous nous sommes
souciés de coopérer avec les organisations gouvernementales
et non gouvernementales en vue de garantir ces droits et de
consolider cet édifice tant en Tunisie qu'à
l'étranger.
Notre
attachement aux droits de l'homme et l'effort que nous déployons
pour les renforcer et en garantir l'exercice effectif constituent
un choix fondamental dans notre politique. Nous sommes fiers,
à cet égard, de l'intérêt et de
la considération manifestés par les organisations
internationales à l'égard de notre travail.
Les
résultats de nos efforts en matière de droits
de l'homme sont désormais connus de tous. Ils se sont
répercutés positivement sur la crédibilité
de nos orientations, ont renforcé notre présence
dans les instances internationales et donné à
la Tunisie plus de rayonnement et de prestige parmi les nations.
Citoyens,
Citoyennes,
La stratégie globale que nous avions amorcée,
depuis l'aube du 7 novembre, afin de faire évoluer
le secteur de l'information, a franchi d'immenses étapes
au cours des cinq dernières années et engendré
une mutation radicale du paysage médiatique grâce
aux réformes introduites au niveau législatif
et structurel, aux nouvelles réalisations accomplies
à l'image des deux radios régionales et de la
chaîne de télévision par satellite et
aux mesures décidées par l'Etat au profit de
la presse et des journalistes, toutes tendances intellectuelles
et politiques confondues.
Ainsi,
en moins de cinq ans, le Code de la presse a connu deux révisions
successives dans le sens du renforcement de la liberté
d'opinion et d'expression. Il s'agit en l'occurrence de réformes
fondamentales dont la réalisation de l'égalité
du citoyen et du responsable devant la loi, et l'octroi de
toutes les garanties légales à la presse et
aux journalistes ne sont pas des moindres. Ces mesures sont
une illustration du degré de libéralisme de
la législation tunisienne et de son caractère
avancé dans ce domaine précis.
Nous
avons, par là même, veillé à conforter
l'orientation pluraliste dans le secteur de l'information
et à amener la presse à assumer son rôle
dans l'enrichissement du débat national et la consécration
de la démocratie et du pluralisme.
Nous
sommes en droit, aujourd'hui, d'être fiers de ce qu'il
n'existe nulle exclusive idéologique ou politique ni
le moindre tabou sur quelque sujet que ce soit à l'intérieur
de notre espace médiatique, tant que toutes les parties
placent l'intérêt supérieur du pays au-dessus
de toute autre considération. C'est dire que nos orientations
reposent sur la liberté d'opinion, le pluralisme, la
transparence et l'esprit de réforme. Notre finalité
reste toujours la même: jeter les bases d'une presse
libre et impartiale, aux choix et au contenu de laquelle s'associeraient
toutes les énergies nationales parmi les gens du métier
et spécialistes compétents. Telle est justement,
la raison d'être du Conseil supérieur de la communication
que nous avons tout récemment encore renforcé
en élargissant les attributions et en y intégrant
des compétences supplémentaires dans un sens
pluraliste et sur la base du seul critère de la valeur
personnelle.
Mais
toujours est-il qu'il reste encore un long chemin à
parcourir pour faire évoluer le discours médiatique
et conforter l'audience et la crédibilité de
la presse afin qu'elle réponde aux attentes de l'opinion
publique. Nous comptons, en tout premier lieu, sur la famille
de l'information afin qu'elle assume ses responsabilités
dans le succès de cette démarche et la mise
au point des normes et de l'éthique de la profession
de manière à la prémunir des risques
de dérapage et à jeter les bases d'une information
moderne et évoluée.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous avions annoncé, dans la déclaration du
7 novembre, que nous entendions, sur le plan extérieur,
maintenir nos bonnes relations avec les pays frères
et amis et que nous étions résolus à
respecter nos engagements. De même, nous avions défini
très clairement la place de choix qui sied à
notre dimension à la fois arabe, islamique, africaine
et méditerranéenne. Nous avions, également
affirmé que nous nous attellerons à concrétiser,
à pas sûrs, l'unité du Grand Maghreb Arabe
dans le cadre de l'intérêt commun. Cette volonté
aura marqué de son sceau notre politique extérieure
depuis le changement. Dès le premier jour, nous avons
entrepris de poser les jalons d'un Maghreb arabe unifié,
en contribuant avec nos frères dirigeants des Etats
maghrébins à assainir le climat, à faire
régner l'esprit de réconciliation et à
cimenter les liens de fraternité, de solidarité
et de coopération entre les peuples de notre région.
Nous sommes parvenus, grâce à cette détermination,
à asseoir les bases de notre union, à mettre
en place ses institutions et à fixer des délais
pour les étapes devant conduire au parachèvement
de l'édifice maghrébin.
Bien
que le processus maghrébin ait subi dernièrement
quelque ralentissement dû à certaines difficultés
conjoncturelles passagères, une telle situation ne
saurait nous empêcher d'aller de l'avant dans la réalisation
des objectifs que nous avons tracés et visant à
consolider l'édifice maghrébin et à en
renforcer les fondements.
Alors
que nous nous apprêtons à assumer à notre
tour la présidence de l'UMA, à compter de janvier
prochain, nous nous attacherons à uvrer avec
nos frères, les dirigeants maghrébins, à
donner une nouvelle impulsion au processus d'union et à
réaliser dans les délais fixés les programmes
arrêtés en commun, afin que nous soyons au diapason
des changements que vit le monde et que nous soyons au rendez-vous
des échéances historiques auxquelles s'apprêtent
les divers groupements régionaux.
Ayant
fixé, parmi les objectifs principaux du changement,
l'enracinement de la Tunisie dans son environnement arabe
et le renforcement de ses relations avec la grande famille
arabe, pour être en harmonie avec les liens tissés
par l'histoire et la civilisation et partant de notre foi
en un avenir commun, nous avons accordé à nos
relations bilatérales avec l'ensemble des pays arabes
toute l'importance requise et contribué de manière
efficiente aux efforts tendant à mettre de l'ordre
dans la maison commune arabe.
Convaincus
de la justesse de la cause palestinienne et de la nécessité
de lui trouver une solution pacifique, nous ne cessons d'apporter
notre soutien à cette cause dans les diverses instances
internationales et d'appuyer les efforts internationaux en
vue d'aboutir à un règlement juste, global et
durable de la crise du Moyen-Orient, un règlement fondé
sur la restitution des territoires arabes occupés et
l'échange de la terre contre la paix.
Fidèles
à notre engagement d'apporter un soutien total et constant
aux choix des Palestiniens et aux solutions qu'ils préconisent,
nous avons facilité le dialogue palestino-américain
et encouragé ensuite le processus de paix par notre
présence à la conférence de Madrid et
notre participation aux négociations multilatérales.
Nous
sommes disposés à prendre toute initiative que
nos frères palestiniens estiment utile au service de
leur juste cause et pour instaurer la paix et la stabilité.
Nous nous employons, sur cette base, à renforcer le
processus de paix et nous sommes disposés, comme nous
l'avons annoncé, à accueillir les rounds de
négociations auxquels les Palestiniens accordent la
plus haute importance pour l'avenir de leur cause et son triomphe.
Citoyens,
Citoyennes,
La Tunisie, attachée à sa sublime religion et
fière de son appartenance à la nation islamique,
demeure convaincue de l'importance de l'action islamique commune
et de son efficience. Aussi, s'est-elle employée à
la renforcer par sa participation constructive aux différentes
activités de l'Organisation de la conférence
islamique et de ses institutions spécialisées,
dans le but de consolider la véritable fraternité
islamique, de préserver notre sublime religion et de
consacrer ses valeurs essentielles qui sont celles de la tolérance,
de la modernisation et du juste milieu, de servir les intérêts
de la nation islamique et de renforcer sa sécurité
et sa stabilité.
Nous
avons également accordé, au lendemain du changement,
une attention particulière à notre appartenance
africaine. Nous n'avons ménagé aucun effort
lorsqu'il s'est agi d'appuyer les causes d'émancipation
et de libération, de renforcer la coopération
bilatérale et d'aider les jeunes Etats à asseoir
leur indépendance et à consolider leurs institutions
naissantes.
Nous avons, en outre, apporté notre contribution à
tous les efforts communs, à travers notre participation
agissante au sein des différentes instances africaines
et plus particulièrement au niveau de l'Organisation
de l'Unité Africaine dont notre pays abritera le sommet
en 1994.
Notre
attachement à la Charte des Nations Unies, ainsi qu'à
la paix et à la sécurité internationales,
s'est illustré de même à travers notre
acceptation de la demande de l'ONU s'agissant de la participation
d'un certain nombre de nos soldats, de nos officiers et de
nos agents de l'ordre au sein de contingents des Nations Unies
pour assurer la paix et la sécurité en Namibie,
au Sahara occidental, dans l'ex-Yougoslavie et au Cambodge.
Nous
fondant sur l'ouverture de notre pays sur le monde et son
interaction féconde avec les différentes civilisations,
nous nous employons, depuis le changement, à renforcer
nos relations avec les pays d'Europe occidentale et du bassin
méditerranéen, compte tenu de la grande importance
qu'elles représentent pour nos échanges extérieurs,
économiques, commerciaux, culturels et humains. Nous
avons consacré des efforts pour approfondir le dialogue
avec la Communauté européenne afin que nos relations
avec elle puissent s'adapter au processus d'unification totale
dans lequel cette communauté est engagée, et
cela au double plan bilatéral et régional, à
travers notamment le dialogue entre les Etats de l'Union du
Maghreb arabe et les Etats européens du bassin occidental
de la Méditerranée, dit dialogue des "5+5",
et le dialogue "5+12" entre les pays de l'UMA et
ceux de la CEE.
Nous
nous sommes attachés, par ailleurs, à élargir
le réseau des relations de la Tunisie avec les divers
autres pays et, plus particulièrement, avec les pays
d'Amérique et d'Asie et ce, par l'ouverture de centres
diplomatiques ou l'extension des prérogatives de missions
déjà établies.
Cependant,
notre action ne s'est pas limitée aux canaux bilatéraux
que nous nous sommes toujours souciés de promouvoir
et d'enrichir, mais a été étayée
par une contribution constante à l'action internationale
multilatérale destinée à renforcer la
coopération de manière à répondre
aux aspirations légitimes des peuples du Sud, en particulier,
et à celles de l'ensemble de la communauté internationale,
en général, dans le but d'instaurer un nouvel
ordre international fondé sur la justice, les intérêts
communs et une véritable entraide entre les nations.
Nous
avons pris, sur ce plan, un ensemble d'initiatives et appelé
à la conclusion d'un contrat de développement
et de coopération ente le Nord et le Sud et préconisé
le partenariat et le co-développement sur la base des
intérêts mutuels. Nous avons également
appelé à l'allégement du poids de la
dette pour les pays en développement, y compris les
pays à revenus moyens, et au recyclage du service de
la dette dans des projets de développement d'ordre
écologique afin de protéger l'environnement
et d'assurer les conditions de succès à un développement
durable.
Nous
nous sommes constamment attachés à réaliser
le rapprochement et la coexistence entre les peuples, consacrer
le dialogue et la négociation en tant que voie pour
la solution des conflits, le respect des Etats et la non-ingérence
dans leurs affaires intérieures, et pour parvenir à
l'instauration de relations internationales fondées
sur l'entente et la concorde. Nous sommes, en effet, convaincus
que le nouvel ordre auquel nous aspirons passe inéluctablement
par une solution pacifique et durable de tous les conflits
déclarés et par une atténuation de la
course à l'armement, qui conduit à l'épuisement
de ressources considérables et d'énergies immenses
aux dépens de la promotion des peuples et de leur prospérité
et menace à tout instant la détente internationale.
Citoyens,
Citoyennes,
Nous sommes parvenus, en une courte période, à
surmonter le legs du passé avec toutes ses insuffisances,
à rendre au peuple sa confiance en lui-même et
en ses capacités, à réaliser le consensus
national longtemps attendu et à lui réunir toutes
les conditions propices et les moyens de participer à
l'enrichissement de l'expérience démocratique
et de gagner le pari du développement intégral.
Toutes
les réalisations importantes accomplies jusqu'ici représentent
une plate-forme solide pour avancer sur la voie de la construction
économique et du progrès social.
De
même, la liberté, la dignité, la sécurité
et la stabilité dont jouit, aujourd'hui, le citoyen
en Tunisie sont la résultante tant des réformes
politiques et des réalisations économiques que
des acquis sociaux, culturels et de jeunesse enregistrés
par notre pays aux cours des cinq dernières années.
Elles sont, également, à la base des espoirs
qu'il nourrit, de sa confiance dans le présent et de
son aspiration à un avenir meilleur. Elles suffisent
pour susciter chez les Tunisiens et les Tunisiennes un sentiment
de fierté et la volonté de persévérer
davantage dans l'effort, au service de l'intérêt
de la patrie.
Autant
nous sommes fiers de ces réalisations, autant nous
mesurons la dimension cruciale de l'étape qui nous
attend aujourd'hui et demain. La sagesse nous commande de
continuer à nous préparer pour pouvoir remédier
aux difficultés internes que pourraient engendrer les
aléas climatiques et la rareté des ressources
et d'être totalement prêts à faire face
aux pressions et aux défis extérieurs qui pourraient
naître de l'institution du marché unique européen,
ou d'autres groupements régionaux, et des mutations
économiques et financières croissantes que la
situation mondiale nouvelle commence à faire surgir.
Sachant
que l'action réformatrice ne peut être efficiente
que par la persévérance, l'endurance et le rejet
de la mentalité d'assisté et que l'avenir ne
peut être garanti que dans la mesure où nous
aurons réussi à nous adapter à la nouvelle
donne mondiale, nous ne pouvons que mesurer l'importance de
la stratégie nationale que nous avons élaborée
pour franchir cette nouvelle étape dans la marche de
notre pays, aux plans national et international, et apprécier
à la fois l'audace et la clairvoyance qui la marquent.
Ce
qu'il convient surtout de mettre en relief, ici, c'est la
nécessité pour nous, en tant que communauté
nationale cohérente et solidaire, de préserver
la force d'impulsion du changement et de la réforme,
afin de pouvoir renforcer la capacité de notre pays
à s'adapter aux grandes mutations mondiales auxquelles
nous assistons et, partant, de maîtriser les problèmes
essentiels dont les plus marquants sont l'emploi et l'élévation
du niveau de vie des citoyens et des citoyennes.
Il
est indispensable pour un pays comme le nôtre, qui ne
possède pas de grandes richesses naturelles, de consacrer
davantage d'efforts au développement de ses ressources
humaines et de continuer à raviver les valeurs qui
se rattachent au travail et à l'effort, et à
inscrire dans la réalité de notre action économique
et de notre politique de développement, en tant que
tout, les principes d'efficacité et de rentabilité.
Citoyens,
Citoyennes,
Notre pays a connu, depuis le milieu des années soixante,
des événements et des crises plus ou moins graves,
mais aucun n'a atteint les proportions de ce qui se serait
passé fin 1987.
Vous
vous rappelez tous comment les calculs personnels étriqués
avaient obnubilé les esprits de nombre de ceux qui
étaient au pouvoir ou qui gravitaient autour, jusqu'où
étaient allées les spéculations des amis
autant que des ennemis de la Tunisie, combien enfin les citoyens
et les citoyennes étaient désemparés
devant l'incertitude de leur avenir et de celui de leurs enfants,
ainsi que devant le destin de leur patrie pour l'indépendance,
l'invulnérabilité et la pérennité
de laquelle ils ont consenti tous les sacrifices. Plus encore,
la perplexité avait fait place à la peur, jusqu'à
l'avènement du 7 novembre et l'acte que nous avons
entrepris, ce jour-là. Dieu changea, alors leur crainte
en confiance, comme il est dit dans le Coran: "croyez-vous
entrer dans le paradis sans avoir éprouvé les
maux qu'on éprouvés ceux qui vous ont précédés?
Les malheurs et les calamités les visitèrent,
ils furent ballottés par l'adversité au point
que le Prophète et ceux qui croyaient avec lui s'écrièrent:
"Quand donc arrivera le secours de Dieu?" Le secours
du Seigneur est certes proche". Dieu nous a apporté
son secours et nous a rassérénés, ce
qui nous a permis de triompher de toutes les difficultés
y compris des imposteurs. Il nous a également éclairé
la voie et facilité ce que nous avons accompli dans
une conjoncture intérieure et extérieure des
plus difficiles. Il y eut la sécheresse, l'invasion
des criquets, les inondations survenues à la suite
de la crise économique. Il y eut ensuite la crise du
Golfe et ses répercussions négatives, la montée
des tensions dans la région, les tentatives des extrémistes
et des terroristes, la fermeture des portes de l'émigration
et le changement des positions internationales vis-à-vis
des problèmes du développement.
Malgré
tout cela, nous avons réussi, Dieu soit loué,
à changer la réalité du pays, à
instaurer des relations civilisées entre l'Etat et
les citoyens et entre les citoyens eux-mêmes ; nous
avons renforcé les capacités propres du pays
en réduisant les complications administratives, en
limitant l'intervention de l'Etat et en ouvrant la voie devant
l'initiative privée et nous sommes devenus plus aptes
à maîtriser les moyens d'existence et de progrès.
Nous
puisons dans notre glorieuse histoire et dans la générosité
de notre peuple, en toutes circonstances et à tout
moment, assez de ressources habilitant notre pays à
poursuivre la réalisation des objectifs prônés
par les précurseurs de la renaissance et de la réforme,
à raviver le flambeau repris après eux par les
leaders, les combattants et les militants, occupant diverses
positions, et à concrétiser les idéaux
autour desquels se sont réunies les différentes
catégories et les élites.
Tout
en réitérant notre engagement au service du
changement et de la réforme, depuis le 7 novembre,
qui s'est toujours attaché à consacrer les valeurs
de citoyenneté et à placer les intérêts
de la nation au plus haut niveau, nous sommes déterminés
à poursuivre l'action avec sérieux afin que
la Tunisie soit demain meilleure qu'aujourd'hui, comme elle
est, aujourd'hui, mieux qu'elle ne fut hier.
Puisse
la Tunisie être, chaque année, plus prospère.
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