DISCOURS

Carthage, le 7 Novembre 1991

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du IVème anniversaire du 7 Novembre 1987

Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux

Citoyens,
Citoyennes,

Depuis le Changement du 7 Novembre, nous avons pris coutume de fêter cet anniversaire, chaque année.

A cette occasion, je m'adresse à vous chaque fois pour vous entretenir de l'état de la nation, de ce que nous avons accompli sur la voie du progrès, des difficultés et des défis que nous rencontrons, des orientations et des programmes que nous traçons pour l'avenir ainsi qu des espoirs que nous y fondons et que nous ambitionnons de concrétiser moyennant la conjugaison des efforts de tous.

Grâce à la cohérence de notre stratégie, à la clarté de la démarche que nous avons adoptée, aux fondements solides sur lesquels nous avons bâti notre économie et, de manière plus générale, à notre action de développement, nous avons réussi, malgré les difficultés liées à la conjoncture, à franchir des étapes considérables sur la voie d'un développement intégral et harmonieux matérialisant ainsi les principes du 7 Novembre.

Si les premières années du processus de Changement ont été marquées par des difficultés d'ordre naturel et climatique qui ont amplifié l'impact des difficultés économiques internationales et locales, de même que les répercussions du Plan de redressement structurel de notre économie, l'année écoulée n'a pas été, elle non plus, exempte de difficultés et des défis tant endogènes qu'exogènes.

La crise du Golfe aura représenté, avec son cortège d'incidences directes et ses séquelles, l'épreuve la plus importante que notre économie nationale a eu à subir ces derniers temps sur les plans du tourisme, de l'exportation, de l'investissement et du marché de l'emploi. Cette crise a, en effet, éclaté à un moment où notre pays réalisait un taux de croissance de l'ordre de 6% par an et commençait à connaître une relance économique bien réelle qui nous ouvrait de vastes perspectives, mais la crise a modifié cette orientation en occasionnant quelques perturbations surtout au niveau de développement, de l'emploi et des équilibres généraux.

Sur ces entrefaites, un groupe d'extrémistes et d'obscurantistes a cherché à profiter des circonstances et à exploiter le sentiment national et religieux des Tunisiens et des Tunisiennes pour jeter le pays dans une aventure aux conséquences funestes, dans le dessein d'entraver la marche de la nation et de faire régner l'anarchie et le désordre.
L'économie nationale a acquis une solidité qui lui a permis de surmonter les obstacles imprévus qui s'étaient succédé sans discontinuer à un moment où nous consacrions tous nos efforts à liquider les séquelles du passé et à redresser notre situation économique.

Les prévisions faites en début d'année annonçaient une stagnation de la production, une régression des investissements et une contraction des créations d'emplois, le tout conjugué avec un déficit de la balance des paiements et des contraintes supplémentaires au niveau de budget général de l'Etat.

Mais, Dieu merci, le bilan de l'année est, semble-t-il, de loin meilleur que prévu. On s'attend, en effet, à une évolution positive du taux de croissance du P.N.B. d'environ 2,8%, performance à laquelle ont contribué une excellente saison agricole et le bon comportement de certains autres secteurs particulièrement dynamiques tels que ceux de l'exportation, de l'industrie et du tourisme, qui ont pu, en fin de compte, compenser les retombées de la crise. On s'attend également à ce que l'impact au niveau de l'investissement, de l'emploi et des équilibres financiers, soit, de manière générale, moins sensible qu'on ne le craignait.

Il convient, à cette occasion, de louer l'esprit de solidarité nationale, qui s'est illustré à travers la bonne volonté dont les travailleurs ont fait preuve et l'engagement pris par les chefs d'entreprises à sauvegarder l'emploi, en dépit de la conjoncture difficile qu'ils ont vécue.

Une amélioration enregistrée par notre économie nationale par rapport à ce que nous craignions, démontre sans équivoque qu'elle a acquis une aptitude réelle à surmonter les difficultés, tout en préservant la continuité de l'action de développement et du processus de redressement général, ce qui ne fait que conforter notre conviction quant à la justesse de nos orientations.

Au nombre des plus importantes et des plus ambitieuses de ces réformes, figurent celles relatives à la fiscalité, en tant qu'instrument efficace au service de l'économie nationale et pierre angulaire de l'instauration de la justice sociale. Cette réforme a pour but de récompenser l'effort et de stimuler la production. Elle vise également à garantir une répartition plus équitable des charges fiscales entre les différentes catégories de la société, chacune selon ses capacités effectives.

Les réformes ont aussi concerné d'autres secteurs aussi sensibles que multiples, dont la libéralisation progressive des rouages économiques tant au niveau de l'investissement qu'à celui de l'importation et des prix, l'objectif recherché étant de permettre à l'entreprise de maîtriser les outils de sa gestion et d'instaurer un climat de saine émulation à même d'inciter à l'augmentation de la production, à la compression des coûts et à l'amélioration de la qualité.

Cette libéralisation graduelle a permis d'amorcer parallèlement la réforme du système monétaire et financier dans le but de la moderniser, et d'en renforcer l'aptitude à évoluer au diapason des impératifs de développement, grâce à une mobilisation rationnelle des ressources financières et à leur mise au service de l'action de développement de la manière la plus appropriée.

Dans cette optique, nous sommes parvenus à concevoir le cadre adéquat pour la restructuration et la privatisation des entreprises publiques opérant dans les secteurs concurrentiels.

Cette démarche procède de notre conviction quant à la nécessité d'une redistribution des rôles entre le secteur public et le secteur privé. Afin que l'Etat puisse se consacrer à son rôle fondamental dans l'orientation de la politique économique et la mise en place des infrastructures de base et des prestations sociales nécessaires à l'œuvre de développement. Bien que récent, ce programme a déjà permis d'améliorer la production et la productivité et même, dans certains cas, de créer de nouveaux emplois. Cela est de nature à dissiper les appréhensions, vaincre les hésitations et à confirmer la justesse de nos options.

Parallèlement à ces réformes, nous nous sommes penchés sur le dossier de l'administration, laquelle constitue l'instrument principal dans l'exécution de la politique du gouvernement. Nous avons ainsi mis au point un programme cohérent en vue de la réformer et de la moderniser. Nous avons entrepris de simplifier les procédures et d'introduire des réformes au niveau des structures de l'administration pour en garantir l'efficience. Un Secrétariat d'Etat a été créé ayant, entre autres attributions, la charge de veiller à la poursuite de la réforme. Il est également chargé de veiller à une meilleure organisation interne des administrations et à une utilisation optimale des effectifs humains disponibles, dans le cadre d'une vision globale aux fins d'améliorer la qualité des services publics et de relever le niveau des prestations rendues aux citoyens.

Cette volonté permanente de redressement a permis d'atteindre la plupart des objectifs inscrits au VIIème Plan. C'est ainsi qu'il est prévu que le taux de croissance moyen dépasserait les 4% par an, tandis que les équilibres financiers devraient connaître une amélioration sensible, grâce à l'évolution du rythme des exportations qui est supérieur à 11% par an aux prix constants, soit le double du score attendu. Ces indicateurs afférents à la dette révèlent en même temps une évolution positive constante qui inspire la satisfaction et conforte la crédibilité de notre pays. Des réalisations non moins importantes ont été accomplies dans d'autres secteurs aussi sensibles. On en retiendra en particulier les étapes tangibles qui ont été franchies dans le renforcement du développement et la consécration effective du principe de décentralisation. Dans ce cadre, nous avons entrepris de mettre en place un ensemble de réseaux de communication et d'infrastructures. Nous avons également créé un Ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire appelé à rationaliser et à organiser l'aménagement et à veiller à l'adéquation entre l'industrialisation et les conséquences qui en découlent au niveau de l'environnement. Le but en est à la fois d'assurer une abondante production de qualité et de préserver les éléments naturels et humains de toute forme de pollution ou de dégradation du milieu écologique. Il s'agit, en définitive, de renforcer notre propre potentiel de développement et de réaliser un développement sain dans notre pays.

Ces réformes et les résultats positifs auxquels elles ont permis d'aboutir, constituent les premiers fondements sur lesquels nous avons assis les orientations de notre Plan de développement à venir, qui vise à consolider l'infrastructure économique e t à rénover l'appareil de production pour aller de pari avec les progrès technologique de par le monde et répondre aux attentes de la communauté nationale.

Nous avons veillé à ce que le VIIIème Plan, en tant que premier du genre en cette ère nouvelle, se distingue par sa méthodologie autant que par son contenu. Aussi, avons-nous accordé à la dimension régionale une place prépondérante qui s'est traduite par le démarrage rapide des travaux d'élaboration du Plan à l'échelon régional, afin que les conclusions de ces travaux servent de plate-forme aux délibérations des commissions au niveau national et assurent une liaison permanente entre les deux échelons à chaque stade de l'élaboration du Plan, et ce, en vue d'insérer les préoccupations et aspirations des régions dans le contexte du Plan national. Ce faisant, nous avons adopté la règle d e la consultation élargie en tant que méthode de travail compatible avec nos orientations démocratiques qui tendent à promouvoir la participation et le dialogue et offrent un terrain propice à la mobilisation de toutes les énergies pour réaliser nos objectifs et nos ambitions.

En fondant notre politique sur le dialogue et la concertation, nous procédons d'une conviction profonde exprimée en toute clarté et pratiquée concrètement depuis le Changement. Cette politiques se trouve aujourd'hui corroborée par l'impératif de la mobilisation de toutes les énergies afin de relever les défis. Les bouleversements que connaît la scène internationale en sont à leur paroxysme et vont certainement se poursuivre. Ces changements sont porteurs de profondes mutations quant au rééquilibrage du poids économique et à l'émergence de nouveaux blocs régionaux. D'ores et déjà, certaines difficultés et pressions ont commencé à poindre à l'horizon pour ce qui est des financements extérieurs. C'est là une évolution à laquelle nous devons sérieusement nous préparer afin de transformer les périls latents en autant d'opportunités de développement et de progrès, notamment par l'utilisation à bon escient de ces financements par la mobilisation de l'épargne intérieure et une meilleure exploitation de nos ressources nationales.

De même, les développements qui ont commencé à se faire jour au niveau de la structure démographique, laquelle se caractérise désormais par un fléchissement notable du croît démographique accompagné d'un accroissement important du poids de la jeunesse, nous dictent de répondre aux besoins et aux aspirations grandissants dans les domaines de l'éducation, de la formation, d e l'emploi et des équipement sociaux.

Nous avons d'ailleurs situé nos orientations en matière de développement pour la 4ème décennie et le VIIIème Plan dans le cadre général de cette conjoncture en pleine mutation tant qu plan intérieur. Nous avons fixé, en conséquence, les règles à adopter, les constantes auxquelles il faudra s'attacher et les poli§tiques et mesures nécessaires pour atteindre les objectifs visés.

Il est désormais clair, si l'on se réfère aux donnée set aux hypothèses disponibles, que la Tunisie n'a point d'autre échappatoire, pour relever les défis et inscrire son propre développement dans la durée, que d'accomplir un bond décisif en matière de gestion économique en optant pour des méthodes basés essentiellement sur les critères de rentabilité et de fiabilité.
Nous allons nous employer à concrétiser ces objectifs en poursuivant et en accentuant la politique de réforme dans de nombreux domaines sensibles qui appellent un surcroît d'efforts. Il s'agit principalement de l'ouverture économique, de la liberté d'entreprendre et du renforcement du secteur privé.

Dans notre esprit, ce choix n'obéit point à des considérations d'ordre théorique ou idéologique. Nous y voyons, au contraire, l'instrument idéal pour assurer l'efficience de l'action de développement et accroître les performances de l'entreprise économique et la rentabilité de l'investissement.

Nous nous emploierons dans ce cadre à franchir de nouvelles étapes dans le sens de la libéralisation du commerce extérieur. De nouvelles mesures seront prises dans les années à venir pour libérer les importations, selon un programme bien étudié qui protégera, de façon raisonnable, le tissu industriel national contre la concurrence mondiale déloyale.

Dans ce même contexte, nous poursuivrons la politique de libération des prix à travers le cadre juridique de la concurrence et ce, en instituant des règles éthiques aux activités économiques selon un système caractérisé par la transparence et l'encouragement des bonnes volontés à la créativité, à l'innovation et à l'émulation.

Nous nous sommes particulièrement souciés de défendre le consommateur. Ainsi, nous avons ordonné l'instauration d'un large dialogue entre les organisations nationales, les professionnels et les autres parties concernées pour étudier les meilleurs moyens d'assurer une protection raisonnable du consommateur qui tienne compte de la situation actuelle de l'appareil de production et de sa capacité à répondre à de multiples normes, en attendant d'entreprendre, au cours du VIIIème Plan, la mise en œuvre du programme d'amélioration des produits tunisiens et de leur compétitivité sur les marchés intérieurs et extérieurs.

De même, nous avons porté un intérêt particulier à la question de la compensation dont nous faisons l'une des constantes de notre politique sociale qui vise à assister les catégories à revenus limités. Nous avons chois de maintenir la Caisse de Compensation tout en veillant à en rationaliser l'intervention pour en alléger, progressivement, les charges qui pèsent sur la budget de l'Etat et en œuvrant à ce que son assistance aille à l'avenir aux seules familles à revenus modestes.

Nous nous emploierons simultanément à adapter les système des encouragements, dans les divers secteurs, aux mutations et aux priorités e t à l'harmoniser avec la réforme fiscale, en dépassant l'étape de la multiplicité des codes d'investissement pour nous acheminer vers un code unique régissant tous les secteurs, et qui tienne compte d'impératifs bien définis, comme le développement régional, l'acquisition de la technologie et l'exportation, et qui accorde les encouragements de façon objective, simplifiée et transparente. Cette réforme aidera à fixer le cadre général de la politique économique en tant que meilleur garant pour impulser l'investissement intérieur et attirer l'investissement extérieur dont nous avons largement besoin pour diverses considérations, les plus importantes étant la conquête des marchés étrangers pour l'écoulement de nos produits, l'acquisition et l'assimilation de la technologie. Il s'agit, en même temps, de réduire le recours à l'emprunt.

Nous accordons au développement régional la place qu'il mérite en tant que fondement de l'action de développement et en tant que voie idéale pour mobiliser toutes les énergies et en assurer le bon usage. Nous avons, depuis le Changement, entamé la concrétisation de ce choix, en créant les Conseils régionaux et en leur conférant des attributions étendues dans la gestion du développement régional. Nous avons, aussi, arrêté une série de nouvelles mesures dont la plus importante est la création de sociétés régionales d'investissement chargées de concevoir les projets et d'en encourager la réalisation dans les régions. Notre devoir est de soutenir et de consolider ces sociétés afin qu'elles s'acquittent au mieux de leur tâche.
Pour réaliser nos ambitions et atteindre nos objectifs, nous n'avons d'autre choix que d'engager avec audace et assurance la réalisation de ces différentes réformes, seules susceptibles de bâtir la Tunisie de demain. Nous sommes, en effet, convaincus que les avantages qu'elles apportent au pays et les perspectives qu'elles lui ouvrent l'emportent largement sur les coûts et les sacrifices qu'elles nécessitent.

Grâce à ces réformes, nous pourrons accélérer le rythme de développement, employer une plus grande part d e la main-d'œuvre additionnelle, dans le cadre d'équilibres financiers sains, préservant la crédibilité du pays et garantissant toutes les chances du développement à l'avenir. Je ne manquerais pas, ici, de réaffirmer que notre succès dans la réalisation de ces objectifs sera à la mesure de note engagement à œuvrer avec sérieux et détermination pour augmenter la production et améliorer la productivité et également de notre cohésion autour de cet ambitieux programme de développement.

Les événements survenus sur la scène internationale au début de cette année et les retombées sur l'économie de notre pays et celle de l'ensemble des pays du monde ont confirmé le bien-fondé de notre choix qui accorde à l'agriculture une place privilégiée dans notre politique de développement. Il a été, ainsi, établi que l'agriculture est à la base de toute action de développement reposant sur les ressources propres à chacun et que la réalisation de la sécurité alimentaire n'est pas impossible dès lors que la volonté existe et que les efforts sont conjugués pour lui assurer les conditions propices.

C'est dans cet esprit que l'agriculture et la pêche ont, depuis le changement, bénéficié d'une attention constante, dans le cadre de l'œuvre de développement économique. Nous nous sommes ainsi imposés un rythme soutenu quant aux mesures et décisions incitatives prises dans le but d'aider les agriculteurs à moderniser leurs méthodes d'exploitation, à augmenter la production et à garantir l'efficience de la gestion et l'efficacité dans la réalisation.

Soucieux d'imprimer l'impulsion nécessaire à l'investissement et d'allouer à l'agriculture les fonds que nécessite une telle impulsion, nous avons entrepris de simplifier les procédures et de rapprocher les services des agriculteurs. Bientôt, nous ouvrirons le dossier du crédit agricole qui, à nos yeux, représente la pierre angulaire de la réalisation de ces objectifs.

Nous avons également institué une politique des prix et revenus encourageante pur les agriculteurs et débloqué les fonds nécessaires pour entamer la réalisation de plans ambitieux visant à mobiliser les ressources hydrauliques, renforcer l'infrastructure et les programmes de boisement et protéger les terres agricoles de l'érosion et de la désertification.

Le plan visant à lutte contre la sécheresse et à fixer les populations sur leur sol repose sur deux principes: le premier concerne la nécessité de prévenir les années de sécheresse, de mobiliser les ressources et d'orienter la production conformément aux exigences de l'économie d'eau. Le but en est de maintenir le niveau de la production et d'éviter que celle-ci n'atteigne un seuil qui mettrait la sécurité alimentaire en péril ou affecterait les revenus des agriculteurs.

Quant au second principe, il consiste, en plus de l'augmentation de production et de l'amélioration de la productivité, à préserver et développer les forces de production, en les protégeant contre l'exploitation abusive et les fléaux naturels tels que l'érosion et la désertification. C'est que protéger ces ressources revient à préserver l'avenir de nos générations qui constitue pour nous une grande responsabilité. Sans cette action de préservation, le développement ne saurait être permanent.

Nous considérons, cependant, que pour relever ces défis, l'effort d'aide, de soutien et d'encadrement fourni par l'Etat ne suffit pas, tant il s'agit d'une tâche qui demeure tributaire de la contribution des agriculteurs à cet effort. Nous sommes persuadés que l'agriculteur tunisien est capable de s'assumer et d'être un élément agissant du circuit économique. Dès lors, tous les agriculteurs sont appelés à consolider leurs structures professionnelles qui n'ont pas uniquement pour tâche de leur faciliter les services mais aussi, et essentiellement, d'être l'interlocuteur valable des différentes parties avec lesquelles elles sont en rapport, qu'il s'agisse de partenaires économiques, gouvernementaux et non-gouvernementaux ou même de partenaires étrangers désireux de traiter avec nous dans le cadre de la sous-traitance et du renforcement de l'investissement dans le secteur agricole, afin de développer la production et de participer à l'exportation.

Nous avons soumis la question des terres domaniales agricoles à une large consultation nationale à la faveur de laquelle il a été possible de prendre une série de décisions pour les appliquer dans la transparence la plus totale. Parmi ces mesures figure la restructuration des terres domaniales agricoles selon des critères reposant sur l'efficience et l'amélioration de la production.

Eu égard à l'importance de la régularisation de la situation foncière des terres agricoles, l'Etat a repris possession des domaines qu'il avait confiés aux offices agricoles et qui n'avaient pas été cédés. Cette action a été menée après la création du ministère des Domaines de l'Etat qui s'est chargé de la gestion de l'aspect foncier de ces domaines.

Nous poursuivrons l'assainissement de la situation foncière des terres collectives et des terres habous en accordant des titres de propriété à leurs ayant s droit et en les soustrayant à l'indivis.

Nous continuerons aussi à résoudre les problèmes d'ordre foncier qui se posent au niveau des agglomérations implantées anarchiquement sur les terres domaniales pour régulariser définitivement cette situation foncière, en tenant compte, en toute compréhension, des cas sociaux.

Le dossier des domaines de l'Etat a constitué l'une de nos principales préoccupations depuis le Changement en raison de la situation floue dans laquelle ils étaient demeurés durant des décennies. C'est pourquoi nous avons souligné dans la déclaration du 7 Novembre qu'il n'y aura point de laxisme face à la dilapidation du bien public.

L'intérêt accru que nous portons à l'aspect social de notre politique de développement procède de notre conviction de la nécessité d'utiliser au mieux les fruits de l'effort de développement pour servir le citoyen, réaliser ses aspirations à une vie digne et à un lendemain meilleur et aider particulièrement les économiquement faibles qui sont les plus exposés aux incidences négatives du développement.

L'attention que nous accordons au citoyen demeurera l'une des constantes fondamentales de notre action de développement, en dépit du caractère délicat d e la conjoncture qui prévaut aux échelles tant intérieure qu'extérieure. Nous entendons ainsi réaffirmer notre volonté d'édifier une société équilibrée, reposant sur la justice, l'entente et l'égalité des chances.

Il est, dès lors, naturel que l'Etat supporte en premier les charges du développement social et qu'il œuvre à concrétiser les objectifs qu'il s'est assignés en ce qui concerne l'emploi, la protection sociale, la santé, l'enseignement et l'habitat. C'est que nous avons désormais dépassé la dialectique de l'incompatibilité entre développement économique et développement social. Ainsi, nous avons tenu à inscrire la politique de progrès social dans une stratégie de développement globale et cohérente, traduisant notre aspiration a venir à bout des facteurs de sous-développement, à édifier une société juste et à conforter la stabilité politique et sociale. Il n'en est de meilleure preuve que l'accroissement continu du volume des transferts sociaux qui a atteint 20% du PIB.

L'emploi demeure en tête de nos préoccupations en tant que défi majeur auquel fait face la communauté nationale, tant il se répercute sur l'équilibre de la société et sur sa stabilité et traduit le degré de succès de nos choix en matière de développement pour ce qui est de la solution des problèmes fondamentaux de la société. C'est pourquoi nous avons déployé tous les efforts possibles pour instaurer l'atmosphère propice à l'investissement, en révisant certaines législations pour les adapter aux exigences du développement, assainir le climat social, renforcer la quiétude et réhabiliter le travail en tant que valeur. Nous avons ainsi pu, tout au long des quatre années écoulées, créer 17 mille postes de travail, malgré des conditions naturelles difficiles et une situation économique délicate et ce, grâce aux crédits consentis par l'Etat et aux efforts des partenaires sociaux. Si les réalisations accomplies dans ce domaine sont restées en deçà de nos ambitions, en dépit des efforts que nous avons déployés, nous nous devrons de reconnaître que la lutte contre le chômage demeure une responsabilité collective car les institutions de l'Etat ne peuvent à elles seules y faire face.

La pari est de taille et nous commande, à tous, de redoubler d'efforts et de persévérance, de concevoir les solutions qui permettent de mettre à profit les potentialités disponibles en vue de satisfaire le plus grand nombre possible de demandeurs d'emplois et de faire preuve d'esprit d'initiative.

Conscients de l'importance du rôle dévolu à toutes les parties dans la consolidation de la paix sociale, la consécration du comportement démocratique responsable des différents agents de production, l'instauration des conditions propices à la dynamisation de l'économie et à la poursuite de la réforme et de l'action de développement intégral, d'enf aire un mode de comportement social civilisé. C'est que le dialogue constitue l'instrument idoine permettant de résoudre les conflits professionnels, de conforter la complémentarité des agents de production et d'asseoir les relations professionnelles sur des règles claires en conformité avec la loi et les engagements pris.

Convaincus du caractère impératif du concours de ces agents à l'édification de l'avenir commun et à la maîtrise de la situation économique et sociale, dans l'intérêt supérieur du pays, nous nous sommes employés à conforter la confiance entre les organisations professionnelles.

Nous avons aussi tenu à consolider la place de ces organisations, à respecter leur indépendance et à les associer à l'examen des question dont dépend le devenir du pays afin que celles-ci puissent concrétiser la solidarité qui doit régir les rapports interprofessionnels et afin que l'Etat se consacre au rôle qui est le sien, à savoir l'arbitrage et la conception des grandes orientations d e la politique de développement.

Tout en estimant à leur juste valeur les efforts constructifs déployés par les organisations professionnelles pour consolider le dialogue et résoudre pacifiquement certains problèmes, nous souhaitons que ces partenaires transcendent leur rôle traditionnel, en propageant les nobles valeurs telles que l'amour du travail, l'abnégation, le dévouement, en renonçant à leur attitude de partenaires antagonistes pour se hisser au niveau de partenaires solidaires.

Ces organisations sont aussi appelées à agir autant que possible pour dégager un consensus autour de l'ensemble des questions décisives auxquelles fait face à la communauté nationale et à prendre des mesures pratiques pour concrétiser une telle entente, notamment en ce qui concerne les salaires, la productivité et les conditions de travail, et ce, en vertu de leurs engagements dans l'accord du 17 avril 1991. Il s'agit de concilier les aspirations légitimes des travailleurs à l'amélioration de leur niveau de vie avec le renforcement de la compétitivité des entreprises et l'efficacité requise des moyens de production.

Partant de l'intérêt que nous portons au citoyen dans notre échelle de valeurs, nous nous sommes souciés d'en rehausser davantage le rang en insistant sur son droit à l'enseignement, à la culture et à la protection sociale.

Ayant voulu faire de l'ère nouvelle celle de la démocratie et du développement, notre intérêt s'est porté sur tous ces domaines, y compris la réforme de l'enseignement dans ses différentes étapes. Cette réforme ambitionne de restaurer le haut prestige de l'école tunisienne de l'esprit et l'amour du Savoir et en conformité avec notre option démocratique et les exigences de l'action de développement.

Nous avons, pour ce faire, suivi la voie de la concertation élargie, de l'examen approfondi et du respect total des valeurs constantes de notre peuple, de ses idéaux et de ses aspirations, solidement ancrés dans son identité nationale et dans son appartenance à la civilisation arabo-islamique.

Cet effort dans lequel les éducateurs ont joué un rôle d'avant-garde a abouti à une nouvelle loi organisant l'éducation de manière à en combler les lacunes et à permettre à nos institutions éducatives de former des citoyens sains d'esprit, capables de discernement, modérés dans leurs jugements, assumant la liberté d'entreprendre et consacrant le travail comme valeur suprême. Des citoyens n'ayant d'allégeance que pour la Tunisie, fiers d'être dévoués à leur patrie et œuvrant pour sa prospérité avec abnégation, mus en cela par un élan patriotique et un sens civique aigu, libérés de toute propension à l'agressivité et prédisposés à une vie sociale solidaire avec tout ce qu'elle implique comme interdépendance des droits et des devoirs d'une part, de la liberté et de la responsabilité d'autre part.

Notre jeunesse est d'autant plus appelée à redoubler d'efforts et à faire preuve d'engagement pour le succès de notre œuvre de développement que cette nouvelle ère qui est la sienne est celle de la réussite scolaire, grâce à la gratuité de l'enseignement, rendu obligatoire, aux mesures que nous avons prises et qui ont trait aux programmes d'enseignement aux méthodes de communication et au conditions des études, grâce aussi à la sollicitude et à la considération que nous vouons à la famille éducative militante. C'es là une tâche que rend impérative le doublement de l'effectif des étudiants au cours de la prochaine décennie, ce qui nécessitera des financements dont le volume, aux prix constants, dépassera le double des investissements consentis par la pays dans ce secteur, depuis l'indépendance jusqu'à nos jours.

Nous avons soutenu cet effort éducatif global par une politique culturelle propre à faire profiter l'ensemble des citoyens du fruit de la pensée humaine dans tous les domaines de l'art et de la création. De même, nous nous sommes attachés à réhabiliter notre patrimoine, à sauvegarder nos biens culturels et à préserver nos vestiges de la déperdition, sachant qu'ils font partie de notre identité et constituent l'un des symboles de notre enracinement dans l'histoire universelle.

Notre effort éducatif ne s'est pas seulement limité à assurer à la jeunesse les moyens de se former scientifiquement et de s'épanouir spirituellement, mais s'est également employé à préserver, autant que possible, cette jeunesse de tous les dangers auxquels elle pourrait s'exposer tels que l'interruption prématurée de la scolarité et les autres facteurs d'inadaptation sociale due à des raisons familiales, économique, psychiques ou inhérentes à l'environnement et qui conduirait la jeunesse à la délinquance si les mesures préventives nécessaires n'étaient pas prises.

Nous avons, à cet effet, créé des bureaux d'action sociale dans les établissements d'enseignement primaire et secondaire afin d'aider l'école à atteindre ses objectifs éducatifs au profit de tous nos enfants et ce, dans le cadre d'un programme plus vaste orienté vers l'action scolaire sociale. Ce programme a entre autres finalités de conforter la démocratisation de l'enseignement en œuvrant à atténuer l'effet des difficultés que rencontrerait l'élève pendant sa scolarité.

Nous insistons notamment sur la nécessité d'assurer la scolarisation des filles et la poursuite de leurs études. La femme est, dans ce contexte, investie d'un rôle primordial et d'une responsabilité particulière tant à l'échelle individuelle qu'au niveau des organisations féminines, maintenant que l'ère nouvelle lui a garanti l'égalité et en a fait un élément agissant dans l'œuvre de développement et de progrès menée dans le pays, elle qui se trouve être la cible privilégiée des forces obscurantistes et rétrogrades.

Toute cette sollicitude dont nous entourons la jeunesse procède d'une conviction que nous avons proclamée dès le Changement, à savoir que la jeunesse constitue le pilier de l'avenir et que la promotion des jeunes générations figue parmi les attributs de l'invulnérabilité du pays.

Pour préparer la jeunesse à assumer ces charges, nous avons accordé une importance majeure à notre politique en matière de formation professionnelle et d'emploi, compte tenu du rôle de la formation dans la satisfaction des besoins de l'économie en compétences et en spécialités de toutes sortes et des possibilités qu'elle offre pour favoriser l'insertion des jeunes dans le circuit économique. Il s'agit aussi de former des techniciens et des ouvriers qualifiés et en nombre suffisant afin de moderniser l'appareil de production, de développer la faculté d'innovation et de maîtriser la technologie. Nous considérons que cette stratégie n'est pas moins importante que la que la réforme éducative proprement dite, dès lors qu'elle la complète. C'est pourquoi nous l'avons fondée sur la concertation et la coordination entre les différentes parties concernées.

Le développement, aujourd'hui, est un pari que nous ne saurions gagner sans que soient réunies le maximum de conditions d'efficience. Or une telle efficience ne saurait être assurée tant que nous n'aurions pas maîtrisé les sciences et les techniques de l'époque, et que nos apports et notre créativité n'auraient pas atteint des niveaux élevés.

Cela nous a conduit à créer des pôles d'élites universitaires pour former de hautes compétences dans les domaines tant de la conception que de l'exécution des projets. Nous avons ainsi décidé d'instituer une école polytechnique tunisienne. Nous avons aussi œuvré, dans le cadre de la réforme de l'enseignement supérieur, en vue de permettre aux écoles tunisiennes d'ingénieurs d'améliorer qualitativement et quantitativement leur rentabilité. De même, nous avons pris les mesures nécessaires pour ouvrir l'université sur son environnement afin de parfaire la corrélation entre formation et emploi d'une par, et entre la recherche scientifique et les exigences de l'économie nationale, d'autre part.

Nous sommes résolus à imprimer à la recherche scientifique l'impulsion nécessaire pour la promouvoir et l'approfondir, et pour épanouir l'esprit d'initiative et de créativité afin d'innover et de vaincre les difficultés, d'autant que la Tunisie dispose désormais d'un grand nombre d'éminents chercheurs exerçant dans les centres de recherche et dans les institutions universitaires et économiques.

L'action de développement global et équilibré, dans ses dimensions économiques et sociales, représente un élément fondamental des choix que nous avons adoptés ensemble et consignés dans le Pacte National. Nous sommes, tous, convenus du modèle de société que nous voulons pour nous mêmes et pour notre pays. Depuis le Changement, nous sommes attelés à la promotions de la vie politique dans le pays, et à la mise en place d e la plate-forme adéquate pour réaliser l'œuvre de développement en assurant l'adéquation entre démocratie et développement, à travers une action menée parallèlement et de manière complémentaire dans les deux domaines.

Nous avons constamment œuvré, jour après jour, à la consécration de la démocratie, à la concrétisation du pluralisme dans les divers domaines et les différentes institutions, au renforcement des libertés publiques et individuelles, à la préservation des droits de l'homme, dont nous avons fait l'une des constantes de notre projet de civilisation, et à la réhabilitation de nos valeurs culturelles et religieuses en tant que fondement du modèle de société que nous ambitionnons. Nous avons ainsi, ouvert la voie aux partis politiques, aux sensibilités intellectuelles et aux associations qui offrent de larges espaces d'activité et d'expression pour tout citoyen et toute citoyenne. Malgré l'homogénéité de notre peuple qui -grâce à Dieu- ne souffre d'aucun problème de différence ethnique, religieuse ou linguistique et dont les aspirations des diverses franges à un lendemain meilleur sont les mêmes et en dépit de la convergence de nos programmes avec ceux de l'opposition depuis le Changement qui, du reste, a réalisé ce que cette même opposition revendiquait, nous avons apporté à celle-ci toute l'assistance de nature à l'aider à s'acquitter de sa tâche dans la cristallisation des idées politiques et la canalisation des courants et orientations qui viendraient à voir le jour et à occuper la place qui lui revient dans les instances consultatives et constitutionnelles. Plusieurs échéances électorales ont été offertes à l'opposition pour lui permettre d'accéder aux institutions représentatives, consultatives. Cependant, et pour des raisons qui la concernent, elle a préféré, dans la plupart des cas, ne pas recourir à l'arbitrage des urnes. Une telle attitude, comme je l'ai déjà dit, relève de sa responsabilité.

Nous n'en avons pas moins maintenu le dialogue avec l'opposition. Ce dialogue se poursuivra. Les portes en demeureront ouvertes, notamment au niveau du Conseil supérieur du Pacte National qui existe toujours, et qui a déjà abouti à des résultats positifs dont l'un, et non le moindre, a été l'amendement du code électoral en ce qui concerne les municipalités. Nous sommes disposés à dynamiser cette instance et à promouvoir son action.

Il est du droit de tout citoyen et de toute citoyenne, aux niveaux individuel et collectif, d'aspirer à avoir une place sur la scène politique dans on pays. Il s'agit d'un droit légitime de par la Constitution et de par la loi, et nous en sommes les garants. Mais nul n'est en droit d'altérer le prestige de son pays, de mépriser ses compatriotes ou de manœuvrer en vue de créer des situations pour les exploiter à des desseins inavoués.

Il est des duperies qui rabaissent leurs auteurs, comme celle de prétendre que notre approche pour remédier à la question des courants extrémistes est uniquement d'ordre sécuritaire. Si par solution sécuritaire, on entend l'application de la loi et l'accomplissement de leurs devoirs par ceux qui y veillent, eh bien ! nous sommes d'accord. Sinon, pourquoi ces personnes malintentionnées n'évoquent-elles pas toutes les mesures politiques que nous avons prises, depuis le début du changement, en vue de réaliser la réconciliation nationale entre tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes, ni l'amnistie voire la clémence qui a bénéficié même aux groupes sécuritaires. pourquoi ne perlent-elles pas également des mesures qui ont réhabilité la religion et ses rites, enraciné le pays dans son environnement arabe et islamique, consolidé ses valeurs spirituelles et nationales, ni non plus de la modernisation de l'université zeitounienne?

La réforme de l'éducation a-t-elle d'autre objectif que d'inculquer aux jeunes générations la foi pure, l'amour de la patrie, du travail et du bien? Pourquoi avons-nous ouvert la porte à tous les partis, à tous les groupements et individus, sans exception, pour qu'ils se lancent dans la compétition électorale? pourquoi nous sommes-nous souciés, en outre de poursuivre le dialogue avec l'ensemble des parties et avons-nous attaché toute l'importance requise à ce qu'elles soient représentées au Parlement, le Rassemblement ayant même accepté pour cela de ne pas participer aux dernières élections législatives partielles? Pour quelle raison avons-nous donné toutes les garanties pour l'exercice de la liberté d'opinion et d'expression et accordé une attention particulière aux droits de l'homme? Pourquoi avons-nous mutuellement souscrit au Pacte National et ouvert la porte du dialogue et de la concertation, y compris sur des questions qui sont du seul ressort du pouvoir exécutif, qu'il s'agisse de questions, des compétences au sein des conseils consultatifs? Notre œuvre de développement aux plans économique et social, a-t-elle d'autres finalités que de remédier à ces situations?

Nous nous employons à gérer les affaires du pays sur la base d'une stratégie globale, et dans le cadre d'un plan d'ensemble, en vue d'édifier une société de progrès, équilibrée, saine et indemne de tous les fléaux, en particulier celui du terrorisme et de l'extrémisme, fléau conjoncturel, isolé et rejeté par la société. Aujourd'hui que les conditions propices ont été réunies pour réussir dan cette entreprise il n'y a plus lieu de se livrer à la tromperie ou à la surenchère ni de provoquer la sédition. Quiconque choisirait cette voie, verrait, immanquablement, ses actes tomber sous le coup de la loi, car il ne saurait être question de réconciliation avec lui.

L'action qui nous attend, pour poursuivre le Changement et réaliser nos objectifs, exige encore bien des efforts. Nous avons pris sur nous d'agir sans relâche afin de permettre aux Tunisiens, hommes et femmes de toutes les générations et de toutes catégories, de participer à l'ébauche des contours de l'avenir, sachant que la démocratie ne saurait être du seul ressort des forces politiques, des organisations nationales et des associations, mais concerne tous citoyens et citoyennes, dans chaque partie du territoire national. Partant de cette conviction, nous nous sommes attachés à asseoir les fondements de la démocratie locale en mettant sur pied les conseils régionaux en tant que structures décentralisées, et cellules de base du développement contribuant à la concrétisation des objectifs économiques et sociaux du pays, et à la responsabilisation de la direction régionale, afin qu'elle soit un instrument de conception et de planification des projets, en concrétisation des aspirations et attentes des régions. Cette réforme a permis une représentativité plus grande des zones communales et rurales au sein du Conseil Régional, outre l'ouverture de cette instance sur toutes les compétences régionales et sa composition englobant les élus locaux et régionaux. Ainsi, il s'est trouvé, à travers ses membres, représenté au Conseil Economique et Social et au Conseil Supérieur du Plan, ce qui permet aux régions d'apporter une contribution efficiente à la définition des grandes orientations de la politique économique et sociale du pays.

L'extension de ces prérogatives, l'instauration des bases de la planification régionale, pour la première fois dans l'histoire contemporaine de la Tunisie, et la création de comités de quartier pour associer le citoyen à la définition du cadre de vie, constituent autant de mesures qui vont nous permettre de concrétiser le principe de compter sur les capacités tunisienne, où qu'elles se trouvent, pour qu'elles prennent, avec confiance et sérénité, l'initiative de construire de leurs propres mains leur environnement développementiel jour après jour, et qu'elles puissent voir se réaliser, étape après étape, ce qu'elles avaient conçu. C'est, là, dans son acception civilisationnelle la démocratie que nous voulons voir se traduire dans les faits, et devenir un comportement quotidien, complétant ce qui a été réalisé au plan politique et apportant le meilleur appui à l'action de l'ensemble des forces nationales. Nous comptons, en cela, sur un épanouissement plus grand de la vie associative qui constitue un des supports fondamentaux de la société civile.

Nous exhortons aujourd'hui tous les Tunisiens et Tunisiennes, que nous avions appelés à chaque fois, à se consacrer entièrement au travail et à faire preuve d'ardeur dans l'effort pour assurer le succès de cette orientation, à assumer cette responsabilité, car l'esprit d'initiative et de créativité ne peut s'épanouir que si cette responsabilité se trouve assumée avec courage et conscience.

Nous avons entrepris, à côté des grandes réformes que connaît le pays depuis quatre ans, la modernisation de nos législations dans les divers domaines à tous les niveaux. Pour faire connaître ces réformes et toutes les réalisations accomplies, nous comptons grandement sur les médias, et les hommes de la profession, pour qu'ils suivent de près les mutations qui s'opèrent et les fassent connaître le plus rapidement possible, avec objectivité et honnêteté, conformément à l'éthique du métier. Nous œuvrons inlassablement pour que la Tunisie se hisse au niveau des pays avancés en matière de réseaux de communication et de technologies de pointe qui garantissent l'efficacité et la célérité de transmission et assurent au citoyen le droit d'être informé de tout ce qui se passe tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

L'évolution de l'information constitue l'un des fondements de l'édifice démocratique, et représente une quête constante destinées à réaliser les aspirations du citoyen tunisien et à lui assurer les conditions de la dignité.

Depuis quatre ans, nous nous sommes efforcés de promouvoir l'information afin qu'elle aille de pair avec le processus du changement, exprime les préoccupations du peuple et soit le miroir fidèle de ses aspirations. Nous avons veillé et veillons toujours à permettre aux hommes de médias à remplir leurs lourdes et délicates charges dans les meilleures conditions, conscients que nous sommes de leur noble mission et du rôle capital incombant à la presse pour ce qui est d'éclairer l'opinion, de l'éduquer et de bâtir la société démocratique, équilibrée et civilisée.

Parce que convaincus qu'une presse libre, honnête et responsable ne peut que favoriser un processus démocratique sain, nous nous efforçons constamment de promouvoir ce secteur primordial et de lui donner les moyens d'évoluer et de tendre vers le mieux.

Nous persévèrerons dans l'effort afin de faire évoluer l'information radiodiffusée et télévisée en ouvrant plus de dossiers relatifs aux questions qui préoccupent le citoyen pour que son opinion ait toute la place qu'elle mérite dans ce domaine, et pour que chaque Tunisien puisse apporter une contribution effective à l'enrichissement de notre œuvre avant-gardiste de civilisation.

Nous croyons que dans notre société en développement une presse évoluée, qui repose sur l'intégrité des gens du métier et la maturité du citoyen, représente le meilleur moyen pour venir à bout de tous les phénomènes d'extrémisme, d'hystérie et de déviationnisme. C'est aussi un des meilleurs moyens de consolider les bases de la démocratie et du civisme.

Notre attachement aux droits de l'homme et l'action que nous menons en vue de les consolider et d'en garantir la pratique effective, font partie intégrante de notre projet de civilisation.

Nous nous sommes fait un devoir de ne ménager aucun effort afin d'améliorer la condition du citoyen tunisien, de lui permettre de jouir de la plénitude de ses droits et de préserver sa dignité, car les droits civiques de l'homme sont des droits naturels qui illustrent son humanité et ne souffrent ni restriction ni suspension. En dépit des complots terroristes et des violences, dont les droits de l'homme sont la cible en Tunisie,nous ne nous sommes pas écartés de la voie que nous nous sommes nous-mêmes tracée et nous n'avons pas eu recours à des lois ou à des tribunaux d'exception pour garantir la pérennité et l'invulnérabilité de l'Etat.

Nous avons entrepris, depuis le Changement, de réconcilier le citoyen avec son environnement et avec l'Etat, tout en renforçant la liberté d'opinion et d'expression au moyen de lois appropriées. Nous avons également pris l'initiative, sitôt que des bruits avaient commencé à courir à propos d'abus contre les détenus, de former une commission d'enquête dont les conclusions ont été publiées par les organes de presse et nous avons ordonné l'ouverture d'information judiciaire au sujet des cas prouvés.
Nous croyons que nos efforts dans la diffusion de la culture des droits de l'homme sont le meilleur rempart pour protéger ces droits et la société contre toutes les velléités terroristes qui sont d'avance vouées à l'échec.
Nous avons accordé un intérêt constant à cette question en permettant aux organisations humanitaires d'opérer, et en développant l'information relative aux droits de l'homme. Nous avons également décidé de créer une chaire pour l'enseignement des droits de l'homme dans les facultés de droit et de sciences politiques.

Nos réalisations dans le domaine des droits de l'homme ont hissé la Tunisie à une place de choix dans le contexte des nations. C'est ainsi que des organisations internationales et nationales s'occupant des droits de l'homme se sont installées en Tunisie et que notre pays accueille des conférences où l'ont discute en toute liberté des droits de l'hommes et des moyens de les sauvegarder.

Nous nous sommes souciés de renforcer les liens de coopération parce que nous croyons à la solidarité internationale, et apprécions les efforts déployés dans le cadre des Nations Unies de concert avec toutes les parties intéressées et spécialisées dans le domaine des droits de l'homme. Grâce à quoi, la Tunisie a retrouvé sa vraie place et joue désormais un rôle avant-gardiste, influent et efficace.

Le nouvel ordre international repose sur les droits de l'homme, et se fonde sur la solidarité entre les peuples et leur attachement à une somme de valeurs universelles et fondamentales qu'ils ont en commun. Nous pensions, quant à nous, que le renforcement des droits de l'homme dans les pays en voie de développement requiert davantage d'effort de la part des peuples et des gouvernements, ainsi qu'une solidarité accrue entre les Etats. Car il n'y a point d'avenir pour les libertés ni de pérennité pour les droits tant que les pays en développement se montreront incapables de réussir dans leur politique économique.

Partant de tous ces principes, et par souci de maintenir les options sur la base desquelles nous nous sommes engagés à l'égard des Tunisiens, et après également l'achèvement des travaux de la commission de révision du Code de Procédure Pénale, et dans le cadre de notre ferme volonté de respecter les libertés individuelles, nous enregistrons avec satisfaction les résultats auxquels a abouti la commission dans la mise en forme des recommandations que je lui ai faites concernant une réduction accrue de la période de la garde-à-vue, et un recours moins fréquent à cette mesure et ce, en instituant le contrôle judiciaire pour, d'une part, faciliter la mise en liberté provisoire et, d'autre part, faciliter la mise en liberté provisoire et, d'autre part, rendre cette remise en liberté obligatoire en matière correctionnelle, lorsque la Chambre d'Accusation ne se prononce pas, dans un délai de huit jours, sur la demande qui lui est présentée.

Dans notre souci de favoriser la réinsertion sociale de ceux qui se sont égarés du droit chemin, nous avons décidé d'amender le Code de Procédure Pénale en matière de réhabilitation. Si dans ses dispositions actuelles, le Code prévoit la possibilité pour les condamnés de recouvrer leurs droits, un an après l'expiration de la peine pour le délit et cinq ans pour les crimes, une fois les conditions légales remplies.

Le projet de révision du Code de Procédure Pénale sera prochainement soumis à la Chambre des Députés.

Notre pays a vécu au rythme des événements graves dont la région du Golfe a été le théâtre. Nous avons à cet égard entrepris, avec assurance et détermination de consacrer les principes fondamentaux, et les grands choix que nous avions assignés dans la déclaration du 7 novembre, à notre politique étrangère afin que la Tunisie demeure à jamais une terre de dialogue et de paix. La diplomatie du 7 novembre a prouvé qu'elle était la diplomatie de la confiance en soi, de la clarté, de la constance dans les principes, de la fidélité aux valeurs et du respect des engagements. Elle a également prouvé qu'elle était la diplomatie de la présence, de l'initiative et de l'interaction positive avec les événements, ce qui sert les intérêts supérieurs de la Tunisie, renforce ses relations avec les pays frères et amis et consacre son soutien aux causes du droit de la justice et de la liberté.

Au cours de l'année 1991, la diplomatie tunisienne a mené une offensive tous azimuts afin de promouvoir la sécurité, la paix et la coopération entre les nations dans le cadre d'un nouvel ordre international où tous les peuples devraient jouir de la concorde, de l'égalité, de la scolarité et du développement.

Nos toutes premières initiatives ont été prises en direction des pays arabes. C'est ainsi que, de concert avec nos frères dirigeants des Etats du Maghreb Arabe, nous nous sommes employés à restaurer la solidarité et la cohésion des rangs arabes et à relancer l'action arabe commune.

Nous ne pouvons à cet égard que nous réjouir des signes positifs qui sont apparus ces derniers temps au niveau des relations interarabes, avec l'espoir de voir se poursuivre le contact et la concertation entre partenaires arabes de manière à conforter le climat de confiance, et à fonder des liens solides basés sur le respect mutuel, l'intérêt commun et une solidarité fraternelle agissante.
La présence de la Tunisie à la conférence de paix qui se déroule actuellement, son soutien constant aux efforts déployés en vue de résoudre la crise du Moyen-Orient, procèdent de son attachement permanent à la paix et au respect de la légalité internationale. Ils procèdent également de sa volonté de privilégier le dialogue et la négociation pour résoudre les conflits ainsi que de sa foi absolue en la justesse de la cause palestinienne, et en la nécessité de résoudre cette question et les causes de la région en conformité avec les résolutions Onusiennes, de manière à garantir un règlement équitable, global et durable au Moyen-Orient.

En nous félicitant de la tenue de cette confiance nous pensons que le pari de la paix ne pourra être gagné qu'en faisant preuve de sérieux et de sincérité dans les intentions et en s'attachant à respecter la légalité internationale et à imposer la volonté de la loi.

C'est à ce prix que sera levée l'injustice frappant le peuple palestinien, que les droits légitimes de ce peuple seront reconnus, que la politique d'implantation de colonies de peuplement sera stoppée, qu'Israël se retirera des territoires arabes occupés, y compris la ville sainte d'Al Qods, qu'un climat de confiance mutuelle sera instauré et qu'une paix juste, globale et durable sera établie entre toutes les parties en conflit.

Depuis le Changement du 7 novembre, nous avions affirmé que le Maghreb Arabe était notre aire naturelle, et nous avions, en conséquence, œuvré avec abnégation et enthousiasme à concrétiser le vieux rêve longtemps caressé par des générations successives de maghrébins, celui de voir naître cette entité.

Nous nous sommes engagés, avec nos frères dirigeants des Etats maghrébins, dans l'étape de la réalisation effective de l'édifice maghrébin, après avoir mis en place les instances et institutions communautaires. Notre but en cela est de répondre aux ambitions de nos peuples à la coopération, à la complémentarité et à l'intégration, et d'en défendre les intérêts face aux multiples défis de notre temps.

La Tunisie, qui a cru à la nécessité de faire de l'Union du Maghreb Arabe un ensemble ouvert sur son environnement immédiat et lointain, s'emploie avec ses frères maghrébins à resserrer les liens avec les pays situés à l'intérieur de son aire géographique, et en premier lieu les Etats de la Communauté Economique Européenne, d'une part, et les Etats et Communautés économiques d'Afrique, d'autre part.

Nous souhaitons à cet égard que le prochain sommet que la Tunisie accueillera au début de l'année 1992, et qui groupera les Etats maghrébins et les pays européens du bassin occidental de la Méditerranée, sera l'occasion d'opérer une mutation qualitative dans les relations Euro-Maghrébines et ce, dont l'intérêt de la coopération économique et du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région.

A notre vais, le sommet devrait ouvrir de nouveaux horizons pour une coopération plus large entre l'UMA et la CEE dans l'optique de relations stratégiques prometteuses incluant notamment le co-développement, les projets de partenariat et les questions de l'émigration et du recyclage de la dette.

Nous sommes persuadés que le dialogue Euro-Maghrébin est de nature à conforter les positions arabes et à favoriser la poursuite du dialogue Euro-Arabe.

D'un autre côté, la Tunisie de l'ère nouvelle a accordé un intérêt particulier à son appartenance africaine. Elle n'a épargné aucun effort pour soutenir les causes de la libération et de l'indépendance, et encore moins dans l'action menée en faveur du renforcement de la coopération et de la complémentarité entre les pays africains.

Nous ne pouvons à cet égard que nous réjouir des initiatives audacieuses qui ont été prises dans le but d'abolir la ségrégation raciale en Afrique du Sud, de même que nous formulons l'espoir de voir ces initiatives aboutir à l'instauration d'une société démocratique où règnent la justice et l'égalité. C'est avec satisfaction également, que nous relevons la continuité et l'intensification des rapports de confiance et de coopération avec nos partenaires traditionnels en Europe comme en Amérique, ce qui témoigne de la considération et de la crédibilité dont jouit notre pays, et sur lesquelles ni les crises passagères ni les événements conjoncturels n'ont de prises.

Nous sommes résolus à œuvrer en vue de promouvoir et de renforcer les relations dans le cadre de nos choix fondamentaux pour l'ouverture économique, la consécration de la démocratie et le renforcement des droits de l'homme.

Depuis le Changement du 7 novembre, nous avons porté un intérêt particulier à la colonie tunisienne à l'étranger, parce que convaincus qu'elle fait partie intégrante de la société tunisienne, et que la finalité première de tout ce que nous entreprenons n'est autre que le tunisien où qu'il se trouve.

Nous avons toujours insisté sur la nécessité d'entourer les ressortissants tunisiens à l'étranger, toutes générations confondues et indépendamment de leurs préoccupations, de toute l'attention et de toute la sollicitude requises afin de conserver toujours intacts leurs liens avec la mère-patrie, et afin qu'ils sentent que leurs pays est toujours là à leurs côtés, par le biais de la communication et du contact politique, culturel et religieux et ce, selon des programmes qui correspondent à leurs aspirations et à leurs besoins, de façon qu'ils soient au diapason du processus de changement mené dans le pays, et qu'ils participent à son essor et à son développement.

En exprimant notre satisfaction du rôle appréciable joué par les structures d'encadrement à l'étranger, nous les appelons toutes, par souci d'être en phase avec les mutations déjà effectives ou en passe de la devenir sur la scène internationale, à approfondir leur connaissance de la réalité de l'émigration et des préoccupation de nos compatriotes, à s'efforcer de conférer plus d'efficacité et d'efficience à la défense des intérêts des tunisiens, et à opter pour la coordination inter-maghrébine, particulièrement lorsqu'il s'agit de définir une politique vis-à-vis des deuxièmes et troisième générations de l'immigration.

Nous voudrions à cette occasion adresser notre hommage et nos encouragements aux citoyens tunisiens à l'étranger pour les efforts sincères qu'ils ont déployé en vue de rehausser le prestige de la Tunisie, et d'en renforcer la grandeur et l'invulnérabilité, les appelant à redoubler d'abnégation et de dévouement pour le bien de la nation et la sauvegarde de son image de marque.

La Tunisie de l'an 1991 n'est pas celle de 1987. En l'espace de quatre années de changement, nous avons franchi de grands pas sur la voie du redressement, de la libéralisation et du développement. Le dialogue et la démocratie ont été assis sur de nouvelles bases au niveau des rapports de l'Etat avec la société et des rapports entre les individus et les institutions. Une multitude d'acquis ont été réalisés sur les plans politique, économique, social et culturel. Cela n'a pas été facile, et la tâche n'était pas de tout repos. Le lourd héritage du passé inhibait nos efforts dans chaque pas en avant que nous entreprenions. Et la situation générale dans le pays était telle qu'il fallait, pour prendre la moindre décision ou risquer moindre réforme, faire preuve d'audace afin de pouvoir vaincre les pesanteurs et les legs du passé. De plus, la nature s'est montrée avare à notre endroit, et parfois même cruelle, sans compter que la conjoncture internationale était extrêmement tendue et au bord de l'explosion et de la guerre. Une infime minorité d'égarés s'est, en outre, laissée aller à user de la violence et du terrorisme et à comploter contre le pays au cours de cette période.

Nous avons pu, cependant, avec l'aide de Dieu, et grâce à l'action de toute la communauté, grâce aussi à la maturité de notre peuple, à sa confiance en sa direction et à sa cohésion derrière elle, poursuivre notre marche pour le progrès et l'invulnérabilité de la patrie et du peuple. Notre peuple est aujourd'hui plus que jamais capable de résister à toutes les crises, et d'affronter tous les défis. Et c'est ce qui nous encourage à aller de l'avant dans le sens du redressement et du changement. Il va sans dire que n'hésiterons pas à défendre la stabilité et la sécurité des pays, ni à faire prévaloir la légalité et la loi en toutes circonstances et dans tous les cas. Ni les difficultés, ni les embûches du chemin, d'où qu'elles proviennent, ne nous détourneront de la poursuite de notre marche vers le développement intégral et de notre œuvre de civilisation, cet édifice que nous construirons ensemble, chaque jour, pierre par pierre dans la dignité et la sérénité. D'autant que nous sommes en train de mettre la dernière main à un VIIIème Plan particulièrement ambitieux et ce, avec la participation de tous les partenaires et de toutes les régions. C'est que l'Etat ne peut réussir dans son action ni aboutir dans ses efforts s'il n'est soutenu par une volonté populaire participative et constructive.

C'est pourquoi il importe d'ancrer en chaque citoyen et citoyenne l'amour de la patrie et l'attachement à ses institutions et à ses acquis, de même qu'il importe d'enraciner en chacun la volonté de contribuer généreusement à l'action collective de la communauté nationale. En fait, le changement et la réforme ne sont pas l'apanage exclusif de l'Etat, pas plus que le développement n'est le devoir de l'Etat seul. Le citoyen est le principal moteur de toute mutation et de tout progrès. Il est également l'artisan et la finalité du développement. Aussi, lui appartient-il de déterminer la qualité de sa vie et de participer dans la mesure de ses moyens à l'essor de la société où il vit. Notre pays a plus que jamais besoin d'unifier ses rangs et de parler le même langage. Il a tout aussi besoin d'une mobilisation nationale pour vaincre tous les handicaps qui freinent son élan et son développement, et afin d'avancer dans la voie tracée par la Déclaration du 7 Novembre. De la sorte, les efforts de la communauté viendront épauler ceux de l'Etat, le front intérieur sera renforcé, le processus démocratique conforté et tout un chacun pourra sérieusement s'atteler à la tâche afin de nous garantir à nous-mêmes et à nos enfants sécurité, stabilité et prospérité.

"Attachez-vous tous au pacte de Dieu et ne vous divisez point. Soyez reconnaissants envers Dieu pour les bienfaits dont il vous a comblés, alors que vous étiez ennemis. Il a rétabli la concorde dans vos cœurs et, par l'effet de sa grâce, vous êtes devenus frères. Vous étiez au bord du précipice du feu, Dieu, vous en a sauvés" (Coran).

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