DISCOURS

Carthage, le 7 novembre 1990

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l'occasion du IIIème anniversaire du 7 Novembre

Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux

Citoyens,
Citoyennes,

Notre pays a été un précurseur en matière de changement, ce changement pour lequel nous avions opté parce que convaincus de la nécessité d'aller de pair avec l'évolution du pays et de respecter la volonté populaire dans le sens de l'édification d'une société saine, modérée et équilibrée, dont toutes les composantes agiraient en harmonie, et qui tendraient vers les mêmes buts et partageraient les mêmes préoccupations, dans le cadre du dialogue et de la concertation.

Nous avons placé l'action de développement au premier plan de nos préoccupations et l'avons insérée dans une approche globale et cohérente, conciliant la dimension économique et la dimension sociale sur la base de principes et de constantes, au premier plan desquelles figurent la réhabilitation et l'efficience économique, la garantie de la sécurité alimentaire et la répartition équitable des fruits de la croissance.

Conformément à cette démarche, nous avons mené une politique économique dont la justesse et l'efficacité ont été prouvées par les mutations intervenues sur la scène mondiale.

Ainsi, tout au long de ces dernières années, nous avons porté le plus clair de nos efforts sur la libéralisation de l'investissement et la levée des obstacles qui entravent les agents de production. Nous avons, également, œuvré à alléger les coûts de la production et à adapter les mesures d'incitation et d'encouragement à la réalisation de nos objectifs prioritaires en matière d'exportation, d'intégration industrielle, de maîtrise de la technologie et de renforcement de la décentralisation.

Nous avons, également, œuvré à la réalisation d'un train de réformes radicales visant à restructurer notre économie, à en renforcer l'efficience et à établir la plate-forme appropriée pour nous permettre de relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Au premier plan de ces réformes, il y a lieu de citer celles relatives à la simplification et à l'allégement des procédures administratives. Au nombre de ces réformes figurent, également, la révision de la législation dans le domaine financier, la restructuration des entreprises publiques afin de leur conférer une rentabilité et des capacités de production accrues, ou encore celles afférentes à la fiscalité. Dans ce domaine, précisément, nous avons engagé une réforme tant attendue en instituant la taxe à la valeur ajoutée qui, substituée à un certain nombre d'impôts indirects, assure une plus grande transparence. Nous avons ensuite entrepris une refonte totale de l'impôt sur le revenu et les bénéfices en vue de le simplifier, de l'unifier, d'en réduire les taux et d'amener le citoyen à s'acquitter de son devoir fiscal.

Les résultats de cette réforme seront perceptibles au cours de l'année à venir. Ils se traduiront, concrètement, par un allégement des charges fiscales au niveau de personnes physiques et morales ainsi que par le développement des ressources de la communauté nationale.

Grâce à ce choix cohérent, nous avons pu obtenir des résultats encourageants, en dépit des contraintes et des difficultés rencontrées au cours des trois dernières années. C'est ainsi que nous avons pu, notamment, retrouver un rythme de croissance qui, pour cette année, devrait, selon les prévisions, dépasser les 6 % à prix constants ; ce qui nous permettra de compenser la faible production des dernières années et d'élever à 4 % la moyenne de la croissance pour la période du VIIème Plan. Il nous a été également possible de relancer l'investissement et l'emploi, d'impulser les exportations et, en même temps, de réduire le service de la dette qui ne représente, actuellement, que 23% des recettes courantes en devises contre 29 % en 1986.

Nous entendons poursuivre l'action de réforme avec toute l'assurance et l'audace requises afin de créer les conditions propices à un développement intégral et harmonieux et d'édifier l'avenir sur des bases saines et solides.

Dans cette optique, la session parlementaire actuelle aura à examiner un grand nombre de réformes que le gouvernement a déjà arrêtées ou qui se trouvent à un stade avancé d'élaboration. Il s'agira, notamment, des mesures visant à rationaliser les circuits de distribution, à fixer les règles d'une saine concurrence et à conférer plus de transparence aux transactions commerciales. Il s'agira, également, de la réforme fiscale en matière de droits d'enregistrement, et ce, conformément aux orientations tendant à simplifier les dispositions, à réduire les taux et à faciliter les opérations, la circulation des capitaux et les mutations de la propriété.

Citoyens,
Citoyennes,

Dans le cadre de notre action de développement, nous avons fait de la sécurité alimentaire l'un des principaux objectifs de la nation. C'est pourquoi nous avons mis l'accent sur le développement agricole. Dans ce secteur, les réformes ont touché l'investissement par le biais d'encouragements accrus au bénéfice des investisseurs et des services agricoles, la décentralisation dans l'octroi des avantages, la révision des critères d'attribution des crédits, le rééchelonnement de la dette des agriculteurs victimes de catastrophes naturelles et l'extension de la base d'éligibilité au crédit qui a permis à 55 mille petits agriculteurs d'en profiter. Nous nous sommes efforcés, en même temps, de soutenir la production en fixant des prix encourageants au stade de la production.

Les résultats enregistrés durant la campagne 1989-90 ont confirmé l'incidence positive de ces mesures, sachant que l'investissement, favorisé par les avantages et l'encouragement des caisses, s'est élevé à 100 millions de dinars au cours des neuf premiers mois de cette année, contre 50 millions de dinars pour la période correspondante de l'année écoulée. Ces dispositions, alliées à des conditions climatiques favorables, ont permis d'attendre un taux de croissance de la production de 27% et, du coup, d'améliorer la balance commerciale des produits alimentaires dont le déficit, comparé à celui de l'année écoulée, baisserait de 50 %.

En matière de politique agricole, nous avons résolument choisi de réunir les conditions propres à renforcer la stabilité des agriculteurs et à les fixer dans le terroir, à commencer par l'alimentation des zones rurales en eau potable.

Depuis le lancement du programme, en 1988, 540 agglomérations ont été raccordées au réseau. De même, l'électrification des zones rurales est maintenant réalisée à 67 %, contre 56 % à la fin de 1986. Quant aux pistes vicinales, nous nous efforçons, constamment, de les améliorer. D'ores et déjà, nous avons entrepris d'en asphalter 600 kilomètres dans les différents gouvernorats.

Ce sont là des réalisations dont nous sommes fiers car elles profitent, essentiellement, aux catégories modestes. Nous croyons, sincèrement, que toute personne qui entreprendrait une évaluation honnête et objective ne saurait que les apprécier à leur juste valeur.

Nous sommes résolus à persévérer dans cet effort et déterminés à réaliser tout ce qui peut servir les citoyens et améliorer leurs conditions de vie. Nous avons déjà entamé la mise en oeuvre d'une stratégie visant la mobilisation générale et l'utilisation optimale de nos ressources hydrauliques en vue d'augmenter la production, de protéger les terres cultivables contre l'érosion et la désertification et d'entreprendre une action de reboisement des zones forestières afin de pouvoir couvrir deux millions d'hectares environ à l'horizon 2000. Ceci étant, et dans le souci de soutenir cet effort, deux millions de plants forestiers seront distribués, gratuitement, à l'occasion de chaque fête de l'arbre.

L'Etat joue un rôle important dans ce développement agricole, en prodiguant les encouragements et en prenant les mesures incitatrices qu'il est devenu nécessaire de lier, dorénavant, au niveau de la production. Car, il importe qu'un tel effort n'aille pas, comme c'est parfois le cas actuellement, en pure perte et ne se solde pas par un gaspillage des ressources de la communauté nationale. Mais toujours est-il que le développement non agricole incombe, en premier lieu, aux producteurs eux-mêmes et leur fait un devoir de perfectionner leurs méthodes de travail, et de s'organiser au sein de structures adéquates afin de maîtriser les circuits d'approvisionnement et, surtout, les circuits de distribution et d'écoulement de leurs produits. Ils disposent pour ce faire, d'un sérieux atout avec le nouveau code des investissements agricoles qui leur permet d'entreprendre dans ce domaine. L'agriculture constitue, en effet, l'un des piliers de notre développement économique, le fondement de la dignité et de la grandeur de notre patrie et la condition essentielle de notre liberté de choix et de notre indépendance de décision.

Citoyens,
Citoyennes,

Telles sont les principales caractéristiques de notre action économique et c'est mus par le souci de préserver la dimension sociale de notre politique de développement que nous avons accompagné ces performances de majorations régulières des salaires qui ont été opérées chaque année, depuis fin 1987, en dépit des difficultés conjoncturelles et structurelles dont a souffert notre économie et qui demandent du temps pour être aplanies, et malgré le besoin impérieux que nous avons de lancer de nouveaux projets susceptibles de générer des emplois et d'accroître les richesses nationales.

Par souci de rompre avec tout ce qui est de nature à inhiber les volontés, de faire régner l'optimisme et d'ouvrir les portes de l'espoir, nous avons voulu inscrire dans les réalités sociales un certain nombre de valeurs et de principes par l'instauration du dialogue, de la négociation et de la concertation en tant qu'instrument du progrès social.

De ce point de vue, les négociations sociales que nous avons ouvertes étaient un pari sur la maturité des jeunes directions responsables de l'UGTT et de l'UTICA, un pari sur la compétence des partenaires de la production et leur aptitude à assumer leur rôle d'avant-garde dans l'aboutissement du projet de changement, compte tenu de leur héritage de militantisme authentique, de leur position privilégiée au sein de la société, de leurs capacités et de leurs responsabilités dans le développement et le progrès.

Il faut dire que ces partenaires ont accepté, avec spontanéité et sens de la responsabilité, la négociation sur les salaires et les conditions de travail, choisissant de s'engager pour une période de trois ans, ce qui rejoint notre souci d'établir une paix sociale solide nous permettant de relever, ensemble, les défis et de bâtir l'avenir sur des bases fermes.

Si les partenaires sociaux en ont fini avec le volet de l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs, la tâche qui les attend, en ce qui concerne les conditions de travail, est bien plus importante encore. Ils auront ainsi à prouver qu'ils sont à la hauteur du rôle qui leur est assigné, s'agissant d'ouvrir les plus larges horizons pour plus de progrès et de développement et pour mieux ancrer la pratique démocratique par l'accroissement de la production, l'amélioration du rendement, une gestion efficace, le respect des engagements et l'observance des règles du comportement civilisé.

Une chose doit demeurer présente à l'esprit : ce que nous avons entrepris tient du pari le plus audacieux, un pari que nous nous devons de gagner en traduisant les augmentations salariales en augmentation de la production, en amélioration de la productivité, en autant d'incitations garantissant la permanence des facteurs de développement.

Il nous appartient de renoncer au langage des slogans, de nous atteler au travail assidu, de considérer que l'on ne récolte que ce que l'on a semé. C'est ce qui nous appelle à récompenser l'effort et à distinguer les éléments brillants et travailleurs des paresseux et de ceux qui, se prévalant des droits acquis, se refusent à tout effort.

Nous devons revoir dans ce sens notre législation et notre réglementation administratives afin que la rétribution soit à la mesure du travail accompli.

C'est que nous avons encore la possibilité - et le devoir - de déployer plus d'effort, car les résultats positifs obtenus jusqu'ici restent en deçà des besoins, eu égard, principalement, à la multiplicité des nouveaux défis et aux tensions qui s'exercent au niveau des finances publiques en raison des charges de compensation, des subventions allouées aux produits de base et des diverses prestations sociales. L'Etat a toujours pris sur lui les charges sociales des économiquement faibles et, tout en étant résolu à leur accorder un intérêt accru, il appelle aujourd'hui à bannir la mentalité d'assisté et exhorte ceux qui sont en mesure de contribuer à assumer ces charges à ne pas s'y dérober, concrétisant de la sorte la solidarité sociale et l'esprit d'entraide qui constitue l'une des valeurs les plus nobles de notre auguste religion.

Nous avons constamment placé en premier plan de nos préoccupations, la préservation du niveau de vie du citoyen, la garantie de son pain quotidien, en veillant à maîtriser les prix par le renforcement de l'approvisionnement et du contrôle, et la lutte contre la spéculation sous toutes ses forme. Mais, il faut bien le dire, la solution demeure, tributaire, d'abord et surtout, de notre capacité à augmenter la production et à maîtriser la consommation.

Nous avons, par ailleurs, prêté une attention toute particulière à nos compatriotes résidant à l'étranger, toutes générations confondues et quelque soit leur situation. Nous nous sommes employés à resserrer leurs liens avec la patrie et à favoriser l'épanouissement de leurs compétences et de leurs facultés créatrices. Dans le cadre de cet intérêt, nous avons créé le Conseil supérieur des Tunisiens à l'Etranger. Nous avons également appelé à la conclusion d'un pacte entre la CEE et l'UMA aux fins de préserver les droits de nos colonies et de leur permettre de contribuer efficacement au resserrement des liens entre les deux communautés, de manière à concourir activement au renforcement de la paix mondiale et de la coopération pour un lendemain meilleur pour tous.

Citoyens,
Citoyennes,

Un des principaux aspects de notre politique sociale est la place que nous réservons à la jeunesse. Outre le fait que l'essentiel de nos efforts portent sur l'éducation, l'enseignement, la culture et les loisirs, nous continuerons à accorder au problème de l'emploi l'attention qu'il mérite afin de réduire le chômage et de permettre à toutes les énergies de participer à l'oeuvre de développement. C'est que les demandes d'emploi sont nombreuses, tout comme le sont les besoins du pays en techniciens et en ouvriers qualifiés, sans qu'il y ait, pour autant, adéquation entre l'offre et la demande. Voilà pourquoi nos efforts tendront, essentiellement, à dispenser une formation professionnelle adéquate aux jeunes, et ce en nombre suffisant, afin de pourvoir aux besoins du pays en cadres moyens. C'est d'ailleurs compte tenu de ce lien organique entre la formation et l'emploi, que nous avons créé un ministère spécialisé à l'effet de porter un intérêt accru à la formation et de l'adapter aux exigences et à l'évolution du marché de l'emploi.

Nous considérons que le problème de l'emploi doit être celui de la société tout entière. Loin d'être une simple source de revenus et de subsistance, l'emploi constitue une condition fondamentale de la dignité de l'individu, de la stabilité et de la sécurité de la société.

Oui, nous sommes fermement décidés à améliorer les revenus et le niveau de vie de tous les travailleurs, qu'ils soient intellectuels ou manuels, mais il est de leur devoir de ne pas oublier ceux de leurs frères qui n'ont pas encore eu la chance de trouver un emploi.

L'Etat est certes investi de responsabilités pour ce qui concerne l'instauration des conditions adéquates et du climat propice à la promotion de l'entreprise et la mobilisation des potentialités en vue d'accroître le rythme du développement, de sauvegarder les postes d'emploi existants, de multiplier les opportunités d'emploi, d'améliorer l'infrastructure et les équipements collectifs.

En revanche, les entreprises et l'ensemble de la communauté nationale sont tenus d'être à la hauteur de leurs responsabilités, de redoubler d'effort, de se consacrer au travail sérieux et efficient et d'augmenter la production. A ce propos, nous nous devons de convenir de la nécessité de nous départir d'un certain nombre d'attitudes négatives comme les revendications excessives, le fait de compter démesurément sur l'Etat, la communauté nationale et de s'attacher aux intérêts égoïstes.

Il est du devoir de chacun de nous de s'interroger sur ce qu'il a fourni à la communauté nationale en contrepartie de ce qu'elle lui a, elle-même, apporté. De même, il est du devoir de tous de rationaliser la consommation individuelle et collective, qu'il s'agisse de biens privés ou publics, sachant que tous ces biens constituent une richesse nationale qu'il ne faut point dilapider.

Pour sa part, l'Etat a tenu à recenser le patrimoine de la communauté nationale en vue de le préserver et de le développer, et ce à travers la création du Ministère des Domaines de l'Etat que nous avons récemment institué. En même temps, nous continuerons à combattre l'enrichissement illicite et l'enrichissement au détriment des deniers publics, et ce par le biais de la révision des lois, de manière à assurer la transparence de la gestion et la probité des gestionnaires et à préserver les deniers et les biens publics.

Citoyens,
Citoyennes,

Nous vous avons promis, depuis le 7 novembre, de déployer tous les efforts pour améliorer la situation du pays dans les divers domaines. Pour atteindre cet objectif, nous avons établi une stratégie cohérente et en avons, aussitôt, entrepris la mise en oeuvre, avec détermination et sérieux. A la réalisation de cette tâche, nous avons convié toutes les forces vives du pays, sincèrement désireuses de concrétiser le Changement en tant qu'action quotidienne qu'il nous incombe de mener tous ensemble.

Aujourd'hui, nous sommes en droit d'affirmer, sincèrement et de manière responsable, que bien des réalisations ont été accomplies dans les divers domaines et qu'en dépit des difficultés et des contraintes naturelles et matérielles, qu'elles soient conjoncturelles ou structurelles, le bilan est positif, compte tenu des délais et des efforts consentis. Les résultats de l'action déployée, est-il besoin de le rappeler, n'apparaissent pas, tous, à court terme.

Aujourd'hui aussi, et au moment où notre pays s'apprête à s'engager dans une nouvelle décennie, fort de sa détermination de relever ces défis, dans la mouvance des profonds changements que connaît la scène internationale et des importantes mutations que vit la société tunisienne à tous les niveaux, la Tunisie se doit, de par sa situation géographique privilégiée, son capital humain et son riche patrimoine de civilisation, d'éviter les aspects négatifs de ces changements et de mobiliser tous les moyens disponibles pour servir l'économie nationale et rehausser notre prestige parmi les nations.

C'est dans ce cadre que s'inscrit la stratégie de développement pour le VIIème Plan et la prochaine décennie ; stratégie fondée, essentiellement, sur le renforcement des acquis et l'approfondissement de l'action de réforme en vue de lui conférer un caractère global et de concrétiser les mutations qualitatives souhaitées.

Nous considérons que l'aboutissement de ces mutations est tributaire de notre succès dans la répartition des rôles entre les secteurs public et privé. Il s'agit de favoriser l'esprit d'initiative et de le stipuler pour que l'Etat - sans renoncer aux secteurs stratégiques ni abandonner son rôle dans l'oeuvre de développement - puisse se consacrer, de manière efficace, à ses tâches fondamentales dans l'établissement du cadre général de l'action de développement, la mise en place de l'infrastructure et la prestation des services sociaux.

Cette réussite requiert, également, que l'économie sorte de sa situation d'économie excessivement protégée et peu compétitive pour devenir progressivement libérale, ouverte sur l'extérieur ; une économie fondée, essentiellement, sur la compétitivité et l'efficience, d'un côté, et sur la réhabilitation du travail en tant que valeur de civilisation et facteur primordial de l'augmentation de la production, de l'autre.

Soucieux de faire du VIIème Plan une étape importante sur la voie de la réalisation de notre projet de société qui reflète les aspirations de la communauté nationale, nous nous sommes employés à associer toutes les forces vives de la nation et toutes les compétences aux différentes phases de son élaboration. Le dialogue au sujet des principales questions qui se posent sera élargi au cours des mois à venir, à travers l'organisation de journées de consultation auxquelles participeront toutes les organisations et toutes les compétences, à quelque tendance qu'elles appartiennent.

Nous œuvrerons, également dans le cadre du VIIème Plan, à donner à la dimension régionale la place qu'elle mérite, pour assurer au développement un caractère global et confier aux régions la responsabilité de concevoir leurs programmes de développement, en fonction de leurs besoins et sur la base de leurs potentialités et de leurs spécificités. Il n'en est de meilleure preuve que le démarrage, suffisamment à l'avance, de travaux préparatoires à l'échelle régionale, à l'effet d'évaluer les plans de développement dans les régions, d'explorer leurs perspectives d'avenir et, partant, de prendre en compte les besoins de ces régions et les possibilités de la communauté nationale de manière à assurer l'harmonie entre les niveaux régional et national.

Citoyens,
Citoyennes,

Le développement ne saurait être réalisé tant que les facultés de l'Homme ne seraient pas libérées des entraves artificielles et tant que nous n'aurions pas accédé aux acquisitions les plus récentes de l'esprit humain dans la connaissance de soi, de ses semblables, des forces de la nature et des moyens que lui procure la technologie moderne et qui lui donnent plus de prise sur le réel. C'est à ce prix que nous pourrions vaincre la pauvreté, l'ignorance et la maladie.

C'est pourquoi nous avons recommandé aux responsables de la réforme de notre système éducatif d'adopter une approche approfondie et globale afin de faire de nos écoles des foyers de rayonnement où se forme notre jeunesse sur la base des valeurs arabo-islamiques authentiques et des principes universels les plus nobles et où nos jeunes accèdent aux connaissances les plus modernes, par le biais de programmes d'enseignement adéquats et de méthodes pédagogiques efficientes.

Aussi la communauté nationale est-elle en droit d'exiger de tous ses enfants -enseignants et élèves, à tous les niveaux- d'oeuvrer à propager davantage le savoir, à déployer plus d'effort pour l'acquérir et le développer et à le mettre au service de l'homme.

Nous sommes persuadés que cet appel sera entendu, que le rendement de notre système éducatif et le taux de réussite en seront améliorés, de manière à répondre aux ambitions individuelles et aux attentes de la communauté nationale. A cette fin, nous espérons que cette année marquera le début d'une paix scolaire et universitaire durable.

Le devenir des peuples est tributaire de la place privilégiée qu'ils réservent à leurs savants et du rôle qu'ils accordent au savoir dans l'amélioration de leurs conditions et leur accession au mieux-être.

L'Ere nouvelle s'est pleinement acquittée de sa tâche dans ce domaine. Elle a confié les destinées de l'éducation aux éducateurs eux-mêmes et leur accordé, tous, la place éminente dont ils sont dignes. Elle a aussi réservé une place de choix à la jeunesse, à travers la volonté de réaliser la réforme éducative qui vise à garantir les meilleurs résultats en matière de formation des nouvelles générations au double plan quantitatif et qualitatif.

Nous avons voulu que cette Ere soit celle de la démocratie. Notre fidélité à ce choix, nous commande d'en faire une ère de la science et du savoir.

C'est que la démocratie ne peut être -au plan conceptuel comme dans la pratique- que si elle s'appuie sur le savoir. Sans idéaux, la démocratie et la liberté ne seraient qu'anarchie. Celle-ci ne peut être évitée qu'en dispensant aux jeunes, dès le plus jeune âge, une éducation fondée sur les valeurs de la société civile qui impliquent discernement, sens de la mesure et dévouement à l'intérêt public.

Citoyens,
Citoyennes,

Servir l'intérêt supérieur de la patrie a été notre objectif constant dans toutes les réformes profondes que nous avons engagées depuis le 7 novembre, pour promouvoir la vie politique dans le pays.

Nous avons renforcé la défense des droits de l'homme et des libertés publiques et ratifié les conventions internationales y afférentes.

Pour faciliter la tâche aux jeunes partis, nous avons apporté un important amendement au code électoral en adoptant le système de la proportionnelle modulée dans les élections municipales. Cela a permis à certaines listes d'obtenir des sièges dans des conseils municipaux, à la suite de leur participation aux dernières élections municipales.

Nous avons, également, poursuivi la consolidation de la vie associative en accordant le visa légal, au cours de cette année même, à des dizaines d'associations aux activités diverses. Nombre de journaux et de revues ont reçu le récépissé réglementaire et certains ont déjà commencé à paraître.

Nous avons la ferme volonté de continuer à promouvoir la vie politique et intellectuelle et à conforter les assises de la société civile, en aménageant les lois, chaque fois que l'évolution de la société l'exigera. Pour ce faire, nous avons établi un cadre adéquat. Il s'agit du Conseil Supérieur du Pacte National qui constitue un instrument de communication et de dialogue entre les différents partis et organisations signataires du Pacte National. Nous avons accueilli favorablement les suggestions de ce conseil et ce genre de débats a trouvé place dans les médias qui ont couvert, en outre, les activités des partis, et rapporté leurs positions sur les questions importantes. Ces partis ont, par ailleurs, été associés aux dossiers radiodiffusés et télévisés portant sur les grandes questions nationales, conformément aux usages dans le domaine de l'information qui tiennent compte de la représentativité de ces partis. Cet effort sera poursuivi afin que l'information soit en mesure de conforter le processus démocratique.

Il est naturel et conforme à la morale que les partis politiques s'engagent à participer de manière effective et positive à la vie politique et ne se contentent pas de critiquer, de revendiquer. Même quand nous leur offrons des occasions supplémentaires propres à les aider à assumer leur devoir national et politique, ils inventent de nouveaux prétextes pour se dérober au verdict des urnes ; ou alors, ils posent des conditions en contradiction avec la loi sinon avec la réalité.

Nous avons demandé à ces partis de participer aux élections législatives partielles par souci de notre part de les voir représentés à la Chambre de Députés, comme nous l'avons annoncé le 1er mai dernier. Nous nous sommes engagés à réviser les listes électorales, à financer la campagne électorale et à réunir le maximum de conditions légales pour atteindre cet objectif. Nous avons, également, amendé le code électoral à l'occasion des élections municipales pour réaliser le même but aux niveaux local et régional. Mais, en dépit de tout cela, l'opposition a refusé d'y participer. La séparation du parti de l'Etat et la neutralité de l'administration sont devenues des slogans brandis par une certaine opposition.

Le R.C.D. a remporté les élections sur la base du programme qu'il avait présenté et que le peuple avait cautionné à travers le scrutin. A la lumière de ce résultat, nous avons formé le gouvernement chargé d'appliquer ce programme. Nous avons néanmoins, tenu à y associer certaines compétences nationales qui, quoique n'appartenant pas au Rassemblement, s'étaient engagées à en appliquer le programme. Quant aux parties politiques, rien n'empêche de les faire participer à l'exercice des responsabilités, en fonction de leur représentativité et par le biais des élections.

Mais que faut-il entendre par la séparation de l'Etat et du parti que certains réclament ? Cela signifie-t-il que le gouvernement doive appliquer le programme d'un parti autre que le parti victorieux aux élections ou alors, faudrait-il faire appliquer le programme du RCD par un gouvernement qui n'en est pas issu ? Si tel était le cas, ce serait véritablement une hérésie politique sans précédent.

Pour ce qui est de la neutralité de l'administration, nous y avons constamment veillé. Nous avons donné des directives claires et strictes aux responsables régionaux et locaux pour que tous les citoyens soient traités sur un pied d'égalité et que la loi soit respectée et appliquée à tous, avec la même rigueur et la même impartialité.

Citoyens,
Citoyennes,

C'est de plein gré que nous avons opté pour la voie de la réforme et pour la démocratie. Nous n'avons tenu compte en cela que des aspirations de notre peuple à une vie politique plus évoluée et plus saine. Nous avons entrepris de réaliser cet objectif de manière progressive par souci d'éviter les débordements aussi bien que les revers, la précipitation ou les dérapages. Nous nous sommes attachés à faire évoluer les mentalités et les comportements et à conférer davantage de maturité à la vie politique et sociale dans le pays. En outre, nous avons pris nombre de mesures visant à assainir le climat politique, à restaurer la confiance et la foie en l'avenir et à susciter l'espoir et l'optimisme.

Persuadés que l'opposition a un rôle à jouer dans le soutien du projet de changement en assumant ses responsabilités, nous n'avons pas hésité à l'appuyer, à aider ses journaux et à lui ouvrir la voie de la participation.

Sur un autre plan, nous espérons que la presse saura se montrer à la hauteur de la mission d'information et de formation politique et culturelle qui est la sienne en s'attachant à éclairer l'opinion et à servir les intérêts du pays. Il s'agit, à cet égard, de concentrer son attention sur l'essentiel, de rapporter les informations en toute objectivité, d'éviter le sensationnel et de s'interdire de porter préjudice à la Tunisie en prenant à partie des pays frères et amis. Autant nous regrettons d'être parfois dans l'obligation de recourir à la saisie de certains journaux, autant nous déplorons leur non respect de la loi et de la déontologie professionnelle.

Nous avons, en même temps, axé nos efforts sur la consolidation des attributions de la société civile et de l'Etat de droit.

Nous avons parachevé la représentation des partis au Conseil Economique et Social et, conformément à notre promesse, nous avons promulgué une loi portant organisation du Conseil Constitutionnel.

Pour consolider les Droits de l'Homme et concrétiser davantage les principes des Nations Unies proclamés ou consacrés par les différentes conventions internationales pertinentes ratifiées par la Tunisie, nous avons décidé de créer une Commission Supérieure des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales qui aura pour tâche d'approfondir la réflexion et la dimension morale inhérente à ces droits et à ces libertés, à la lumière de l'évolution politique et sociale. Cette commission sera également appelée à aider les pouvoirs publics en donnant son avis sur les principales questions qui se posent dans ce domaine aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale. Sa composition reflétera, de manière équilibrée, la pluralité des opinions au sein de la société civile. Elle sera, de la sorte, le miroir fidèle de la réalité sociale, se plaçant, au-dessus des clivages politiques et des sensibilités intellectuelles.

L'Etat est le garant de la dignité du citoyen, de sa sécurité et de l'intégralité de ses droits. Il est, aussi, le garant, au même degré, des droits de la communauté, de sa sécurité et de la stabilité du régime. Il est pour le moins étonnant que d'aucuns dénoncent l'application de la loi à ceux qui y contreviennent en se rendant coupables de violences, en provoquant le désordre et en portant atteinte aux biens publics et privés. Il est du devoir de tous, dans un Etat de droit, de veiller au respect et à la souveraineté de la loi et de dénoncer les contrevenants. Le civisme qui participe d'une attitude consciente et responsable commande de ne point faire de discrimination entre les droits de l'individu et ceux de la communauté et de ne renoncer à aucun de ces droits.

Si le droit d'expression et d'opinion est garanti pour tous, sans exception aucune, c'est également un devoir de veiller à ce que l'exercice de ce droit n'entraîne pas d'atteinte morale ou matérielle aux droits et biens d'autrui et en premier lieu aux droits de la communauté nationale, et s'effectue dans les limites permises par la loi et que nous nous attachons à appliquer avec toute la rigueur qui s'impose.

Nous n'avons pas hésité à accéder à la demande de ceux qui désiraient créer des associations. Mieux nous avons prôné et encouragé de telles initiatives. Nous n'avons pas, non plus, hésité à autoriser la création de partis, conformément aux dispositions de la loi. Nous avons affirmé l'importance du rôle des partis dans la cristallisation des orientations et souligné la nécessité de bannir la violence et de s'abstenir de toute exploitation de la religion, des mosquées, des lycées, de l'université et des lieux de travail à des fins politiques. Nous avons expliqué que les partis sont appelés à faire mûrir les opinions et les positions et à leur servir de cadres de manière à enrichir la vie politique et sociale dans le pays.
Nous continuerons à croire que l'important n'est pas tant la prolifération des partis que le pluralisme des idées qui constituent autant de sources fécondes alimentant la réflexion et le débat national et concourant à la recherche des meilleures voies pour favoriser l'essor du pays dans les divers domaines. Chaque fois que nous avons constaté l'existence d'un nouveau programme spécifique s'attachant effectivement à atteindre cet objectif, nous avons accordé à ses initiateurs, le visa leur permettant de fonder un parti et leur avons apporté le soutien nécessaire, considérant qu'il constitue une nouvelle force nationale et un courant nourricier qui contribue à l'édification de la société démocratique, saine et équilibrée à laquelle nous aspirons.

Citoyens,
Citoyennes,

Autant nous nous sommes souciés de promouvoir le Tunisien dans tous les domaines, autant nous nous sommes constamment attachés à accroître le rayonnement de la Tunisie et à rehausser son prestige parmi les nations. A cet effet, nous avons opté pour une action soutenue visant à resserrer les liens d'amitié et de coopération avec les divers pays, contribuant ainsi à la consolidation de la détente, de la sécurité et de la paix dans le monde.

Depuis l'avènement de l'Ere nouvelle, nous avons entrepris, avec détermination, de conforter les attributs de notre personnalité et les composantes de notre authenticité. Nous fondant sur nos appartenances culturelles, historiques et géographiques, nous avons œuvré à mettre en lumière notre personnalité arabo-islamique dans toute sa plénitude en l'inscrivant dans un modèle de civilisation conciliant notre héritage plusieurs fois millénaire avec les impératifs de l'ouverture et du progrès ; un modèle de civilisation qui corresponde aux traditions de notre pays lequel fut tout au long de sa longue histoire un carrefour de civilisations qu'il a contribué à enrichir et dont il a favorisé le brassage. Cela est reflété par les pas positifs que nous avons accomplis sur la voie de la fraternité et de la coopération avec tous les pays arabes et islamiques frères, sur la vie également de l'édification de l'unité maghrébine conçue comme une composante essentielle de l'action arabe commune à l'inéluctabilité de laquelle nous croyons fermement en dépit des périls et des défis auxquels elle se trouve exposée aujourd'hui. Pour relever ces défis nous ne ménageons aucun effort, soucieux que nous sommes de préserver la solidarité interarabe et de contribuer au renforcement de la sécurité et de la paix dans le monde en nous fondant sur certaines valeurs : le droit, la justice et la liberté ainsi que sur les principes de la légalité internationale.

Notre pays a prouvé son adhésion sans réserve à cette somme de valeurs et de principes à travers la position claire et sans équivoque qu'il a adoptée à l'égard de la crise du Golfe. En effet, nous avons entrepris, dès le déclenchement de cette crise, de contribuer à la circonscrire et avons appelé à la résoudre dans un cadre arabe, afin d'éviter les complications auxquelles l'on assiste aujourd'hui et les graves conséquences qui en découlent sur les scènes arabe et internationale.

Dans cette optique, nous n'avons cessé d'intensifier les contacts avec nos frères arabes et de multiplier les démarches sur le plan international dans le but de convaincre toutes les parties de la nécessité d'éviter la guerre et d'ouvrir la voie aux démarches arabes en vue d'aboutir à un règlement pacifique à même de sauvegarder les intérêts supérieurs de notre nation et de prémunir la région et le monde entier d'une tourmente aux conséquences incalculables.

Citoyens,
Citoyennes,

Il est regrettable que le monde arabe soit la première victime des retombées de cette crise qui n'a fait qu'accentuer et consacrer les divisions, faute d'avoir laissé leurs chances à la concertation, à la modération et à la réflexion. Un des aspects négatifs de cette crise réside dans la situation où se trouve aujourd'hui la Ligue des Etats Arabes que nous considérions comme "la Maison commune des Arabes" et voulions qu'elle fût leur recours en cas de danger. Et voici que la crise menace de l'emporter, et d'en faire un objet de pressions et de marchandages. La voilà également sommée de violer les résolutions pourtant votées à l'unanimité.

La Tunisie, qui a souscrit à la décision de transfert, dans le cadre du consensus arabe, et conformément à un calendrier qui avait été arrêté avec l'accord de tous, ne voit aucune justification à cette obstination à vouloir imposer son point de vue aux autres, ni l'intérêt de hâter le transfert à un moment où il faudrait plutôt porter toute son attention sur les questions essentielles afin de contribuer à transcender le différend et à résoudre la crise du Golfe et le problème palestinien.

Tout en nous en tenant à ce qui a été initialement convenu, nous sommes également attachés aux intérêts et à la dignité de notre pays comme à la sauvegarde des droits des employés de la Ligue, compte tenu des services rendus par la Tunisie à la Nation Arabe et à cette organisation qu'elle a soutenue et dont elle a garanti l'indépendance et le rayonnement.

Citoyens,
Citoyennes,

En poursuivant nos efforts en vue de trouver une issue à la crise du Golfe, nous croyons que le monde est aujourd'hui appelé à se mettre sérieusement à la tâche pour apporter une solution juste et globale au conflit du Moyen-Orient, permettant au peuple palestinien de recouvrer ses droits et de fonder un Etat indépendant sur le sol de sa patrie.

En rendant un vibrant hommage au peuple palestinien pour les sacrifices incommensurables qu'il n'a cessé de consentir, jour après jour, à travers l'héroïque Intifadha à l'intérieur des territoires occupés, et en réaffirmant notre solidarité avec ses vaillants héros dans la défense du bon droit, de la terre et des lieux saints, nous lançons un appel à la communauté internationale et à l'ONU afin d'agir rapidement et de manière décisive en vue de mettre un terme aux agissements ignobles des sionistes et de rétablir nos frères palestiniens dans leurs droits légitimes.

Nous avons la conviction que le climat de détente internationale et de concorde ne portera ses fruits que si une solution est apportée à cette question qui n'a que trop duré et est devenue de plus en plus complexe.

Citoyens,
Citoyennes,

Depuis le tournant du 7 novembre, nous avons placé au premier plan de nos priorités l'action en faveur de l'édification d'un Maghreb Arabe unifié qui incarne le rêve caressé par des générations successives de Maghrébins et qui, grâce à Dieu et par la force de notre commune volonté, est devenu une réalité dont nous sommes fiers et que nous nous employons à conforter avec sérieux et enthousiasme.

Dans ce cadre, nous avons déployé, de concert avec nos frères dirigeants des Etats maghrébins, tous nos efforts durant notre mandat à la tête de l'Union du Maghreb Arabe, afin de contribuer à faire avancer cet ambitieux projet vers la réalisation des objectifs qui lui sont assignés. Nous avons pu, de la sorte, accomplir des pas prometteurs sur cette longue voie.
Nous sommes confiants que l'UMA poursuivra sa marche en avant. C'est pourquoi nous sommes attentifs à tout ce qui peut favoriser encore plus le rapprochement, la complémentarité et l'intégration de nos peuples ainsi que la sauvegarde de leurs intérêts face aux défis de notre époque.

Notre conviction est que les perspectives de complémentarité sont à la fois nombreuses et accessibles, comme la suppression des frontières, la circulation entre nos pays au moyen d'une simple carte d'identité, comme c'est déjà le cas entre la Tunisie et la Jamahirya, et pourquoi pas l'unification des législations, des programmes de l'enseignement, des moyens de transport, etc…

Dans le cadre de nos efforts soutenus en vue du renforcement des liens de coopération avec nos voisins immédiats, la Tunisie s'est employée, à son niveau à resserrer ses relations avec l'Afrique. Nous avons aussi porté un grand intérêt à nos rapports avec l'Europe qui connaît des mutations radicales. Celles-ci ne manqueront pas d'avoir des incidences directes sur notre coopération avec les pays européens en général et avec ceux de la C.E.E. en particulier, qui s'apprête à réaliser son unité monétaire et à instaurer le marché unique.

Nous avons essayé, dans ce sens, et parallèlement à notre effort de développement de la coopération bilatérale avec cette communauté, de jeter les bases d'un dialogue et d'une coopération multilatérale nouvelle entre l'Union du Maghreb Arabe et les pays de la CEE.

Les résultats de ce dialogue furent si encourageants que certains partenaires ont appelé à la convocation d'une conférence méditerranéenne pour la sécurité et la paix sur le modèle de la conférence pour la sécurité et la coopération en Europe.

Tout en accueillant favorablement cette idée, nous n'en croyons pas moins que le succès d'une telle conférence reste tributaire du règlement des problèmes qui continuent à secouer la région méditerranéenne et principalement la question du Moyen-Orient et celle du Golfe.

Citoyens,
Citoyennes,

Le bilan de la diplomatie tunisienne au cours de ces trois dernières année constitue pour nous un motif de satisfaction. C'est le miroir fidèle et le reflet de ce qui a été réalisé sur le plan interne. Nous sommes fermement décidés à imprimer à notre diplomatie un dynamisme et une efficacité accrus aux fins d'accroître le rayonnement de notre pays, de lui permettre d'occuper une place de choix dans les instances internationales et d'en renforcer le crédit aux échelons régional et international pour qu'il puisse jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le soutien des causes justes et le renforcement de la sécurité et de la paix dans le monde.

Nous aurons ainsi réalisé quelques unes des ambitions de notre pays sur les plans intérieur et extérieur, grâce à la stratégie cohérente que nous avons conçue et que nous avons entrepris de mettre en oeuvre de manière graduelle depuis le 7 novembre en adoptant une démarche de développement intégral fondée, dans le domaine économique, sur la libre entreprise, la transparence de la gestion, l'efficacité et la rentabilité, ainsi que le renforcement des prestations sociales. Cette démarche s'appuie également sur une réforme éducative et culturelle qui consacre les fondements de notre auguste religion, vivifie et développe les valeurs de notre civilisation arabo-islamique, exalte et enrichit nos acquis récents en matière de droits civiques, dans un climat politique fondé sur la réconciliation nationale et la réalisation de la concorde sous l'égide de l'Etat de droit.

Nous sommes convaincus d'être sur la bonne voie, que le bilan est positif dans tous les domaines, mais aussi que nous sommes tous capables d'en faire plus en redoublant d'effort, en nous dévouant davantage à l'intérêt national et en plaçant celui-ci au-dessus de toute autre considération.

"Aucune âme, ce jour-là, ne sera lésée en rien. Vous serez seulement rétribués selon ce qu'auront été vos oeuvres sur terre" (Coran).

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