Conquise en 1956, l'indépendance de la Tunisie est venue couronner la lutte d'un mouvement national conduit, souvent au péril de leur vie, par une longue lignée de patriotes et de réformateurs soucieux de conjuguer harmonieusement les valeurs d'authenticité et de modernité dans un pays libre et souverain.

Les premières décisions de l'Etat tunisien naissant en témoignent : unification de la justice sur la base du droit positif, proclamation des libertés individuelles et promulgation d'un «Code du statut personnel» proprement révolutionnaire en terre arabo-musulmane, puisqu'il est venu consacrer notamment les droits de la femme, interdire la polygamie et abolir la répudiation.

Elue en 1957, l'Assemblée nationale constituante a décidé d'abolir la monarchie, de proclamer la République et de promulguer une Constitution d'inspiration libérale.

Mais à partir de la fin des années 1970, la situation intérieure a commencé à se détériorer, au fur et à mesure que se dégradait l'état de santé du Président Habib Bourguiba. Cet affaiblissement progressif au sommet de l'Etat n'a pas manqué d'être exploité par des courants extrémistes, dont le fanatisme a débouché surtout en 1986, sur des actes terroristes. De plus en plus précise, la menace intégriste était sur le point de se transformer en véritable péril pour la Tunisie.